|
La grande
lettre de Gabriele
4
La Parole de
Dieu,
la Loi de
l’amour et de l’unité,
et
les sans-droits de la terre
Chers amis, la parole prophétique est la
Parole de Dieu adressée aux hommes, exprimée à partir de l’amour et
de l’unité universels, afin que de nouveau, les hommes retrouvent le
chemin qui mène à l’amour et à l’unité universelle. Penser et vivre
dans l’Esprit tout-puissant de l’amour et de l’unité universels est
le plus beau cadeau de Dieu aux hommes.
La force du Christ-Dieu en l’homme – l’étincelle de mise en
pratique
A travers la Parole de vérité que le monde
divin lui adresse, il est possible à l’humanité de prendre
connaissance, en détail, de l’enseignement véritable de Jésus de
Nazareth, celui-ci ayant été falsifié par des institutions
religieuses figées dans des pratiques cultuelles, formelles et dans
un enseignement appartenant à la pensée de la chute. La Parole du
salut éclaire également la signification de l’acte rédempteur
accompli par le Christ, de sorte que les hommes puissent prendre
conscience que Jésus-Christ a laissé s’écouler en chaque âme –
y compris dans l’âme de chaque homme – l’étincelle
rédemptrice, qui est l’aide, le chemin, la vérité et la vie.
Chaque âme et chaque homme sont porteurs du
grand amour pour Dieu et le prochain, de l’amour et de l’unité
universels. La Loi universelle irrévocable de l’amour et de l’unité
est la vie, la substance spirituelle porteuse de toutes les formes
densifiées, y compris celles de la nature et des animaux. L’unité
universelle divine inclut l’ensemble des minéraux, des plantes et
des animaux. Comme les hommes, ils portent également la vie
éternelle en eux. Les animaux, les plantes et les minéraux sont des
forces de conscience divines ayant pris forme. Dans l’existence
pure, au travers de cycles d’évolution, elles atteignent le degré de
maturité parfait d’un être divin. Tout ce processus de développement
qui correspond aux Lois divines s’accomplit dans la Loi de l’unité
universelle, Dieu.
Les formes de vie de la nature qui évoluent
sur la Terre ne portent pas en elles l’étincelle rédemptrice. En
effet, elles ne sont pas concernées par le processus de rédemption
dans la mesure où elles n’appartiennent pas à la pensée de la chute,
contrairement aux hommes ou aux âmes des plans de purification. Les
minéraux, les plantes et les animaux n’ont pas chargé leur substance
spirituelle intérieure d’origine par des aspects contraires aux Lois
divines, ils ne sont pas sortis de l’unité universelle, ce qui n’est
pas le cas des êtres de la chute, à qui il fut possible de se
détourner de Dieu en raison du libre arbitre dont ils disposaient.
La force rédemptrice est l’étincelle du
Christ-Dieu qui, lors du « Tout est accompli », s’est ancrée dans
toutes les âmes et dans tous les hommes. La force du Christ-Dieu,
dont est issue l’étincelle rédemptrice, est l’unité universelle, car
elle est la force créatrice divine omniprésente dont découle la
grande unité qui lie tous les êtres et toutes les formes de la
création. La force du Christ en l’homme est également étincelle de
mise en pratique, car la foi seule ne suffit pas ; de la foi devrait
naître l’acte véritable dans l’Esprit de Dieu. A la fin du Sermon
sur la Montagne, Jésus parle de l’acte véritable dans et à partir de
Son Esprit : « …Je compare celui qui entend Ma parole et
l’accomplit à un homme avisé qui a bâti sa maison solidement sur du
roc. Et la pluie vint, les eaux montèrent et les vents soufflèrent
autour de cette maison, et elle ne s’effondra pas, car elle était
bâtie sur du roc. Et que celui qui entend Mes paroles et ne les suit
pas soit comparé à un homme fou qui a bâti sa maison sur du sable.
Et la pluie vint, les eaux montèrent et les vents soufflèrent sur sa
maison et elle s’effondra avec grand fracas. »
Il serait donc raisonnable que les hommes
accomplissent ce que Jésus-Christ a enseigné. De la sorte, un
véritable chrétien d’action attise en lui l’étincelle rédemptrice
qui se transforme alors toujours plus en une flamme intérieure
embrasant l’âme et l’homme. Ne pas se contenter d’écouter Son
enseignement mais avant tout le mettre en pratique, c’est suivre le
chemin de la vérité et de l’illumination intérieure, par le
Christ-Dieu. Ce faisant, un pèlerin sur le chemin de la vérité
affine ses sens, dans la mesure où ses pensées, ses paroles et ses
actes sont de plus en plus lumineux, c’est-à-dire correspondent de
plus en plus à la volonté de Dieu. Sous l’effet de l’éclaircissement
croissant de sa conscience, celui qui est traversé par la lumière
reconnaît comment s’exprime la volonté de Dieu à travers les
différentes facettes de sa vie terrestre.
Quelqu’un qui évolue dans l’Esprit de la
vérité regarde ce qui se passe autour de lui et dans le monde avec
les yeux de la Loi universelle de l’amour et de l’unité. Parce
qu'elle est engagée dans la succession de Jésus-Christ, une telle
personne illuminée voit les choses de façon plus claire, plus large
et plus profonde. Elle est un observateur éveillé de la réalité,
capable de l’appréhender de manière analytique. Ce comportement
concourt à l’ouverture du cœur et au développement de la raison qui
se placent au service de la conscience spirituelle.
Les personnes dotées de cœur et de raison ne
sont pas étroites d’esprit ; elles ne se comportent pas en exaltés
mais en réalistes spirituels sérieux qui replacent toujours les
choses et les événements dans la Loi universelle éternelle, avec
mesure, justice et sagesse.
Les pharisiens, les docteurs de la loi et leurs vassaux :
poltrons lâches et sujets serviles
Quelqu’un qui aspire sérieusement à se
comporter en véritable chrétien orientera sa vie sur les Lois de
Dieu et sur les enseignements de Jésus-Christ et non sur les
intrigues humaines de ceux qui dissimulent leur avidité de pouvoir
et de puissance sous de belles paroles mielleuses, qui récompensent
leurs affidés par des traitements de faveur destinés à ce que ces
derniers accomplissent ce qu’on attend d’eux et qui, à l’opposé,
dévalorisent, discriminent et calomnient ceux qui leur résistent.
Quelqu’un qui s’engage sur les traces de Jésus, le Christ, saura
reconnaître ceux qui usent du mensonge et se tiendra éloigné d’eux.
Malheureusement, beaucoup trop de gens sont
lâches et poltrons. Ils restent soumis aux grands de ce monde et aux
institutions religieuses. Ils entrent dans leurs misérables
intrigues avec l’espoir d’obtenir un petit morceau du gâteau que
génère la magie du pouvoir. Obséquieux, ils se répandent en
courbettes, parce qu’ils veulent à tout prix s’asseoir à la table où
se joue la partie de poker pour le pouvoir. C’est pourquoi ils
n’éprouvent aucun scrupule à trahir le grand Esprit de l’unité ainsi
que leurs semblables.
Celui qui a investi au casino du pouvoir sans
jamais être payé en retour prend tout à coup conscience que beaucoup
d’Occidentaux sont devenus des joueurs de poker païens se
dissimulant sous un manteau « chrétien » et que tout ce jeu n’a rien
à voir avec le Christ. Pourtant, malgré cette ouverture de
conscience, beaucoup de gens restent accrochés aux pharisiens et aux
docteurs de la loi – les joueurs de poker – qui depuis
toujours ont corrompu les hommes.
Certains poltrons ont déjà ouvert les yeux sur
certaines choses. Cependant, ils ne font pas l’effort de s’élever à
la droiture et à la sincérité, et continuent d’accorder du pouvoir à
ceux qui maintiennent leurs brebis dans des enclos édifiés à l’aide
de faux enseignements inspirés de la pensée de la chute. De tous
temps et aujourd’hui encore, les poltrons, les conformistes, les
sujets serviles, ont laissé les magiciens ecclésiastiques, les
pharisiens et les docteurs de la loi, sortir de leur chapeau des
monstruosités et parer ces absurdités de l’auréole glorieuse des
« secrets insondables de Dieu », afin que personne n’ose mettre en
doute leur véracité. Ils ont fait de Dieu – l’Un universel,
le Père éternel – un dieu du châtiment, de la vengeance, un
tyran qu’il convient d’amadouer à l’aide d’incantations ou de
sacrifices, un dieu qui bénit et pourquoi pas, approuve les tours de
magie des obsédés du pouvoir. Cependant, il est manifeste que ces
paroles cérémonieuses sont totalement creuses. Dans ces conditions,
on se demande pourquoi certains ne remarquent pas – ou refusent de
voir – que les tenants de ces pratiques magiques, eux-mêmes, ne les
prennent pas au sérieux et ne les emploient que dans le but
d’impressionner le troupeau de leurs brebis et empêcher celles-ci
d’avoir « l’audace » de faire usage de leur raison.
Chers amis, Dieu n’a rien à voir avec toutes
ces balivernes. Dieu est et restera toujours le Dieu de l’amour et
de la bonté, le Dieu de l’unité universelle.
Les poltrons et les sujets serviles sont
maintenus dans la psychose de la peur par les prestidigitateurs
ecclésiastiques qui les tiennent sous la menace de la damnation
éternelle. La plupart d’entre nous étant habitués à accepter cela
comme allant de soi, nous avons tendance à en oublier la portée
véritable, à savoir une trahison révoltante envers Dieu et le
Christ, ainsi qu’une duperie pernicieuse à l’égard de personnes qui
finalement ne sont pas moins que les frères et sœurs de ces
révérends « bergers ».
Dieu, qui aime tous Ses enfants sans exception
– hommes, âmes et autres formes d’existence – est ici non seulement
grossièrement calomnié et diffamé par des hommes, de plus
prétendument « chrétiens », mais Il est également utilisé au service
de buts visant à l’asservissement de nombreux hommes. Les tenants de
l’autorité ecclésiastique, intrigants, avides de pouvoir, se servent
de Lui pour faire pression sur ceux qui leur ont été confiés et qui
osent mettre en doute la légitimité de l’Eglise et le caractère
anti-divin et anti-chrétien de l’enseignement qu’elle propage.
Les laquais n’ayant pas renoncé à leur état de
servitude, les rapaces du pouvoir ont pu créer un appareil de
domination qu’ils ont baptisé du nom de « chrétien ». Bien camouflés
sous ce vocable, ils agissent de manière ouverte ou insidieuse
contre tous ceux qui percent leur simulacre et refusent de se taire
ou qui refusent de participer à leurs manigances « chrétiennes ».
L’aveugle spirituel ne voit pas le vautour qui
se dissimule derrière la fable des prétendus « secrets de Dieu ».
Bien camouflé derrière ces soi-disant « secrets de Dieu », le loup
féroce peut se parer des habits du bon berger pour que ses proies ne
voient pas sa nature véritable.
Le Dieu véritable ne se dissimule pas aux yeux
des hommes. Par contre, ces derniers qui manquent de courage pour se
montrer à Dieu tels qu’ils sont – c’est-à-dire comme Ses
enfants n’accomplissant pas Sa volonté – ont créé le mot
« secret » grâce auquel ils croient pouvoir escamoter la volonté de
Dieu. C’est pourquoi, quelqu’un qui croit à l’existence de prétendus
secrets de Dieu, reste aveugle à la vérité.
Quelqu’un qui pendant longtemps a dupé ses
prochains, qui donc a assombri la vérité, est de plus en plus
prisonnier des chimères auxquelles il a donné naissance. Un jour
viendra où il ne sera plus en mesure de faire lui-même la différence
entre le mensonge et la vérité. Une telle personne sera un adepte
idéal de la théorie des « secrets de Dieu ». C’est ainsi que
l’aveugle suit les aveugles et qu’ensemble ils tombent dans l’abîme.
Le monde est devenu un brasier dont seront
victimes à la longue tous ceux qui n’auront pas allumé en eux le feu
intérieur, l’étincelle rédemptrice, ceux qui s’accrochent aux
apparences trompeuses qu’entretiennent des fonctionnaires
écclésiastiques dénués du sens de la responsabilité.
En rapport avec les prétendus « secrets de Dieu » – Conséquences
dévastatrices de l’ignorance subie jusqu’à nos jours par de
nombreuses personnes
Pourquoi les institutions catholique et
protestante font-elles sans cesse référence aux « secrets de Dieu »
ou célèbrent-elles le principe « Credo quia absurdum », qui
signifie : « J’y crois parce que c’est absurde » ?
La Loi de Dieu, éternelle et irrévocable,
régit toute chose. Elle est tout le contraire de quelque chose
d’absurde. Elle est logique, sagesse, grandeur, elle est d’une
simplicité inégalable et géniale ; elle est conscience suprême,
intelligence divine, clarté, vérité – elle est absolue. Et, comme
l’Esprit éternel l’a dit un jour, à travers la Parole prophétique,
au sujet de la Loi absolue : « Ce qui est absolu est absolu ! Il n’y
a rien au-delà. »
La Loi de Dieu est tout en tout. La totalité
de la Loi est manifeste, agissante et vivante en chaque aspect de la
loi, et la Loi absolue en tant que totalité est elle-même en accord
avec chacun de ses aspects. Comme cela vient d’être dit, en elle
tout est clair et en accord absolu, car Dieu est et reste
éternellement et immuablement ce qu’il est : le JE SUIS.
Toutefois, si les hommes introduisent le
mensonge au sein de la vérité – que Dieu est – cet
amalgame ne peut plus être efficient et les parties qui le composent
ne vibrent plus en accord. Alors, on peut dire à juste titre de cet
amalgame qu’il est absurde.
Pour tenter de parer à ces contradictions,
l’enseignement ecclésiastique prétendument chrétien met en avant ce
qu’il nomme les « secrets de Dieu ».
Mais Dieu, l’Eternel, n’a pas besoin de faire
des secrets. Seuls en font ceux qui se flattent d’avoir étudié Dieu
mais qui, en vérité, savent moins de choses sur Lui, Le connaissent
moins, que certains hommes du peuple qui s’efforcent de vivre
simplement dans la conscience de Dieu et dans la paix avec leur
prochain. La doctrine des « secrets de Dieu » résulte de
l’éloignement des hommes de leur être véritable et du manque de
conscience de ceux dont les belles paroles et les beaux sermons
camouflent des sentiments, des pensées et des actes pleins de
manigances car inspirés de la pensée de la chute.
Si l’Eglise se retranche toujours derrière de
prétendus « secrets de Dieu », c’est parce que cette institution a
perdu la vue d’ensemble de la vie.
En 553, le concile de Constantinople a
condamné les enseignements d’Origène. Ces derniers, inspirés du
christianisme des origines, professaient que l’âme – l’être
spirituel – préexiste avant la naissance physique de l’homme
et que c’est le processus de la chute qui est à l’origine de la
formation du corps. Dans le même temps, la croyance qu’un jour
toutes les âmes et tous les hommes retourneraient à Dieu fut
également condamnée et remplacée par la notion de damnation
éternelle.
Lors de ce concile, des hommes se sont donc
arrogés le droit de réprouver l’enseignement de Jésus de Nazareth, à
savoir la relation à un Dieu-Père aimant, qui ne damne aucun de ses
enfants, moins encore pour l’éternité, mais qui se propose au
contraire de reconduire à Lui toutes les âmes et tous les hommes -–
avec l’aide de la force rédemptrice du Christ de Dieu qui devient
agissante par la mise en pratique de Son enseignement. Ils
réprouvèrent également la connaissance en la préexistence de l’âme,
un des fondements de l’enseignement de la réincarnation, également
enseigné par Jésus de Nazareth comme en témoignent plusieurs textes
issus du christianisme originel. L’enseignement de la réincarnation
est intrinsèquement lié à la loi des semailles et des récoltes et
nous permet de comprendre pourquoi les occidentaux sont devenus ce
qu’ils sont aujourd’hui. Des individus qui n’étaient pas en mesure
de comprendre le message de Dieu ou qui ne le voulaient pas – car
ils aspiraient à autre chose qu’à accomplir la volonté de Dieu – ont
dénaturé les enseignements issus du royaume de Dieu et les ont
transformés. Les grandes sagesses prodiguées par les messagers des
Cieux furent réduites à l’étroitesse de l’inintelligible par des
individus qui s’encensèrent eux-mêmes.
Au fil du temps, le message divin fut imprégné
de plus en plus par l’humain pour mieux s’adapter aux désirs et
ambitions de guides religieux tournés vers l’extérieur. Ceux-ci
modelèrent à leur gré l’image de Dieu ainsi que les Lois divines, y
compris la loi de la réincarnation qui s’énonce ainsi : « Ce que tu
sèmes tu le récolteras demain, après demain ou dans une incarnation
future ». L’enseignement cosmétisé développé par l’institution
Eglise devenant de plus en plus illogique et rempli de
contradictions, les « dignitaires » ecclésiastiques le recouvrirent
du manteau des « secrets de Dieu ».
Il aurait suffi que quelques-uns des
inconscients spirituels présents au concile de Constantinople de
553, prennent une autre décision pour que le prétendu « secret »
soit levé et pour que les occidentaux sachent que l’âme humaine
existe avant son incarnation dans un corps humain et pour qu’ils
connaissent ainsi le fondement de l’enseignement de la
réincarnation.
Cette décision plus que regrettable déroba à
de nombreuses personnes la possibilité de comprendre le sens et la
finalité de leur vie terrestre. Dès lors, celles-ci ne furent plus
en mesure de reconnaître les raisons du destin qui les touche et de
savoir que les conditions déterminant le lieu où l’âme se rend après
avoir quitté le monde matériel, à savoir l’au-delà, dépendent du
comportement adopté par l’homme au cours de sa vie terrestre en
pensées, paroles et actes. Ainsi, on a caché à toutes ces
innombrables personnes le fait que l’incarnation de l’âme dans la
chair est une chance donnée à l’homme pour réparer ce qu’il a causé
lors d’incarnations antérieures.
En l’an 553, l’homme s’est donc permis de
définir ce qui est juste et vrai et ce qui ne l’est pas et il
continue d’agir de la sorte aujourd’hui. Qu’un fidèle demande à un
prêtre d’où vient notre âme et où elle se rend après la mort, alors
ce dernier – préposé au détournement de la vérité – lui
répondra que la réponse à cette question est couverte par le sceau
du secret de Dieu et que Dieu ne saurait permettre que l’on perce
Ses secrets.
Il est pratiquement impossible de mesurer
aujourd’hui toute l’étendue des effets dévastateurs ayant résulté
des décisions entérinées lors du Concile de Constantinople.
Au titre de ces conséquences on peut citer le
fait que beaucoup de gens croient pouvoir vivre et penser de manière
égoïste, croient pouvoir dévaloriser et dominer leurs prochains
humains ou animaux, les faire souffrir, les exploiter et même les
assassiner, cherchant seulement à satisfaire l’être et l’avoir,
leurs avantages et leurs profits, sans que cela ait pour eux des
conséquences fâcheuses.
Dieu ne punit pas. C’est l’homme qui se punit
lui-même au travers des causes qu’il a auto-engendrées et dont il
lui faut encourir les effets au cours de sa présente vie ou d’une
vie ultérieure ou encore dans le royaume des âmes. Quelqu’un qui
agit sans cesse contre la Loi de la liberté, contre l’amour éternel,
qui donc s’oppose à la Loi de Dieu en pensées ou en paroles, fonce
tête baissée vers la catastrophe. Celle-ci se manifestera tôt ou
tard dans sa vie sous forme de souffrances, de maladie, de détresse,
etc…
Pourtant, cela n’est pas tout et le mal
engendré par l’ignorance spirituelle dans laquelle on a tenu les
hommes enfermés va beaucoup plus loin. Ignorant les interactions
causales résultant de la loi des semailles et des récoltes, ceux-ci
sont pratiquement dans l’impossibilité de tirer toute forme
d’enseignement de leurs expériences douloureuses dans la mesure où
ils ne disposent pas des instruments spirituels à cet effet. Au lieu
de rechercher leur propre part de faute, de tort, dans une
situation, la plupart du temps ils en attribuent la totalité à leurs
prochains, les accusent, les jugent et les condamnent, augmentant
ainsi le contingent de leurs propres charges, au lieu de se défaire
de quelques-unes d’entre elles.
Le chemin de la mise à l’épreuve est le chemin
de la prise de conscience de nos fautes, de leur mise en ordre et de
leur non-réitération. Il existe également un chemin de l’expiation
qui consiste à s’acquitter de ses fautes par le fait d’endurer les
souffrances que l’on a fait subir à autrui. En tout état de cause,
sans prise de conscience de son propre comportement erroné, de ses
fautes, ce potentiel énergétique négatif ne peut être dissous.
Comment l’homme peut-il se reconnaître à travers les épreuves et
difficultés qu’il traverse s’il ne sait pas que, conformément à la
loi des semailles et des récoltes, il en est lui-même l’auteur ?
Dès lors, toutes les souffrances endurées –
détresse, misère – ne servent à rien puisqu’elles ne provoquent
aucune prise de conscience susceptible de pousser à rebrousser
chemin. C’est ainsi que beaucoup d’hommes ont souffert et continuent
de souffrir dans ce monde et que beaucoup d’âmes souffrent également
dans le royaume des âmes !
Depuis qu’elles ont été entérinées en 553 les
décisions du Concile de Constantinople ont donc eu des conséquences
néfastes et profondes pour d’innombrables personnes et leur action
se prolonge jusqu’aujourd’hui. On peut par exemple leur attribuer le
renoncement aux valeurs de l’éthique et de la morale qui caractérise
le comportement des individus à notre époque, tant sur le plan de la
vie privée que professionnelle ! Autre exemple, on a fait croire au
peuple chrétien que « la foi seule suffit », ce qui signifie que
tout savoir spirituel, toute tentative de faire l’expérience de Dieu
en soi, toute vie religieuse orientée vers l’intérieur, est
superflue et sans valeur. Dans ces conditions, la force rédemptrice
du Christ de Dieu est pratiquement dans l’impossibilité d’agir et de
jouer son rôle. En définitive, depuis Constantinople, ce qui se
prétend « chrétien » ne l’est plus et le « christianisme » s’est
transformé en instrument dans les mains de l’adversaire de Dieu,
dans les mains des ténèbres.
C’est pour cette raison que même après la
venue de Jésus sur la Terre, Dieu, l’Eternel a continué d’envoyer de
nombreux messagers chargés de répandre la vérité. Aujourd’hui, le
déclin de ce monde qui s’est détourné de Dieu étant inéluctable, Il
adresse de nouveau aux hommes maintenus dans l’aveuglement Sa
puissante Parole de vérité, dans cette époque où ne règnent que
confusion et mensonge, afin que la flamme de la vérité éclaire la
conscience de nombreuses personnes restées dans l’ignorance.
Ainsi, pour en revenir à notre question de
départ qui était : pourquoi les institutions catholique et
protestante se retranchent-elles continuellement derrière de
soi-disant « secrets de Dieu » ? il semble clair désormais que c’est
parce qu’elles souhaitent cacher ce qu’elles sont vraiment, à
savoir les vassaux de l’antéchrist, les serviteurs des forces
opposées à Dieu, la ruine de l’humanité, de la nature et des
animaux.
Les pratiques d’endoctrinement ont donné naissance à un champ
d’énergie négatif, le « christianisme d’Eglise ». « Guerre juste »
et « assassinat légitime»
Il est temps que beaucoup de gens prennent
conscience de ce qui les lie, afin d’effectuer de l’ordre dans leur
vie et de devenir véritablement libres.
En tant qu’êtres spirituels purs nous
disposons de la liberté absolue car un être pur accomplit la volonté
de Dieu ; le libre arbitre quand il s’exerce dans la Loi comprend
tout ce qui est bon, beau et noble. La loi de la liberté est en nous
et, en tant qu’êtres en Dieu, nous sommes et restons totalement
libres. Cependant, si nous agissons contre la Loi de l’amour de Dieu
et du prochain, la Loi de l’unité et de la liberté, qui est notre
héritage divin et à laquelle nous appartenons donc éternellement,
nous devrons en porter nous-mêmes les conséquences. Nous serons liés
aux causes que nous aurons semées et qui génèreront leurs effets
selon des lois causales incorruptibles.
Ce que l’homme a transformé dans le Grand
Ordre, dans la création de Dieu, dont les Lois s’appliquent
également au monde matériel, terrestre, génère aussi ses effets
rétroactifs dans le monde de l’au-delà, où l’âme se rend après la
mort du corps physique. La loi des semailles et des récoltes qui
nous conduit à la réincarnation, est la justice de Dieu et,
devrait-on dire, une manifestation de Son grand amour puisqu’elle
donne à l’homme et à l’âme la chance de pardonner et de réparer des
actes contraires aux Lois divines pour se libérer du fardeau dont
l’âme est chargée. Par la mise en ordre des péchés qui efface les
charges, l’âme et l’homme accèdent à une vibration plus élevée, tout
étant rayonnement, vibration. Ainsi, au moment de quitter le corps
qui l’avait accueillie, l’âme légère et emplie par la joie
intérieure est en mesure de réintégrer le royaume éternel de matière
subtile qui est notre patrie éternelle.
La réincarnation offre donc la possibilité de
réparer, de régler des fautes commises lors d’incarnations
antérieures.
La véritable liberté est universelle,
illimitée, et présente en tout, en chaque homme comme dans les lois
de la nature. Seul un homme qui vit dans la Loi de Dieu est
réellement libre.
Certains des lâches et des poltrons dont nous
avons déjà parlé savent parfaitement que l’Ancien Testament n’a pas
seulement été défiguré par la caste des prêtres mais également
totalement déraciné du sol où il avait pris naissance. Malgré tout,
ils brandissent l’Ancien Testament dès qu’ils ne parviennent plus à
contenir leur agressivité. Quelqu’un qui ne parvient plus à
maîtriser son agressivité est tout à fait prêt à porter les armes et
c’est avec délectation qu’il pointera son fusil en direction des
animaux puisque le pouvoir temporel a fait d’eux des cibles
patentées, auxquelles il a été reconnu pour seul « droit » celui
d’être massacrés et abattus, comme gibiers ou animaux d’abattoirs.
Les téméraires champions de l’agressivité ont
pourtant besoin de justifier des crimes qu’ils commettent envers les
animaux. Dans cette justification, ils savent pouvoir compter sur le
soutien de leurs frères d’armes, sur celui du pouvoir et de tous
ceux qui sont possédés par lui et enfin sur celui de ceux qui
mériteraient le nom de « pharisiens de la chair » parce qu’ils se
mettent immédiatement à hurler avec les loups dès qu’il est question
de défendre et de justifier les plaisirs du palais, même quand cela
porte atteinte à la mère Terre.
Ceux qui pensent avec clarté, les véritables
« réalistes », percent à jour l’Ancien Testament et le voient pour
ce qu’il est : une œuvre d’art païenne autour de laquelle les
théologiens ont placé un cadre verdoyant de subtilités théologiques
alambiquées et à qui on a donné le qualificatif de « chrétien ». Au
cours des deux mille ans écoulés, ce cadre ornemental a sans cesse
fait l’objet de « retouches » et de « tailles » pour mieux s’adapter
aux besoins du temps et aux buts recherchés et dans l’objectif de
maintenir dans l’idiotie les poltrons et les aveugles, ce qui a
d’ailleurs parfaitement réussi.
En exerçant une influence habile sur ses
vassaux, l’œuvre botanique est devenue une « plante luxuriante » aux
rameaux catholique et protestant. Et, parce que le peuple est resté
aveugle, les paroles de Reinhard Mey (chansonnier allemand) ont
retenti dans l’espace et le temps : «… Le ministre prend l’évêque
par le bras et lui chuchote : Maintiens-les idiots, je les maintiens
pauvres ! ». Les aveugles suivant d’autres aveugles, les puissants
de l’Eglise n’ont guère à redouter les problèmes d’explications,
l’argument des « secrets de Dieu » pouvant, en cas de nécessité,
clouer le bec de l’audacieux fidèle qui se risquerait à quelque
question « indiscrète ».
L’institution Eglise dont l’influence s’étend
sur tout le champ de la vie publique et finalement sur l’Etat, s’est
dotée d’un réseau de pression païen avec lequel elle est en mesure
d’influencer habilement tous les plans de la société : politique,
économique, scientifique ou culturel. Ainsi, elle garde la mainmise
sur les consciences et renforce le champ d’énergie négatif de
l’endoctrinement que l’on pourrait appeler « christianisme
d’Eglise ». Il s’agit d’un immense champ d’énergies négatives – tout
ce qui est inclus dans la conscience païenne -– auquel le
nourrisson est relié dès l’instant du baptême. Ainsi, peu de temps
après sa naissance, on instille déjà à l’enfant ce que les parents
sont devenus depuis longtemps.
Dieu est l’unité universelle. Si le baptême du
nourrisson fait partie de l’unité universelle, pourquoi les animaux
n’ont-ils pas besoin d’être baptisés ? Pourquoi les animaux ne
contruisent-ils pas des temples pour adorer Dieu ? La réponse est
simple : parce qu’ils vivent en leur Créateur. C’est pourquoi ils
sont persécutés par ceux qui du berceau au cercueil nagent dans les
eaux sales et païennes avec lesquelles on baptise les nourrissons.
L’Eternel et Son Fils, Jésus-Christ, ont
toujours fait preuve de patience. Avant comme après la venue du
Christ en Jésus, il y a toujours eu des hommes et des femmes
illuminés pour exhorter l’appareil de pouvoir de l’Eglise à
rebrousser chemin et à s’en tenir à l’enseignement de Jésus-Christ
au lieu d’agir en Son nom et de continuer à égarer le peuple.
Ce que les fonctionnaires ecclésiastiques ont
fait subir à ces hommes et femmes est rapporté en partie dans
différents écrits. L’appareil de pouvoir ecclésiastique a repoussé
toutes les exhortations que lui adressait le Tout-puissant par la
bouche de ces personnes illuminées et celles des prophètes. Il a
continué d’apporter la destruction et c’est ce qu’il fait encore
aujourd’hui. Son mot d’ordre est le suivant : tout ce qui ne nous
agrée pas doit disparaître, peu importe qu’il s’agisse d’hommes,
d’animaux ou de nature.
L’adversaire aime les sacrifices d’hommes et
d’animaux. C’est pourquoi l’Eglise a entériné la notion de guerre
défensive. Il est même question de « guerre juste » ! Cela signifie
que tout homme ou animal ayant perdu la vie lors d’une guerre
défensive est mort à juste titre, puisque selon l’Eglise une telle
guerre est déclarée juste.
Chers amis, pour bien comprendre la portée
d’une telle déclaration, il faut se souvenir que l’Eglise est sensée
incarner une instance éthique et morale instituée par Dieu. C’est
pourquoi, lorsqu’elle déclare que quelque chose est « juste », cela
signifie : juste aux yeux de Dieu !
Cela constitue une abomination ! Cependant,
nombre de nos contemporains sont devenus paresseux, trop fainéants
et léthargiques pour penser par eux-mêmes. Après des milliers
d’années d’endoctrinement, ils ont abdiqué toute conscience et
« gobent » la parole ecclésiastique, acquiesçant obligeamment d’un
servile hochement de tête.
Dans cette logique, la destruction de la
nature est « juste » également.
En vérité, Jésus-Christ n’a jamais parlé de
« guerre juste ». Au contraire, Il nous a enseigné que nous devrions
aimer nos ennemis et faire le bien à ceux qui nous haïssent. Il nous
a enseigné à construire le pont puissant de l’amour de Dieu et du
prochain et n’a jamais parlé de faire la guerre. Toute guerre porte
en elle l’odeur de la mort. Dans les 10 Commandements il est écrit :
Tu ne tueras pas ! Ce commandement est universel. Il est exprimé à
partir de l’unité, pour l’unité dans le temps et l’espace. Il
s’applique aux hommes, aux animaux et à la mère Terre dans son
entier.
Les adeptes de la « guerre juste » devraient
montrer l’exemple et combattre au front, en première ligne, pour
montrer aux soldats comment l’on tue de manière « juste ». De quelle
façon réagirait un combattant catholique « juste » si soudainement
son ennemi lui faisait face, saisissait son arme et, la dirigeant
contre lui, lui demandait : « Préfères-tu être tué ou assassiné,
avec mon arme ou avec la tienne qui est une arme « juste » ? Ta
religion autorise à tuer, je vais donc te tuer. » Comment se
comporterait alors notre promoteur catholique de guerre juste, lui
dont l’enseignement autorise le fait de tuer ? Dans un geste
héroïque répondra-t-il : « Tue-moi, je t’y autorise » ou bien
cherchera-t-il à sauver sa peau par tous les moyens, ne voulant ni
être tué, ni être assassiné ?
La caste des prêtres, l’Etat et les exploitants agricoles se
conforment à la pensée de la chute dont le credo est : tuer et faire
tuer tout ce qui ne nous convient pas
Il ne fait aucun doute que tout mal provient
de la caste des prêtres. Elle dispose du pouvoir de contraindre
l’Etat ou de lui laisser libre cours, en fonction des intérêts de
l’institution ecclésiastique. Elle est parvenue au point où elle
peut influencer l’Etat selon son bon gré. Pour prendre une image, on
pourrait dire que l’Etat est à la remorque de la caste des prêtres
et par conséquent également tous les citoyens, de même que les
fidèles de l’Eglise, cela va de soi.
Le mal ecclésiastique commande par exemple de
considérer les animaux comme des créatures sans âme, sans-droits,
soumises à la foi brutale de l’Eglise, qui autorise à les tuer ou à
les tenir enfermés dans des stalags pour animaux, jusqu’à ce qu’ils
atteignent le poids nécessaire pour être abattus et dévorés par ceux
qui obéissent à des cadavres ; les fidèles de l’Eglise.
La pensée hiérarchique développée par la caste
des prêtres contient toujours en tout dernier lieu la mort comme
ultime station, comme point final. D’où il ressort clairement ce qui
se cache derrière, à savoir la pensée de la chute dont le but
consiste à dissoudre toute forme de vie et à faire de l’énergie
ainsi transformée – aucune énergie ne se perdant – une
nouvelle énergie de pré-création. Le plan consistant à dissoudre ce
que l’Eternel a créé est construit sur plusieurs niveaux successifs,
hiérarchiques, et conduit toujours au fait de tuer.
La pensée de la chute, la volonté démoniaque à
l’origine de la chute, est l’esprit malfaisant qui a soufflé à
toutes les époques dans les différents domaines d’influence et de
pouvoir des pharisiens et des docteurs de la loi. En son temps,
Jésus de Nazareth adressa aux prêtres des paroles on ne peut plus
claires et sans équivoque, que l’on est pas encore parvenu à
soustraire de la Bible ou à maquiller. Ainsi, voici les propos
exprimés par Jésus au chapitre 23 de Matthieu :
« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, vous
qui ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle
apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et
d’impuretés de toutes sortes. Ainsi de vous : au-dehors vous offrez
aux hommes l’apparence de justes, alors qu’au-dedans vous êtes
remplis d’hypocrisie et d’iniquité. Malheureux, scribes et
pharisiens hypocrites, vous qui bâtissez les sépulcres des prophètes
et décorez les tombeaux des justes, et vous dites : Si nous avions
vécu du temps de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices
pour verser le sang des prophètes. Ainsi vous témoignez contre
vous-mêmes : vous êtes les fils de ceux qui ont assassiné les
prophètes ! Eh bien ! vous, comblez la mesure de vos pères !
Serpents, engeance de vipères, comment pourriez-vous échapper au
châtiment de la géhenne ? »
Ainsi, les saintes écritures de l’Eglise, la
Bible, qui selon son catéchisme est « la vraie parole de Dieu »,
le livre « qui enseigne la vérité de manière sûre, fidèle et sans
erreur » et dont « Dieu est l’auteur», nous livrent
elles-mêmes la preuve que l’Eglise et ses fonctionnaires cléricaux
assassinent ou font assassiner tout ce qui ne leur convient pas.
Il est vrai que, de nos jours, ils
n’assassinent plus les prophètes. Chers amis, vous obtiendrez
toutefois un petit aperçu de ce qui arrive à un prophète de notre
époque en lisant les vingt dernières pages de la lettre de Gabriele
N° 3 (non traduite en français mais disponible en allemand, anglais,
espagnol et italien ). Si vous souhaitez vous informer plus
en détails, vous pourrez également consulter un livre tout récemment
paru, « Der Steinadler » (actuellement disponible uniquement en
allemand), édité aux éditions « Das weiße Pferd ».
L’enseignement du Seigneur apporte la preuve
que l’Eglise, qui proclame par exemple que la foi seule suffit,
appartient à la pensée de la chute. En effet, à l’opposé de cette
affirmation, Jésus de Nazareth a dit : Celui qui entend Mes
paroles et les accomplit est un homme intelligent...
Et dans Matthieu on peut lire également :
« Ce n’est pas en me disant : Seigneur, Seigneur, que l’on entrera
dans le Royaume des cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon
Père qui est dans les cieux. »
Comme il y a déjà été fait allusion,
l’instance suprême du tribunal de la chute est la caste des prêtres,
qui a absorbé l’état. La deuxième instance de la chute est le lobby
agricole qui englobe petits et grands agriculteurs. Beaucoup d’entre
eux sont des fidèles de l’Eglise qui, conformément aux usages
propagés par celle-ci, sont d’avides experts en extorsion, des
sangsues préoccupées seulement par leur avantage et par le souci de
s’octroyer tout ce qui leur agrée. Ils sont les premiers pour
abattre les animaux des champs et des forêts qu’ils considèrent
contre des concurrents ou des adversaires dans leur projet de faire
main basse sur la nature tout entière.
Nombreuses sont les personnes un peu crédules
qui imaginent les agriculteurs en protecteurs actifs de la nature,
de la faune et de la flore, des forêts, des champs et des animaux.
La réalité est pourtant bien différente qui fait d’eux des
destructeurs de la nature et des assassins des animaux. L’épandage
de substances chimiques auquel ils se livrent en abondance et sans
aucun remord détruit chaque année des milliards de petits animaux et
de microorganismes. Le lisier et le purin qu’utilisent certains,
produit exactement le même effet. Le poison déversé à fortes doses
se répand dans le sol et attaque leurs petits corps. Ceux qui
manquent de conscience et qui sont remplis d’avidité sont
indifférents aux supplices que doivent endurer tant et tant
d’animaux qui finissent par en mourir. Que ne ferait-on pas pour un
bon prix ?
Dans leur soif de tout régenter à leur
convenance, ils n’épargnent pas davantage les arbres et buissons qui
bordent leurs champs dans la mesure où le peu d’ombre que produisent
ces végétaux pourrait déjà constituer, à leurs yeux, un obstacle au
rendement de leurs champs. Peu importe que ces arbres et buissons
soient en pleine sève ou non, ils sont abattus, victimes de l’appât
du gain des agriculteurs.
Souvent, fermiers et agriculteurs sont de ceux
qui fréquentent l’église avec assiduité. Lors des cérémonies qui
accompagnent les fêtes religieuses – où Dieu tient bien peu
de place – les fonctionnaires ecclésiastiques revêtus de
leurs habits sacerdotaux tout en ornement et en parure, sont les
plus mauvais exemples qui soient pour ceux qui leur vouent
adoration. En effet, combien de fêtes religieuses s’accompagnent du
fait de couper arbres, buissons ou fleurs ?
Parmi les exploitants agricoles on compte
aussi ceux dont le métier s’apparente à celui de capo pour stalags à
animaux. Là, les pauvres bêtes sont maintenues leur vie durant entre
quatre murs, engraissées avec une nourriture non adaptée à leur
espèce, exploitées dans le but de générer le maximum de profit,
l’animal étant réduit au statut de marchandise vendue pour que
prospère le cannibalisme envers les animaux. Ce qu’on propose aux
consommateurs, ce n’est donc rien d’autre que le cadavre d’une
créature martyrisée, de sa naissance jusqu’à sa mort, pour le bon
plaisir des cannibales, dévoreurs d’animaux asservis et engraissés.
La liste des actes de cruauté dont est capable
« l’exploiteur » agricole semble sans fin : ainsi, à peine nés, on
enlève aux mères leurs petits, pour que les consommateurs disposent
de lait frais chaque matin au petit-déjeuner et plus tard dans la
journée, de ses produits dérivés. Que le petit animal et sa mère
soient destinés à la mort, peu importe au consommateur, pourvu qu’il
dispose des moyens d’assouvir ses plaisirs culinaires en cadavres et
produits laitiers, enrichis en souffrances indicibles.
La hiérarchie de la mort se compose d’une
autre instance. Il s’agit du lobby de la chasse, des tireurs formés
à tuer, qui se prétendent protecteurs de la nature (il y aurait
vraiment de quoi rire si cela n’était pas synonyme de massacre et de
souffrance à grande échelle pour tant de créatures innocentes).
Tous ceux qui soutiennent le principe de la
guerre que les chasseurs mènent dans les champs et les forêts, sont
pour la mort. Parmi ceux-là, on compte naturellement les
institutions ecclésiastiques. Tout ce qui est au service de la mort
a toujours été béni par l’Eglise et continue de l’être, en
particulier les chasseurs. Ils sont inscrits sur les registres de la
mort de l’Eglise.
Tout chasseur que l’on traiterait de « machine
à tuer » serait choqué d’un tel qualificatif. Les arguments employés
pour justifier la pratique de la chasse, en particulier le rôle
prétendu de régulateur des populations animales, sortent tout droit
de la cornue guerrière dans laquelle ceux qui constituent l’escorte
ecclésiastique puisent leurs réponses et directives.
L’argument de certains « protecteurs de la
nature » selon lequel il faudrait limiter le nombre des animaux en
fonction d’un espace donné est singulier. Qui détermine les critères
de mesure en la matière ? Les chasseurs naturellement, dont
l’exemple pourrait être la caste des prêtres, pas seulement parce
que des prêtres s’adonnent au plaisir de la chasse, mais également
en rapport avec la manière dont l’Eglise a traité au Moyen Age les
gens qui ne correspondaient pas à ses critères.
N’oublions pas que c’est l’Eglise qui a
implanté dans la conscience de l’homme la conception selon laquelle
les animaux n’auraient pas d’âme mais disposeraient seulement d’un
instinct. En vérité qui sait vraiment ce qu’est l’instinct ? On peut
bien sûr en chercher la définition « scientifique » dans le
dictionnaire. Cependant, la science s’étant si souvent trompée, on
est en droit de rester circonspect envers cette définition. De toute
façon, cela importe peu au fidèle de l’Eglise pour qui les choses
sont telles que la caste des prêtres le prétend. On libère ainsi sa
conscience à peu de frais.
Malgré ce comportement d’esprit hiérarchique –
dont l’origine se trouve dans la chute – auquel se conforment de
nombreuses personnes, il est à espérer que tout le monde ne souffle
pas dans le cor de chasse de la guerre sous prétexte qu’il serait
permis de combattre d’autres hommes sous un motif défensif ou de
faire la guerre aux animaux, à la nature, finalement à la mère Terre
dans son entier. Si ce point de vue est bien celui de l’instance
ecclésiastique de la chute, il va de soi qu’il n’est en aucun cas
celui de Jésus-Christ, le prince de la paix, qui enseigna l’amour et
l’amour du prochain ainsi que l’amour des animaux, car ces derniers
sont les petits frères et sœurs de l’homme.
La création de l’Eternel est ordre et harmonie tant que l’homme
n’y intervient pas
Qu’est-ce qui est à l’origine de la guerre
menée contre les animaux ? Est-ce une guerre de conquête ou de
défense ? Dans quelle catégorie la caste des prêtres range-t-elle
cette guerre ? Elle considère peut-être que ces créatures qu’elle
méprise – selon elle les animaux n’ont pas d’âme – peuvent être
tuées impunément. Pour justifier l’assassinat des animaux, on
s’appuie également sur des arguments de poids, comme par exemple le
fait qu’ils ne portent pas de slip : C’est en effet ce que l’on peut
lire dans le catéchisme protestant ( Catéchisme protestant pour
adulte, 5ème éd., 1989 ) :
« C’est justement le côté profane, irréfrénable car libre de
tabou vis-à-vis de la procréation, de la naissance et de la mort,
qui nous apparaît chez les animaux comme ce qu’il y a de plus
inhumain, de plus étranger à la nature de l’homme. C’est en effet
par la pudeur et le rite des funérailles que commence véritablement
l’histoire de l’homme. Les animaux ne se voilent pas les parties
génitales, ne vénèrent pas leurs morts et ne les enterrent pas non
plus. »
Malgré toutes les tares que
l’Eglise attribue aux animaux, ceux-ci ont un art de vivre plus
raffiné que bien des hommes. Ils procréent au maximum deux ou trois
fois par an et leur vie sexuelle ignore ces pulsions qui poussent
les humains à des excès et violences sexuelles de toutes sortes.
Ainsi, aucun animal n’appartient par exemple à l’ « espèce » des
pédophiles.
Chaque jour, l’homme confisque
d’immenses espaces aux animaux. Ils sont de plus en plus refoulés de
leur territoire, de sorte que leur espace vital se réduit comme une
peau de chagrin et que leur ghetto naturel se rétrécit de jour en
jour. L’homme s’oppose à la Mère Terre qui n’est pas seulement la
patrie des animaux et des plantes mais bien aussi celle des hommes.
Comment l’homme se comporte-t-il
envers la Mère Terre ? Lui, l’adepte de la pensée de la chute, le
porteur de mort, il fait la guerre aux créatures de Dieu qui vivent
en unité avec elle. Par égoïsme et sous la violence, il oblige les
animaux à quitter leur habitat, leur espace vital d’origine et les
parque dans des ghettos naturels. S’il lui vient à considérer qu’un
trop grand nombre d’animaux occupe le ghetto naturel, c’est à coups
de fusil qu’il règle le problème de « surpopulation ».
Le chasseur se prend pour le
« dieu » de la forêt. N’est-ce pas lui qui détermine combien
d’animaux ont ou pas le droit d’y vivre. Lui qui exhale l’odeur de
la mort à force de carnage dans le ghetto des animaux, est devenu
une sournoise machine à tuer.
Mais les animaux qui sont de
loin autrement intelligents que bien des hommes, sentent le souffle
de la mort et s’enfuient. Le canon du fusil crache le projectile qui
transforme l’animal en cadavre dont le chasseur dévore les
morceaux : c’est pour cela qu’il est imprégné de l’odeur de la mort.
Guerre contre les hommes, contre
les animaux, contre les végétaux, guerre contre la Mère Terre, telle
est la pensée de la chute : supprimer toute vie devenue forme. Les
hommes peuvent se défendre mais pas les animaux. Ils n’ont pas
d’armes pour tuer. Ils sont toujours perdants. Le chasseur sournois
le sait bien quand il canarde lâchement les créatures de Dieu.
La plupart des animaux se
contentent simplement de prendre la fuite. Qu’importe leur peur et
leur détresse. Encerclés, traqués, pris dans la nasse, ils sont
abattus par les héros de la chasse. Pour encenser ces fabuleux
exploits, l’Eglise célèbre une messe sous l’égide de saint Hubert et
bénit ses fidèles dont la conscience ne va pas plus loin que le bout
du fusil avec lequel ils infligent souffrances et mort aux créatures
sans défense.
Oui, comment l’Eglise
qualifie-t-elle cette guerre ? La considère-t-elle comme une guerre
de défense ? Ne serait ce pas plutôt une guerre de possession ?
(Photo p 33 : Spectacle macabre : l’Eglise bénit les atteintes à
la création de Dieu )
Dieu, le Créateur de la
vie, est l’unité et la mesure en toute chose. Dans le monde de la
nature, auquel l’animal appartient, règnent l’unité, l’équilibre et
l’ordre universel de Dieu. C’est ce dernier qui régule le taux de
fécondité dans le monde animal et le niveau des récoltes dans le
monde végétal. Les éléments naturels et les saisons pourraient
donner à l’homme bien des informations sur l’ordre de l’Eternel.
Les quatre forces
élémentaires œuvrent pour la Mère Terre. Dieu étant la vie en tout,
Il est aussi avec la Mère Terre et toutes les formes de vie. C’est à
travers les forces élémentaires, – le soleil, lumière et chaleur –
l’eau, la pluie – la terre, les composés organiques qui sont
la vie dans le sol, – l’air, le vent –, que l’Esprit
puissant agit de sorte que tout se mette à fleurir au printemps et
que les fruits mûrissent en été, permettant la récolte. En automne,
la vie de la nature se retire peu à peu, en sommeil jusqu’au
printemps suivant, à savoir jusqu’au moment où le continent fait de
nouveau face au soleil – l’élément feu. L’hiver est la période de
repos qui prépare à la vie nouvelle. Tous ces événements
s’enchaînent donc dans la nature en une suite harmonieuse, en un
cycle de vie qui engendre croissance et évolution.
C’est dans ce cadre des
saisons – printemps, été, automne et hiver – que le grand Esprit
prend soin, notamment, du monde animal. Vers la fin de l’été, le
pelage des animaux se fortifie, leurs poils poussent et
s’épaississent. Dieu, la vie éternelle, pourvoit d’une autre façon à
la survie des animaux durant la saison froide. Nombre d’entre eux
accumulent des réserves afin de pouvoir passer l’hiver. Ils
ressentent que pour eux, la période de repos approche. Chez
plusieurs espèces, la vie s’intensifie en automne. Les activités de
procréation, les accouplements qui se déroulent en automne,
permettront qu’au printemps la vie se perpétue par la naissance des
petits. Si l’homme ne s’approprie pas les fruits de la nature
jusqu’au dernier grain et s’il laisse suffisamment d’espace vital
aux animaux, ceux-ci trouveront leur nourriture tout au long de
l’année. Dieu y pourvoit.
Au printemps, l’ordre de
Dieu se manifeste à nouveau : par exemple les animaux perdent peu à
peu leur pelage d’hiver qui est remplacé par un pelage plus adapté
aux chaleurs de l’été.
Qu’il s’agisse des animaux
de l’air ou de l’eau, qu’il s’agisse de ceux qui vivent sur ou sous
la terre, partout règne l’ordre de Dieu si l’homme ne le perturbe
pas.
On entend souvent dire que
la nature est bien faite. Cela est vrai. Sur la Terre, les forces de
la vie à l’œuvre dans la nature sont reliées à la grande pulsation
cosmique de l’Etre, qui maintient et anime toutes choses, qui les
fait croître et mûrir en harmonie les unes par rapport aux autres.
Toutes les formes de vie procèdent des forces de l’Esprit créateur
éternel. Ce sont ces dernières qui rendent possible la grande unité
de la vie qui correspond à Son ordre, à Sa volonté, Sa Sagesse et
Son harmonie. Aussi, qui peut croire que le grand Esprit universel
tout puissant et omniprésent serait incapable d’une chose comme
réguler la population animale ?
Ce que nous oublions trop
souvent c’est que Dieu n’a pas donné la Terre uniquement aux hommes
mais aussi aux animaux et aux plantes. C’est pourquoi, tout ce que
porte la Terre devrait vivre dans l’unité et la paix. C’est cela qui
correspond à la Loi de Dieu. Cependant, non content d’acculer les
animaux et de les tuer, l’homme se place au-dessus de Dieu, se
croyant appelé à instaurer l’équilibre dans la Nature par la
régulation des populations animales.
L’homme présomptueux et
arrogant n’éprouve aucun scrupule à intervenir dans l’équilibre
subtil de la création divine. Il a même l’audace de se prendre pour
un créateur. Il est sacrilège de jouer avec l’énergie de la vie qui
provient uniquement de Dieu. C’est une atteinte à l’ordre harmonieux
qui est le Sien et que l’homme ne pourra jamais imaginer ni créer.
L’homme, ce fou furieux,
est responsable de l’état catastrophique de cette planète, la Terre
de Dieu, dont la situation tend actuellement vers le point de
non-retour.
Ce développement funeste a
pour origine la pensée de la chute ; le « je veux, pour moi ! » –
l’égoïsme, l’éloignement de l’homme envers l’unité, la brutalité qui
naît du fait d’être contre ses semblables humains et contre ses
prochains des règnes de la nature.
La Loi de Dieu est amour
qui donne, force entièrement constructive. Vivre c’est donc donner.
Donner rend libre. Donner conduit à la richesse intérieure, à
l’abondance car celui qui donne à partir du cœur recevra en retour.
Hélas, en raison de la
pensée de la chute, l’homme est axé sur le « prendre ». Or,
l’attitude qui consiste à prendre, à vouloir posséder pour soi tout
seul, est destructive pour l’homme et mène en définitive à
l’appauvrissement.
Ainsi, contrairement à ce
qu’il en était par le passé, l’agriculture « moderne » ne laisse
plus le moindre grain de blé sur les champs, pour les animaux. Les
machines agricoles sont comme des balayeuses, elles aspirent chaque
épi, jusqu’au dernier petit grain. L’agriculteur ne laisse rien aux
animaux, bien au contraire. Qu’un animal ait l’outrecuidance de se
servir dans un champ et de prendre ce qui lui est dû – car Dieu
prend soin de tout et de tous – on fait immédiatement appel au
massacreur d’animaux, au chasseur, pour faire disparaître
l’importun. Le chasseur se fait un plaisir de répondre à la demande
du paysan, d’une part pour mettre fin aux prétendus « dégâts »
occasionnés aux cultures par les animaux mais aussi en raison du
plaisir de tuer qui l’anime, quand ce n’est pas par appât du gain
occasionné par la vente du gibier à un boucher ou à un restaurateur.
L’argent de Judas coule dans le « denier du chasseur » que celui-ci
doit verser comme droit de chasse et le boucher fait fructifier son
petit commerce avec le cadavre de l’animal acheté par le
consommateur pour s’en délecter. Voilà le chemin de croix fait
d’indicibles souffrances que doit endurer l’animal innocent, chassé,
traqué, assassiné puis éventré et réparti en déchets à jeter et en
morceaux comestibles débités et préparés afin que les consommateurs,
les cannibales d’animaux, puissent s’en mettre plein la panse.
Chaque jour l’homme
restreint un peu plus l’espace vital des animaux. Dieu prend soin de
tout sur Terre. Il est l’équilibre en toute chose. Et ce n’est pas
parce que l’homme leur confisque leur espace vital que Dieu va
réduire le nombre des animaux. Ils appartiennent à l’harmonie de
l’unité qui est équilibre permanent. Si l’homme réduit leur espace
vital, alors la densité de la population animale va forcément
augmenter. Il y aura surpopulation et l’homme aura beau jeu
d’utiliser ce prétexte pour intervenir et semer la mort.
Les propos qui suivent ont
été tenus récemment sur la radio bavaroise B5 aktuell :
« Dans le domaine de l’occupation des sols –
construction de nouvelles zones industrielles, extension du réseau
routier ou expansion continuelle des zones d’habitation –
les défenseurs de la nature dénoncent une inflation démesurée ».
En effet « …en Bavière, chaque minute voit surgir 200 mètres
carrés de chantier de construction supplémentaire.»
Ce chiffre témoigne du vol
de territoires qui s’opère chaque jour et refoule toujours un peu
plus les animaux dans des ghettos naturels. Dès lors, les chasseurs
n’ont guère de difficultés à se présenter comme des sauveurs
agissant pour le bien de tous et même pour celui des animaux, en
combattant la surpopulation animale. Ce qui signifie en clair :
priver de leur vie une partie des animaux.
L’homme se livre à
l’élevage industriel. Il engraisse les animaux et pratique sur eux
l’insémination artificielle pour que le consommateur humain dispose
de toujours plus de viande. L’homme déboise et détruit les forêts.
Il empoisonne les champs et tue les petits animaux et les
micro-organismes qui y vivent et y travaillent au service de
l’équilibre et de la fertilité des sols. L’homme est l’auteur de
tous les maux qui causeront un jour sa propre perte. L’homme, le
sectateur belliqueux de la chute, dérange et détruit tout. Ce
faisant, il génère sans aucun doute ses propres souffrances
actuelles et à venir mais aussi, malheureusement, celles de ces
créatures innocentes que sont les animaux.
L’homme calomnie et
discrimine ses semblables. Il les asservit et les dupe. L’homme
ment. L’homme torture et assassine les animaux. L’homme, le
cannibale d’animaux, mange ses petits frères et sœurs les animaux.
L’homme porte atteinte aux forêts et aux champs, abattant des arbres
pleins de sève, répandant son poison sur les sols et les cultures.
Il fait la guerre à ses frères et sœurs, commettant le fratricide,
et se prend de surcroît pour la couronne de la création.
Parmi ces malfaiteurs
coiffés de la couronne de la création, un grand nombre se dit
chrétien. Et en effet, pour la plupart il s’agit de chrétiens
d’Eglise dont on peut dire qu’ils appartiennent au clan de la chute
dont le but consiste à détruire tout ce qui renferme l’ordre divin.
L’exécutant égoïste, le responsable de la chute, l’homme, porte
atteinte à tout ce qui l’environne. Il sème la destruction et la
ruine. Il est à bonne école au sein de l’Eglise puisque, depuis 2000
ans, celle-ci infeste le monde et ne pense qu’à discriminer,
répandre le mensonge, éliminer et anéantir tout ce n’appartient pas
à sa sphère.
Les Eglises « chrétiennes » n’ont apporté que souffrance, misère
et mort aux hommes, à la nature et aux animaux
Certains lecteurs vont
certainement se demander si l’Eglise est vraiment complice de tous
ces faits, si elle est véritablement cette puissance maléfique
responsable de tout, y compris de la souffrance des animaux ?
Depuis qu’elle existe en
tant qu’instance prétendument chrétienne, l’Eglise n’a apporté que
souffrance, misère et mort aux hommes, à la nature et aux animaux.
Pensons seulement aux croisades, aux bûchers de l’inquisition,
pensons à l’esclavage et aux massacres que les catholiques croates
perpétrèrent contre les Serbes orthodoxes entre 1941 et 1943, en
ex-Yougoslavie.
Photo p 39 : le
dictateur fasciste Ante Pavelic (à droite) et le nonce apostolique
Marcone (au centre) s’entendent à merveille et travaillent en
étroite collaboration. (photo Ahrimann Verlag, Freiburg)
Extrait du livre
« Jasenovac – le Auschwitz yougoslave et le Vatican »
de VladimirDedijer – Editions Ahrimann
Comme cela a été dit
précédemment, l’institution ecclésiastique soutient également le
principe de la guerre « défensive » ainsi que la guerre menée contre
les animaux et leur assassinat. Elle a trahi les enseignements de
Jésus en faisant le contraire de ce que Jésus a enseigné. Aux
enseignements limpides que le Nazaréen a apportés à l’humanité, elle
a mêlé des aspects de culte païen. Voilà ce qu’on peut lire dans un
communiqué de l’ARD daté du 8 avril 2003 et intitulé « Partout
dans le monde » :
Le vaudou reconnu officiellement comme religion à Haïti : à
peine 200 ans après l’indépendance de Haïti, le culte vaudou y
accède au statut de religion officiellement reconnue comme le
confirme un décret du président Jean Bertrand Aristide. Une loi
nouvelle place désormais le culte vaudou sur le même plan que les
confessions chrétiennes. Trois quarts des huit millions d’Haïtiens
sont des fidèles du culte vaudou, une religion polythéiste que les
ancêtres des habitants actuels d’Haïti, des esclaves venus
d’Afrique, ont apportée avec eux au 18ème siècle et à laquelle se
sont mêlés des éléments du christianisme.
Qui peut croire que les
enseignements de Jésus ont quelque chose à voir avec les « éléments
de christianisme » contenus dans le vaudou ? En fait, les éléments
en question résultent de l’apport d’idolâtrie païenne aux
enseignements de Jésus-Christ opéré par l’Eglise. Dans le
dictionnaire (Brockhaus), on peut lire : « Le vaudou contient des
éléments religieux apportés dès le 16ème siècle par les esclaves
noirs venus d’Afrique de l’Ouest, amalgamés à des éléments du
catholicisme … On y vénère …des êtres divins issus du monde de
représentation africain sur lesquels on reporte en partie les traits
de saints catholiques. »
La grande mixture
idolâtrique qui résulte de tout cela est qualifiée en partie de
« chrétienne ». Le fait qu’il soit possible à certains d’affirmer
que le vaudou renferme des éléments issus du christianisme montre à
quel point les enseignements de Jésus-Christ ont été déformés.
Le fait que l’Eglise soit
responsable de la misère, de la souffrance et de l’assassinat des
animaux a été mis en évidence dès le début des années 90 par le
docteur Erich Gräßer, professeur de théologie, précédemment
titulaire de la chaire de théologie du Nouveau Testament à
l’université de Bonn et qui enseigne aujourd’hui à la faculté de
théologie de l’université de Greifswald. Réagissant aux propos tenus
par le docteur Andreas Grasmüller, ancien président de l’union pour
la protection des animaux en Allemagne, considérant qu’il n’y avait
pas lieu de se réjouir des efforts entrepris pour la protection des
animaux mais qu’il convenait plutôt d’avoir honte d’en être arrivé à
une telle nécessité, le théologien réagit pour affirmer que cette
honte n’était pas partagée par les Eglises chrétiennes : « Que
dire sur le thème Eglise et protection des animaux ? … Si un jour
l’histoire des relations de l’Eglise et des animaux au 20ème siècle
doit être écrite, nul doute qu’elle fera l’objet d’un chapitre aussi
noir que celui consacré à « l’Eglise et la chasse aux sorcières ».
Tout comme on peut dire que l’Eglise a failli au 19ème siècle sur la
question sociale en rejetant les ouvriers hors de l’Eglise, elle
faillit aujourd’hui dans le domaine de la protection de la nature et
des animaux en rejetant les protecteurs des animaux hors de
l’Eglise. En effet, l’Eglise estime que la protection animale n’est
pas de son ressort. »
Le professeur Gräßer
revient ensuite sur l’histoire du mépris de l’Eglise envers les
animaux : « Comment est-il possible que l’Eglise ait oublié à ce
point les animaux ? Il faut en rechercher la raison dans le fait que
l’éthique, dans ses inspirations théologique et philosophique, ne
s’intéresse qu’au comportement de l’homme envers ses prochains et
envers la société. » Le professeur Gräßer rappelle les propos
d’Albert Schweitzer ayant comparé un jour les « penseurs » européens
à des femmes d’intérieur maniaques qui « veillent à ce qu’aucun
animal ne vienne chambouler le bon ordonnancement de leur
construction éthique ». Gräßer ajoute à ce sujet : « Le degré
de bêtise mis en œuvre pour entretenir la sécheresse de cœur de la
tradition et l’édifier en principe, frise l’incroyable. Soit il ne
leur reste plus aucune compassion envers les animaux, soit ils font
en sorte qu’elle se réduise à presque rien. Ce à quoi nous assistons
aujourd’hui, est un jeu infernal, horrible mais raffiné, dans lequel
nous rabaissons les animaux exploités par l’élevage industriel au
rang de machines. Les monstrueuses quantités d’œufs, de viande et de
beurre, que produisent et consomment les sociétés occidentales du
bien-être, sont payées par la torture des animaux, indigne de
l’humanité. En comparaison de cette abomination pratiquée partout
dans la plus grande impunité, on reçoit « L’éthique du respect de la
vie » d’Albert Schweitzer comme un message venu d’une autre planète.
Et une Eglise qui se tait à l’égard de telles choses explique du
même coup la banqueroute de son sermon sur la miséricorde ! (
Source : cercle de travail contre la vivisection, Interlaken)
Ces paroles claires sont
celles d’un chrétien iconoclaste qui a compris ce que Jésus-Christ,
voulut et enseigna et en quoi consiste la responsabilité de chaque
véritable chrétien !
Du reste, le professeur
Gräßer soulève pas mal de questions critiques, susceptibles de
déclencher une réflexion personnelle en chacun de ses contemporains
et notamment chez un certain nombre de chrétiens d’Eglise, en qui
elles pourraient du moins susciter une lueur.
En voici quelques
exemples :
« Que savons-nous de Jésus sur le plan historique ? Quelles sont
nos sources ? … Devons-nous ignorer le domaine historique et nous
contenter des témoignages religieux ? La foi risque-t-elle d’être
gagnée par l’incroyance si elle s’en remet au travail historique ?
Bien plus, le Jésus historique est-il la mesure de toute chose ou
appartient-il seulement, lui et sa parole, aux hypothèses de la
théologie du Nouveau Testament? »
Le bilan des recherches
historiques et critiques sur la vie et l’enseignement de Jésus de
Nazareth ne m’est pas connu. Mais il existe un ouvrage, dans lequel
le Christ – qui vint sur Terre en tant que Jésus – rapporte Lui-même
tout cela en détail. Ce livre a pour nom « Ceci est Ma Parole.
Alpha et Omega. La révélation du Christ que connaissent désormais
les véritables chrétiens partout dans le monde. »
Gräßer soulève en outre
cette question intéressante : « Qu’est-ce qui est valable : Jésus
et Paul, ou bien Jésus ou Paul ? »
Revenons-en maintenant au
thème de la protection des animaux à travers les propos des
représentants de l’Eglise. Certains d’entre eux commencent à faire
valoir que le mépris dont leur institution fait preuve envers les
animaux est en contradiction radicale avec les Commandements de
Dieu.
En voici un exemple en la
personne du conseiller ecclésiastique luthérien Helmut Breit, qui
lors d’une émission de radio, a attiré l’attention des auditeurs sur
le destin tragique que les animaux subissent quotidiennement sur nos
routes :
« Dans la lumière des
phares, on le distingue à peine. Au milieu de la route, gît un
hérisson écrasé. Aplatie sous les innombrables passages des pneus de
voitures, sa forme cocasse est presque méconnaissable. Je me
souviens de l’histoire du lapin et du hérisson dans laquelle le
hérisson se débrouille pour échapper à la ruse du lapin et finit par
s’en sortir. Contre l’homme, il n’a aucune chance.
Qui dans la nature a une
chance de s’en sortir contre l’homme ? « Est-il mort sur le coup ? »
me demandai-je ? « A-t-il compris ce qui lui arrivait ? Avait-il une
famille, des enfants ? Va-t-il leur manquer ? Drôles de questions,
allez-vous dire. Et tout ça seulement pour un hérisson ! Combien
d’êtres humains meurent quotidiennement dans des accidents de la
route ! »
Un homme aurait donc
plus de valeur qu’un hérisson. C’est sans doute ce que pense la
plupart d’entre nous. Mais notre erreur réside précisément dans
cette façon erronée de penser. La vie a partout la même valeur. Les
chrétiens devraient le savoir. Dieu est mon Créateur et Il était le
Créateur de ce hérisson mort. Albert Schweitzer appelait cela le
respect de la vie. Il avait raison. Dans la Bible, il est écrit que
la nature gémit sous les coups de l’homme et attend avec nostalgie
la Rédemption. C’est aussi le cas de ce hérisson. » (extrait du
bulletin du hérisson, émission du 9 mai 1993)
Le peu de scrupules avec
lequel l’homme intervient dans la vie de ses semblables humains
ainsi que dans celle de ses autres compagnons de la création que
sont les animaux, est proprement stupéfiant. Il utilise ses
prochains pour atteindre ses propres buts. Si cela lui paraît
nécessaire, il prélève des organes sur une personne proche de la fin
afin de prolonger artificiellement l’existence terrestre d’une
autre, sans tenir compte de ce qui est inscrit dans le plan de vie
de cette dernière, sans se demander si ce surplus d’années
terrestres aura un sens bénéfique pour elle du point de vue de sa
vie éternelle.
Depuis quelque temps, il
apparaît qu’un nombre toujours plus grand d’agents pathogènes –
généralement il s’agit de virus ayant subi une mutation –
franchissent la barrière des espèces de l’animal vers l’homme chez
qui ils se développent, propageant de graves épidémies au sein des
populations humaines. Il s’agit d’un phénomène nouveau qui inquiète
la médecine et la science dans la mesure où celles-ci éprouvent les
plus grandes difficultés à éradiquer ces nouvelles formes de
maladie. Dans ces conditions, ne serait-il pas opportun de se
demander qui a commencé à œuvrer pour abolir les frontières
naturelles entre l’homme et l’animal, notamment au moyen de la
transplantation d’organes ?
Comme on le sait, l’Eglise
approuve la transplantation d’organes. Pourtant, certains
théologiens restent perplexes devant cette approbation qui enfreint
gravement les Lois divines. Comme le constate le docteur en
théologie Erhard Meier – qui s’est également beaucoup penché
sur les questions d’éthique dans le domaine de la protection des
animaux – au cours d’une conférence:
«le Vatican (académie
pour la vie) n’oppose pratiquement aucune objection aux
transplantations d’organes d’animaux sur des hommes.» Meier
poursuit de la façon suivante : « Quant à moi, je refuse qu’un
organe (par exemple le cœur) prélevé sur un cochon mort soit
transplanté à un homme malade car rien n’autorise une telle
pratique. L’homme n’a aucun droit de profiter aveuglément de sa
position de force – le fait que l’animal soit sans défense – pour
s’approprier la vie des autres créatures terrestres. Ceci est
interdit par l’écriture sainte qui préconise en outre de protéger
les faibles.
Le coeur spirituel de la
Bible consiste dans l’avènement du Christ : naissance, vie, œuvre,
mort, résurrection, ascension et retour auprès des hommes de
Jésus-Christ, le Fils de Dieu, le Messie, l’agneau de Dieu. A
travers cet événement, Dieu nous révèle une vaste histoire du salut
qui concerne toutes les créatures. Dans l’épître aux Romains 8,18 et
suivant, tout comme dans l’Apocalypse, on trouve un condensé de ce
qu’est le trait spirituel essentiel de la révélation, à savoir le
respect du mystère de la vie en soi, et la nécessité pour les
créatures vivantes d’aller les unes vers les autres dans un esprit
d’amour.
En tant qu’homme, je
n’ai aucunement le droit de m’approprier les organes d’un animal (ou
d’un autre homme) pour moi-même car chaque créature porte en elle le
mystère de la vie auquel nous participons tous de manière égale. Les
noirs et graves événements dont les hommes se rendent constamment
coupables, je pense aux actes de terrorisme par exemple, devraient
précisément nous inciter à regarder vers l’intérieur pour nous
rendre compte de qui nous sommes : à savoir, des hommes dont la
dignité ne provient pas d’eux-mêmes mais uniquement de la grâce de
Dieu… »
Et l’historien des
religions de poursuivre : « Je plaide pour la raison, l’analyse,
la méditation, l’ascétisme, la prière et le végétarisme… »
Sa conclusion est à
méditer : « Une vie dans la joie et qualitativement élevée permet
de voir les beautés déjà présentes de la création de Dieu. »
Les animaux sont porteurs de maladies contagieuses.
Comment ils contractent ces infections.
Malheureusement, l’homme
est devenu l’ennemi des animaux. Il les exploite, les chasse et les
enferme dans des ghettos où ils sont infectés par des germes
pathologiques et tombent malades.
Au mois de février 1997
beaucoup se sont interrogés en entendant Dieu-Créateur, s’exprimer
en accusateur, dans une révélation, au nom du monde animal souffrant
: « Beaucoup d’entre vous disent que des animaux sont porteurs de
maladies contagieuses. Mais d’où proviennent ces maladies ? De Dieu
ou de l’homme ? En dévorant la chair des animaux martyrisés, vous
absorbez ces informations et il vous faut éprouver ces maladies
infectieuses dans votre corps. Qui est coupable de cela ? Dieu ou
vous-mêmes ? » (L’Esprit universel, DIEU, parle directement à notre
époque à travers Sa prophétesse. Ses paroles ne sont pas celles de
la Bible, p 88)
Aujourd’hui, après les
dramatiques épisodes liés à la maladie de la vache folle, au SARS et
à la fièvre du poulet, tout le monde comprend ce qu’Il a voulu dire.
La portée de ces événements est trop importante et il est impossible
de les cacher.
Compte tenu de ce que les
hommes ont fait subir aux animaux au cours des millénaires et tout
particulièrement ces dernières décennies, il n’est pas étonnant
qu’ils récoltent ce qu’ils leur ont infligé et continuent de leur
infliger.
Chaque année, des milliards
d’animaux élevés en ghettos, réduits au statut de « produits de
consommation », bourrés de phéromones pour susciter une
fertilisation continuelle, sont livrés aux consommateurs comme une
« marchandise » afin que ces derniers puissent se délecter de la
chair des asservis et des sans-droits. Les montagnes d’excréments
amoncelés sont répandues sur les champs, y compris les substances
chimiques qu’ils contiennent, aux côtés des engrais, pesticides,
fongicides et autres poisons que l’homme finit par réabsorber mais
également les animaux des champs et des forêts. Quelles autres
possibilités ont-ils que d’absorber ces poisons ? Il leur faut vivre
de ce que la nature leur offre. C’est ainsi qu’ils sont toujours
plus nombreux à tomber malade. A leur tour, ils transmettent les
virus et les bactéries pathogènes à l’homme et c’est un juste retour
des choses car l’auteur de tout ce que les animaux ont à subir et à
souffrir, c’est l’homme.
Si l’homme-monstre doit
subir cela, c’est en raison de son propre comportement bestial. Dans
le journal « le Royaume de Paix », édition de mai 2003, voilà ce
qu’on peut lire :
SARS, un virus passé de l’animal à l’homme
A nouveau l’impossible vient de se produire : un agent pathogène
a passé la barrière des espèces entre l’homme et l’animal
déclenchant une épidémie terriblement dangereuse. Au moment où nous
écrivons 120 personnes sont déjà décédées dans le monde entier des
suites d’infection par la pneumonie et plus de 3000 en sont
infectés. En cette époque qui voit le triomphe de la globalisation,
les pestilences se répandent également beaucoup plus vite
qu’autrefois.
L’agent pathogène à l’origine de la maladie a été identifié sous
le nom de « corona virus » car, observé au microscope électronique,
sa forme rappelle la couronne du soleil. Normalement de tels virus
ne déclenchent chez l’homme que de simples refroidissements. Par
contre, ils peuvent être mortels chez le chat, le bœuf, la poule et
le porc. Apparemment dans la province chinoise de Guangdong un tel
virus a été transmis à l’homme après avoir subi une mutation capable
de passer la défense immunologique humaine. On soupçonne l’agent
pathogène d’avoir été transmis par une poule, dans la mesure où les
premières personnes infectées étaient des marchands d’oiseaux et des
chefs de cuisine. Il est également possible qu’il s’agisse d’une
espèce de chat sauvage chassé dans cette région au titre de
« délicatesse exotique ».
Dans la campagne chinoise les hommes et les animaux domestiques
vivent dans une grande promiscuité ; on ne respecte guère
l’hygiène : l’eau est sale, les enfants jouent à côté des porcs, des
poules et des canards ; on ne connaît pas l’usage du mouchoir. Mais
les grandes mégapoles surpeuplées que sont Hongkong ou Shanghai sont
également des terrains favorables à l’émergence de ces nouvelles
pestilences. Que l’on se rappelle que cela a déjà été le cas à
plusieurs reprises au cours des dernières années !
La souffrance des animaux retombe sur l’homme
Le développement de ces maladies pose-t-il seulement la question
d’une meilleure hygiène ou cela veut-il nous dire autre chose ?
Comme plusieurs scientifiques en font l’hypothèse, le SIDA lui aussi
serait passé de l’animal à l’homme. En chassant les animaux
jusqu’aux tréfonds de la jungle pour les manger, en les élevant et
en les tenant enfermés dans des conditions barbares avant de les
abattre pour satisfaire les plaisirs de son palais, l’homme crée les
conditions favorables au développement et à la dissémination des
agents pathogènes. Ce que l’homme inflige aux animaux revient vers
lui tôt ou tard sous forme de maladie.
Tout récemment, en Hollande, la fièvre du poulet a été transmise
à l’homme : cinq collaborateurs du ministère de la santé des
Pays-Bas ont contracté des infections oculaires. Bien entendu, comme
c’est toujours le cas, cette épidémie a donné lieu à un abattage en
masse de centaines de milliers de gallinacés.
Ne faut-il pas voir dans cette situation un effet de miroir : les
hommes ne sont-ils pas devenus eux-mêmes un agent pathogène mortel
pour la Mère Terre ? N’ont-ils pas fait l’objet d’une horrible
mutation menaçant les animaux et les plantes dans leur droit de
vie ? Et ne risquent-ils pas ainsi de se détruire eux-mêmes ?
L’homme qui se considère comme la couronne de la création est en
réalité lui aussi devenu un virus corona (le mot couronne prend sa
racine dans le mot latin corona !)
L’article suivant dans
l’édition de juin 2003 du journal « Le Royaume de Paix », nous
apprend que le désastre progresse :
La pestilence des volailles. En rendant les animaux malades,
l’homme se rend lui-même malade.
La fièvre atypique SARS sévit essentiellement en Chine, et c’est
bien loin de nous. Cependant, tout près de nous se répand
actuellement une deuxième source de pestilence, dont on prétend
qu’elle serait sans danger pour l’homme. La fièvre du poulet s’est
déclenchée au mois de mars aux Pays-Bas. Depuis, elle s’est répandue
en Belgique et en Allemagne. « Par précaution » 30 millions de
poules et de dindes on été abattues.
Malgré l’innocuité prétendue de la maladie, on compte pourtant
déjà des victimes humaines. Aux Pays-Bas un vétérinaire ayant
travaillé dans des élevages infectés est décédé. De nombreux
ouvriers ayant pris part aux actions d’abattage des animaux ont été
atteints de conjonctivite. Bien que les spécialistes prétendent que
la fièvre du poulet ne puisse agir sérieusement sur l’homme, ils
restent cependant en alerte. En effet, si l’agent pathogène de la
fièvre du poulet venait à rencontrer le virus de la grippe
« traditionnel », un virus super contagieux pourrait alors se
développer et causer des dommages mortels chez l’homme. « Aucun des
six milliards d’humains vivant actuellement sur la Terre ne
disposerait des forces immunitaires susceptibles de le protéger
contre un tel type » affirme Klaus Stöhr de l’Organisation Mondiale
de la Santé (OMS).
De telles choses se sont déjà produites : en 1918 la « grippe
espagnole » s’est rapidement propagée causant la mort de 20 à 40
millions de personnes. Il n’est pas impossible d’imaginer non plus
qu’un « super-virus » se développe au sein d’un élevage de porcs,
dans la mesure où on y trouve également des virus en provenance de
l’homme et du poulet.
Ainsi, des analyses ont montré que des porcs élevés de façon
industrielle au sein d’élevages touchés par la fièvre du poulet
avaient déjà développé des anticorps contre cette maladie.
Comment la fièvre du poulet a-t-elle pris naissance aux
Pays-bas ? On soupçonne les premières poules contaminées d’avoir été
en contact avec une colonie de canards sauvages porteurs du virus.
Les animaux sauvages seraient donc à nouveau responsables de tous
les maux ? Ce serait une erreur intellectuelle typiquement humaine
que de le croire. Dans cette affaire il en est comme dans celle de
la vache folle : les animaux sauvages ne servent que de vecteurs. En
réalité, les agents pathogènes se développent et se multiplient dans
les lieux d’enfermement où l’on entasse les animaux, où on les
oblige à vivre dans des conditions contre nature, ce qui augmente
leur risque de tomber malade. C’est l’homme qui rend les animaux
malades mais il s’étonne quand la maladie retombe sur lui.
Encore une pensée au sujet
des interrelations existant dans la loi de cause à effet :
Si je me souviens bien,
dans notre pays s’applique le principe selon lequel personne n’est
sensé ignorer la loi, dit autrement, le fait de ne pas connaître la
loi ne met personne à l’abri de la punition pour entrave à la loi.
Donc, quelqu’un qui enfreint la loi doit en porter les conséquences.
En quelque sorte, c’est sa propre faute s’il ne connaît pas la loi.
Qu’en est-il avec les Lois
divines ? La Loi éternelle de Dieu, c’est l’amour, la paix, l’unité
et la liberté ; c’est la Loi parfaite et éternelle qui agit
profondément dans l’âme de tout homme. Ainsi tout homme est porteur
de la Loi divine immuable. Si l’homme porte atteinte à son héritage
divin, la vie, la Loi de l’amour, de l’unité et de la liberté, il se
punit lui-même.
Ni Dieu, notre Père
éternel, ni le Christ, notre Rédempteur, ne nous ont laissés dans
l’ignorance concernant notre véritable être. A travers Moïse, Dieu
nous a donné des extraits de la Loi éternelle, les Dix
Commandements. A travers Jésus, le Christ, nous avons reçu des
enseignements concrets sur la façon de mettre en pratique les Dix
Commandements. Il nous a également communiqué le Sermon sur la
Montagne, le chemin qui mène à la maison du Père. Nous avons donc
entre les mains tous les outils pour retrouver le chemin de la vie
véritable, de l’Etre véritable. Si nous refusons ces outils nous
agissons contre notre vie véritable éternelle, contre la Loi
immuable de l’amour, de la paix, de l’unité et de la liberté. Alors
nous devons en porter les conséquences.
Le langage courant est
plein de proverbes qui pourraient attirer notre attention sur la loi
des semailles et des récoltes, par exemple : « Celui qui sème le
vent récolte la tempête » ou encore « Il n’y a pas de fumée sans
feu ».
Si on y prête bien
attention, toutes ces expressions ne sont rien d’autre que des
formules exprimant le fonctionnement de la loi de cause à effet ou
loi des semailles et des récoltes.
Les signes de notre époque
parlent un langage clair. Le 27 février 2003, l’Esprit de Dieu, le
Tout-puissant, a adressé à l’humanité les paroles suivantes à
travers Sa prophétesse dans notre époque. Dieu:
« … Cessez de consommer la chair de vos frères et
sœurs les animaux qui sont comme vous des êtres de la création.
Cessez de les torturer en pratiquant sur eux des expériences
scientifiques ou en les privant de liberté, ce que vous faites en
les tenant enfermés dans des espaces réduits qui sont une insulte à
la dignité des animaux. Tout comme vous, les hommes, les animaux
aiment la liberté.
Cessez de détruire les animaux microscopiques qui
vivifient le sol, en les aspergeant d’engrais chimiques,
d’excréments ou de choses de même nature.
Arrêtez de déboiser et de brûler les forêts,
privant ainsi les animaux des bois et des champs de leur habitat.
Rendez-leur leurs territoires, les forêts, les prés et les champs.
Si vous ne le faites pas, le malheur que vous avez vous-mêmes
généré, s’abattra sur vous. Il emportera vos maisons, vos fermes,
vos sources de nourriture sous l’effet de catastrophes mondiales
auxquelles vous aurez donné naissance par votre attitude
destructrice envers la vie, envers les règnes de la nature, et donc
envers les animaux.
Et si les hommes ne prennent pas Ma Parole au
sérieux, ils s’exposeront à la tempête, aux coups du sort. Des
centaines de milliers d’entre eux seront emportés, pour certains par
des catastrophes mondiales, pour d’autres par des maladies qui
s’abattront sur eux telles les épidémies dont les animaux ont à
souffrir et à cause desquelles des centaines de milliers sont jetés
au bûcher, parce que les hommes se sont détournés de toute forme
d’éthique et de morale spirituelles. C’est ce que subiront ceux qui
ne rebroussent pas chemin.
Ma Parole est exprimée. L’apocalypse mondiale a
commencé. Celui qui ne veut pas comprendre ressentira de plus en
plus rapidement les effets des causes qu’il a semées. J’ai élevé
jusqu’à Moi la Terre ainsi que les minéraux, les plantes et les
animaux qui y vivent. Quiconque persiste à porter la main sur la
Mère Terre et sur les formes de vie qu’elle porte en son sein, devra
en supporter les conséquences. Arrêtez de torturer, de tuer et
d’assassiner !
Vous les hommes, cessez de vous comporter de
manière « brutale ». Cela n’atteint que vous et vous seuls car ce
que vous faites au plus petit des êtres de la création, qui sont vos
semblables, c’est à Moi que vous le faites et à vous-mêmes.
C’en est assez ! Rebroussez chemin, sinon il vous faudra
continuer à récolter ce que vous avez semé… »
Il y a déjà 20 ans de cela,
le président du Bundestag de l’époque (Parlement allemand), Hubert
Weinzirl avait exprimé publiquement les propos suivants : « Il y a
un temps pour toute chose. Aujourd’hui le temps de la chasse est
révolu. »
Comme il avait déjà raison
! Or, maintenant ce n’est plus seulement la période de la chasse qui
est révolue, mais également celle de l’homme s’il ne change pas son
attitude et son comportement envers les animaux et les règnes de la
nature et ne cesse pas de se repaître de la chair des animaux.
De tout temps des voix ont exhorté les hommes
Les paroles d’exhortation
n’ont jamais manqué. Voici un petit tour d’horizon des paroles
prononcées par des hommes ou des femmes célèbres en leur temps.
Commençons avec le grand prophète de l’Ancien Testament Isaïe, à
travers lequel Dieu a dit par exemple : »Und wenn ihr schon eure
Hände ausbreitet, verberge ich doch meine Augen vor euch; und ob
ihr schon viel betet, höre ich euch doch nicht, denn eure Hände sind
voll Blut. Waschet, reiniget euch, tut euer böses Wesen von meinen
Augen, laßt ab vom Bösen; lernt Gutes tun, trachtet nach Recht,
helfet dem Unterdrückten.«
Und:
»Wer einen Ochsen schlachtet, ist eben als einer, der
einen Menschen erschlüge; wer ein Schaf opfert, ist als der einem
Hund den Hals bräche ... Solches erwählen sie in ihren Wegen, und
ihre Seele hat Gefallen an ihren Greueln.«
Et voici les paroles prononcées
par le prophète Osée : »Ihr Opfer schlachten und Fleisch
fressen ist mir ein Greuel, und der Herr hat kein Gefallen daran,
sondern wird ihrer Missetaten gedenken und sie für ihre Missetaten
heimsuchen.« Ce qui est appelé ici ‘Epreuve de Dieu’ n’est rien
d’autre que la loi des semailles et des récoltes, la loi de cause à
effet.
Le philosophe et
mathématicien grec Pythagore qui vécut au 6ème siècle avant
Jésus-Christ connaissait bien lui aussi la loi causale. Il nous a
exhortés : « Tout ce que l’homme inflige aux animaux reviendra
vers lui. Celui qui égorge un bœuf et qui reste sourd à ses cris de
peur, celui qui est capable d’abattre froidement un petit chevreau
et de manger l’oiseau à qui il donnait lui-même la becquée – combien
un tel homme est-il encore loin de commettre un crime ? »
Le philosophe chinois
Lao-Tseu (env. 3ème / 4ème siècle avant J-C) nous a exhortés lui
aussi : « Soyez bons envers les hommes, envers les plantes et
envers les animaux ! Ne chassez ni hommes ni animaux et ne leur
infligez aucun mal. »
Avec Jésus-Christ,
c’est l’amour et la miséricorde au plus haut niveau qui
s’incarnèrent sur la Terre. Il existe de nombreux récits relatant
Son amour envers toutes les créatures. Pourtant, dans la Bible on ne
trouve pratiquement rien. Par contre, de nombreux exemples de
l’amour de Jésus pour les animaux figurent dans l’Evangile de
Jésus, qui depuis 1989 fait partie intégrante de la grande Œuvre
de Révélation donnée par le Christ « Ceci est Ma Parole »
« Jésus guérit un cheval.
Un jour, le Seigneur quitta la ville et traversa
les montagnes avec Ses disciples. Ils arrivèrent sur une montagne
dont les chemins étaient très escarpés et firent la rencontre d'un
homme et de sa bête de somme.
Mais le cheval était tombé à terre d'épuisement
parce qu'il était surchargé. L'homme le battait à sang. Jésus vint
vers lui et dit : "Fils de la cruauté, pourquoi frappes-tu ta bête ?
Ne vois-tu donc pas qu'elle est beaucoup trop faible pour la charge
qu'elle doit porter, ne sais-tu pas qu'elle souffre ?"
Mais l'homme Lui répliqua : "De quoi T'occupes-Tu
? Je peux battre ma bête autant qu'il me plaît, car elle
m'appartient et je l'ai payée assez cher. Demande à ceux qui
T'accompagnent et qui habitent près de chez moi, ils le savent
aussi."
Et plusieurs disciples répondirent : "Oui,
Seigneur, ce qu'il dit est vrai, nous étions là quand il l'a
achetée." Et le Seigneur répondit : "Ne voyez-vous donc pas comme
elle saigne, n'entendez-vous pas ses soupirs et ses plaintes ?" Mais
ils répondirent : "Non, Seigneur, nous n'entendons ni ses soupirs,
ni ses plaintes !"
Le Seigneur devint triste et dit : "Malheur à
vous, c'est l'insensibilité de vos cœurs qui vous empêche d'entendre
ses pleurs et ses cris de pitié vers son Créateur céleste. Trois
fois malheur à celui contre lequel se dirigent ses cris et ses
lamentations dans sa douleur !
Et Il fit un pas et toucha le cheval. La bête se
leva et ses blessures étaient guéries. Mais à l'homme Il dit ceci :
"Va ton chemin et ne la bats plus jamais, si toi aussi tu espères un
jour trouver pitié. »
« Malheur aux chasseurs
Alors que Jésus marchait avec quelques-uns de Ses
disciples, Il rencontra un homme qui dressait les chiens à chasser
d'autres animaux. Il lui dit : "Pourquoi fais-tu cela ?" Et l'homme
répondit : "Je vis de ce travail. Quelle utilité ont donc ces
animaux ? Ils sont faibles, mais les chiens sont forts." Jésus lui
dit : "Tu manques de sagesse et d'amour. Vois, chaque créature que
Dieu a créée a sa raison d'être. Qui peut dire ce qu'il y a de bon
en elle et quelle est son utilité pour toi ou pour l'humanité ?
Et pour pouvoir vivre : regarde les champs, comme
ils sont fertiles et croissent, regarde les arbres chargés de
fruits, regarde les herbes ! Que veux-tu de plus que ce que te donne
le travail honnête de tes mains ? Malheur aux forts qui font mauvais
usage de leur force ! Malheur au rusé qui blesse les créatures de
Dieu ! Malheur aux chasseurs ! Car ils seront eux-mêmes chassés.
Et l'homme fut très étonné et ne dressa plus les
chiens à chasser mais leur enseigna à sauver la vie au lieu de la
perdre. Et il accepta l'enseignement de Jésus et devint l'un des
Siens. »
Jésus s’est également
exprimé contre le fait de consommer de la viande.
« Mais Moi, Je vous dis : Ne versez pas de sang innocent et ne
mangez pas de viande. Soyez honnêtes, aimez la miséricorde et
agissez de façon juste et vos jours sur la terre dureront. »
Et Il a dit
également :
« Je Suis venu pour abolir les sacrifices et les fêtes
sanglantes. Si vous n'arrêtez pas de sacrifier la chair et le sang
des animaux et de les manger, la colère de Dieu ne cessera pas de
vous atteindre, comme elle n'a pas cessé d'atteindre vos ancêtres
qui, dans le désert, s'adonnaient au plaisir de manger la chair et
qui furent remplis de pourriture et dévorés par les épidémies. »
Jérôme, un des pères
de l’Eglise (331 – 420 après J-C) s’exprima comme suit :
« La jouissance de la viande des animaux était inconnue avant le
déluge. Mais on nous a bourré la bouche des tissus et des jus puants
de la viande des animaux… Jésus, le Christ, est venu lorsque le
temps était prêt et Il a raccordé la fin avec le début de sorte
qu’il ne nous est maintenant plus permis de manger la viande des
animaux. »
C’est Paul qui écrit
ce qui suit dans sa lettre aux Romains :
« Nous savons que
la création tout entière gémit et souffre jusqu’à cet instant. La
créature attend dans la peur jusqu’à ce que les hommes se révèlent
en tant que fils de Dieu. Car la créature elle aussi devra un jour
être libérée de l’esclavage au cours de la phase transitoire qui
conduira les enfants de Dieu vers la liberté primordiale. »
(vérifier à Romains 8,22 – 8,29 – 8,21)
Jean Chrysostome (
354 – 407 après J-C ) nous fournit une description de la façon dont
vivaient les chrétiens autrefois :
« Chez eux on ne voit pas couler le sang ; aucune viande n’est
abattue ni hachée – chez eux on ne sent pas l’odeur horrible des
plats de viande, on n’entend pas de bruits grossiers. Ils se
réjouissent seulement du pain qu’ils gagnent du travail de leurs
mains, et de l’eau que leur offre la source pure. S’ils souhaitent
un repas somptueux, leurs jouissances se composent de fruits dont
ils se réjouissent plus que de tables royales. »
La plupart des hommes
vivent au jour le jour. Ils se rendent éventuellement à l’église y
entendre un sermon. Cependant ils ne gagnent aucune clarté sur
eux-mêmes. C’est pourquoi ils se demandent rarement ce qu’est
l’homme ?
Dans la Vie
Universelle nous apprenons à prendre en considération la vérité dans
son ensemble, c’est-à-dire également au travers de ces questions :
d’où je viens et où vais-je ? Par-dessus tout nous apprenons à
comprendre les Lois de Dieu immuables ainsi que la Création qui en
découle. A travers la Création nous voyons se manifester la volonté
de Dieu qui est intangible et inéluctable.
Nombreux sont ceux
qui parlent de la matière comme s’ils lui appartenaient, quasiment
comme s’ils étaient ses enfants. En réalité, la physique nous
apprend que tout ce qui existe, l’homme également, n’est rien
d’autre que vibrations et impulsions d’un champ énergétique
invisible. La densité apparente que nous appelons matière n’est
basée que sur la vibration.
L’être divin est
composé de matière subtile, l’homme de matière grossière. Tant que
nous ne nous tournerons pas vers l’Esprit en nous, tant que nous ne
reconnaîtrons pas la Loi absolue et immuable et que nous ne
l’accomplissons pas, l’homme et le monde continueront d’évoluer dans
un processus de densification continuel.
Les lois naturelles
appartiennent également à la création éternelle. Dans la puissante
Loi naturelle toute herbe, toute fleur, tout buisson, tout animal
ainsi que tout minéral fait partie de la vie. La Mère Terre ainsi
que toutes les formes de vie qu’elle porte, sont dans le Créateur,
dans la loi de la nature. La Création, y compris les lois
naturelles, sont la perfection de Dieu qui est immuable.
L’homme se croit en
droit d’interférer dans les lois de la nature. Pourtant, si nous
regardons le monde tel qu’il est aujourd’hui, nous sommes obligés
d’admettre qu’en agissant ainsi, l’homme se nuit de plus en plus à
lui-même : il est la victime de son égoïsme destructif. L’homme ne
peut pas changer les lois de la nature, elles sont immuables. Ses
infractions aux lois de la nature forgent son destin à venir.
Un grand nombre des
infractions commises par l’homme envers les lois de la nature repose
sur un manque de respect envers les créatures de Dieu, les animaux
dont Charles Darwin (1809 – 1882) disait : « Tout comme l’homme,
les animaux ressentent la joie et la douleur, le bonheur et le
malheur. »
La chasse et le fait
de tuer les animaux en général, est un comportement erroné
particulièrement grave envers la Création de Dieu et envers les lois
de la nature. De tels actes sont en totale contradiction avec les
forces lumineuses déposées au plus profond de l’âme humaine, forces
qui cherchent à se développer au cours de la vie terrestre. Un homme
qui tue volontairement un animal, agit contre son être véritable et
s’avilit, dans la mesure où il renie sa dignité d’homme.
Erasme (1465 – 1536),
humaniste et écrivain, a décrit avec des mots particulièrement
acerbes « les ‘ amoureux de la chasse’ pour qui rien ne peut être
placé au-dessus de la chasse et qui éprouvent une excitation
indicible à poursuivre les animaux apeurés et à les abattre…
Lorsqu’ils dégustent un morceau de gibier, ils se sentent presque
ennoblis. Alors qu’en réalité, ils ne contribuent ainsi qu’à leur
propre avilissement, ils se prennent pour des rois.
Théodore Heuss (1884
– 1963), premier président de la République Fédérale d’Allemagne
s’est également exprimé sur ce thème avec cœur et esprit :
« Le mot chasse sert à camoufler de façon hypocrite ce qui n’est
autre qu’une façon particulièrement lâche d’assassiner de pauvres
créatures sans protection. La chasse est une manifestation des
maladies de l’esprit humain… »
L’écrivain irlandais
George Bernard Shaw, prix Nobel de littérature en 1950, a écrit :
« Quand un homme tue un tigre on appelle cela du sport. Quand un
tigre tue un homme il s’agit d’un acte bestial ». Shaw a
constaté de manière simple : « Les animaux sont mes amis et je ne
mange pas mes amis ».
Le célèbre
scientifique de la nature, Alexander von Humboldt (1769 – 1859), a
dit la chose suivante : « là où vit un chasseur pourraient vivre
10 bergers, cent maraîchers et mille jardiniers. La cruauté envers
les animaux ne saurait être l’expression d’une éducation véritable
ni d’un véritable savoir. Elle est l’un des vices qui témoigne le
plus de la bassesse d’un peuple et de son manque de noblesse. »
Richard Wagner (1813
– 1883), compositeur allemand, s’est exprimé comme suit :
« Alors que la vue du bœuf sacrifié aux dieux nous est devenue
insupportable, aujourd’hui les flots de sang qui s’écoulent
quotidiennement des abattoirs sont rincés à l’eau et cachés à nos
yeux, afin qu’au dîner nous puissions nous réjouir du cadavre des
animaux abattus, arrangé de telle sorte qu’il ne soit plus
reconnaissable comme tel. Dès à présent, nous devrions avoir à cœur
de cultiver un sol nouveau d’où pourrait émerger une religion de la
compassion, malgré ceux qui ne savent penser qu’en fonction de
l’utilité des choses. Qu’attendons-nous d’une religion si nous en
excluons la pitié envers les animaux ? »
Bertha von Suttner
(1843 – 1914) pacifiste et prix Nobel en 1905 : « J’ai la
conviction qu’un temps viendra où personne ne voudra plus se nourrir
de cadavres, où personne ne sera plus prêt à travailler comme
boucher. Dès à présent, combien parmi nous cesseraient de manger de
la viande s’ils devaient eux-mêmes planter le couteau dans la gorge
de l’animal ! »
« Sur cent personnes éduquées et sensibles, 90 pour cent ne
mangeraient probablement plus de viande si elles devaient abattre
elles-mêmes les animaux pour s’en nourrir. »
« Quelqu’un qui ne supporte pas d’entendre crier ni de voir
trembler les victimes, mais qui ne se soucie plus de leurs cris ni
de leurs tremblements dès qu’il a le dos tourné a sans doute des
nerfs, mais il n’a pas de cœur. »
Les chasseurs ne se
soucient aucunement des souffrances qu’ils infligent à leurs
victimes. Cela laisse deviner l’état de leurs nerfs et de leur cœur…
C’est ce qu’exprime
la phrase prononcée par l’écrivain et philosophe français François
Voltaire (1694 – 1778) :
« La chasse est l’un des moyens les plus sûrs de
tuer l’empathie des hommes envers les créatures qui leur sont
proches. »
L’écrivain allemand
Luise Rinser (1911) analyse :
« C’est parce que nous pratiquons les sacrifices d’animaux de
façon quasi clandestine que nous restons sourds à leurs cris. »
« Aujourd’hui nous ne voyons plus rien ni de la vie ni de la mort
pleines de souffrances des animaux d’abattoirs. Cela s’effectue
presque automatiquement. En un instant l’animal est transformé en
morceau de viande : notre nourriture. C’est notre façon d’être
cannibales. »
« Il faudra longtemps avant que l’humanité ne comprenne que non
seulement les peuples de la terre forment un seul peuple, mais aussi
que les hommes, les plantes et les animaux forment ensemble le
‘Royaume de Dieu’ et que le sort de l’un est également celui de
l’autre. »
Tout cela montre sur
quel niveau évolue un homme qui nuit aux animaux, qui les tue ou qui
soutient ces pratiques en prenant plaisir à manger de la viande ou à
rester silencieux face à cela.
Joseph von Görres
(1776 – 1848), écrivain romantique, a dit à ce sujet :
« Celui qui veut aller au-delà de la vie ordinaire, évite la
nourriture sanglante et ne choisit pas la mort comme son chef de
cuisine. »
Le médecin grec
Empedokles qui vécut 3 siècles avant Jésus-Christ a dit :
« Enlever la vie est la plus grande charge de l’âme qui soit .»
Carl Anders Skriver
(1903 – 1983), philosophe et écrivain se penche sur l’éthique de la
nourriture. Celle-ci « vise à ce que les mains restent pures de
tout acte sanglant, elle vise à la pureté sous la peau et à la
pureté du cœur. Cependant il ne peut être question de pureté du cœur
dans le cas d’un omnivore impur indifférent aux crimes horribles
commis chaque jour contre les animaux, dans le monde chrétien,
uniquement dans un but de nourriture humaine. »
L’importance de notre
relation avec le monde animal dans la formation du caractère, dans
la capacité de perception et de discernement critique est mise en
avant par Theodor Heuss :
« Plus tôt notre jeunesse saura considérer par elle-même la
cruauté envers les animaux comme un acte condamnable, plus elle sera
vigilante à ce que ses jeux bannissent la cruauté et la violence et
plus forte sera plus tard sa capacité à discerner l’injustice dans
le monde des grands. »
La pensée de la chute et ses conséquences gigantesques.
La venue du Christ constitue un tournant
Dans cette lettre il
a déjà été fait plusieurs fois référence à la chute et en
particulier à la pensée de chute. Mais pour beaucoup, la question
demeure : comment la chute a-t-elle été rendue possible ?
La pensée de la
chute, dont les conséquences incommensurables se manifestent entre
autres chaque jour de notre vie ici-bas, ne peut être expliquée ici
que de manière brève et générale, en raison de sa complexité. La
chute contre Dieu a son origine dans le centre même du Royaume de
Dieu, dans son sanctuaire. Il en a résulté qu’une partie de la
création s’est séparée de Dieu, de l’unité divine et de Son ordre.
Toutefois, cette séparation ne durera pas éternellement. Par Son
acte de rédemption, le Christ a mis fin à ce processus malheureux.
Le rapatriement de tous les éléments de la chute a commencé. Il est
de plus en plus clair que le tournant d’ère dans lequel se trouvent
la Terre ainsi que l’humanité est dirigé vers l’ère de la lumière,
l’ère de l’Esprit – vers l’ère du Christ.
La lumière des cieux,
la Parole de vérité, se manifeste déjà sur la Terre à notre époque
par la Parole prophétique. Ainsi Dieu, l’Esprit éternel, tend Sa
main à tout homme. Celui qui la saisit véritablement, développe le
Royaume de Dieu dans son for intérieur. La Terre est en train de se
purifier de tout ce qui est contre Dieu. Au terme de ce processus,
le Royaume de Paix de Jésus-Christ se répandra sur la Terre entière.
Le Christ, le Prince de la Paix, en sera le souverain.
La chute ne peut être
comprise ni par la raison ni par l’intellect.
Seul le cœur est en
mesure de ressentir la nature et la portée de cet évènement et les
effets qu’il a encore aujourd’hui. Quelqu’un dont la réflexion
repose à la fois sur la raison et sur le cœur percevra immédiatement
l’importance déterminante du libre arbitre absolu que Dieu a donné
aux êtres spirituels mûrs des cieux et dont dispose également l’être
assombri, l’homme. Cette reconnaissance est indispensable pour
comprendre la chute dans ses grandes lignes.
Le processus de la
chute a commencé par l’attitude d’un être divin qui voulait
rivaliser avec Dieu, être comme Lui : lumière omnirayonnante et
créatrice. Le vœu consistant à vouloir être l’égal de Dieu se
manifeste de nos jours encore : « je veux qu’il en soit comme je le
veux et non comme Dieu le veut ! »
Un trait négatif de
volonté – vouloir être comme Dieu – une « pensée »
comme nous disons, dirigée contre Dieu, le Créateur de tous les
êtres divins purs et de toutes les formes de vie, a donc déclenché
un événement d’une portée cosmique gigantesque – la chute qui est
devenue la source de multiples souffrances pour beaucoup d’âmes et
beaucoup d’hommes.
Dieu est et reste
lumière rayonnante, éternelle, à travers tout, Loi éternelle de
l’amour, de l’unité et de la liberté. La pensée égoïste, la pensée
de la chute – « je veux qu’il en soit comme je le veux ! », c’est
l’ombre. Il est bien connu que bien peu de choses, sinon rien, peut
se développer à l’ombre ; nous avons besoin de la lumière. Sans
lumière, pas de croissance ni de maturité. Il en est de même avec
nous les hommes. Celui qui reste à l’ombre, celui qui s’oppose à la
volonté de Dieu, celui qui ne respecte pas Ses commandements, crée
sa propre source de souffrance, de maladie, de détresse, etc... Par
contre, celui qui refuse cette logique négative fait l’expérience de
la lumière, de la chaleur, du bonheur, de la croissance, du
développement et de la maturité dans l’Esprit de Dieu.
Encore une fois :
Dieu est la Loi qui s’écoule en tout. Il est la lumière absolue de
l’amour et de l’amour du prochain qui s’écoule en tout, lumière de
l’unité, de la liberté et de la sagesse. Les êtres divins provenant
de la Loi universelle de Dieu et qui vivent en elle sont des êtres
de l’amour universel, de l’amour universel pour le prochain, de
l’unité, de la sagesse et de la liberté. Ce sont des êtres divins,
cependant ils ne sont pas Dieu Lui-même.
Dieu, l’Eternel, l’Un
universel, est le Créateur des êtres divins qui peuvent également
être nommés êtres spirituels. Dieu est le Créateur des planètes et
des mondes purs. Il est le Créateur de tous les animaux, plantes et
minéraux qui existent dans l’Etre pur. Dieu est donc le Créateur de
toutes les formes pures et le Créateur de l’univers parfait.
Sous l’effet de la
pensée consistant à vouloir égaler Dieu, un certain être divin
devint un être de la chute. En raison de ces pensées, de cette
volonté, qui l’entraînaient vers la chute, il lui était devenu
impossible de rester dans l’Etre pur, dans la Création parfaite et
absolue. Sous l’action des aspects négatifs développés contre
l’Oeuvre de Dieu, contre Sa Création, cet être divin s’éloigna de
plus en plus de l’Eternel et sombra dans la chute. Au cours de
celle-ci, l’Eglise nomme cet épisode « Adam et Eve chassés du
paradis » – l’être de la chute que nous pouvons appeler Satana
entraîna d’autres êtres divins de sa conception à vouloir être comme
Dieu. A leur tour, ceux-ci se révoltèrent contre Dieu et Sa
Création. Satana et ses semblables furent alors conduits hors de
l’Eternité, hors du « paradis » par le porteur de la volonté divine
que les hommes connaissent sous le nom de Michel.
L’Eternel, dont la
Loi est l’amour, l’amour pour le prochain, l’unité et la liberté a
donné aux êtres de la chute, à Ses enfants, des parties de soleils
et de planètes sur leur chemin. Tout comme les planètes
spirituelles, ces planètes partielles portaient des minéraux, des
plantes et des animaux du fait que ceux-ci appartiennent à l’unité,
à la vie. En dehors de l’Etre pur, du Royaume de Dieu, là où
l’Esprit puissant n’avait pas encore étendu Sa pensée créatrice à la
perfection, les planètes partielles prirent leur place. Elles
devinrent les lieux d’habitation des êtres de la chute.
Parce que
l’aspiration des êtres de la chute, de manière consciente, voire
inconsciente, s’orientait contre la Loi de Dieu, contre l’amour et
contre l’unité, la pensée de la chute a pris forme de plus en plus
dans ces domaines. L’éloignement du Royaume de Dieu, la volonté
toujours croissante d’égaler Dieu, entraînèrent progressivement la
densification des soleils et des planètes spirituels. Mais, avant
les phases de densification, de gigantesques éruptions se
produisirent auxquelles la science a donné le nom de « Big Bang »,
ce terme n’étant qu’une autre façon de désigner les événements de la
chute. Au cours de ce processus, la densification des êtres de la
chute s’intensifia également. Leur aspect extérieur se modifia, leur
caractère même se transforma et s’assombrit.
Au cours de processus
gigantesques, difficilement imaginables – en langage humain on parle
de « temps » –, la matière se cristallisa et la planète Terre
ainsi que les hommes qui la peuplaient se densifièrent. L’enveloppe
du corps, c’est-à-dire l’homme est donc l’âme incarnée.
Dieu étant l’unité,
l’essence de l’homme, de l’âme, des minéraux, de la nature et des
animaux, existe également dans chaque partie du Grand Tout, et donc
dans la matière également.
Les êtres de la chute
aspiraient et aspirent encore en partie aujourd’hui à dissoudre la
Création divine. Les guerres qui ne sont rien d’autre qu’un immense
fratricide, la torture et le massacre des animaux, le comportement
destructeur envers la nature, la Mère Terre, la planète tout
entière, sont la conséquence directe de la chute : la pensée de la
chute consistant à vouloir dissoudre toutes les formes pour ramener
leur substance spirituelle en tant qu’énergie fluide dans le courant
de l’éther qui, dans sa totalité, est Dieu, la Loi qui s’écoule.
Par Son « Tout est
accompli » exprimé sur le Mont Golgotha, Jésus-Christ a interrompu
toute possibilité de dissolution de la création. Par la force active
du « Tout est accompli » Jésus-Christ est devenu le Rédempteur de
tous les hommes et de toutes les âmes, de plus Il a annoncé la
libération des animaux de l’asservissement et des mauvais
traitements que leur infligent les hommes. Grâce à la force
rédemptrice, aucune forme de vie ne se dissoudra jamais. Sous son
action, tout ce qui a été transformé en négatif sera de nouveau
converti en énergie divine, pure et de haute vibration. C’est
pourquoi Jésus-Christ est le chemin de retour vers la maison du
Père.
L’homme évolue dans
la loi de cause à effet qui inclut le libre arbitre mais également
le fait de porter les conséquences de ses actes négatifs. Qu’il
agisse contre ses prochains humains ou contre les animaux, les
plantes et la Mère Terre, il lui est cependant impossible de
dissoudre ou même d’endommager le noyau divin, l’Esprit en toutes
choses ; en effet, celui-ci est protégé par la force rédemptrice.
Selon les Lois immuables de l’unité tout sera reconduit à l’unité.
Cela n’adviendra ni par le fait de s’opposer à Dieu, ni par la
guerre et la destruction, mais par la prise de conscience que Dieu
est amour, amour du prochain, sagesse, unité et liberté.
Tout homme porte en
lui, dans son âme, l’absolu, la Loi éternelle. La Loi éternelle est
l’unité. C’est pourquoi il est dit : pas de liberté sans amour et
pas d’amour sans liberté. Ainsi, la Loi éternelle est liberté ce qui
signifie que tout être spirituel est entièrement libre tout comme
l’homme également. Chaque homme peut se décider librement : pour la
Loi de Dieu qui est l’héritage divin de chacun et de chaque âme – ou
contre Dieu en appliquant la loi de l’humain qui est la loi de la
brutalité, la loi de cause à effet. C’est cela la loi de la
chute qui repose sur la séparation de l’unité et vise à ramener
l’individu – à travers l’expérience des effets résultant de
ses choix et de la prise de conscience qui en résulte – pas à pas
dans l’unité avec l’aide de la force du Rédempteur, le Christ.
Je le répète : la
liberté qui est la sienne place l’homme face à la responsabilité de
ses actes – bons ou mauvais – et à leurs conséquences.
La pensée de la Chute, c’est le fait de se séparer de l’unité.
Cela s’énonce ainsi : je veux – pour moi ! Chacun est son propre
juge
Beaucoup d’hommes
vivent dans la pensée de la Chute, la pensée de séparation. Les
hommes sont contre les hommes. Ils sont contre les animaux, la
nature et leur planète d’habitation : la Terre. C’est le contraire
de l’unité, c’est la séparation. Il en résulte cupidité, désir de
posséder, brutalité et soif de pouvoir. L’homme veut être Dieu,
souverain de la création qu’il voit du point de vue de la séparation
parce qu’il est devenu un être superficiel.
La plupart des hommes
ne se soucient que d’eux-mêmes ; ils ont pour horizon les limites de
leur petit monde. Si un ego démesuré tient le gouvernail du monde,
il assujettit tout ce et tous ceux qui servent son but, sa volonté
issue de la Chute. C’est là qu’il faut rechercher l’origine des
grandes guerres entre nations, c’est-à-dire entre les hommes, à
toutes les époques et aujourd’hui encore. Mais la guerre se déroule
également sur bien d’autres plans, par exemple dans la famille, au
travail et de manière générale, aux plans économique et social. Tout
ce qui est contre autrui provient immanquablement de la Chute.
Non seulement les
hommes ont déformé la Loi divine mais ils l’ont inversée,
c’est-à-dire qu’ils lui ont donné la direction opposée. Dieu a
dit : « Pour ou contre Moi. » Armé de la pensée de la Chute, l’homme
utilise la Loi divine à son profit et déclare : « Celui qui n’est
pas avec moi, est contre moi. » Du JE SUIS universel, il a fait un
« je suis » qui a pour signification « je suis moi-même mon
prochain. » C’est de cet abaissement du JE SUIS universel en « je
suis mon propre prochain » qu’est né l’égoïsme.
Quelqu’un qui ne
pense qu’à lui devient égoïste et agressif lorsqu’il n’atteint pas
ses buts personnels – « je veux pour moi ». Les conséquences en sont
dévastatrices. Lorsque la tension, l’envie d’agression, atteint son
paroxysme, une telle personne emploie tous les moyens à sa
disposition soit pour réduire son agressivité, soit pour la
décharger en lui laissant libre court. Les uns se rabattent sur
l’alcool, les autres sur la drogue ; d’autres encore se querellent
avec leurs semblables jusqu’au point de finir parfois devant le
tribunal. Certains se défoulent dans la sexualité et il en est même
qui commettent des agressions sexuelles, allant jusqu’à la
pédophilie. S’il s’agit de quelqu’un qui tient les rênes du pouvoir,
il est possible qu’il déclenche un conflit armé sans s’effrayer des
conséquences meurtrières d’un tel conflit. D’autres encore se feront
chasseur afin de décharger leur agressivité, leurs pulsions
égotistes, sur ces créatures innocentes que sont les animaux. Pour
nombre d’entre eux, rendus virils par le port d’une arme, la chasse
est comparable à un sport dans lequel on exerce ses talents en
abattant des animaux de manière sournoise. En tout état de cause,
indépendamment de la forme prise par cet exutoire à l’égoïsme, il
est toujours dirigé contre le prochain et contre la vie.
Ainsi, s’il apparaît
clairement que les agressions ont de multiples ramifications, leur
origine reste cependant toujours la même : la pensée de la chute, le
fait d’être contre Dieu, contre l’unité de la Création, contre les
hommes, contre la nature et les animaux, dans la mesure où les
créatures les plus faibles permettent à l’homme de la Chute de se
défouler à bon compte. Et il est courant que ces défoulements
égoïstes prennent un tour cruel.
Bardé de sa « pensée
- ou volonté - de la Chute », l’égotiste fait preuve d’une grande
invention quand il s’agit de se mettre « en valeur ». S’il occupe
une position influente, il usera de tous les moyens pour obtenir les
faveurs des dirigeants de l’Etat, des détenteurs du pouvoir
politique et judiciaire, afin que ses idées et sa personne soient
reconnues.
C’est ainsi que de
très nombreuses lois reposent, au moins en partie, sur la pensée de
base du moi humain que voici : « Sépare, lie et domine ». La devise
de quelqu’un qui veut s’élever sur l’échelle du pouvoir sera donc
inéluctablement « Sépare, lie et domine ». Et cette devise pourra
même se transformer en cri de guerre contre tous ceux qui ne se
contentent pas de la « jurisprudence » mais qui réclament la
justice. Et ce cri de guerre ne sera pas seulement le signal du
déclenchement des hostilités contre d’autres hommes, à savoir un
appel au fratricide, mais aussi celui du lâche assassinat des
créatures innocentes que sont nos frères et sœurs les animaux.
La volonté humaine de
la Chute fournit à l’homme bien des arguments – qu’elle enveloppe
habilement – en vue d’obtenir ce qu’exigent ses désirs sournois.
C’est ainsi que dans une société imprégnée par la loi de la Chute,
il existe de nombreuses possibilités « légales » de donner libre
cours à ses pulsions agressives, à grande échelle à travers la
guerre et le génocide de populations entières ou à plus petite
échelle notamment par le massacre des animaux qui s’opère dans la
nature aussi bien que dans les abattoirs où sont suppliciés les
condamnés à mort, les animaux confinés dans les stalags des camps de
la mort.
Tout conflit entre
deux parties, qu’il soit grand ou petit, est synonyme de bataille.
Chacun d’entre nous, et plus précisément la partie agressive qui
habite en nous, pourra puiser dans le corpus législatif inspiré de
la loi de la Chute, l’argumentaire juridique dont il aura « besoin »
et qui saura lui donner raison, spécialement s’il s’agit de s’en
prendre à des personnes « de rang inférieur » et, qui plus est,
n’ayant pas partie liée avec les institutions ecclésiastiques ou
avec toute autre organisation confessionnelle de même nature, par
exemple avec le culte vaudou. Ainsi donc, celui qui se refusera à
jouer les magiciens sera considéré comme « ensorcelé », en
conséquence de quoi il sera dévalorisé et discriminé par la loi de
la Chute. Et ceci s’applique aux hommes aussi bien qu’aux animaux, à
la nature et à la Mère Terre.
Mais trêve d’interprétations et d’explications ! De manière
générale, je ne suis pas quelqu’un qui se base sur de soi-disant
connaissances de caractère général, même si celles-ci reposent sur
des années, voire des dizaines d’années, d’expériences d’autant plus
que je sais que ces faits, ces procédés qui ont cours à notre
époque, se développent dans le but de satisfaire l’intérêt personnel
et reposent sur la loi de la séparation.
En m’exprimant
maintenant à partir de la réalité spirituelle et en me faisant ainsi
le porte-parole des animaux, ces derniers n’ayant aucun droit et
étant traités comme des objets, aussi bien par l’Etat que par
l’Eglise, je sais parfaitement que mes propos seront rejetés par les
chasseurs, puisque ces derniers, comme cela a été dit, chassent et
tuent les animaux pour décharger leur agressivité. A mes yeux, la
chasse n’est rien d’autre qu’un meurtre délibéré contre les animaux,
fondé sur le plaisir de tuer. Toutefois, la loi de la Chute
légitimant cette pratique sournoise qui consiste à abattre des
créatures sans défense, toute forme de scrupule est balayée. Les
instruments de mort avec lesquels on abat les animaux sont tellement
sophistiqués et précis que ces derniers n’ont aucune chance
d’échapper à leurs agresseurs par la fuite ou la contre-attaque.
C’est donc sans aucun risque pour lui-même que le courageux chasseur
fait jaillir la mort de son fusil.
Dans la forêt, le
chasseur est empli du sentiment d’être un véritable dieu puisqu’il
dispose du droit de mort envers les animaux. S’il est vrai qu’il
peut les « abattre », il ne pourra cependant jamais leur prendre la
vie car celle-ci, qui provient de Dieu, est une réalité spirituelle
intemporelle. De plus, aucun chasseur ne pourra jamais donner la vie
à un animal. Sven Hedin, le célèbre explorateur suédois qui a
beaucoup voyagé en Asie a énoncé à sa façon cette vérité quand il
dit : « Je n’ai jamais pu me résigner à éteindre une étincelle de
vie que je n’avais pas le pouvoir de ranimer. »
Et en effet,
si l’homme est capable de tuer les animaux, il est par contre
incapable de faire tomber la pluie pour abreuver la nature et les
animaux. Il ne peut pas davantage faire briller le soleil pour faire
croître et prospérer la nature. Il est parfaitement dans
l’impossibilité de susciter la multiplicité des espèces, il ne peut
que les exterminer. Il n’a pas le pouvoir de faire pousser les
produits de la nature dont se nourrissent les hommes et les animaux,
il peut seulement détruire. Il ne peut pas agir sur le pelage des
animaux pour qu’ils s’adaptent à l’hiver ou à l'été, il peut
seulement leur « manger la laine sur le dos. »
Partout où l’homme
intervient dans la nature, ce n’est que destruction, chaos et ruine.
Tel est le constat
que nous impose de faire l’action cruelle de la brute humaine qui
non seulement engraisse les animaux et les tient enfermés dans des
camps de concentration mais qui, de plus, au mépris des cycles
naturels de reproduction, pratique de plus en plus l’insémination
artificielle afin de disposer à profusion de jeunes animaux à
immoler sur l’autel de la production de viande et de lait.
Toutes ces cruautés
et beaucoup d’autres encore, dépassent la raison. L’homme est devenu
l’ennemi de sa propre nature car la force vitale, la vie des
animaux, fait partie en tant qu’essence et force de sa propre
substance de vie spirituelle.
L’homme est l’ennemi
de tout ce qui appartient à l’unité divine. Face au « valet du mal »
rien n’est en sécurité, en l’occurrence je pense aux animaux qui
vivent dans la nature. Répétons-le à nouveau : l’homme ne se
contente pas de s’approprier leur territoire de vie - les champs et
les forêts - mais sur le petit morceau de terre qu’il leur laisse,
et qu’il a transformé en ghetto naturel, l’homme, ce fou furieux,
détruit et tue tout ce qui se présente devant sa hache ou son fusil.
Et cette pulsion meurtrière, il la camoufle sous la prétendue
nécessité de maîtriser la surpopulation animale. De même, lorsqu’il
s’agit d’abattre des arbres en pleine sève, l’homme trouve toujours
à se justifier. Et tout ce que la brutalité personnifiée inflige aux
champs et aux forêts est légitimé par la loi « Sépare, lie et
domine ».
Toutes les bonnes
raisons invoquées par les chasseurs pour justifier leurs actions
sanglantes et criminelles ne sont rien d’autre qu’une manière de
dissimuler, sous les habits du droit et de la loi, leur agressivité
inconsciente. Dans le monde où nous vivons, la loi ne demande pas de
comptes aux chasseurs ni aux éleveurs industriels. Et pour cause :
pour les tribunaux, conformément aux lois qu’ils ont pour fonction
de faire respecter, tuer un animal n’est en aucun cas un acte
répréhensible.
C’est de façon
officielle que chaque année les pouvoirs publics fixent par décret
le nombre d’animaux pouvant être abattus pour chaque espèce donnée.
L’homme est donc contraint de tuer. Pourtant Dieu n’a-t-Il pas dit :
Tu ne tueras point.
Cependant, gare à
celui qui refuse d’accomplir la volonté officielle ou qui se refuse
à enfreindre les Commandements de Dieu, il est immédiatement montré
du doigt par l’Etat. Voilà donc de nouveau la pensée de la Chute !
Mais ne nous y
trompons pas ! Ce comportement de fripouille dénué de scrupules sera
mis un jour sur la balance par la loi de l’unité, de la justice qui,
pour nous les hommes n’est autre que la loi des semailles et des
récoltes. Celle-ci ne fait pas beaucoup de bruit : elle arrive à pas
feutrés comme un voleur dans la nuit et remet à chaque homme – et
donc à chaque âme – la rançon de ce qu’il a causé.
Nous avons rappelé
plus tôt que Pythagore déjà avait parlé de la loi des semailles et
des récoltes dont l’humanité endure les effets aujourd’hui plus que
jamais. Il a dit entre autres : « Tout ce qu’un être humain
inflige aux animaux lui sera payé dans la même monnaie. »
Ici, il n’est plus
question des lois de ce monde mais de soi-même car chacun est son
propre juge. Chacun se juge lui-même, en fonction de ses actes,
surtout s’il les a commis contre des créatures de Dieu et contre la
Création et ne les a pas réparés, c’est-à-dire effacés.
Aujourd’hui, l’homme
est encore protégé par la justice profane pour autant qu’il s’en
tienne à ce que celle-ci a édicté et que, de façon abusive, elle
appelle « l’ordre ». Mais peut-être que demain, lorsque l’âme aura
fini son parcours terrestre et quittera le corps humain qui l’avait
accueillie le temps d’une incarnation, il en sera autrement de
l’autre côté du mur de brouillard qui sépare l’ici-bas de l’au-delà.
Aujourd’hui, l’animal
mort ne rapporte pas seulement au chasseur l’admiration de ses
comparses et le gain matériel obtenu par la vente de sa dépouille,
mais il reçoit également et surtout la bénédiction de l’Eglise qui
se pare de tout ce qui ne respire plus.
Quel que soit le nom
donné à ces « héros » de la Chute, quel que soit l’objet contre
lequel se dirige leur potentiel d’agression – homme, animal ou
nature – ils sont tous contre l’unité de Dieu, contre la loi
éternelle de l’amour et de l’amour du prochain, contre la loi
« relie et sois ».
L’animal : une créature merveilleuse, sortie des mains de Dieu…
Apprendre à comprendre les animaux
Chaque animal est une
créature merveilleuse sortie des mains de Dieu, donnée aux hommes
par Dieu afin que ces derniers retrouvent l’unité qui est la loi de
l’amour.
Le comportement des
animaux sera conforme à ce qu’en disent les chasseurs tant qu’ils
seront chassés, traqués, engraissés, abattus à coup de fusil ou de
manière abominable dans les abattoirs et pour vous, chers
consommateurs, bien emballés, préparés et présentés pour le plaisir
de votre estomac rebondi.
On doit apprendre à
comprendre les animaux. Alors seulement on est en mesure d’apprendre
à se connaître soi-même en tant que créature de Dieu. Chaque espèce
animale se situe sur un niveau d’évolution que j’appellerai aussi
niveau de conscience. Chaque niveau d’évolution ou niveau de
conscience, a son propre langage qui est un langage de la nature.
Chez les animaux, il
existe des formes de conscience très différentes. Par exemple, les
animaux qui volent ont un niveau de conscience totalement différent
de celui des animaux aquatiques. De même, le niveau de conscience de
ces derniers n’a rien à voir avec celui des animaux qui peuplent les
forêts, les champs, les déserts, etc... Cependant, tous se
comprennent car les sons qu’ils émettent forment des images-réflexes
dans la conscience des autres animaux. Ainsi, ce qui a été émis par
un animal est perçu sous forme d’images et de sensations intérieures
par un autre. La retransmission en image des contenus de la
conscience est un processus spirituel qui par conséquent est
indépendant de l’éloignement dans l’espace.
L’homme ne peut
comprendre le langage des animaux qu’avec le cœur – pas le cœur
physique mais celui de l’âme – dans lequel se trouve ce qui est à
l’origine de toute existence, à savoir la force créatrice que nous
appelons aussi « noyau central ». Le langage du cœur de l’âme est le
langage de l’unité.
Les animaux ne sont
pas des êtres de la Chute comme c’est le cas des hommes. Ils
réagissent en fonction de leur niveau de conscience, sauf lorsque
l’homme s’immisce dans leur vie, ce qui se produit malheureusement
souvent. C’est pour cette raison que les animaux ne réagissent pas
de façon harmonieuse vis-à-vis de l’homme. Je pense ici, par
exemple, au fait que les animaux sauvages s’enfuient à l’approche de
l’homme. La peur qu’ils éprouvent à son égard les rend en partie
agressifs. Les animaux voient en l’homme un ennemi, un chasseur, qui
ne leur apporte rien d’autre que la mort.
Chers amis, dans
cette lettre j’aimerais vous faire part d’expériences personnelles
qui font battre mon cœur toujours plus fort car les créatures de la
vie sont des êtres merveilleux. Les animaux font preuve d’une
éthique et d’une morale particulières pour eux et leurs semblables.
Chaque être humain pourrait apprendre des animaux s’il le voulait !
Depuis bientôt trois
ans déjà, je me rends en forêt plusieurs fois par semaine, pas
seulement pour m’y promener mais pour rencontrer et connaître les
animaux qui ont leur propre langage. Durant toute cette période,
j’ai découvert chez les animaux une grandeur et une grâce intérieure
qui manquent bien souvent aux hommes. Les animaux ont un caractère
noble et raffiné qui correspond toujours à leur niveau de
conscience. Mais pour le percevoir, il faut apprendre à les
comprendre et les connaître. Et avant toute chose, il ne faut jamais
exercer de contrainte sur eux, mais les mettre en confiance et
surtout les laisser libres.
Les forêts, les
prairies mais aussi les champs cultivés forment l’environnement des
animaux sauvages. Et donc, en premier lieu, il est indispensable de
respecter cet environnement afin de pouvoir respecter leur liberté
car les animaux sont des créatures libres dans leur comportement
tout entier. L’homme devrait être l’ami des animaux et se comporter
envers eux comme un grand frère ou une grande sœur. Au lieu de cela,
l’homme, est devenu l’ennemi des animaux et c’est pourquoi ces
derniers ont perdu confiance en lui et prennent la fuite, apeurés, à
son approche.
Pour regagner
l’amitié de l’animal, l’homme doit user de beaucoup de persévérance,
d’amour et de compréhension : il doit agir avec le cœur. « On ne
voit bien qu’avec le cœur» affirme le « Petit prince ».
Au contact des animaux, dans la forêt, j’ai appris entre autres
qu’on n’entendait et ne ressentait bien qu’avec le cœur.
Lorsque je vais en
forêt, c’est comme si j’allais à la rencontre de vieux amis que je
connais depuis le commencement de la Création. La forêt avec ses
arbres et ses fourrés, les champs, les herbes et les fleurs ainsi
que tous les animaux qui la peuplent sont devenus ma patrie.
La connaissance de l’unité de la vie dans la nature –
L’expérience du « je » dans le « nous ».
Le « langage » de la nature : Les processus de transmission
d’images
Là où sont mes amis
les animaux qui ne portent aucune trace de méchanceté dans le cœur,
là où la nature me parle, là où les éléments font résonner leurs
sons mélodieux, je me sens chez moi.
C'est toujours de
manière merveilleuse que l’Esprit universel infini m’a montré que
c’était Lui le Créateur de tout être en même temps que la force
agissante dans le grand continuum de la vie dont les formes
multiples se déclinent à l’infini. Les forces élémentaires, elles
aussi, portent en elles l’énergie de vie du Tout-Un. L’air chante sa
mélodie dans le bruissement des feuilles et le balancement des
branches d’arbre ; il chante sa mélodie dans le mouvement des
buissons, dans le frôlement de l’herbe. Le soleil fait resplendir
les feuilles et les fleurs qui révèlent la lumière et rayonnent le
chant du soleil.
La goutte d’eau a son
chant spécifique. Elle commence par quelques notes lentes et
distinctes puis elle laisse éclater son chant clair et cristallin
que la nature perçoit en entier avec gratitude. La terre ouvre ses
pores et l’éclat cristallin pénètre en elle avec légèreté. Le chant
de l’eau retentit alors à travers la terre et la nature. Tout
fleurit. Tout croît. Tout mûrit.
Les éléments et la
nature se donnent dans le fruit qui chante l’hymne de la nature en
s’offrant à l’homme et à l’animal. Les mélodies produites par les
éléments, les arbres, les buissons, les fleurs et l’herbe,
s’unissent pour former la puissante symphonie de l’unité qui se
révèle dans les fruits. On ne l’entend bien qu’avec le cœur.
En tant qu’être en
Dieu, j’aime la patrie éternelle. En tant qu’être humain dans
l’esprit de l’unité, j’aime la patrie terrestre dans laquelle je me
sens chez moi. C’est la nature - les forêts, les prairies, les
champs -, la Mère Terre qui porte toutes les formes de vie. L’amour
dénué d’égoïsme, c’est la liberté. L’amour véritable unit. L’amour
véritable rend libre et laisse libre toute forme de vie. Chaque
animal, chaque fleur et chaque arbuste dispose du droit de
s’épanouir librement comme Dieu l’a prévu dans Sa création.
Les expériences qu’il
m’a été donné de vivre au contact des animaux dans la nature
m’amènent à constater qu’il y a malheureusement encore beaucoup de
chemin à parcourir avant que l’homme et l’animal ne redeviennent
amis. Cela ne devrait-il pas rendre les hommes tristes de constater
que les animaux sont saisis de peur et s’enfuient, affolés, dès
qu’ils les aperçoivent. Pour approcher les animaux sauvages, il est
nécessaire de se vouer entièrement à eux. Il faut apprendre à
comprendre leurs peurs, leurs souffrances et leur détresse mais
aussi leur joie et leur soif de liberté. Chaque émotion ressentie
par un animal, qu’il s’agisse de la peur, de la souffrance, de la
détresse ou au contraire de la joie ou de l’envie de liberté, se
manifeste par une certaine forme d’expression. Il faut s’ouvrir à
eux, se tourner complètement vers eux, ressentir ce qui se passe en
eux, il faut apprendre, apprendre encore et encore pour comprendre
ce que reflète leur comportement.
Les premiers pas que
je fis vers mes amis dans la forêt furent imprégnés de ces
résolutions personnelles, à savoir : faire preuve de discipline
intérieure et extérieure, ne pas avoir d’exigences ni d’attentes.
Dès lors, je m’efforçai de suivre ce comportement et d’aller dans la
forêt en amie de la nature et des animaux. C’est avec mes frères de
la nature que sont les arbres, les arbustes, les plantes et les
fleurs que je fis mes premières rencontres dans cet esprit.
Je commençai par tout
observer avec une attention soutenue afin d’apprendre au maximum car
il m’importait en tout premier lieu de comprendre le langage, la
mélodie élémentaire de l’unité qui s’écoule de la nature. Je
regardais et écoutais avec le cœur.
Au cours de mes
promenades, qu’elles soient courtes ou longues, j’appris à ne rien
désirer ni vouloir et à marcher simplement à travers la forêt ou les
champs d’un cœur ouvert. Or, voici ce qu’il arriva un jour :
La branche d’un
arbuste me barra soudain le chemin. Comme on le fait habituellement
dans ce cas, je voulus l’écarter afin de poursuivre ma promenade.
Mais la branche, elle, voyait les choses autrement. Au moment où je
m’apprêtais à dégager la voie, elle s’accrocha dans mes cheveux en
me retenant fermement. Alors, je compris qu’à cet instant même, je
voulais quelque chose : continuer mon chemin ! Mais la nature
voulait autre chose. Je me dis aussitôt : « Stop ! Arrête-toi !
N’aie aucune exigence, aucune attente ! »
Je pris aussitôt la
décision de rester immobile. Tout à coup, je ressentis s’écouler
dans mon cœur un courant de chaleur. Je laissai cela se dérouler
ainsi, sans me demander ce qui se passait ou ce que cela pouvait
bien être. Ma respiration s’apaisa, mes yeux fixaient une feuille
scintillant dans le soleil, soulevée par une brise légère. Et tout à
coup, ce fut comme si un orchestre entier entonnait l’hymne de
l’unité. L’éternité me traversa un court instant et me fit
reconnaître et ressentir que tout vit, que l’Esprit éternel et
puissant est une grande révélation de l’unité.
Depuis bien des
années déjà, je perçois la Parole de Dieu, la Sagesse universelle.
Elle s’offre aux hommes qui veulent bien l’entendre par
l’intermédiaire de Son instrument, le prophète. En cet instant, Sa
voix c’était la nature. En un instant, je saisis ce que le puissant
Esprit de la nature voulait me dire. Son courant touchait mon cœur
et j’avais accès au langage de la nature.
J’ai appris et je
continue à apprendre. C’est avec le cœur que je vois et regarde mes
frères les arbres, que je les comprends et les sens vivre au fond de
moi. C’est avec le cœur que je ressens ce qu’ils veulent me
communiquer, eux et tous les autres frères et sœurs de la nature,
les arbustes, les plantes et les fleurs. Et je perçois le chant de
la nature lorsque les éléments utilisent les feuilles, les branches,
l’herbe et les fleurs comme des instruments qui s’unissent pour
faire éclater l’hymne de l’unité en louange au puissant Esprit de la
création.
C’est dans cette
vibration, élevée par la joie, que je continuai mes pérégrinations
dans la nature. A chaque fois, je ressentais au fond de moi que
j’étais entourée d’une force qui me traversait, qui traversait tout
et me rendait heureuse. Régulièrement, je m’arrêtais pour ressentir
ce qui se passait en moi. Et, chaque fois que je m’immergeais dans
la nature sans attendre, sans exiger quoi que ce soit, en
l’occurrence sans le désir de la percevoir à nouveau, quelque chose
se mettait à vibrer en moi.
Lors de mes sorties
suivantes, j’appris peu à peu à me ressentir comme une partie de la
nature, à ne faire qu’un avec mes frères et sœurs les arbres, les
arbustes, les plantes et les fleurs. Je n’étais plus moi, j’étais
dans le « nous », dans l’Etre qui est Un avec la vie.
Tandis que les vagues
de la perception du cœur se mettaient à battre plus fort, je butai
soudain sur une pierre. Forte de mes expériences avec la nature, je
sus immédiatement que je devais m’arrêter pour recevoir le message
que la journée présente me réservait. De nouveau, je m’imposai de
n’avoir aucune exigence, aucune attente envers la conscience des
minéraux, en l’occurrence envers la pierre sur laquelle je venais de
buter. J’affirmai que tout est une partie de moi. En effet, chaque
pierre contient la grandeur du créateur et constitue une partie de
la Mère Terre, tout comme la Terre et chaque habitant des forêts,
des prés et des champs, chaque brin d’herbe et moi-même, l’être
humain, est une partie du grand Tout.
De nouveau, je
ressentis la pulsation de la vie que l’on a du mal à saisir avec des
mots car les mots seuls sont insuffisants à décrire les processus
intérieurs qui se révèlent sous forme d’images et de connaissances.
En un instant, je vis en moi l’unité entre nature et minéraux. Les
formes solides, la matière de la nature, les grands et les petits
animaux, les plantes et les minéraux, étaient bien sûr visibles.
Cependant, il s’écoulait de l’intérieur un fluide qui se
rassemblait, se rejoignait pour former une unité et qui commençait
aussi à briller comme une unité. La lumière ne s’arrêta pas devant
moi, l’être humain. Elle m’accueillit et me traversa de sorte que je
ne fis plus qu’un avec le fluide de la nature et des minéraux.
Dans cette conscience
de l’unité, je perçus tout au fond de moi, au cœur de mon âme, le
dialogue des formes de vie qui s’exprimait sous forme d’images. Dans
leur langage imagé, je vis et je sus aussitôt comment la Terre
communique aux formes de la nature, aux plantes et aux minéraux à
l’aide de signaux, des informations sur ce qui se passe sur la
terre, tel que par exemple, la manière dont le monde végétal doit
ménager l’élément eau. Le langage des éléments, tout comme celui de
la Mère Terre, est une retransmission d’images aux plantes et aux
animaux qui, pour continuer avec l’exemple de l’eau, perçoivent dans
leur conscience qu’il ne faut pas trop puiser actuellement dans les
réserves d’eau de la Terre. C’est ainsi, entre autres, que des
impulsions émanant de la Mère Terre sont communiquées aux plantes
sous forme de signaux pour qu’elles retiennent la rosée du matin
aussi longtemps que possible de sorte que les petits animaux et les
micro-organismes puissent s’y abreuver. Par ailleurs, la Mère Terre
essaie de fournir aux plantes affaiblies les substances nutritives
appropriées ainsi que l’eau, dans la mesure où elle le peut car nous
savons que là où l’homme intervient, la Mère Terre ne peut presque
plus rien faire pour aider.
La façon dont la Mère
Terre s’occupe des animaux, des plantes et des minéraux est vraiment
merveilleuse ! Sans discontinuer, d’autres images se formaient en
moi qui me montraient, à moi l’être humain, comment la Mère Terre
lutte pour atteindre ses protégés, les plantes et les animaux. Il
émane d’elle des impulsions incroyables qui, comme je pus le
constater plus tard, contiennent des signaux qui s’adressent à
l’odorat des animaux, signaux olfactifs d’après lesquels ceux-ci
déduisent par exemple où se situe un point d’eau, une source ou une
mare. L’Esprit universel prend soin de toutes les formes de vie par
l’entremise de la Mère Terre afin qu’elles aient de la nourriture et
de l’eau. Malheureusement, je dois toujours y apporter cette
restriction et préciser que cela n’est possible que si l’homme
n’intervient pas en brouillant les puissants courants de
communication qui relient l’Esprit universel à toutes les formes de
vie.
Ainsi, dès que moi,
être humain, je commençais à penser, par exemple : « Qu’est-ce que
je viens donc de vivre là ? », je me retrouvais immédiatement hors
du courant universel de la nature. Je redevenais aussitôt un être
humain qui ne voit et n’entend que ce qui l’entoure.
Chaque fois que nous,
les êtres humains, nous réfléchissons et cherchons à résoudre des
problèmes avec la tête, nous nous coupons de l’unité et nous nous
dictons notre loi personnelle. Ecouter avec le cœur, cela signifie
percevoir silencieusement à partir du cœur de l’âme, ce que ni la
tête, ni l’intellect, ne sont capables de saisir.
De l’intellect à la compréhension et à l’intelligence
Beaucoup d’hommes
sont fascinés par le pouvoir de l’intellect et sont fiers de leur
faculté de raisonner. En cela, ils sont fiers de posséder quelque
chose que les animaux n’ont pas, eux qui sont placés sous la
conduite d’un simple « instinct ». L’homme borné et arrogant, cet
intellectuel présomptueux, se place au-dessus de tout ce qu’il n’est
pas capable d’appréhender de façon rationnelle. Le fait est que
l’intellect à lui seul ne permet pas l’accès au divin mais patauge
au contraire dans le bourbier de l’auto encensement. Il s’agit d’une
évidence dont toute personne de bonne foi sera amenée à faire le
constat en observant l’état actuel du monde ainsi que l’évolution de
la science qui est d’ailleurs bien incapable de prédire où tout cela
va mener l’Humanité et la Terre. Aujourd’hui, elle avance une
théorie dont elle fait une vérité irréfutable. Pourtant, demain, il
lui faudra la remettre en cause et proclamer une nouvelle vérité pas
plus valable que la précédente.
L’homme tourné vers
l’intellect s’attribue, en vertu de celui-ci, des capacités qui
souvent ne lui procurent ni les compétences ni les connaissances
suffisantes pour appréhender la réalité de sorte qu’il lui faut les
enrober de mots tels que « je pense », « je crois », « à mon avis »,
ou encore « j’espère », ce qui l’oblige donc à rester prudent et à
relativiser. Pourtant, il n’hésite pas à revendiquer ses opinions, à
porter une appréciation à propos de ce que disent les autres, à les
juger, et depuis sa prison égotiste de conceptions et de croyances,
à se complaire dans la bonne opinion qu’il a de lui-même et à bomber
le torse, fier qu’il est de sa « sagacité » et de ses « qualités
intellectuelles ». Dans cette conscience étriquée, il se place
pourtant au-dessus de toute vie car il croit en effet que
l’intellect est l’alpha et l’oméga de son existence. En réalité, la
pensée intellectuelle n’est rien d’autre qu’une passerelle sur
laquelle se pavanent les intellectuels. Ce faisant, ils doivent
toujours veiller à ne pas tomber ni déchoir au niveau de la masse
qui, intellectuellement parlant, n’est pas aussi « brillante »
qu’ils le sont eux-mêmes.
Rares sont ceux qui
sont disposés à croire que l’intellect utilisé à des fins
personnelles enferme dans un cadre limité et offre peu de capacité.
S’il en est ainsi, c’est parce que celui-ci confère à l’homme une
supériorité qui, de son point de vue, le place au-dessus de toute
autre forme de vie. Pourtant l’intellect pourrait être utile à
l’homme, l’aider à accomplir ses tâches au service du grand tout, du
bien commun.
Sur le plan
anatomique, la tête est le siège du cerveau. Ce dont a besoin un
être humain, c’est d’un cerveau qui fonctionne bien, c’est-à-dire de
cellules cérébrales qui enregistrent les programmes vitaux dont
l’homme a besoin pour mener à bien son existence terrestre et
prendre en main le déroulement de chacune de ses journées. En ce
sens, le cerveau joue donc un rôle déterminant, par exemple dans
l’apprentissage d’un métier ou pour évaluer correctement les
situations de la vie quotidienne. Il nous permet de construire les
programmes fondamentaux nécessaires au bon déroulement de notre vie
terrestre. En outre, il est utile de disposer d’un intellect bien
formé à la synthèse et à l’analyse, à partir de l’Esprit de la
vérité, en vue de trouver les solutions justes pour nous-même et
pour autrui.
Alors, si nous
mettons toutes ces capacités intellectuelles positives à la
disposition du puissant Esprit créateur, nous remarquerons que notre
intellect s’ouvre à la compréhension et qu’à partir de la
compréhension, s’éveille l’intelligence qui permet de saisir les
choses de la vie, de comprendre tout ce qui nous entoure mais aussi
ce que nous ne pouvons pas voir ni entendre. La compréhension inclut
donc l’intelligence qui nous permet de comprendre aussi notre
prochain.
Pour comprendre les
autres, le don de soi est nécessaire. Il faut s’adonner à une chose,
se dévouer à une cause, se sacrifier pour une tâche qui nous coûte
et qu’il nous faut mener à bien de tout notre cœur, de toutes nos
forces et en mobilisant notre intellect, notre raison. Mais il y a
aussi le fait de se dévouer pour les autres, ceux qui sont dans la
misère et la détresse et à qui nous pouvons venir en aide. Pensons
aussi à ceux que nous pouvons soutenir dans notre cadre
professionnel comme peut le faire, par exemple, un médecin avec des
personnes souffrantes qu’il peut soulager. On pourrait ainsi
multiplier les exemples.
Comprendre signifie
ressentir ce qui se passe à l’intérieur d’une situation ou chez
autrui. Comprendre c’est donc se mettre, en sensations, à la place
de quelqu’un et percevoir profondément que tout ce qui vit n’est pas
seulement forme en soi, une personne physique par exemple, mais que
tout est également en communication avec la vie qui est Dieu car
Dieu est la vie en tout et en chaque forme de vie. L’homme aussi
porte en lui la vie qui est Dieu.
Le divin en l’homme,
ce n’est pas l’intellect. L’intellect repose sur un savoir appris.
L’Esprit en l’homme est éternel, loi omniprésente, absolue,
c’est-à-dire parfaite et intangible.
Les hommes tuent les animaux. Dieu, Lui, est la vie !
Celui qui, au cours
des événements de la vie quotidienne, s’interroge pour savoir ce que
comprendre signifie vraiment, comprendra très vite l’usage
qu’il peut tirer de la question « pourquoi ? ». Pourquoi les choses
sont-elles ainsi et pas autrement ? Pourquoi ne sont-elles pas comme
l’intellect se l’est imaginé ? Pourquoi la société actuelle qui est
une société de l’intellect, est-elle devenue si brutale ? Pourquoi
avons-nous autant de difficultés à comprendre les autres cultures ?
Pourquoi untel est-il malade et untel en bonne santé ? Pourquoi
nous, les hommes, mangeons-nous des pièces de cadavres animaux alors
que nous sommes sensés être la couronne de la création ? Et puisque
nous avons cette prétention à être le sommet de la création,
pourquoi sommes-nous incapables de créer la vie à partir de
nous-mêmes ? Pourquoi, pour créer la vie, avons-nous toujours besoin
de la substance de la vie ? Pourquoi sommes-nous incapables de
générer la vie par nous-mêmes et devons-nous toujours faire appel à
la substance de la vie pour y parvenir ? Il y aurait ainsi bien
d’autres questions à se poser.
L’homme orienté vers
l’intellect est fort en paroles mais il est bien incapable de créer
le moindre brin d’herbe ni aucune fleur, aucun arbre et pas le
moindre animal : pour le faire, il a toujours besoin de la
substance, de la base de la vie. Et qui est la substance de la vie ?
C’est Dieu lui-même et c’est lui seul.
Puisque Dieu est la
vie en toutes choses, l’homme a-t-il le droit de tuer ? L’homme
croit-il qu’il est permis de tuer d’autres hommes sous prétexte que
l’Eglise autorise à le faire ? De même, l’homme croit-il qu’il est
en droit d’abattre des animaux sous prétexte que l’Eglise légitime
cela ? Il se croit peut-être autorisé à le faire dans la mesure où
les animaux sont dépourvus d’intellect et ne disposent que d’un
simple « instinct » ? Les Eglises approuvent le fait de tuer car
tout ce qui ne leur donne pas raison, tout ce qui ne penche pas dans
le sens de la pensée de la Chute, est dangereux pour elles ou
pourrait risquer de le devenir. Pourtant Dieu n’a-t-il pas dit à
travers Moïse : « Tu ne tueras point. » Mais, par la bouche des
autorités ecclésiastiques, l’adversaire s’est fait un malin plaisir
à transformer cela de la façon suivante : il est possible de tuer,
mais pas d’assassiner.
Cependant, quiconque
s’efforcera d’étudier sérieusement ce qui est appelé « instinct »
pour désigner ce qui régit le comportement des animaux, se rendra
bien vite compte que « l’instinct » en question est bien plus vaste
que l’intellect.
Voici la définition
que mon dictionnaire donne du mot instinct : « Incitation
naturelle. Pulsion naturelle. Impulsion naturelle, indépendante de
la réflexion (pilotée par l’inconscient), sans nécessité d’exercice,
vers un comportement déterminé. Aptitude propre aux animaux de
réagir dans une situation déterminée de manière spécifique et
dirigée consciemment, de montrer un comportement déterminé (en
particulier concernant la vie et la conservation de l’espèce) :
instinct animal de couver, de se reproduire, instinct
maternel. L’animal se laisse conduire par son instinct. »
En rassemblant les
observations faites sur l’instinct et en les analysant, nous
remarquerons que le comportement des animaux est intégré aux
processus de la nature. Les éléments et la Mère Terre, tout ce qui
vit sur terre et qui n’est pas chargé, c’est-à-dire sans pulsion de
l’ego, est dirigé par l’Esprit universel, la vie. Les plantes, les
minéraux et les animaux sont donc traversés par l’Esprit universel,
l’esprit de la nature, qui s’écoule en eux. L’Esprit éternel, la Loi
éternelle, Dieu, agit et règne sur la nature terrestre.
Ici, j’utilise à
dessein le mot « dirigé » et non « piloté ». En effet, être piloté
résulte de l’action de forces non divines et provoque toujours la
faiblesse, la déchéance, la ruine, le pourrissement, la décadence,
et pour finir la mort. C’est ce qui correspond à la pensée de la
chute.
Par qui l’homme
est-il piloté ? Qui agit sur son ego ?
Les oiseaux volent
sur des milliers de kilomètres, ils connaissent leur parcours et
savent quand il est temps de couver. Là où un an auparavant ils ont
couvé, ils construisent un nouveau nid en temps voulu ou
s’installent dans celui qu’ils ont occupé l’année précédente. On
peut observer ce genre de phénomène dans tout le monde animal.
Chez de nombreuses
espèces, les animaux procréent et couvent deux à trois fois par an.
Dans ces conditions, il est intéressant de se poser la question
« Pourquoi ? » : pourquoi le comportement des animaux est-il
celui-là et pourquoi l’homme, au contraire semble-t-il ne pas
connaître ses limites ? Pourquoi est-il préoccupé nuit et jour par
sa sexualité ? Pourquoi est-il si fier de son ego et de ses exploits
sexuels ? Ce comportement n’aurait-il pas pour origine l’influence
qu’exerce sur lui son intellect dans la mesure où il est tellement
orienté sur celui-ci ? En toute objectivité, cela démontrerait la
supériorité de l’instinct sur l’intellect. La nature est dirigée par
l’Esprit universel, l’homme par contre est piloté par son intellect
empli de désirs et de passions égoïstes, d’arrogance et d’avidité
sexuelle. Il manque à l’intellect l’amour de Dieu. La nature vit
dans l’amour de Dieu et ce faisant, dans l’unité.
Arrivé à ce point, on
peut en conclure que si les hommes étaient dirigés par l’instinct
plutôt que par l’intellect, ils n’en seraient que plus intelligents.
A ce sujet, je vous livre ces remarques du philosophe allemand
Arthur Schopenhauer (1788-1869) :
« Celui qui est cruel envers les animaux ne peut pas être un
homme bon. »
« Les règles de la morale chrétienne se limitent à l’homme,
laissant le monde animal tout entier dépourvu de droits. Il suffit
de voir comment notre populace chrétienne procède vis-à-vis des
animaux qu’elle tue, mutile ou torture gaiement, de manière
absolument inutile, surmenant ses chevaux dans leurs vieux jours en
les poussant à bout pour soutirer de leurs pauvres os la dernière
goutte de moelle jusqu’à ce qu’ils succombent sous ses coups. On
aurait vraiment envie de dire que les hommes sont les démons de la
terre et les animaux les âmes qu’ils tourmentent. »
Le monde n’est pas un gâchis et les animaux ne sont pas des
produits à notre usage. Ce n’est pas de compassion dont on est
redevable envers les animaux mais de justice. »
Léonard de Vinci
(1452-1519), ce génie universel de l’art et de la culture a dit la
chose suivante :
« Le jour viendra où les hommes regarderont le meurtre d’un
animal comme ils regardent maintenant le meurtre d’un être humain.
Le temps viendra où nous condamnerons le fait de manger les animaux
comme nous condamnons maintenant le fait de manger nos semblables, à
savoir le cannibalisme. »
Günther Weitzel,
chimiste allemand (1915-1984), a écrit :
« La conscience chrétienne ne peut pas s’estimer heureuse de la
non application du 5ème commandement pour les animaux qui vont à
l’abattoir. Celui qui a déjà visité un abattoir en est généralement
ressorti choqué et dégoûté. Presque tous sont d’avis que l’abattage
brutal des animaux d’élevage que l’on engraisse pour les manger est
indigne de l’humanité d’aujourd’hui et particulièrement de la
chrétienté. »
Léon Tolstoï
(1828-1910), humaniste et écrivain constatait pour sa part :
« Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de
bataille. »
« Le végétarisme est le critère auquel nous pouvons reconnaître
si l’aspiration de l’homme à la perfection morale est prise au
sérieux. »
Albert Schweitzer
(1875-1965), médecin, musicien et théologien, prix Nobel de la paix
en 1952, a dit :
« Le respect de la vie c’est l’aversion pour la mort. »
« Lorsqu’un animal est contraint à servir l’homme, les
souffrances qu’il endure nous regardent tous. »
«A mon avis, nous qui nous engageons pour la protection des
animaux devons renoncer à manger de la viande mais aussi en parler.
C’est ce que je fais moi-même. De cette manière, bien des personnes
deviennent attentives à ce problème qui a été posé si tard. »
« Je me rends compte que l’habitude de manger de la viande n’est
pas conforme à des sentiments élevés. »
Tout s’enfuit devant la « couronne de la création ».
Expéditions « à quatre pattes » dans la nature
La récolte est aussi destinée aux animaux !
Maintenant j’aimerais
revenir à mes promenades et expériences avec la nature. Un jour que
je passais à travers un buisson, joyeuse et reconnaissante des
expériences que j’avais pu faire dans la forêt et dans les champs,
un lapin fit un bond devant moi. Il s’enfuyait devant moi, le
deux-pattes. Pourquoi s’était-il enfui de la sorte comme le font
tous les animaux à l’approche des hommes ? Cette pensée ne cessait
de me préoccuper. Les animaux s’enfuient devant les hommes dont on
dit pourtant qu’ils sont la « couronne de la création. Apparemment
ce lapin n’avait pas très envie de se prosterner devant cette
couronne.
Puis ce fut un
chevreuil qui s’enfuit devant moi, puis un merle apeuré, puis un
busard, des corbeaux et une petite souris qui se retira dans son
logis pour se mettre à l’abri à l’apparition de la « couronne de la
création ».
Finalement c’est ma
joie qui finit par s’évanouir. Emplie de tristesse, je fis demi-tour
et m’en retournai. Ainsi, tout ce qui était capable de prendre ses
jambes à son cou s’enfuyait-il à l’approche de la « couronne de la
création ». Mais pourquoi ?
Les hommes se sont
détournés de la toute puissance et de l’amour de Dieu, de la grande
révélation de l’unité avec la nature et les animaux. L’homme
poursuit le chemin de l’avidité et de la raison qui dit : « je sais
mieux que les autres ! ». L’homme se place au-dessus de Dieu. C’est
cela la pensée de la chute.
Je me disais : je
n’appartiens pas à la pensée de la chute – cependant je suis un être
humain et c’est devant les hommes que les animaux s’enfuient. J’aime
Dieu, mon Père et j’aime Sa création. Je suis un « animal à
deux-pattes », un être humain, mais la forêt et les champs sont
devenus ma patrie. J’aime mes frères et sœurs de la nature, les
animaux.
Chers amis, ceci est
une Loi spirituelle : lorsqu’un être édifie la communication
intérieure avec ses prochains il s’approche également de la
communication avec la force de Dieu. La même chose est valable en ce
qui concerne notre relation vivante avec nos frères et sœurs les
animaux ! Par la voie de la bienveillance, de l’empathie et du
ressenti à l’intérieur à l’égard de nos frères et sœurs les animaux,
nous grandissons en direction du courant de la vie qui est Dieu et
qui est notre véritable Etre éternel. Ainsi nous accédons à l’unité
et à l’amour cosmiques.
C’est une telle
expérience que nous relate certainement le poète russe Fiodor
Dostoïevski (1821 – 1881) quand il nous dit : « Aime les animaux,
aime toutes les plantes et toutes choses ! Si tu aimes, le secret de
Dieu se révèlera à toi en toutes choses et finalement tu embrasseras
le monde entier de ton amour ! »
A présent, j’en
reviens à l’évocation de ma promenade dans la forêt.
C’est une des
caractéristiques de la raison humaine que de nombreux hommes croient
savoir comment les animaux doivent se comporter : par exemple, il
est tenu comme tout à fait normal que les animaux sauvages
s’enfuient à l’approche de l’homme. Pour ma part, je refuse
d’accepter cela comme une évidence incontournable. Pour moi, ce qui
compte, c’est ma propre expérience et non pas l’opinion de
soi-disant experts.
A la réflexion, je
finis par conclure que c’est devant cet « animal à deux pattes »
qu’est l’homme que s’enfuyaient les animaux. C’est alors qu’une
image tomba dans ma conscience : il me fallait devenir un animal à
quatre pattes ! L’image manifestée dans ma conscience représentait
une vieille jeep à quatre roues ou devrais-je dire à quatre pattes.
Immédiatement cela devint clair pour moi : je devais me faire prêter
une vieille jeep, à savoir un véhicule « à quatre pattes ».
Lorsque je racontais
mes expériences dans la nature ainsi que les événements survenus
avec les animaux au sein d’un petit cercle de frères et sœurs, leur
communiquant en même temps mon intention de me rendre désormais « à
quatre pattes » dans la forêt, c’est-à-dire en jeep, je ne tardai
pas à entendre des arguments bien connus : une telle expédition
n’est pas sans danger, il y a de nombreux sangliers dans cette
partie de la forêt, est-ce bien raisonnable ? …
Je répliquais
immédiatement : « Tarlatata ! La plupart des hommes sont
beaucoup plus dangereux que les sangliers. Ils sont imprévisibles et
vicieux. On ne sait jamais ce qu’ils pensent vraiment et quels sont
leurs plans. Les animaux au contraire sont tels qu’ils sont. Et si
quelques-uns ont pu s’en prendre à l’homme, ne faut-il pas mettre ce
comportement sur le compte de ce que les hommes ont infligé aux
animaux au cours des millénaires écoulés ». Et je n’eus pas
besoin de réfléchir bien longtemps pour continuer : « Je n’ai pas
peur ! D’une part je me suis exercée à corriger mon comportement et
à m’adapter complètement à la nature. D’autre part j’ai déjà pu
apprendre beaucoup de choses de la nature elle-même, par exemple son
langage en images. De plus, j’aime Dieu, mon Père qui est le
Créateur de l’infini ainsi que la vie en tout et en tous, y compris
dans les soi-disant dangereux sangliers. »
Deux de mes frères
insistèrent pour m’accompagner dans mon « quatre-pattes »,
c’est-à-dire dans ma jeep. Leur intention était louable et il est un
proverbe souabe qui dit : Céder afin que la pauvre âme trouve la
paix !
L’automne arriva et
c’est ainsi que deux frères et moi-même nous commençâmes nos
randonnées à quatre pattes. Immédiatement il nous apparut évident
que nous devions rouler très, très lentement pour ne pas effrayer
les animaux. Sans cesse nous nous exhortions mutuellement à rouler
lentement, sans attente !
Notre perception
s’affina de plus en plus. A chacune de nos expéditions nous nous
arrêtions plus souvent pour étudier le comportement des oiseaux et
des autres animaux. Par exemple nous regardions longuement un
écureuil qui rassemblait ses réserves pour l’hiver. Il ramassait les
noix, les ouvrait très vite et avec une grande dextérité. « L’animal
à quatre pattes » ne semblait pas indisposer les habitants de la
forêt sauf lorsque nous devions utiliser le démarreur de la jeep, ce
que nous évitions le plus possible. Longtemps, nous restions assis
dans notre « quatre-pattes » à observer le spectacle des animaux,
leur majesté. C’était un pur ravissement.
Au cours de ces
instants de tranquillité et de contemplation je ne pouvais
m’empêcher de me demander, par exemple, comment faisait un écureuil
pour savoir que l’hiver approchait et qu’il lui fallait amasser des
réserves ? Oui, comment le petit habitant de la forêt savait-il
qu’il y avait là un noisetier où s’approvisionner en abondance ? Une
telle question ne saurait tourmenter l’homme de raison ; il en
connaît la réponse : l’instinct.
En vérité, les
animaux entretiennent une communication « naturelle » avec la nature
et ils sont unis avec elle par la même conscience qui est reliée au
grand Esprit de l’infini qui sait toutes choses. A l’opposé, combien
l’homme est-il pauvre, à l’étroit dans son ego, sa raison, qui n’est
rien d’autre qu’une autoprogrammation ! On peut dire à juste
titre que l’homme est devenu ce qu’il est - trop humain.
Au cours de nos
expéditions à « quatre pattes », nous n’étions jamais à l’abri des
surprises et nous faisions de nombreuses expériences qui nous
aidaient à ressentir de mieux en mieux nos frères et sœurs les
animaux. Comme je viens de l’indiquer : l’automne déployait son
manteau et un vent froid commençait à souffler à travers champs et
forêts. A chacune de nos expéditions nous observions comment
l’automne s’installait un peu plus et repoussait l’été. Les arbres
se dénudaient peu à peu ; le vent soufflait de plus en plus fort à
travers les branches. Nous apprenions à ressentir avec notre propre
corps comment les sapins résistaient plus ou moins bien au vent
froid et impitoyable alors que celui-ci ne rencontrait presque aucun
obstacle de la part des feuillus devenus chauves. Les buissons qui
jusqu’alors avaient offert une protection aux animaux, n’étaient
plus en mesure de l’assurer.
Une douleur montait
en moi lorsque je pensais aux animaux exposés sans protection à
l’hiver, à la pluie, au froid et à la neige. Lorsque je m’en ouvrai
à mes accompagnateurs ils me répondirent - certainement avec
l’intention d’atténuer mes soucis et de se rassurer eux-mêmes :
« la nature a pourvu les animaux d’habits chauds ; les oiseaux et
les écureuils peuvent se réfugier dans leurs nids. Les petits
animaux et les micro-organismes se sont enfouis profondément sous
terre... »
Cependant je ne
manquai pas de les interrompre : « Et tous les autres animaux ?
Vous parlez comme des ‘protecteurs’ des animaux patentés ou comme
des agriculteurs, pour ne pas dire comme des chasseurs. Vous pensez
vraiment que les animaux vont bien en hiver quand il leur faut
affronter jour et nuit la pluie, la neige, la glace, le gel, les
vents froids, les tempêtes et que sais-je encore ? Pendant ce temps,
nous les hommes nous sommes assis bien au chaud, nous pouvons manger
et boire sur une table richement garnie – mais les animaux ? Ils ne
peuvent même pas disposer des vêtements chauds que la nature a
prévus pour eux. »
Le visage de mes
compagnons témoignait qu’ils étaient touchés et à court d’arguments.
Je continuai : « Presque tous les hommes sont léthargiques et ont le
cœur engourdi ; sans se poser de questions, ils acceptent les choses
comme elles sont et ne se demandent pas s’il existe des causes à
tout cela. Pour une fois, essayons de faire bon usage de notre
raison – ce qui n’a rien à voir avec des acrobaties intellectuelles
– en essayant de nous identifier à nos prochains, hommes et animaux.
Seulement alors ce qui manque devient visible, seulement alors nous
pouvons trouver des solutions, seulement alors un véritable progrès
devient possible, le développement d’un monde meilleur.
Le grand Esprit
éternel prend soin de Ses enfants. Lui, l’Esprit de la vie dans la
nature, fait croître, fleurir et mûrir les plantes. Puis vient le
temps de la récolte. Pour l’homme égocentrique qui s’est approprié
la nature et qui voit tout à travers lui-même, cela signifie : c’est
mon champ, c’est ma récolte, ce sont mes profits. Pourtant les
animaux eux aussi sont des enfants de la création de Dieu. Ce
qu’offre la nature, n’est-ce pas pour eux également ? En été, les
animaux qui ne disposent pas d’un nid chaud où passer l’hiver ont
besoin d’emmagasiner dans leur corps des enzymes, des minéraux, des
oligo-éléments et d’autres substances encore. Ils en ont besoin pour
développer les forces de résistance nécessaires afin que leur peau
s’épaississe et que se forme la graisse où ils pourront puiser
pendant la période froide. Or, que se passe-t-il ? Les animaux qui
ont le plus besoin de ces substances pour passer l’hiver sont boutés
hors des champs par les agriculteurs et abattus par leurs complices,
les chasseurs. Pourtant, ces animaux ne font que chercher dans les
champs ce qui leur appartient, car ils sont eux aussi des créatures
de la nature, des enfants de la Mère Terre, des enfants de l’Esprit
universel.
Dans ma jeunesse, les
agriculteurs récoltaient encore le blé à la faux puis le liaient en
gerbes. Les gerbes étaient érigées sur les champs afin que les épis
puissent sécher. Après le temps du séchage, les gerbes étaient
chargées à la fourche sur des charrettes et amenées dans les granges
où on les stockait. Au cours de ce dur travail, de nombreux grains
étaient éparpillés dans les champs, de sorte que les animaux
pouvaient trouver à se nourrir longtemps après, parfois jusqu’en
hiver.
Aujourd’hui, le blé
est récolté à la moissonneuse-batteuse avec une grande méthodologie
et dans un souci de profit maximum. Dans cette méthode, on aspire le
blé et c’est pourquoi il ne reste pratiquement aucun grain sur le
sol. C’est cela qui se passe actuellement. Les prétendus experts et
les agriculteurs s’inscrivent dans le passé lorsqu’ils
prétendent que les animaux disposent d’un habit pour l’hiver. En
vérité, ils ne trouvent pas assez de nourriture dans les forêts et
dans les champs pour se constituer ce vêtement d’hiver, l’homme
s’est approprié toute la nature. Et tous ceux qui pensent ainsi ou
qui répètent aveuglément ces « vérités » sont également du passé.
« Vous », je m’adressais à mes accompagnateurs, « vous parlez
aussi comme des hommes du passé, bien calés dans leurs certitudes
qu’ils déversent du haut de leur savoir, mais qui en réalité
raisonnent avec des arguments du passé dans une époque toute
différente. Quant aux agriculteurs, la seule chose qui leur importe
c’est de remplir leurs granges, leurs bourses et leurs assiettes.
Vous – mes accompagnateurs – vous portez un pull-over chaud,
un anorak épais ou un manteau, des sous-vêtements chauds et dans vos
maisons le chauffage central dispense sa chaleur dans toutes les
pièces afin que le petit homme égocentrique n’ait pas à souffrir du
froid.
Les animaux à qui on
interdit l’accès aux champs, qu’on traque et qu’on chasse de façon
impitoyable tout au long de l’année dans la forêt, trouvent-ils
assez de nourriture pour préparer leur corps et se constituer
l’épais manteau de chair qui pourrait les aider à passer l’hiver ?
Ont-ils assez de réserves, assez de nourriture ? C’est à peine si un
seul homme se pose de telles questions ; chacun ne s’intéresse qu’à
celui qui lui tient le plus à coeur, c’est-à-dire lui-même. Quant
aux animaux, pour les « experts » ils ne sont rien d’autre que des
choses, des êtres sans droits, dénués de sentiments, seulement dotés
d’un « instinct ».
J’étais très émue
suite à ces entretiens car je comprenais de mieux en mieux les
animaux au fur et à mesure que j’apprenais leur langage.
La froideur des
sentiments humains à leur égard me tordait le cœur. Ainsi, c’est
parmi les agriculteurs dont on pourrait croire qu’ils sont proches
de la nature et des animaux que l’on trouve bien souvent ceux qui la
méprisent le plus.
Première rencontre directe avec les « dangereux » sangliers. Les
animaux ne disposent d’aucun abri
Cette journée
d’automne, lorsque l’auto croisa un sentier de sangliers, c’est moi
qui conduisais le « quatre-pattes ». Ces sentiers sont faciles à
reconnaître dans la mesure où les animaux lourds laissent des traces
importantes de leur passage. Je m’arrêtai. Je souhaitais rester à
proximité du sentier, même si cela devait durer la nuit entière et,
si l’Esprit créateur le voulait ainsi, faire l’expérience des
sangliers au moment opportun.
Cela faisait déjà
deux heures que nous attendions dans le « quatre-pattes » immobile.
Progressivement, le crépuscule commençait à recouvrir les champs et
la forêt. Tout à coup un bruissement se manifesta du côté des
buissons dénudés. Nous étions assis comme pétrifiés, sans oser faire
le moindre geste et retenant notre respiration.
C’est alors
qu’apparut, sortant des broussailles, une grande famille de
sangliers. En découvrant le « quatre-pattes », l’un des membres de
la famille adressa au reste du groupe un signal d’alarme, une espèce
de « Wuff ! ». Puis il y eut un bruit sec, immédiatement suivi d’un
silence total.
Comme cela a déjà été
dit, les animaux communiquent entre eux à l’aide d’un langage fait
de sons, d’odeurs et d’images.
Pour les sangliers,
l’image qu’ils avaient jusqu’à présent de leur sentier n’était plus
la même.
Nous restions assis
dans le « quatre-pattes », calmes mais tendus. Nous le savions : si
les animaux percevaient le moindre mouvement de notre part, ils
déguerpiraient immédiatement. C’est pourquoi nous restions enfoncés
sur les sièges de la voiture. Bientôt nous fûmes gagnés par le froid
et l’engourdissement. Pourtant, nous étions tous d’accord sur un
point : celui qui aspirait à faire l’expérience des événements de la
création dans la nature devait sans tarder apprendre la patience.
Et notre patience fut
récompensée. De nouveau des bruits en provenance des fourrés nous
parvinrent. Une petite voix en nous, nous soufflait : Attention !
Restez tout à fait calmes, ne bougez pas ! »
Quelques sangliers
sortirent des buissons et restèrent plantés là. Ils ne pouvaient pas
comprendre l’image qui avait changé. De nouveau le signal d’alarme
retentit et tous disparurent. Maintenant l’ombre de la forêt leur
offrait une protection. Dans notre « quatre-pattes » nous faisions
face aux buissons. Dans le prolongement de la forêt s’étend un petit
pré à travers lequel passait justement le sentier des sangliers. Or,
ce soir-là, la lune éclairait le pré de sorte qu’on pourrait voir
clairement les sangliers le traverser.
Tout à coup des
bruits retentirent à nouveau. Quatre robustes sangliers sortirent
des fourrés, les poils de la nuque hérissés. Avec l’expérience des
sangliers que nous avons acquise aujourd’hui, on peut estimer qu’il
s’agissait d’animaux d’environ un an. Ils couraient vite pour
traverser le pré et rejoindre l’autre côté de la forêt. Apparemment
les quatre courageux éclaireurs étaient observés par les autres
membres de la famille, car les uns après les autres ceux-ci se
lancèrent à leur suite. Eux aussi avaient les poils du cou hérissés
et couraient vite sur leur sentier qui traversait le pré en
direction de l’autre côté de la forêt. On pouvait voir et ressentir
qu’ils étaient dans un état de tension extrême. Malgré cela, ils
avaient eu le courage d’affronter la situation. Immédiatement ils
disparurent dans la forêt.
Le « quatre-pattes »
était positionné de telle sorte que nous n’ayons pas à utiliser le
démarreur pour repartir. Sans un bruit, la voiture commença à
dévaler le chemin légèrement incliné où nous avions installé notre
poste d’observation.
C’était notre
première rencontre avec les « dangereux » sangliers.
De retour à la
maison, nous nous réjouîmes d’avoir fait preuve de patience et d’en
avoir été récompensés. Nous voulions absolument continuer à nous
exercer dans cette voie. J’avais fini par contaminer mes deux
compagnons de ce désir d’apprendre et d’explorer qui me taraudait
avec tellement d’insistance.
Depuis que j’ai vu
les animaux apeurés, les poils dressés sur la nuque, j’ai
définitivement renoncé à croire que les sangliers étaient dangereux.
Il y a des années déjà, l’Esprit Créateur a révélé que les animaux
ne représenteraient aucun danger pour l’homme si celui-ci les
traitait avec respect, en fonction des caractéristiques de leur
espèce, s’il ne les chassait et ne les tuait pas.
Ayons toujours en
conscience que les animaux ressentent la joie, la souffrance, la
douleur au même titre que les hommes. Pourtant ceux-ci les traitent
de manière abominable ; ils les battent, les torturent et les
maltraitent ; ils les chassent et les tuent. Ils les emprisonnent
dans des stalags pour animaux avant de les exterminer et de s’en
repaître. Ils les utilisent comme de vulgaires objets à des fins
d’expériences « scientifiques ». Quand ils échappent à ces
traitements ignobles, les animaux, créatures nobles, libres et
indépendantes, sont avilis et privés de liberté et de toute dignité.
Ainsi, l’homme
dominateur a-t-il marqué les animaux du sceau des sans-droits.
A l’heure actuelle,
des travaux scientifiques prouvent que les animaux communiquent les
uns avec les autres au sein de leur espèce. Ainsi, les expériences
réalisées par un individu sont communiquées à la conscience des
autres membres de l’espèce, indépendamment de la distance qui les
sépare. Dans ces conditions, comment s’étonner que les animaux
éprouvent une telle peur des hommes ! Sous l’effet de cette peur,
certains animaux agressent l’homme et plus particulièrement encore
si ces créatures sensibles perçoivent une charge agressive chez
celui-ci ou lorsque son haleine exhale une odeur de cadavre,
c’est-à-dire de viande, synonyme pour eux d’assassinat de leurs
frères et sœurs animaux. En vérité, c’est l’homme brutal qui est
source de danger pour le monde animal et non l’inverse.
Plus haut, j’ai
dit que les animaux aspiraient à devenir nos amis et que, pour cela,
nous devions faire preuve de beaucoup de patience et d’amour, de
façon à gagner leur confiance.
Notre trio était
unanime dans son désir de retourner là où nous avions rencontré les
sangliers, ce que nous fîmes. Et chaque fois que nous avions pris
position à notre place attitrée, nous faisions de nouvelles
expériences. De cette manière, nous avions la possibilité
d’apprendre.
Les sangliers qui
utilisaient régulièrement le sentier restèrent toujours à bonne
distance les premiers temps. Le chemin était fréquenté par des
sangliers de tous âges et nous pouvions observer comment ils
intégraient progressivement notre « quatre-pattes » à leur image.
Un soir, au
crépuscule, nous eûmes le plaisir de voir sortir des fourrés non
seulement les sangliers, mais également trois chevreuils.
Tout d’abord ils
furent effrayés, puis avec précaution commencèrent à s’avancer dans
le pré, le regard constamment dirigé vers notre jeep. Autant que
possible nous nous tenions à l’arrière du véhicule pour éviter
d’éveiller leurs soupçons.
Notre enthousiasme
pour la beauté de la nature et pour le monde animal grandissait de
jour en jour, bien qu’il fasse parfois très froid. D’ailleurs, c’est
précisément cela qui fit émerger en nous la pensée que les animaux
eux aussi devaient avoir froid.
Lors d’une de ces
froides journées, il pleuvait à verse ; le temps était
particulièrement désagréable. La pluie ruisselait des branches des
arbres et des buissons dépouillés de leur feuillage.
Pour nous, les hommes
du Sermon sur la Montagne, la notion de coïncidence n’existe pas.
Nous considérons que tout ce dont nous faisons l’expérience veut
nous signifier quelque chose. Ainsi, en ce jour sombre et pluvieux,
nous nous trouvions de nouveau dans notre jeep, à notre place
préférée. Et de nouveau, les chevreuils sortirent des buissons,
ruisselants de pluie. Comme nous avons trop souvent tendance à le
dire avec légèreté, ils étaient « trempés jusqu’aux os » et mon âme
en souffrait terriblement. Ils étaient là à la recherche du peu de
nourriture que le sol de la forêt avait à leur offrir et cette
nourriture aussi était froide et mouillée. Les chevreuils
traversèrent lentement le pré puis finirent par disparaître dans les
buissons mouillés.
Assis dans notre
ieep, grelottants de froid, nous pensions à notre demeure bien
chaude. Bien entendu, cela ne manqua pas de susciter la question de
savoir si cela valait la peine de rester plus longtemps et si nous
allions encore voir quelque chose d’intéressant. A peine cette
pensée avait-elle surgi, que nous commencions à nous chercher des
excuses et des prétextes. Oui, nous avions été testés dans notre
fermeté à rester fidèles à nos projets de départ : lâcher prise, ne
rien vouloir, être là tout simplement ! Cette épreuve raffermit
notre détermination.
Nous étions là depuis
près de deux heures quand tout à coup, l’un de nous murmura :
« Regardez prudemment à droite vers les buissons. » Doucement, sans
presque bouger, nous tournâmes la tête dans la direction
mentionnée : sur la terre froide et mouillée des sangliers étaient
couchés. C’était l’hiver ; les buissons étaient totalement dénudés
et la pluie tombait dru sur les corps sans protection : les gouttes,
les unes après les autres s’égrenaient…
Silencieusement, je
commençais à prier : « Grand Esprit de la nature, comment
pouvons-nous aider les sans-droits à affronter l’hiver ? »
Une prière ne reste
jamais sans réponse. Le Grand Esprit ne nous fit pas attendre.
En écho à l’idée qui
m’émouvait si fortement que les animaux soient ainsi privés de
demeure et de protection pour affronter les aléas de l’hiver,
l’Eternel projeta dans ma conscience le souvenir des étés que
j’avais vécus enfant et en particulier, le souvenir de la récolte du
blé. Dans mon image, je revoyais les gerbes de blé montées en forme
de tentes pour sécher. Une seconde image succéda à la première,
celle d’un igloo. Cet igloo n’était pas fait de blocs de glace mais
confectionné à l’aide de nombreuses branches et branchages comme on
en trouve tant sur le sol de la forêt. A peine avais-je intégré
cette image qu’une autre s’offrit à moi qui me montrait de quelle
façon l’homme devrait se préoccuper du sort des animaux en hiver et
leur offrir protection et nourriture. Dès lors, ces deux images ne
me quittèrent plus ; elles vivaient en moi.
A peine rentrée à la
maison, je sautais sur mon téléphone pour contacter certains frères
et sœurs susceptibles de m’aider à réaliser le projet qui venait de
germer dans mon esprit. A chacun, je racontais mes expériences dans
la forêt ainsi que ce qu’il m’avait été donné de voir dans la
prière.
Je fus remplie de
joie et de gratitude en constatant que chacun de ceux et de celles à
qui je m’adressai donna immédiatement son accord à ce projet d’aide
aux animaux. En un laps de temps très court, de nombreux amis du
Christ se réunirent dans la forêt pour ramasser des branches et des
branchages et pour construire, sous la responsabilité d’un
spécialiste, des igloos de bois partout où cela était possible. Des
menuisiers confectionnèrent des huttes destinées à recevoir de la
nourriture et des blocs de sel pour les animaux et à les conserver
au sec. En quelques jours, plusieurs huttes furent installées sur
les terrains appartenant au petit royaume de la nature et des
animaux.
Toujours à « quatre
pattes » nous avons poursuivi nos expéditions dans la nature. Cela
avait valu la peine d’être persévérant. En effet, les animaux
intégrant de plus en plus notre « quatre-pattes » dans leur image,
ils devenaient de plus en plus courageux. Les chevreuils
s’approchaient sans crainte, les lapins couraient tout près de la
jeep. Les oiseaux s’asseyaient sur le toit, chantaient et
bavardaient tout à leur aise. Quant aux sangliers, lorsqu’ils
passaient désormais sur leur sentier, on ne voyait plus leurs poils
se hérisser sur le cou.
Nous aussi, les hôtes
du « quatre-pattes », nous devenions plus courageux. C’est ainsi que
nous déposâmes en tas, des pommes qui nous avaient été remises à
l’intention des animaux par nos amis de la ferme. Mais dans un
premier temps, les pommes que nous avions déposées sur le sol
dérangèrent à nouveau l’image des animaux. Les sangliers
abandonnèrent leur insouciance en passant sur le chemin.
Visiblement, la présence des tas de pommes les dérangeait.
Immédiatement, ils devinrent plus prudents. Le groin pointé vers le
ciel, ils reniflèrent longuement la situation pour essayer de capter
ainsi des informations concernant ce qui se trouvait si proche de
« leur » chemin. Les sangliers les plus perspicaces perçurent bien
vite qu’il s’agissait de quelque chose à manger. Il faut dire qu’ils
ne mangeaient pas des pommes tous les jours et que c’était même là
quelque chose de vraiment inhabituel. Ils se contentèrent tout
d’abord d’y goûter puis laissèrent le reste. Ils furent bientôt
rejoints en cela par un renard qui sembla, lui, beaucoup les
apprécier.
A la lisière du pré
où les chevreuils s’étaient montrés à nous de temps à autre, nous
installâmes une hutte pleine de nourriture. Et c’est ainsi que les
habitants de la forêt intégrèrent eux aussi prudemment et
progressivement l’image inconnue de la hutte et commencèrent très
lentement mais ô combien consciencieusement et délicatement à manger
la nourriture.
Toujours à bonne
distance dans le « quatre-pattes », nous n’en étions par moins très
heureux ! Nous nous sentions faire partie intégrante de l’image de
la nature. Les animaux montraient du courage. Ils avaient accepté le
« quatre-pattes ».
Du « quatre-pattes » à « l’animal à deux pattes ».
« Porter l’habit des sangliers pour le bien de l’unité ! »
Maintenant le moment
était venu de passer à l’épreuve suivante et de nous présenter comme
des « animaux à deux-pattes ». Mais comment les animaux de la forêt
allaient-ils se comporter envers les « deux- pattes » ? Pour rester
fidèles à notre projet de départ, nous devions leur laisser
l’entière liberté de nous accepter ou non et ne pas chercher à
forcer leur réaction à notre égard. Toute autre façon d’agir
n’aurait été rien d’autre qu’une forme de confrontation avec le
monde des animaux. Au cours d’une telle confrontation il y a
toujours un vainqueur et un perdant. Et à coup sûr, c’est nous qui
aurions été les perdants.
La confrontation est
une sorte de combat et nous voulions nous comporter en véritables
amis des animaux. Ce qu’ils allaient faire de nous, comment ils
allaient réagir – rester ou partir, nous agresser ou nous accepter –
nous avions accepté le principe que cela résulterait uniquement de
notre comportement envers eux. Il était clair pour nous que nous
devions aller vers eux sans réserve et sans défense.
Sitôt dit, sitôt
fait.
De nouveau, je priai
et demandai aux êtres spirituels invisibles de la nature de nous
guider car nous ne voulions pas effrayer les animaux par notre
apparence. Comme je l’ai déjà indiqué, la prière désintéressée agit
toujours ! Et ici il ne s’agissait pas de nous, les hommes, mais des
animaux.
Dans le monde des
hommes, c’est l’adversaire qui gouverne selon le principe :
« sépare, lie et domine ». C’est « l’obscurantiste » qui a séparé
les hommes des animaux et de la nature. Les hommes qui sont devenus
dépendants de lui – les uns par soif de profit, les autres par
inertie – ont toujours agi contre le principe d’unité et continuent
à le faire. C’est ainsi qu’ils ont généré des coups du sort et des
catastrophes pouvant aller jusqu’à des cataclysmes à l’échelle
mondiale.
Au contraire, le
Grand Esprit de l’Infini est et reste immuablement l’unité. Aux
hommes qui ne sont que de passage sur la Terre, il est commandé
d’apprendre afin d’éveiller en eux leur héritage spirituel, la Loi
cosmique de l’unité, de l’amour et de la liberté afin qu’après la
mort du corps physique ils puissent réintégrer la maison du Père en
tant qu’êtres cosmiques.
L’unité relie,
l’unité rend libre. Au fil des nombreuses années que j’ai passées à
servir comme instrument de Dieu, la conscience de l’unité a toujours
été pour moi une source de force infinie à partir de laquelle j’ai
puisé en me plongeant dans la Parole et dans l’image de l’unité.
C’est ainsi que les aides spirituelles reflétèrent en moi ce qui
suit sous forme de paroles et d’images : sors très lentement du
« quatre-pattes » et pose les pieds l’un après l’autre sur le sol,
sans t’éloigner de la jeep.
Les êtres de l’Infini
communiquent les uns avec les autres dans le langage des images. En
moi, je voyais sous forme d’images ce qu’il convenait de faire. Par
exemple, laisser passer le haut du corps par le haillon arrière de
la jeep - pour le rendre bien visible - mais sans mettre pied à
terre.
Puis vint la question
délicate : qui irait le premier ?
Toujours prompts à
prendre l’initiative, mes compagnons me dirent : « C’est toi qui
reçois les aides invisibles. Vas-y la première ! »
Nous ouvrîmes donc le
haillon arrière de la voiture et je m’assis, les jambes pendantes,
de sorte que les animaux puissent parfaitement me voir.
A quelques distances
de là, un lapin passait. Il se dressa furtivement pour examiner
l’être curieux que la jeep laissait apparaître, puis il continua son
chemin. Les oiseaux qui avaient parfaitement accepté le
« quatre-pattes » au point de se servir de son toit comme rampe de
lancement, restaient perchés sur les branches alentour et
regardaient la figure immobile et curieuse dont les deux jambes
pendaient hors du véhicule immobile. Leurs cris signifiaient
peut-être : « S’agit-il d’un épouvantail ? » En cela ils n’auraient
pas eu tort de rester à l’écart puisque les épouvantails qu’on
dresse pour effrayer les oiseaux sont inspirés de la figure humaine
et que les hommes sont leurs pires prédateurs.
Mais peu importe
l’image que les oiseaux avaient de moi à cet instant, je restais
assise sans bouger. L’aurore commençait à poindre et les oiseaux
regagnèrent leurs nids. Le silence envahit la forêt. Comme si les
sangliers savaient que j’avais froid, ils vinrent plus tôt ce
soir-là. Ils s’arrêtèrent, levèrent leur groin et commencèrent à
humer l’air. « Quelle est donc cette chose qui dépasse du
« quatre-pattes » ? Image insolite ! Ils restaient indécis.
Du plus profond de
mon âme, je devins tout à coup consciente que je devais leur parler,
car leur langue était faite d’images mais aussi de sons et d’odeurs.
Aussi commençai-je à parler lentement et calmement tout en
visualisant sous forme d’images intérieures tout ce que je disais.
Je parlais et parlais d’une voix basse, presque monotone. Je parlais
de l’Esprit de la nature, de l’unité de la vie ; je disais que nous
étions venus en tant qu’amis, que nous n’étions pas là pour leur
faire du mal et ainsi de suite.
Les frères et sœurs
animaux nous regardaient sans trop savoir encore ce qu’ils devaient
« penser » de nous. A proximité de cette « curiosité » qui était
apparue dans leur image habituelle, se trouvait un petit tas de
pommes dont ils étaient devenus friands entre temps. Il semblait
qu’ils allaient intégrer les impressions nouvelles dans leur image,
car ils s’approchaient, prudemment il est vrai, et les poils du cou
hérissés. Dans l’obscurité on pouvait voir briller leurs yeux. Ils
prirent les pommes et disparurent dans la forêt en moins de temps
qu’il faut pour le dire.
Mais le
« deux-pattes » avait tout lieu d’être satisfait. Pour la première
fois, il s’était montré en tant que tel.
Lors de nos
expéditions ultérieures nous respectâmes toujours scrupuleusement
les conseils que les aides spirituelles nous fournirent, par exemple
pour sortir totalement de la voiture et me tenir debout à proximité
de la jeep.
On nous communiqua
également le conseil suivant : « afin de gagner la confiance des
sangliers, vous ne devez pas laver vos vêtements pendant un certain
temps. »
Nous nous regardâmes
en souriant : cela devenait de plus en plus intéressant ! Cependant
cette indication était parfaitement compréhensible dans la mesure où
le langage des animaux est à la fois odeur, son et image.
Nous ne lavions donc
plus les vêtements qui nous servaient lors de nos sorties en forêt.
Et lorsque nous nous rendions en excursion dans la nature, nous les
enfilions en nous disant sur le ton de la plaisanterie : « Dans les
habits des sangliers – pour le bien de l’unité ! »
Le printemps
approchait et « l’animal à deux pattes » que je suis pouvait
maintenant s’éloigner de la jeep de plusieurs mètres sans effrayer
les animaux. »Nun steh
ich da, ich armer Tor, und bin so klug als wie zuvor!«
L’idée que l’homme
puisse être plus sage que la nature et les animaux, était bien loin
de nous depuis longtemps. Lors de nos expéditions nous pouvions
constater à quel point les animaux sont beaucoup plus sages que
l’homme qui pense de lui qu’il est la carte maîtresse – l’As - de la
création.
Un proverbe allemand
indique que la fierté précède toujours la chute. C’est ainsi que
cela prit naissance dans le Royaume éternel lorsqu’un être voulut
être comme Dieu. Les « dieux » de jadis tombèrent dans le monde de
leurs conceptions personnelles et les « dieux » d’aujourd’hui sont
prisonniers de leurs conceptions concernant la façon dont les choses
devraient être mais ne sont pas. Car, si les hommes voulaient bien
regarder honnêtement le chaos dans lequel est plongé le monde,
chacun devrait se frapper la poitrine en disant : « c’est ma faute,
c’est ma très grande faute ! » A cet égard, aucun d’entre nous ne
fait exception, car chacun de nous a plus ou moins contribué à la
chute qui eut pour conséquence la destruction des mœurs et des
valeurs.
Toutefois, les
animaux innocents et la nature n’ont aucunement contribué à cela
mais ils doivent pourtant endurer une grande part des souffrances
résultant de cette conscience étroite de la chute.
C’est pourquoi de
nombreux élèves du Christ s’efforcent de réparer autant qu’il est
possible, même si ce n’est qu’à petite échelle, ce que la cruauté de
l’homme a infligé à la nature et aux animaux.
Le petit royaume de
la nature et des animaux en formation se donne pour but d’offrir une
patrie aux animaux et de permettre aux hommes - qui sont les frères
et sœurs aînés des animaux - de retrouver le chemin de l’unité avec
le monde des animaux et des plantes, ainsi qu’avec la Mère Terre.
Dieu, L’Esprit
éternel, est l’unité et Il n’est pas l’œuvre des ténèbres. Le but
que nous recherchons, c’est de redevenir amis avec nos frères et
sœurs les animaux et de retrouver l’unité avec eux.
A cette époque, je me
tenais déjà, sur mes « deux pattes », à une certaine distance de la
jeep, tout en continuant à parler, à haute voix, toujours sur le
même ton, que je vois des animaux ou pas. Les merles, qui
intégraient de plus en plus dans leurs chants l’arrivée prochaine du
printemps, se mirent tout à coup à crier et à s’envoler de tous
côtés. Que s’était-il passé ? Bientôt les sangliers apparurent.
Curieusement, on n’avait entendu aucun « wuff ». Ils se contentèrent
de faire un demi-virage autour de moi et de continuer leur chemin.
De la jeep un de mes
compagnons me dit à voix basse : « Ne bouge plus, contente-toi de
tourner ton regard vers la gauche. »
Une laie et ses six
marcassins avançaient dans ma direction. Mais, dès qu’elle
m’aperçut, elle fit demi-tour et partit se mettre à l’abri dans la
forêt.
Des jours et des
semaines s’écoulèrent. Les animaux s’habituaient toujours plus à
notre présence. Le bruit du « quatre-pattes » était devenu familier
dans la forêt. Lapins, chevreuils, écureuils et sangliers ne
s’enfuyaient plus à son approche. Les oiseaux restaient juchés sur
les branches et les buissons et ne se laissaient plus déranger dans
leurs activités. Toutefois, il n’en était pas encore de même des
« deux pattes », loin de là. Sans aucun doute les animaux
avaient-ils du mal à imaginer que des hommes puissent être leurs
amis.
Il y aurait tellement
de choses à raconter encore, tant chacune de nos expéditions était
riche en expériences nouvelles. Néanmoins, j’aimerais plutôt me
concentrer maintenant sur les événements les plus marquants car ils
pourraient peut-être aider certains amis des animaux et de la nature
à comprendre pourquoi les animaux sont devenus tels qu’ils sont
aujourd’hui, mais ils pourraient aussi leur montrer à quel point les
animaux sont capables d’apprendre et de changer leur comportement
relativement vite, si on va vers eux le cœur ouvert et qu’on sait
gagner leur confiance par beaucoup, beaucoup de persévérance, de
patience et de bonté.
Par nos observations,
nous n’avons pas seulement appris que les animaux ne se comportent
pas de la même façon au printemps et en été qu’en automne et en
hiver. L’Esprit de la nature nous a lui aussi prodigué ses conseils,
par exemple, il nous a montré combien les animaux ont besoin de
protection et à quel point les haies et les buissons épais de la
forêt jouent un rôle important de ce point de vue.
C’est pourquoi, dès
l’automne venu, de nombreux frères et sœurs commencèrent à édifier
des haies selon le modèle proposé par Heinrich Benjes*, mais aussi
des îlots d’arbres, des biotopes aquatiques ou minéraux. Les animaux
ne tardèrent pas à investir ces lieux aménagés à leur intention.
C’est ainsi que toujours plus d’animaux, du plus grand au plus
petit, vinrent trouver refuge et protection dans ces haies disposées
en bordure des champs et dont la longueur actuelle (2003) est de
douze kilomètres.
*Ecrivain jardinier,
ami et protecteur des animaux et de la nature
Des récipients
régulièrement remplis d’eau par des amis des animaux ont été
disposés ça et là, en différents endroits de la forêt ainsi qu’en
bordure des haies, afin que les animaux puissent s’abreuver à
volonté.
Une demeure digne pour les moutons et les bœufs musqués
Dans une brochure
publiée par la Fondation Gabriele, l’œuvre saamlinique de l’amour
pour la nature et les animaux, il a été rapporté, entre autres, les
événements ayant conduit au sauvetage d’un petit troupeau de moutons
et d’une famille de bœufs musqués. Il me semble intéressant de vous
donner connaissance de ces événements dans cette lettre car ils
illustrent l’engagement des chrétiens des origines dans la Vie
Universelle au service de leurs prochains, les animaux :
Comment un petit troupeau de moutons fut sauvé et trouva une
nouvelle demeure
Beaucoup de choses sont possibles à qui traverse sa journée les
yeux ouverts. C’est ainsi que l’attention d’une amie des animaux qui
se rendait à son travail par une journée d’hiver fut alertée par la
vue d’un troupeau de moutons laissés à l’abandon par un froid
intense et sous la neige, sans nourriture et sans aucune possibilité
de se mettre à l’abri. Le troupeau comportait plusieurs agneaux qui
venaient de naître et il est clair que sans l’intervention de cette
personne, les petits n’auraient pas survécu au-delà d’une nuit.
Les mamans et leurs petits ainsi que les autres membres du
troupeau ont pu être sauvés et dirigés sur la ferme « Une patrie
pour les animaux ». Actuellement, ils sont tous bien portants et ont
trouvé une nouvelle patrie. Une grange spacieuse a été construite à
leur intention et de verts pâturages les attendent déjà.
Voici comment tout cela a débuté :
En ce mois de janvier 2003, l’hiver était particulièrement
rigoureux. Il gelait depuis plusieurs jours et la neige tenait bien
au sol. Alors qu’elle se rendait à son travail, une amie des animaux
remarqua dans un champ, au milieu de la neige, cinq moutons entourés
de plusieurs agneaux de quelques jours à peine, laissés là sans
nourriture ni abri. Elle saisit aussitôt son téléphone pour appeler
la ferme des animaux JOHANNISHOF.
Sur la neige deux petites boules noires se détachaient, deux
agneaux à peine nés et encore enveloppés de liquide placentaire que
leurs mamans entouraient de caresses, les encourageant à se dresser
sur leurs pattes. Une des mères semblait visiblement très affaiblie
par les efforts qu’elle venait de consentir pour mettre bas mais
aussi pour lutter contre le froid. Elle tituba plusieurs fois sur
ses pattes avant et tomba la tête la première dans la neige.
Courageusement, ses deux petits essayaient de se lever sur leurs
pattes longues et minces.
Agir vite peut sauver
la vie
Immédiatement, il nous apparut clairement que le propriétaire ne
négligeait pas seulement ses devoirs les plus élémentaires envers
les animaux mais qu’il éprouvait également un plaisir sadique à les
torturer de la sorte.
La police fut aussitôt alertée. Elle contacta les autorités
vétérinaires. Le propriétaire des moutons était déjà bien connu
d’elles et il lui avait été interdit depuis peu de s’occuper
d’animaux. Dans la mesure où il refusait d’installer rapidement un
abri pour les moutons, nous offrîmes alors aux autorités
vétérinaires d’accueillir le petit troupeau chez nous. Immédiatement
nous organisâmes le transport des animaux.
La nuit commençait à tomber lorsque nous arrivâmes. Le petit
troupeau se déplaçait d’un côté à l’autre dans la neige et nous
observait. Cependant il ne se fit pas prier pour monter dans la
remorque.
A la ferme, un coin confortable fut installé pour les moutons
dans une partie de la grange aux chevaux. De la paille fraîche fut
dispersée sur le sol, on apporta du foin frais et de l’eau et on
installa un chauffage.
Dès les premiers instants les animaux se sentirent bien dans
l’étable.
Le vétérinaire attitré de la ferme ausculta immédiatement
l’ensemble des moutons chez qui il diagnostiqua un état de
malnutrition ainsi qu’un très mauvais état des sabots. Une brebis
boitait, une autre avait les pis enflammés et infectés. Dans ces
conditions, il n’aurait pas été possible à son agneau nouveau-né de
la téter et c’est pourquoi il lui fut donné du lait de substitution
qu’il accepta immédiatement avec gratitude. Les autorités
vétérinaires ne pouvant prolonger plus longtemps l’interdiction
d’exercer à l’encontre du propriétaire des animaux - cette
interdiction ne reposant sur aucune base légale dans la mesure où
les animaux sont encore placés sous la loi qui régit la propriété
des biens matériels, donc considérés comme des « objets », il
fallait donc choisir entre acheter les moutons à leur propriétaire
ou les lui rendre ce qui aurait signifié – au moins pour les brebis
– une mort certaine, puisqu’elles allaient été conduites à
l’abattoir sans tarder.
Une vie familiale
dans la dignité
Aujourd’hui, les moutons recueillis vivent définitivement dans la
« Patrie pour les animaux ». Leur état de santé s’est
considérablement amélioré. Mais ce n’est pas tout : en peu de temps
une nouvelle demeure leur a été construite sur un petit îlot de
Terre paisible où ils évoluent en toute sécurité et avec beaucoup
d’espace pour s’ébattre. Un grand refuge est actuellement en
construction, dans lequel beaucoup d’autres moutons pourront être
accueillis et trouver protection et patrie.
Les bœufs musqués
trouvent une nouvelle demeure
Voici Chasry, un petit bœuf musqué qui ne serait plus en vie
aujourd’hui si quelques amis des animaux n’étaient très vite passés
à l’action. Une fois de plus, c’est Gabriele qui a compris la
détresse du petit veau ainsi que celle de ses parents et qui a donné
l’impulsion pour le sauvetage de cette famille de bœufs musqués. Et
comme toujours, c’est elle qui s’est entretenue les yeux dans les
yeux avec le bœuf Maese pour lui faire comprendre qu’il ne serait
fait aucun mal, ni à lui ni à aucun des siens.
Aujourd’hui la famille de Maese vit sur un beau pâturage. Chasry
court sur le pré et explore la petite forêt qui jouxte le pré…..
Mais revenons quelques jours en arrière : il fait froid, il
neige, il gèle. A proximité d’une autoroute très fréquentée de jour
comme de nuit, se trouve un pré et dans ce pré, trois bœufs musqués,
un mâle et deux femelles, d’environ 10 ans chacun. Ils sont tristes
parce qu’environ 15 des leurs viennent d’être conduits à l’abattoir.
De plus, ils souffrent visiblement des conditions climatiques
extrêmes. Le foin qu’ils ont pour toute nourriture se trouve dans
une mangeoire où coule la pluie et la petite baraque qui leur sert
d’abri est tellement exiguë qu’elle ne parvient pas à protéger
correctement la masse imposante de leurs 3 grands corps.
Gabriele ainsi que quelques frères et sœurs qui passaient de
temps à autre en lisière de ce terrain pour se rendre jusqu’à la
forêt se demandèrent si quelqu’un s’occupait de ces animaux. Lors
d’une conversation téléphonique avec le propriétaire il leur fut
répondu que les bœufs musqués étaient habitués à de telles
conditions de vie. Cette affirmation largement partagée ne tient pas
compte du fait que les conditions de vie actuelles sur la Terre ne
correspondent plus depuis longtemps à celles que Dieu a voulues.
Personne ne songe au fait qu’en raison de la pollution généralisée
de l’environnement, les micro-organismes, les minéraux et les
enzymes dont les animaux vivant dans la nature ont besoin pour leur
équilibre et leur bien-être ne sont plus à leur disposition. Sous
l’action des pluies acides, le pelage des animaux devient terne,
leurs sabots n’ont plus la consistance nécessaire par manque de
minéraux. Ainsi le froid et la pluie pénètrent dans le corps et les
animaux souffrent comme nous, les hommes.
Après une longue période de pluie nous osâmes une seconde
tentative. Nous demandâmes au propriétaire l’autorisation de placer
de la paille dans le petit baraquement qui sert d’abri aux animaux,
ce qu’il autorisa. Immédiatement les trois grands bœufs vinrent s’y
réfugier et y chercher protection contre les éléments.
Comment aider les animaux ?
Au cours d’un nouvel entretien avec le propriétaire, nous
apprîmes que les 3 animaux étaient promis à une mort prochaine, au
terme de la période pendant laquelle leur propriétaire recevait une
subvention pour eux.
A cette idée, la révolte nous saisit et il ne nous fallut que
quelques instants pour prendre la décision d’acquérir ces animaux
magnifiques.
Le prix fixé par le propriétaire fut calculé de la façon
suivante : poids de l’animal, plus prime d’abattage, plus achat des
vieilles mangeoires destinées à leur nourriture. Un éleveur de
bétail sait comment gagner de l’argent et soustraire une coquette
somme de la poche de ses semblables.
Nous n’eûmes d’autre choix que de consentir aux conditions fixées
car c’était la seule alternative à l’abattoir. Dans les mêmes
conditions, toute personne ayant encore quelque sentiment envers les
animaux eût agi de la même façon.
Malgré tout, notre joie fut grande et la sagesse divine nous
communiqua aussitôt le nom de nos trois nouveaux pensionnaires :
Maese, Rika et Rine.
Les yeux dans les
yeux avec le boeuf Maese
Sitôt notre
décision prise, nous nous rendîmes auprès des animaux. Gabriele les
appella par leur nom. Immédiatement le beau Maese interrompit son
repas, souleva la tête et s’élança en direction de Gabriele qui
avait des choses importantes à lui communiquer. Elle lui dit qu’un
grand enclos serait tout prochainement aménagé pour eux trois, sur
lequel une grande cabane serait construite ; une nourriture
variée et en quantité suffisante leur serait donnée. Par grosse
chaleur, ils pourraient se protéger du soleil à l’ombre d’un bois
mitoyen. De plus, ils disposeraient d’un bassin où ils pourraient se
rafraîchir et, le plus important, ils ne seraient pas conduits à
l’abattoir. Maese comprit et, satisfait, se remit à manger.
Lors de la visite
qui suivit, une joyeuse surprise nous attendait : un petit veau
venait de naître. Il cherchait le pis de sa mère qu’il ne trouvait
pas car celui-ci touchait presque le sol.
Aussitôt, on fit
appel à un frère déjà expérimenté dans la pratique de cette espèce
dont il s’occupait depuis un certain temps à la ferme des animaux.
Immédiatement, il constata qu’en effet quelque chose n’allait pas
bien. Un vétérinaire appelé à la rescousse confirma que la mère et
l’enfant devaient être transférés sans tarder à la ferme, sous peine
de voir mourir le nouveau-né. Aussitôt dit, aussitôt fait. Avec
beaucoup de précautions – mais aussi un peu d’appréhension – la mère
et l’enfant finirent par être chargés dans le camion et transportés
jusqu’à la ferme.
Hors de danger
Là, on procéda sans tarder à la traite de la mère afin de
recueillir du lait pour son petit.
Et il en fut ainsi pendant plusieurs jours au cours desquels le
petit « Chasry » reprit des forces et devint de plus en plus vif.
Enfin, quand il se mit à téter lui-même le lait de sa mère, tout le
monde poussa un profond soupir de soulagement. Le danger était
passé. Lorsque nous racontâmes tout cela à l’ancien propriétaire il
nous apprit que l’année précédente un petit veau était mort dans des
conditions identiques.
Pendant ce temps, un grand enclos était aménagé pour accueillir
les nouveaux arrivants. On y installa un abri et de l’eau. La
famille Maese pouvait s’installer…
Le chargement des animaux dans le camion s’effectua lentement.
Certainement les animaux gardaient-ils vivant le souvenir du
transport vers l’abattoir des autres membres de leur troupeau.
Arrivés à destination, Maese et Rine regardèrent avec beaucoup
d’intérêt leur nouvelle demeure. La certitude de ne plus jamais
avoir à quitter ces lieux leur procurait un sentiment de confiance
pendant qu’ils faisaient connaissance avec la forêt, le pré et leur
belle demeure.
Au cours des jours suivants ils « firent le ménage» de fond en
comble dans le petit bois ce qui nous permit de prendre conscience
que ces animaux ont également besoin de feuilles et de branchages
pour se sentir bien.
Et apparemment ils se sentaient bien. Ils s’enhardissaient de
plus en plus et s’intéressaient à tout ce qui se passait autour
d’eux. Le soir, ils avaient pris l’habitude de s’installer dans la
partie supérieure de leur enclos d’où ils disposaient d’une large
vue et pouvaient jouir du silence et d’une paix royale.
La famille Maese de nouveau au complet
La famille fut bientôt réunie au grand complet. En effet, Rika et
Chasry avaient rejoint Maese et Rine. Les retrouvailles suscitèrent
une grande joie et les animaux d’ordinaire si calmes et tranquilles
se lancèrent dans un joyeux galop à travers tout l’enclos.
Aujourd’hui, ils paissent en commun, se reposent à l’ombre des
grands arbres ou se désaltèrent à l’eau du bassin dans lequel ils
rafraîchissent leurs pattes… Régulièrement leurs frères et sœurs
humains leur offrent de petites « friandises » (fruits ses, etc)
qu’ils acceptent avec gourmandise. Ces animaux sont entièrement
libres et heureux, ce qui procure beaucoup de joie à leurs frères et
sœurs humains et certainement aussi aux êtres de la nature et à tous
les autres habitants de la forêt et des champs environnants.
La joie a encore été décuplée quand, au début du mois de juillet,
Rine elle aussi a donné naissance à un petit.
Les mamans chevreuils, renardes et hérissons nous présentent
leurs petits. La Mère-Terre est patiente et indulgente avec les
animaux
Installés dans le
« quatre-pattes », les 3 compères que nous étions continuions à
faire nos expériences.
Le temps file et les
heures s’envolent. La période chaude de l’année tenait maintenant le
sceptre dans sa main.
Voilà ce que nous
avions appris au cours de nos pérégrinations et qui reste toujours
aussi déterminant pour nous aujourd’hui : à l’extérieur de la jeep
nous ne devions pas bouger ni parler. En effet, dans leur mode de
communication en images, les animaux enregistrent aussi bien le son
de la voix que l’odeur de la personne et ses mouvements, tous les
processus de vie de son espèce et de tous les autres êtres vivants,
y compris les êtres humains.
Pendant plusieurs
semaines, lors de nos excursions, nous avons continué à porter nos
« habits à sanglier ». Régulièrement, nous avons pu entrer en
contact avec des mères accompagnées de leurs petits. A quelque
distance – encore un peu timides – ils passaient à proximité de
nous, que je me tienne debout à l’extérieur de la jeep ou que je
sois assise sur ma petite chaise pliante.
Dans les poches de ma
veste j’avais toujours avec moi 2 ou 3 pommes que je laissais rouler
doucement en direction des animaux. C’est aussi de la sorte qu’ils
ressentaient que j’étais leur amie. Au fil des semaines les femelles
s’approchèrent toujours plus près, avec prudence il est vrai mais
aussi avec curiosité, tandis que leurs petits sautaient et jouaient
comme s’ils voulaient nous dire : « nous allons bien ! ».
Au fil des jours nous
pouvions les voir grandir. Leur pelage se transformait et ils
perdaient peu à peu les raies qui couvraient leur dos. La présence
de ces raies sur le pelage indique que l’on a affaire à un jeune qui
se nourrit encore du lait de sa mère.
Le printemps
commençait déjà à se montrer dans toute sa magnificence. Ici et là,
on pouvait voir les écureuils virevoltant d’arbre en arbre, les
chevreuils qui avaient déposé leur habit d’hiver. Les oiseaux
accordaient leurs chants à l’éveil de la nature. Ces chants
annonçaient le temps de la reproduction et ils étaient emplis par
anticipation de la joie prochaine d’accueillir les enfants de la
nature qui allaient bientôt éclore des oeufs.
Pour nous aussi, il
était également temps d’échanger les habits à sanglier qui nous
avaient accompagnés tout l’hiver contre des vêtements propres et
plus légers.
Une chose est sûre ;
qu’il s’agisse du printemps, de l’été, de l’automne ou de l’hiver,
nous n’étions jamais fatigués ni blasés de nos expéditions.
Avec l’aide du Grand
Esprit de la nature j’apprenais peu à peu la communication en images
qui existe entre les animaux et la nature ainsi que les impulsions
en provenance des minéraux. Le langage en images des règnes de la
nature est un gigantesque métier à tisser, un orchestre qui délivre
une symphonie à laquelle prend part la plus petite fleur, le plus
grand arbre, toutes les formes de la nature, des animaux aux
minéraux, en passant par les plantes.
Plus encore, j’appris
que toutes les formes de vie de la nature, y compris les règnes
animal et minéral sont non seulement en communication les uns avec
les autres mais également en unité avec les quatre forces
élémentaires que sont le feu, l’eau, la terre et l’air.
Les règnes de la
nature et les éléments sont des forces équilibrées. Mais l’homme est
intervenu dans la symbiose de la vie, dans le circuit de
communication entre toutes les forces et a totalement perturbé
l’ordre qui y régnait. L’homme est le grand perturbateur. Son
désordre et son comportement guerrier envers la Terre sont à
l’origine des catastrophes naturelles, des pestilences, des
souffrances et de la détresse dont sont victimes les animaux, mais
qui, en définitive nuisent à l’humanité tout entière.
Au printemps,
l’observateur éveillé a l’occasion d’expérimenter la poussée de ces
forces. Tous les animaux sont joyeux. Les champs et les forêts sont
transformés en aires de jeux par les jeunes animaux. Dans les arbres
retentissent des chants d’allégresse. Ce sont les jeunes oiseaux qui
apprennent à voler de leurs propres ailes.
Le temps file comme
un battement d’ailes et déjà c’est l’été. Dans cette période de
transition, les chevreuils aussi vinrent nous présenter leurs
petits. Maman chevreuil pointa son museau en direction de ses
enfants. Puis elle leva la tête et nous regarda joyeusement, pleine
de confiance. C’est par ce geste qu’elle nous présenta ses petits.
Les oiseaux eux aussi
devenaient plus confiants. Nous pouvions constater clairement que
les animaux, les jeunes, à savoir la nouvelle génération, était
moins timide envers nous que l’ancienne.
La renarde qui, la
première, s’était approchée de nous en hiver, près de la jeep, pour
y chercher des pommes et qui les avait mangées avec délectation sous
nos yeux venait maintenant elle aussi nous présenter sa progéniture.
Nous étions tous les trois près de la jeep sans que cela ne la
dérange le moins du monde. Visiblement, elle avait confiance en
nous, les « animaux à deux pattes » ! Les renardeaux sautaient et
couraient de-ci, de-là. Au cours de leurs jeux, ils s’approchèrent
tout près de nous, ce que la mère toléra. Puis, la renarde regarda
dans notre direction et dans ses yeux on pouvait lire cette question
: « Avez-vous une pomme ? » Nous en avions toujours dans nos poches
et nous la lui lançâmes. Elle la saisit, se tourna en direction de
la forêt et émit un signal qui voulait dire « fin ». Les petits
mirent immédiatement un terme à leurs jeux et suivirent leur maman.
Les hérissons, qui
l’hiver précédent étaient venus auprès de nous chercher de petits
morceaux de pomme vinrent aussi nous présenter leurs petits. Devant
nous, les lapins quittaient leur terrier et venaient batifoler sous
le soleil chauffant. Seuls, les sangliers gardaient encore un peu de
distance. Pourquoi ? Sans doute parce que nos vêtements avaient
changé d’odeur, ce qui perturbait leur représentation intérieure.
Mais aussi parce qu’ils se rendaient de plus en plus souvent dans
les champs où ils trouvaient la nourriture qui les aiderait à passer
l’hiver et à survivre au froid.
Entre-temps, nous
disposions de deux jeeps. Il s’agissait d’une part de notre fidèle
« quatre-pattes » et d’autre part d’une jeep destinée à transporter
de l’eau fraîche pour les animaux qui l’apprécient et en ont
particulièrement besoin en été. Des récipients adaptés à leur taille
avaient été aménagés pour les petits animaux, de sorte que les
oiseaux, écureuils, souris et autres, puissent s’y désaltérer d’eau
fraîche sans risque de se noyer.
Pour l’homme, la
communication existant entre la nature et les animaux est quelque
chose d’incompréhensible. En effet, la nature autorise tout aux
animaux : la destruction d’un arbre ou de ses branches, le fait
d’écraser des fleurs ou des herbes et bien d’autres choses encore.
L’homme interprète cela de la façon suivante : « la nature ne peut
pas se défendre » ou « l’animal n’est pas conscient qu’il ne devrait
pas faire cela ; il est guidé seulement par son instinct » ou
encore, « Ni la nature, ni les animaux ne possèdent une âme ».
L’homme arrogant, égocentrique réfléchit ainsi : « Tout est destiné
à me servir, moi, l’homme, la couronne de la création. »
La « couronne de la
création » traite par l’ignorance le Créateur de la Terre et de
l’Infini. Dans ces conditions, comment pourrait-il traiter la Terre
comme un organisme vivant qui, à condition qu’elle soit en
équilibre, agit au service de l’homme et non contre lui ? L’homme,
« la couronne de la création » n’ayant fait preuve jusqu’ici que de
mépris et d’agression envers la Mère Terre, ne verra plus celle-ci
permettre que de telles choses se perpétuent. Le grand être Terre,
la Mère Terre, rend à l’homme ce qui lui appartient. La « couronne
de la création » périra sous l’effet de ce qu’elle a elle-même semé
et la Mère Terre sera le vainqueur.
La Mère Terre est
véritablement aimante envers ses enfants. Lorsqu’ils écrasent des
herbes ou des fleurs par-ci, par-là, ou lorsqu’ils abattent de
petits arbres ou cassent des branches, elle ne réagit pas comme une
personne hystérique. Ces enfants ne font pas ces choses par mauvaise
volonté. Eux, ses enfants animaux, n’ont jamais détruit de grands
espaces comme le font les hommes. Ils ne détruisent pas la forêt
tropicale, ils n’ont jamais contaminé le sol ou mis le feu à la
forêt pour leur profit. Ils n’empoisonnent pas les champs en y
répandant de grandes quantités d’excréments ou des produits
chimiques comme le font les hommes. Ils ne polluent pas l’eau ni
l’air.
Les animaux ne
causent pratiquement aucun dégât à la nature. C’est l’homme le
parasite, le monstre, qui détruit et maltraite tout, parce qu’il ne
pense qu’à son propre bien-être. Cependant cela n’est pas la
réalité. Cela, il lui faudra de plus en plus en prendre conscience à
travers la douleur.
Un homme capable de
percevoir l’orchestre que forme l’intercommunication entre les
éléments, la nature, les animaux et la Mère Terre, ressent
parfaitement que les animaux n’occasionnent aucun dégât à la nature.
La Mère Terre est indulgente envers ses enfants, les animaux, car
ceux-ci ne lui causent aucun problème. La Terre aspire constamment à
maintenir l’équilibre entre la nature, les animaux et les minéraux.
Ce qu’un animal endommage ou détruit ici ou là est tellement infime
pour la Mère Terre qu’elle fait croître immédiatement ailleurs ce
qu’un animal a pris pour lui-même.
La nature donne à qui donne de manière désintéressée aux animaux
J’aimerais
immédiatement partager avec vous le témoignage d’un agriculteur qui
prouve l’assertion ci-dessus : Autour de sa ferme, cet agriculteur
avait ensemencé des champs et il en avait laissé la jouissance
totale aux animaux. Et les animaux n’hésitaient pas à venir se
servir largement dans ces champs, en particulier les sangliers qui
se réjouissaient visiblement de cette possibilité. Or, voilà le
constat que fit ce fermier : partout ailleurs sur les autres champs
les rendements avaient considérablement augmenté, de sorte que sa
récolte était finalement bien meilleure que les années précédentes.
Cela montre très clairement que la Mère Terre ne se contente pas de
rendre un don désintéressé effectué en faveur des animaux, elle
récompense de surcroît ceux qui se comportent en amis de la nature
et leur rend davantage que ce qu’ils ont donné.
C’est l’été surtout
qu’on mesure le mieux à quel point les animaux sont étroitement liés
à la Mère Terre et celle-ci reliée à eux, les enfants de la nature.
Elle, la Mère Terre, est bonne ; ses enfants peuvent se sustenter
largement dans les prés bien gras, les buissons richement pourvus de
feuilles leur offrent ombre, protection et accueil pour le repos. La
Mère Terre permet tout à ses enfants ; elle ne leur interdit aucun
endroit. Ce n’est pas le cas des hommes ; ils rejettent les animaux
loin des champs et des forêts sous prétexte que tel terrain, tel
morceau de Mère Terre leur appartient. Ce faisant, ils se trompent
lourdement. C’est pourquoi les conditions pour des relations
réciproques harmonieuses et bienveillantes entre l’homme et la
nature n’existent pas. Au contraire, les hommes mettent en avant
leurs prétendus droits, leurs exigences et protègent jalousement ce
qu’ils se sont approprié. Cela est source de discorde, de chaos et
de disputes.
Mais tous les hommes
ne partagent pas le point de vue selon lequel la terre qu’ils
travaillent serait leur possession unique et exclusive, et cela est
la marque qu’ils n’appartiennent pas au système confessionnel.
Ainsi, en compagnie de producteurs de fruits, il m’a été donné
d’observer des sangliers se délecter de pommes fraîches et juteuses
encore accrochées aux arbres ou remuer la terre au pied des massifs
de groseilles ou de groseilles à maquereau pour récolter les fruits
mûrs tombés sur le sol. Les producteurs dont je parle maintenant
souriaient de ce spectacle et visiblement cela leur procurait de la
joie. De même, ils laissaient les écureuils s’approvisionner en noix
fraîches aux branches des noyers et se constituer ainsi une réserve
pour l’hiver. Pourquoi prenaient-ils du plaisir et ressentaient-ils
cette joie ? Pour quelle raison ne se comportaient-ils pas comme la
plupart des agriculteurs qui voit en chaque animal un ennemi
potentiel qu’il faut immédiatement faire disparaître à coups de
fusil de chasse ? Tous les agriculteurs n’ont pas le cœur endurci.
J’en ai entendu certains dire : on ne voit, n’entend et ne fait de
bonnes expériences qu’avec le cœur, car le royaume de Dieu est unité
entre l’homme, l’animal, la plante et le minéral.
Ces producteurs de
fruits et ces agriculteurs amis de la nature nous ont raconté avoir
réalisé beaucoup d’expériences dans leurs contacts avec les animaux.
Ils nous ont dit, par exemple, comment ceux-ci les aidaient dans le
travail agricole. Pour ces agriculteurs, les animaux sont beaucoup
plus utiles que les charrues et les houes. Leur conviction
intérieure que Dieu est le Créateur de tous les êtres les fait agir
de la sorte, dans la conviction que tout être appartient à la
Création de Dieu. Dieu sait ce que pense chaque individu, pourquoi
il est pour la nature et les animaux, pour le Créateur et Sa
création.
Chez nombre
d’agriculteurs liés aux confessions les choses sont fort
différentes. Tout comme les autorités ecclésiastiques qui leur
servent de référence, ils pensent que le Dieu créateur est
responsable de tout, y compris du chaos mais qu’eux-mêmes se
trouvent dans les meilleures mains, dans la mesure où les édiles de
l’Eglise dont ils sont les membres fidèles, leur ont enseigné
l’existence d’un Dieu démoniaque qui condamne et châtie tous ceux
qui ne se conforment pas aux préceptes de l’Eglise, un Dieu dont la
colère s’abat sur tout ce qui ne sert pas les intérêts de leur
royaume ténébreux et qui s’exerce, par exemple, contre ceux qui
s’orientent vraiment sur le royaume de Dieu et qui prient le
Créateur de l’ordre et de l’éternité. Dans le schéma intellectuel de
l’Eglise, la place des animaux, de la nature, en somme de la Mère
Terre tout entière, n’est déterminée que par le manque de respect et
la dévalorisation à leur égard. Ils n’ont le droit d’exister que
comme source de profit au service de l’homme exploiteur.
Celui qui ignore
qu’il n’est qu’un invité sur la Terre, celui qui rend Dieu
responsable du chaos, sert les prêcheurs professionnels et leurs
vassaux qui se voient – en compagnie de tous ceux qui leur
ressemblent – comme la couronne de la Création. Quelqu’un qui
professe cela porte le même sceau que ses modèles confessionnels, à
savoir le taled noir, blanc ou rouge.
Le temps continuant
d’accomplir son œuvre, l’été laissait progressivement la place à
l’automne. Pour nous, qui étions devenus amoureux des expéditions
dans la nature, cela ne changeait rien à notre volonté d’observer et
d’apprendre. De nouveau, les journées devenaient plus courtes de
sorte que nous, animaux à deux pattes, devions aussi nous adapter.
Un soir que nous étions encore dehors – au moment où le crépuscule
s’étend sur les champs et les forêts – nous entendîmes le brame d’un
chevreuil mâle. A partir du Royaume de la sagesse universelle nous
apprîmes que de nombreux animaux, et entre autres le chevreuil mâle,
voulaient nous prier, nous les hommes, de quitter la forêt afin que
ses habitants puissent trouver le calme au cours de la nuit tombante
et se coucher en paix.
Sur la base de nos
connaissances spirituelles et de l’expérience que nous avions
acquise nous décidâmes donc de changer l’horaire de nos expéditions
en faveur de la deuxième moitié de l’après-midi. Tout comme l’année
précédente à la même époque nous fîmes l’expérience des animaux se
préparant à l’hiver en collectant des provisions. Nous nous rendîmes
dans la nature avec notre « quatre-pattes » quelques heures plus tôt
que nous ne l’avions fait en été.
Encouragés par deux
années d’expériences multiples, nous avons commencé à nous rendre de
plus en plus souvent à pied dans la forêt de sorte que les animaux
se sont toujours mieux habitués à nous les animaux à deux pattes.
Ils ont commencé à nous intégrer dans la représentation mentale de
leur expérience. Nous avons remarqué cela au fait que les lapins et
les chevreuils ne s’enfuyaient plus devant nous comme ils le
faisaient auparavant. Pour autant, ils continuaient à garder envers
nous une certaine distance de sécurité et ils la conservent
aujourd’hui encore. Les oiseaux eux aussi ne s’envolaient plus
d’effroi à l’approche des animaux à deux pattes.
Entre-temps nous
avions appris à connaître les endroits où nichaient telle ou telle
espèce d’oiseaux, où les chevreuils trouvaient refuge. Nous
respections toujours ces emplacements et ces lieux de rassemblement
parce que nous connaissions désormais le comportement de chaque
espèce. C’est ainsi que nous restions toujours à bonne distance pour
ne pas les déranger dans leurs activités et leurs actions
correspondant au caractère de leur espèce.
De très nombreuses
espèces d’animaux qui avaient semble-t-il disparu au cours de l’été
réapparaissaient tout à coup dans les champs, les prés, les forêts
et les haies de Benjes*.
Au contraire, les
sangliers n’étaient plus visibles à cette époque de l’année. A notre
questionnement nous avons reçu la réponse suivante : les sangliers
se trouvent encore sur les champs non récoltés. Plus tard, lorsque
les champs auront été récoltés, ils retourneront dans la forêt pour
y manger des glands, des noix, des faines, tout ce qu’offre la forêt
et approvisionner ainsi leur corps de toutes les substances dont il
aura besoin pour passer l’hiver. A ces explications, les trois
explorateurs que nous sommes pouvons ajouter ceci : …car ils n’ont
rien à attendre des hommes qui devraient être leurs amis et leurs
frères et sœurs aînés, ou plus exactement, rien de bon, aucune aide,
si ce n’est des déchets, éventuellement du maïs dispersé sur le sol,
en guise d’appât, par les chasseurs pour mieux les attirer et les
abattre. L’image que la plupart des animaux ont de nous, les hommes,
est imprégnée de notre comportement calculateur, sournois et brutal
à leur égard, de l’attitude assassine et cannibale de l’homme envers
ses frères et sœurs des autres espèces qui sont voués à se retrouver
tôt ou tard à l’étal du boucher sous forme de beefsteak ou de
saucisse.
Pour
devenir amis avec les animaux des champs et des forêts et, il faut
faire preuve d’infiniment de patience et de persévérance. Cette
tâche requiert beaucoup de dévouement. Elle ne peut s’accomplir
qu’avec scrupule, sérieux et sans réserve. Toute réaction un peu
trop brusque de notre part provoquait la panique et la fuite. Si
nous marchions trop vite, si nous nous retournions d’un seul coup ou
si nous bougions nos bras d’une manière qui ne leur était pas
familière, les animaux s’enfuyaient ou s’envolaient. Nous devions
donc apprendre à nous discipliner totalement, y compris au niveau de
nos pensées, d’une part parce que les pensées pilotent les réactions
de notre corps, d’autre part parce que le contenu des pensées est
perçu par les animaux dans leur « image olfactive ».
Comme
nous l’avons déjà évoqué, les animaux s’informent et communiquent à
travers le langage des images. Les animaux se font une image des
endroits et des lieux, des différentes espèces animales qui y vivent
ainsi que des hommes. Ils enregistrent les réactions et les
mouvements corporels propres à chacun. Si les mouvements que nous
faisons – spécialement nous les hommes – ne correspondent pas à la
série d’images qu’ils ont enregistrées, ils s’enfuient ou attaquent
s’ils ressentent qu’ils ont l’avantage sur le trouble-fête.
Au
cours de nos promenades en voiture ou à pieds, nous avons constaté
la peur permanente qui habite les animaux. Chacune de nos réactions
qui n’était pas dans leur répertoire provoquait la panique. C’était
toujours pour nous le signal de nous interpeller mutuellement dès
que nous dérapions hors de la conscience de l’unité.
Comment Thyrinus et moi sommes devenus amis
Maintenant la récolte
du blé était, elle aussi, terminée. Il ne restait à récolter dans
les champs que les légumes les plus tardifs ainsi que quelques
espèces de pommes, cueillies plus tard dans la saison, et qui,
généralement, sont conservées pour les seuls usages de la ferme.
L’activité de nombreux animaux laissait déjà entrevoir que l’année
touchait à sa fin.
Avec les qualités
d’observateur que nous avions développées au cours de nos nombreuses
expéditions, nous remarquâmes un groupe de sangliers qui, à une
grande distance, se dirigeait vers la forêt. Aussitôt, nous
commençâmes à échanger mutuellement nos idées et à réfléchir sur la
façon dont il convenait de se comporter et sur l’attitude à adopter.
Immédiatement nous tombâmes d’accord : il fallait reprendre notre
position de l’hiver passé et poursuivre l’expérience là où nous
l’avions laissée. C’est ainsi que mes deux compagnons restèrent dans
la Jeep alors que je m’asseyais à l’extérieur, sur une chaise
pliante placée dans un trou de lumière qui perçait entre les
feuillages, à proximité du sentier des sangliers.
Il fallut des jours
avant que les sangliers ne recommencent à utiliser cette sente. Il
semblait que ce groupe, cette famille de sangliers, soient très
timides. Dès qu’ils ressentaient notre présence, ils s’enfuyaient de
nouveau dans la forêt. Nous étions très étonnés de l’aspect physique
qui était le leur, en effet les petits de l’année passée
n’arboraient plus leur joli manteau tigré. Ils étaient devenus de
jeunes adolescents et c’est ainsi d’ailleurs qu’ils se comportaient.
Nous nous tenions
invariablement à notre décision de persister et de ne pas abandonner
notre position. Les sangliers sont des animaux très intelligents.
Probablement les souvenirs de l’hiver et du printemps derniers
finirent par remonter en eux, car tout à coup ils s’approchèrent
pour se procurer des morceaux de pomme déposés sur le sol, avant de
poursuivre leur chemin tout en n’oubliant jamais de nous perdre de
vue.
Mais quelque chose
d’inhabituel se produisit tout à coup : un jeune mâle sortit du
troupeau et, sans peur apparente, s’approcha de moi qui était
toujours assise sur ma chaise pliante. Alors qu’il s’approchait de
plus en plus de moi, je ne cessais de lui adresser des paroles
douces sur un ton calme. A l’aide de cercles qu’il effectuait autour
de moi, il s’approcha de plus en plus. Puis, il s’arrêta net
derrière mon dos comme s’il voulait tester ma réaction. J’étais
statufiée. En posant son groin - que j’appelle parfois la « prise
électrique » - sur mon dos, il commença à me humer. Je me motivais
du mieux que je pouvais en me disant : reste tranquillement assise,
ne bouge pas ! Je continuais constamment à parler tandis qu’il me
regardait. En m’efforçant de m’exprimant toujours sur le même ton
monocorde, je lui demandais : « comment tes amis invisibles
t’appellent-ils ? » Comme je l’ai déjà expliqué, on ne voit et
n’entend bien qu’avec le cœur. C’est ainsi que, dans mon intérieur,
je perçus le nom par lequel les amis invisibles l’appelaient, à
savoir « Thyrinus ». Je prononçais immédiatement ce mot à haute
voix.
Le jeune sanglier
comprit ce mot. Les animaux ne perçoivent les mots que sous forme de
vibration. Il fit un mouvement curieux de la tête et s’approchait
encore de quelques pas dans ma direction. Je tenais dans ma main un
morceau de pomme. Prudemment j’ouvris ma main gauche et je déposai
prudemment le morceau de pomme sur le sol. Immédiatement il recula
de quelques pas, m’observa et m’examina, semblant réfléchir, comme
s’il voulait évaluer son environnement. Puis il s’approcha de
nouveau et saisit prudemment le morceau de pomme. Entre nous, la
glace était rompue ! Thyrinus et moi sommes devenus amis
Pendant toute la
scène mes accompagnateurs ne m’avaient pas quitté des yeux un seul
instant, se tenant prêts à intervenir au moindre signe d’agression
ou d’attaque. Mais en vérité, les animaux sont plus rusés que les
hommes et la plupart d’entre eux évaluent une situation avant
d’attaquer. C’est ainsi que Thyrinus avait tout d’abord examiné
toutes les possibilités avant d’agir.
Lentement et
consciemment il me tourna les talons et rallia la petite troupe de
ses congénères. Ensemble, ils disparurent sans un bruit.
Cette expérience nous
avait rendus plus audacieux. Ainsi, nous décidâmes de changer
l’image associée à notre présence dans la forêt. Dorénavant mes deux
accompagnateurs se placeraient hors de la Jeep tandis que je
continuerais à me tenir assise au milieu du sentier des sangliers.
Le jour suivant aucun
sanglier ne se montra, mais à leur place nous eûmes droit à la
visite d’un écureuil qui vint se placer sur mon épaule pour
m’observer au plus près, en effet cet écureuil m’avait déjà souvent
épié du regard pendant que je déposais des noix à proximité de la
branche sur laquelle il avait coutume de se tenir. Dans ma poche je
disposais – comme toujours – de quelques ‘friandises’ telles que
morceaux de pomme, noix, graines de tournesol, etc...
L’écureuil vif et
éveillé passait d’une épaule à l’autre en regardant mes mains comme
pour me demander : ‘as-tu quelque chose pour moi ?’ Naturellement,
c’était le cas, mais il y avait un problème : comment me saisir
d’une noix sans effrayer le petit animal puisqu’elles se trouvaient
dans la poche de mon veston ? Alors qu’il passait à nouveau d’une
épaule à l’autre – je sentais ses ‘doigts’ aiguës se déplacer à
travers mes vêtements – je pris rapidement une noix de ma poche et
la plaçait dans la paume de ma main. Dès qu’il vit la noix, le petit
animal se précipita vers ma main ouverte, saisit le don, sauta à
terre pour rejoindre au plus vite l’arbre le plus proche et déguster
cette friandise en toute sécurité.
Il y aurait encore
beaucoup de choses à rapporter. Au cours de nos sorties, il nous fut
donné de vivre une plénitude d’expériences dont je ne mentionne ici
que quelques unes afin de les partager avec vous, chers amis.
Je pourrais par
exemple raconter ce jour où de nombreux oiseaux s’approchèrent de
nous par nuées et firent se placer dans les arbres et buissons qui
nous entouraient pendant que quelques-uns venaient picorer
directement dans ma main ouverte les grains de tournesol qui s’y
trouvaient. Je garde en moi le souvenir d’un moment merveilleux,
d’un état emplit de silence, d’un instant d’apprentissage unique et
d’une reconnaissance infinie pour ce dont il nous a été et nous est
encore donné de faire l’expérience.
Au cours de nos
expéditions nous rencontrions de multiples espèces ; lapins,
chevreuils, renards, perdreaux et bien d’autres encore. Entre-temps,
les animaux avaient appris à reconnaître et à accepter de plus en
plus notre Jeep, le quatre-pattes, et ils avaient de plus en plus de
confiance en nous, ce qui nous procurait et nous procure encore un
sentiment de reconnaissance et de joie.
Notre présence sur le
sentier des sangliers était, elle aussi, acceptée. Le jeune Thyrinus
passait sans cesse devant, me regardant profondément dans les yeux,
semblant me dire : « nous nous connaissons de toute éternité. »
Un jour cependant
qu’il me humait comme à son habitude, il recula soudain de quelques
pas, fit un saut en me poussa si fortement que je tombais de ma
chaise pliante. Puis il se retira dans la forêt.
Qu’est-ce qu’il ne
lui avait pas plu ? Qu’est-ce qui n’était pas en ordre chez moi qui
dérangeait son sens d’odorat ? En y réfléchissant immédiatement,
cela nous apparu clairement : je venais de laver mes habits à
sangliers et ils sentaient tout autrement que d’habitude. Cet
événement nous montra que nous si nous étions acceptés par le monde
des animaux, nous n’étions pas encore pour autant accueillis par
lui. C’est pourquoi nous prîmes à nouveau la résolution de nous en
tenir à ce que nous avions déjà fait l’année précédente : ne pas
laver nos habits à sangliers, aussi longtemps que cela nous était
supportable.
Thyrinus et son « élève », le producteur de pommes
Un jour que nous nous
préparions en vue d’une nouvelle excursion pour faire nos
expériences avec les animaux et pour apprendre d’eux et de la
nature, je vis un producteur de pommes me faire de grands signes
pour que je me rende auprès de lui. Les gestes dessinés par ses bras
et ses mains exprimaient le fait que je devais marcher lentement
tout en parlant calmement. C’est donc ce que je fis en allant à sa
rencontre avec lenteur et en ne cessant de prononcer des paroles sur
un ton monotone, comme je le faisais dans la forêt. Que vis-je en
arrivant ? Un sanglier – c’était Thyrinus – se trouvait à côté du
cultivateur et le regardait comme s’il voulait lui poser une
question. Lorsque Thyrinus me vit, il fit quelque pas de côté et
s’allongea sur le sol à quelques distances.
De manière tout à
fait irritée le cultivateur me raconta que le sanglier s’était
approché de lui et avait posé son groin sur la pioche avec laquelle
il venait de travailler la terre entre les rangées de pommiers. Puis
le sanglier s’était placé à quelques mètres de lui et lui avait
montré avec son museau comment il convenait de travailler le sol
dans une plantation de pommes : son groin avait pénétré la terre de
manière superficielle, comme pour l’aérer, sans aller aussi
profondément qu’avec une pioche.
Une semaine durant,
Thyrinus vint chaque jour rendre visite au producteur de pommes pour
le rendre attentif au fait qu’il devait se contenter d’aérer la
terre, c’est-à-dire de la traiter avec soin. Thyrinus n’hésitait pas
à tester son élève. Sur les arbres se trouvaient encore des pommes
puisqu’il s’agissait d’une espèce très tardive. C’est ainsi que
Thyrinus saisissait des pommes aux branches les plus basses des
arbres en regardant le cultivateur pour voir comment celui-ci
réagirait. Bien sûr le deux-pattes fit un peu la moue, mais son cœur
avait était totalement attendri face à l’intelligence de ce
sanglier.
Pendant huit jours,
Thyrinus vint régulièrement, et de manière tellement surprenante, se
placer à proximité des rangées de pommiers pour observer son élève,
le cultivateur, et examiner si ce dernier avait bien compris comment
il faut traiter la Mère Terre. Et on peut dire que le frère qui
veillait sur le verger se montrait bon élève. Ainsi, quand il fut
clair que celui-ci avait acquis l’essentiel et savait désormais
comment il convenait de procéder, Thyrinus disparut.
De temps à autre,
nous faisions la rencontre de Thyrinus dans la forêt. Il grandissait
et devenait un adulte. Lorsque nous croisions un groupe de
sangliers, je prononçais le nom de « Thyrinus » et celui-ci se
séparait du groupe pour venir à notre rencontre. Les autres membres
de la famille observaient la communication entre Thyrinus et
l’homme, entre l’homme et Thyrinus. Enfin, après un certain temps
les autres membres de la famille sangliers perdirent eux-aussi leurs
appréhensions à notre égard. Désormais, ils ne s’enfuient plus
lorsqu’ils entendent notre Jeep ou s’ils nous voient ou nous
reniflent.
Un nouveau verger
ayant vu le jour, il se dégagea de l’avis général le désir commun de
lui donner le nom de « Verger Thyrinus » et c’est le nom qu’il porte
aujourd’hui.
Au cours de nos
expéditions nous faisions sans cesse l’expérience que les animaux
sont très attentifs et vigilants. Ils retiennent en mémoire des
scènes essentielles de ce qui survient dans la nature. Par exemple,
des renards qui jusqu’à lors nous avaient toujours évités et
s’étaient systématiquement réfugiés dans les buissons quand ils nous
voyaient, semblaient désormais nous avoir acceptés, peut-être même
accueillis. Leur timidité et leur comportement fuyant se
transformaient en curiosité.
Les renards malicieux
qui, jusqu’à présent, nous avaient toujours observés de loin,
s’approchaient maintenant de nous à quelques mètres pour observer
comment les autres animaux se comportaient envers nous. La façon de
percevoir les situations et d’y réagir est différente d’un animal à
un autre. Par exemple, si vous faites rouler une petite pomme en
direction d’un groupe de renards, l’un va s’enfuir et l’autre va
rester, se saisir de la pomme et seulement après, disparaître dans
les buissons avec son butin.
Ainsi en est-il sur
la terre : le temps passe. La nature change d’habits. Désormais,
elle portait ses vêtements d’automne. Les éléments eux-aussi
indiquent le changement des saisons. Ainsi, le vent devenait plus
froid et plus intense. Tous trois, nous avions décidé de ne plus
porter nos vêtements non-lavés lors de nos expéditions et de nous
adapter aux conditions climatiques. Notre Jeep elle aussi était
nettoyée.
Ces périples dans la
nature, dans les champs, les forêts, vers les arbres et les
buissons, auprès des animaux sont désormais devenues pour nous un
souhait de cœur.
Notre mot d’ordre est
cependant resté le même : ne rien vouloir, être là tout simplement.
Car nous étions toujours animés par le désir d’apprendre et on
apprend bien qu’avec le cœur. Pourquoi ? Parce que le cœur de l’âme
est l’amour de Dieu, du Créateur, qui irradie tous les êtres vivants
et toutes les formes de la nature, la Mère Terre tout entière.
Les principes à la
base de notre programme d’enseignement sont les suivants :
N’inflige de mal à
aucun être vivant.
Ne tue aucun être
vivant de manière consciente.
Ne mange pas le
cadavre de tes frères et sœurs animaux – ne sois pas un cannibale
d’animaux
Ne récolte aucune
fleur lorsqu’elle est dans sa maturité – elle est ta petite sœur du
règne de la nature.
N’arrache aucun
rameau, aucune branche des arbres et des buissons – car ceux-ci sont
tes frères de la nature.
Ne déracine pas un
arbre de la Mère Terre par utilité ou pour des raisons de profit –
tu te séparais du Créateur car c’est Lui qui a fait croître cet
arbre, qui lui a donné la vie.
Toi, l’homme, tu n’as
pas le droit de nuire à la nature et de tuer des animaux, car tu ne
leur as pas donné vie.
La Loi suivante
s'applique à chaque homme : ce que tu infliges au plus petit de Mes
créatures, tu me l’infliges à Moi et à toi-même. Cette Loi est issue
de la Loi Universelle éternelle de la création.
Au cours de l’automne
qui s’ensuivit, nous fîmes des expériences similaires à celles de
l’année précédente. Nous observâmes comment le monde des animaux se
prépare à l’hiver. Nous aussi nous portions des vêtements plus
chauds, en particulier lorsque nous devions quitter le
« quatre-pattes », pour nous promener à travers la forêt et les
champs. Après toutes ces expéditions, les animaux qui nous voyaient
sans cesse, avaient fini par prendre confiance. Nous étions
acceptés, indépendamment des habits que nous portions et du nombre
de fois où nous les avions lavés.
Il en était également
ainsi des frères et sœurs de la deuxième Jeep ; les transporteurs
d’eau. Ils faisaient des expériences semblables aux nôtres et
pouvaient désormais se déplacer librement. Cependant, et cela était
et reste la condition essentielle : nous devions nous mouvoir
lentement et harmonieusement. Nous ne devions pas parler à haute
voix ni gesticuler dans tous les sens et de façon frénétique. Dans
leur comportement et dans leurs réactions les animaux ont un certain
rythme qui devrait être reconnu, imité et respecté autant que
possible par nous les hommes.
Une rencontre aventureuse avec un grand sanglier. Les animaux
veulent être nos amis, car ils connaissent le principe de l’unité
Si nous voulions
raconter toutes les rencontres qu’il nous a été donné de faire avec
les animaux ainsi que nos expériences avec les arbres, les fleurs et
les quatre éléments – qui sont nos frères et sœurs –, cela
demanderait plusieurs volumes de livres.
Ce qui m’intéressait
tout particulièrement à cette époque, ce sont les règles de
comportement des sangliers, dans la mesure où ces animaux sont
réputés dangereux.
C’est ainsi que des
les premiers jours de l’hiver je m’installai à nouveau sur ma chaise
pliante à proximité de la sente des sangliers. Ce jour-là, mes
accompagnateurs se trouvaient à quelques mètres de moi pour observer
un écureuil qui se préparait au sommeil hibernal quand tout à coup
il y eut un grand bruit dans les buissons. Un énorme sanglier
disposant de quatre crocs fort impressionnants – deux en haut, deux
en bas – sortit soudainement des buissons. Au moment où il me vit,
il se mit en position de charger comme le font les taureaux dans
l’arène. Le cou tendu, le front vers l’avant, il grattait le sol de
sa patte, prêt à attaquer. Mes accompagnateurs comprirent trop tard
ce qui se déroulait car le sanglier était déjà tout proche de moi.
Il fit des cercles autour de moi avec l’intention de m’attaquer.
Soudainement, il me donna un coup puissant dans le dos de sorte que
je ne me contentais pas de tomber de ma chaise mais que je sentis
également ses dents dans mon dos.
Je me retrouvais
couchée sur le sol froid et mouillé, dans une attitude d’humilité
qui, dans le règne des animaux, est un signe de subordination de
l’inférieur envers son vainqueur. Je m’adressai aussitôt au cœur de
mon âme pour demander de l’aide afin de me comporter correctement
dans cette situation. Il ne se passa que quelques instants avant que
je perçoive la voix du cœur qui me conseilla de rester couchée et de
parler tranquillement et de façon monocorde, comme nous le faisions
toujours lorsque des animaux étaient proches de nous. C’est ainsi
que je m’adressais à mes compagnons pour qu’ils restent là où ils
étaient. D’ailleurs, ils étaient pétrifiés de peur. Le sanglier se
tenait derrière moi comme pour me dire : « maintenant je vais te
tester pour savoir si tu es vraiment pour moi ! »
La voix de mon cœur
qui est la Vie Intérieure me souffla : prends une pomme de ta veste
sans te mettre debout. Ne te lèves surtout pas sinon il va penser
que tu veux l’attaquer. Je pris donc, comme je le pouvais, une pomme
dans la poche ma veste, et, conservant une attitude d’humilité, tête
baissée, sans me lever, je la fit rouler loin de moi. J’y parvins
avec beaucoup de peine et d’effort. Le sanglier regarda brièvement
la pomme sans me quitter de ses yeux. Je ne cessais de prononcer des
paroles sur un ton monocorde et de rester dans une position
d’humilité. Puis, le grand animal se dirigea vers la pomme et s’en
saisit. Ses yeux ne cessaient de briller. Alors, dans une attitude
majestueuse, il se dirigea en direction de la forêt et disparut,
sans oublier d’emmener la pomme.
Aussitôt je repris
mes appuis. Nous trois respirions profondément. Mais mon sentiment
intérieur me disait : tu as réussi l’examen – et il en était bien
ainsi.
Quelques journées
plus tard, alors que nous traversions la forêt à pied, nous
rencontrâmes de nouveau le sanglier. Il s’approcha de nous, ses yeux
brillant comme lors de notre première rencontre ce qui semblait
vouloir dire : « qui ose s’opposer à moi ? » Tout à coup, me voyant
il se précipita vers moi. Aussitôt je me mis à parler d’une voix
douce et monotone. Je le saluais et lui posais la question :
« puis-je te donner une pomme ? »
Probablement notre
ami pensait-il : « arrête de bavarder, donne-moi plutôt cette
pomme ! », car, en guise de réponse à ma question, il donna un coup
de museau dans ma poche. Il la sentait et je la déposai aussitôt sur
le sol. Il prit le fruit et s’en retourna dans les buissons, sûr de
lui.
La tension s’envola
d’un coup. Nous rîmes de bon cœur ce qui nous apporta du
soulagement.
De nombreux
rencontres semblables à celle-ci nous ont montré que les animaux
éprouvent la nostalgie des hommes. Ils voudraient être nos amis, car
par « instinct » ils ont connaissance de l’unité universelle qu’est
le grand Esprit dans tous les hommes ainsi que dans tous les êtres
vivants et dans toutes les formes d’existence.
Exprimé du plus
profond de l’âme on peut donc dire que, par nature, il n’y a pas
d’animaux dangereux. Ce sont les hommes qui, par leur comportement
envers la nature, sont à l’origine de la terreur qui pousse certains
animaux à s’en prendre à l’homme et éventuellement à lui nuire.
L’animal ne se comporte donc pas ainsi parce qu’il serait dangereux
par nature mais plutôt sous l’effet de la peur que lui inspire
l’homme ainsi qu’en raison du comportement adopté par ce dernier à
l’égard des animaux, comportement régit lui aussi par la peur, ce
que l’animal ressent parfaitement. En effet, sous l’action de la
peur, voire de la terreur, notre cœur se met à battre intensément ce
qui déclenche en nous des mouvements irraisonnés de défense ou même
d’attaque, c’est-à-dire un comportement agressif. Cela irrite les
animaux, surtout si nous exhalons une odeur de cadavres, celles des
animaux que nous avons tués nous-mêmes ou que nous avons laissé tuer
pour nous repaître de leur chair.
Un sanglier blessé se laisse soigner. Larmes de joie ! Une mère
sanglier m’accepte en tant que sœur humaine
Dans les champs et
les forêts, les animaux vivent en liberté. Leur comportement est
étroitement en symbiose avec la Mère Terre. Si nous respectons leur
liberté et sommes bons envers eux, alors ils recherchent le contact
avec nous, mais seulement quand ils le veulent et s’ils ressentent
qu’ils peuvent de nouveau s’en aller en toute liberté.
J’aimerais vous
relater une rencontre que j’ai faite avec un sanglier de neuf mois
environ et qui corrobore ce que je viens d’avancer.
De nouveau, il ne
s’agit que d’une anecdote parmi beaucoup d’autres que nous avons
faites dans le cadre de nos expériences avec les animaux. Cet
événement s’est déroulé au début de l’été, alors que je m’apprêtais
à partir en promenade dans la forêt. Avant de quitter la maison, mon
regard – certainement sous l’impulsion de l’Esprit de la vie – se
porta en direction du jardin de la ferme. Un instant je pensai avoir
la berlue : dans le jardin se tenait un sanglier de taille modeste,
amaigri, reposant sur trois pattes et qui semblait très faible. Il
pouvait à peine porter son corps. Son aspect suscitait la
compassion. Aussitôt j’informais de cette présence toutes les
personnes travaillant sur la ferme, les priant de rester prudents et
de ne pas s’approcher de l’animal affaibli.
Avec ses dernières
forces le sanglier se traîna vers un grand sapin se trouvant à
proximité de la maison. Il vint se placer sous les branches les plus
basses de l’arbre et se laissa choir sur le sol. De la fenêtre de
notre cuisine nous pouvions observer le spectacle de sa détresse. Le
jeune patient laissa sa jambe blessée reposer à terre, sa tête
dirigée vers le tronc de l’arbre.
Nos nombreuses
expériences avec les prétendus animaux sauvages nous avaient rendus
plus sensibles dans notre perception des animaux et concernant le
comportement à adopter envers eux. De plus, on ne voit, n’entend et
ne ressent bien qu’avec le cœur.
Mon cœur, le cœur de
mon âme, nous aida à nous comporter de manière juste envers
l’animal, notre patient. Il nous fut enseigné que le jeune malade
avait tout d’abord besoin de calme et de repos car il se trouvait
sous une tension énorme. De plus, il avait peur des hommes. La voix
du cœur nous fit savoir que l’animal malade avait été conduit vers
l’homme par des êtres divins, à l’endroit même, sous sapin, son
grand frère l’arbre, où il pourrait recevoir guérison de la Mère
Terre, et trouver protection sous les branchages. On nous conseilla
de ne pas nous approcher de l’animal avant plusieurs heures jusqu’à
ce que sa peur et les plus grandes douleurs soient passés. Alors
seulement nous pourrions déposer un peu d’eau et de nourriture à
quelque distance de lui.
Sous l’arbre,
l’animal ne bougeait pas. Après quelques heures, l’un de nous
s’approcha de l’arbre en s’adressant à l’animal de façon très lente
et sur un ton monocorde, comme nous le faisions toujours dans la
nature. Il déposa de l’eau et de la nourriture à la créature malade
et souffrante.
Plusieurs jours
durant, l’animal ne prit rien. Il resta couché tranquillement et
sans bouger.
Bien entendu, tous
les membres de la ferme l’observaient avec attention et un jour ils
constatèrent que le sanglier n’était plus dans la même position et
qu’il avait bu son eau. Par contre, notre patient hirsute ne voulait
pas encore manger.
Un autre jour nous
vîmes l’animal malade se traîner jusqu’au récipient d’eau pour la
boire. Désormais, il buvait chaque jour un peu de l’eau fraîche que
nous lui apportions. Nous l’avions appelé Wasre.
Après une dizaine de
jours, Wasre se déplaça de manière à pouvoir lui aussi nous observer
à partir de l’arbre. Il était particulièrement attentif lorsque nous
lui apportions de l’eau et de la nourriture fraîche.
Un jour nous pûmes
constater que le maïs et le blé avec lesquels nous avions rempli sa
mangeoire avait pratiquement disparu. Mais qui l’avait mangé ? C’est
la question que nous nous posâmes. Etait-ce Wasre ou bien les paons
qui étaient parfaitement chez eux dans toute la ferme ?
Il ne fallut pas
longtemps avant que l’énigme ne soit résolue : alors que l’un de
nous passait à proximité de l’arbre, il vit Wasre se lever et se
rendre, sur trois pattes, jusqu’à sa mangeoire. Il mangea, il but
puis retourna avec peine sous les branches du sapin qui lui
faisaient une protection. Maintenant il se positionnait de manière à
ce que les rayons chauffants du soleil puissent irradier sa jambe
malade.
Sur notre appel, un
vétérinaire de nos amis vint observer Wasre de loin, alors qu’il
allait boire et manger. Le vétérinaire en conclut que l’animal avait
du être blessé par un des ces pièges que posent les chasseurs.
Généralement, lorsqu’un animal tombe entre les griffes d’un tel
piège, il n’en réchappe pas et périt de manière cruelle et bestiale,
après d’effroyables tortures.
D’une manière ou
d’une autre, Wasre avait réussi à se libérer et cela nous
réjouissait beaucoup. Bientôt nous pûmes constater avec bonheur que
sa jambe n’était pas estropiée, puisque il fit de plus en plus
souvent des tentatives de la poser sur le sol.
Après plusieurs
semaines pendant lesquelles Wasre nous observa intensément à
distance, nous décidâmes que l’un de nous s’approcherait de lui de
la façon dont nous avions pris l’habitude de le faire. Grande fut
notre joie en constatant que notre frère animal ne s’effrayait pas
de cette présence mais restait bien tranquillement couché. Au cours
de toutes ces journées pendant lesquelles il s’était fait une image
de nous les hommes et l’avait enregistrée en lui, Wasre avait
apparemment acquis l’impression que ces « deux pattes » étaient bien
intentionnées envers lui. Ainsi il prit de plus en plus de
confiance. De son lieu de repos, sous le sapin, il observait que
nous, les hommes, respections bien toujours la distance de sécurité.
Et en effet, nous l’appelions par son nom Wasre, en veillant à bien
respecter la distance souhaitée par lui.
De nouvelles semaines
s’écoulèrent. Wasre pouvait maintenant bouger sa jambe de mieux en
mieux. Elle restait cependant plus mince que les trois autres. Il
s’efforçait de poser son pied sur le sol et de s’appuyer dessus. En
même temps qu’il recouvrait la santé notre patient commençait à
explorer ses environs. D’abord il ne s’aventura pas trop loin du
sapin et pas trop longtemps, se déplaçant lentement en traînant sa
jambe. C’est ainsi qu’il explora la volière des poules qui se
trouvait à proximité de son lieu de convalescence. Wasre regardait
les poules comme si elles étaient une expérience tout à fait
nouvelle pour lui. Rapidement il se rendit compte que la nourriture
des poules, que celles-ci dispersaient en dehors de la volière, ne
manquait pas de saveur et il s’en régalait comme de friandises.
Notre patient
séjournait maintenant à la ferme depuis plusieurs semaines et il
allait mieux de jour en jour. Wasre boitait encore, mais il pouvait
toujours mieux prendre appui sur sa jambe blessée. Entre-temps, le
jeune sanglier avait développé une telle confiance en nous, les
hommes, qu’il était même possible de le toucher. Bientôt son champ
d’exploration s’étendit à toute l’étendue de la ferme et il devenait
de plus en plus clair que Wasre passait un séjour agréable.
Lorsque Wasre put de
nouveau bien marcher, un de ses compagnons de son espèce lui rendit
visite. Il s’agissait d’un sanglier de son âge et après quelques
jours Wasre retourna, encore boitillant, dans la forêt, avec son
compagnon.
Au cours de semaines
qui suivirent nous pûmes constater que l’image que Wasre s’était
faite de nous, les hommes, au cours de sa maladie et de sa
convalescence ne s’effaçait pas. Aujourd’hui encore, après environ
un an et demi, Wasre revient de temps à autre sur la ferme, sans
peur, pour maintenir l’amitié avec nous les hommes. Depuis, il est
devenu un grand sanglier accompli aux dents impressionnantes.
Quelqu’un qui ne le connaît pas pourrait avoir peur d’un animal si
grand et imposant. Cependant Wasre nous connaît, ses amis humains,
et nous connaissons Wasre. Il écoute lorsqu’il entend son nom. Si
nous l’appelons, il s’approche de nous – naturellement seulement
s’il le veut ! Et cela est bien ainsi. Les animaux qui vivent à
l’état naturel ont besoin de la liberté absolue.
Aujourd’hui, lorsque
nous nous promenons dans la forêt, l’odeur de nos vêtements ne joue
plus aucun rôle auprès des animaux puisque ceux-ci nous ont
pleinement intégré dans leur conscience. Il est même possible qu’un
sanglier vienne à notre rencontre sans peur et de manière
impromptue. Cela peut être Wasre ou Thyrinus ou encore le grand
sanglier qui m’avait renversé quelque temps plus tôt pour me tester
et que nous nommons Adonis.
Tous les animaux sont
nobles et ont un caractère fin. Ce sont les hommes qui ont fait
d’eux des êtres peureux et traqués. Nous les avons privés de leur
espace vital. Ayant de moins en moins d’espace de vie, les animaux
se retrouvent à l’étroit et sont dans l’obligation de cohabiter sur
des espaces restreints. Pour remédier à cette situation qualifiée de
« surpopulation animale », les pouvoirs publics ont couramment
recours à l’abattage d’un grand nombre de nos frères et sœurs
animaux, ce qui n’est guère enviable au sort des animaux élevés à la
chaîne et coincés leur vie durant dans des enclos exigus. Destinés à
l’abattoir, ces animaux sont marqués, dès leur naissance, du sceau
« Bon-à-être-tué-par-l’homme » et cela pour la satisfaction du plus
cannibale des animaux, c’est-à-dire l’homme.
J’aimerais encore
rapporter un autre événement tiré du trésor de nos nombreuses
expériences et joies avec les animaux. Il s’agit d’une expérience de
communication avec un sanglier femelle, une laie, mère de cinq
enfants.
En cette fin de
journée ensoleillée du printemps, le soleil déjà très bas irradiant
la forêt et rayonnant de toute sa splendeur sur les champs, j’étais
assise en bordure de forêt, à proximité d’une sente à sangliers. Je
me laissais irradier et réchauffer par le soleil. Soudain un bruit
me détourna de mon orientation vers les rayons du soleil. Quel
pouvait être ce bruit et d’où provenait-il ? Mes sens s’orientèrent
en direction de la forêt et des buissons. Alors je n’en cru pas mes
yeux : une laie et ses petits sortirent de leur abri de branchages
et se placèrent à cinq mètres devant moi. Les jeunes criaient
joyeusement et couraient autour de la maman.
Véritablement !
C’était vrai ! Une mère soucieuse de ses enfants, une laie, se
tenait devant sans peur, attendant que je lui parle. Avant même que
j’ai eu le temps de me remettre de ma joie – car des larmes de joie
coulaient sur mes joues – elle pointa son museau en direction de ses
petits. Alors je me mis à lui parler en ces termes : « qu’ils sont
beaux tes petits ! Comme je me réjouis de les voir si gais et
vigoureux ! » De nouveau la maman pointa son museau vers ses
enfants. Ses mouvements et son comportement témoignaient de tout
l’amour et de toute l’attention qu’elle portait à ses enfants.
Lorsqu’elle eut
compris que j’avais bien pris conscience de sa présence et de celle
de ses enfants et que je m’en réjouissais au plus haut point, elle
s’en retourna dans la forêt suivie de sa joyeuse marmaille, tout
tranquillement et sans aucune. Des larmes de joie coulaient sur mon
visage, car je ressentais qu’elle, une mère, m’avait accepté en tant
que sœur humaine. La maman sanglier avait été heureuse et s’était
réjouie de pouvoir me présenter ses petits ! Je savais que je
n’oublierai jamais cette expérience !
Cependant cela ne fut
pas la dernière et l’expérience se renouvela quelques jours plus
tard.
La laie réapparut de
nouveau avec ses enfants. Sans aucune peur, elle s’approcha de moi.
Ses petits la suivaient. A deux mètres de moi environ, elle se
coucha pour donner la tétée à ses petits. Ces derniers sautèrent sur
son ventre, cherchant à saisir les tétons avec leur bouche, et ils
burent goulûment. La maman ne manifestait aucun signe d’agacement en
réaction aux mouvements brusques de ses enfants. Elle ne cessait de
me regarder comme si elle voulait me dire : nous aussi les animaux,
nous aimons nos enfants. Nos enfants ont des mamans pleines de
compréhension qui les laissent faire beaucoup de choses par amour
envers eux.
Ce qu’il m’a été de
vivre alors est resté gravé dans mon cœur. Une maman sanglier, à qui
j’avais donné le nom de Ceele, m’avait démontré, à moi, un être
humain, que les animaux eux aussi éprouvent des sentiments d’amour,
qu’elle, maman animale, aimait aussi ses enfants, savait prendre
soin d’eux, les protéger, les éduquer et les soigne et qu’elle
souhaitait les voir grandir.
De nombreux chasseurs
n’hésitent pas à abattre des animaux femelles en charge de petits.
Alors leurs petits meurent de faim si aucune autre mère animale ne
peut s’occuper d’eux. Qui peut permettre ou même vouloir de telles
choses ? Seul l’homme cruel et sans conscience en est capable car il
n’agit qu’en fonction de son propre bien.
Que l’on me permette
ici de citer les paroles de Jésus telles qu’elles sont rapportées
dans un évangile apocryphe auquel nous avons déjà fait allusion au
chapitre intitulé « De tout temps des voix ont exhorté les
hommes » : Malheur aux chasseurs ! Car ils seront eux-mêmes
chassés. A ce sujet, voici ce que le Christ a expliqué dans La
grande oeuvre de révélation « Ceci est Ma Parole » :
Jusqu'à ce que le
vieux monde pécheur devienne le monde de Dieu, beaucoup d'hommes,
d'animaux et de plantes souffriront encore sous le joug inflexible
de l'homme dominateur qui refuse et s'oppose à la création de Dieu.
Cependant toute puissance et magnificence ont été données par le
Père au Christ de Dieu et en aucun cas à l'homme qui viole les Lois
de Dieu. Malheur* aux chasseurs, malheur à ceux qui sont fortement
attirés par la viande ! Car les chasseurs et ceux qui, tels des
cannibales, mangent avidement la chair des animaux, seront
tourmentés et pourchassés par le malheur, la souffrance et la
douleur des animaux. Le même sort attend ceux qui violent les règnes
végétal et minéral. Ils souffriront aussi de leurs méfaits. Ce que
l'homme sème, il le récoltera, soit durant la vie terrestre, soit en
tant qu'âme dans les plans de purification. Aussi, soyez attentifs à
vos pensées, paroles et actions afin qu'elles ne vous soient pas
fatales.
*
En français, l'emploi qui a été fait de l'expression "malheur à ..."
au cours des siècles lui confère le sens de malédiction. Tel n'est
pas le sens des paroles du Christ car Dieu ne punit pas. C'est
nous-mêmes qui nous punissons - en raison de nos infractions aux
Lois divines - sous l'action de la loi de cause à effet. Dans ce
contexte il convient donc de donner à cette expression le sens
suivant : "Ils souffriront ceux qui..."
« Sa majesté noire » a dit : Assujettissez-vous la Terre par la
force !
Il y aurait encore
beaucoup de belles choses qui élèvent le cœur à raconter à partir de
nos expériences dans la nature. Je dois également à la vérité de
dire que des événements beaucoup moins beaux, voire même carrément
sordides, ne nous furent pas épargnés. Cependant je préfère ne pas
revenir ici sur les ignominies commises par les chasseurs et les
bouchers qui se sont littéralement accaparés la vie de nos frères et
sœurs les animaux et qui les tuent de manière tellement cruelle...
Je préfère plutôt me
pencher maintenant sur la question de savoir qui est le principal
responsable du comportement brutal et répugnant commis par les
hommes envers les animaux ? Selon moi, les institutions
ecclésiastiques sont les principales responsables de cet état de
fait ; ne vont-elles pas jusqu’à bénir les animaux tués de même que
les assassins à deux pattes qui leur ôtent la vie. Lors de la messe
de St Hubert, « Sa majesté noire » se montre au grand jour. Mais
l’Etat porte également sa part de responsabilité qui se rend
complice de « Sa majesté noire » en accomplissant tous les
desiderata des « experts en voodoo ». Cependant, que celui qui
pointe son doigt en direction de « Sa majesté noire » commence tout
d’abord par se demander s’il ne porte pas lui-même une part de faute
dans cette affaire.
Pour aider ceux qui
aimeraient parvenir à la reconnaissance de soi, l’explication
suivante relative aux Lois spirituelles pourra être utile.
Ton Père véritable,
éternel envers qui tu pries dans le Notre-Père et auquel tu
retourneras en tant qu’être immortel, avec l’aide de Jésus-Christ,
est l’Amour Universel..
La liberté et l’unité
sont les valeurs de l’Etre éternel qui évolue dans l’Amour
Universel.
Dieu, ton Père, est
la vie en toi, homme, ainsi que dans ton âme immortelle. Dieu est le
Créateur de l’infini. Il est donc également le Créateur de la Terre
et de toutes les créatures vivantes et formes de vie de la nature
qui lq peuplent ; animaux, plantes et minéraux.
Dieu est présent en
tant que force dans tous les éléments qui approvisionnent la Mère
Terre en lumière, en eau et en air.
Dieu, ton Père
éternel, est l’Omniprésence parcequ’Il est la Vie Universelle,
l’Amour Universel.
Dieu est présent dans
l’infini tout entier.
Dieu tient dans Ses
mains le mouvement des astres.
Dieu étant
omniprésent, Il est également l’unité, la communication et la
coordination de toutes les forces positives.
Les forces positives
constituent les énergies vitales qui animent tous les hommes, tous
les êtres vivants et toutes les formes vivantes de la nature, sur
toutes les planètes.
Dieu respire donc à
travers toi, homme, comme Il respire à travers chaque animal, chaque
plante et chaque minéral, à travers chaque astre. Le souffle est le
souffle de Dieu, la vie.
Aussi, demande-toi si
tu as le droit de prendre la vie à un être vivant ou à une forme
vivante de la nature ? As-tu donné la vie à un seul de ces êtres ?
C’est pourquoi ne tue
jamais un animal consciemment. N’enlève la vie à aucun arbre, à
aucune plante. Ne les arrache pas de la Terre et n’abats jamais un
arbre quand il est en phase vitale.
Ne te rend pas
complice de l’assassinat de tes prochains des règnes de la nature,
tes frères et sœurs animaux. Refuse de te nourrir de leur cadavre.
Ne sois pas un cannibale d’animaux.
Ne bat jamais un
animal. Ne demande jamais trop à un animal qui travaille pour toi.
Partage le travail avec lui et tu ressentiras l’amour de l’animal.
Respecte et estime à
sa juste valeur la vie qui t’est donnée par Dieu, ton Père. Respecte
et estime comme il se doit tous les êtres vivants et toutes les
formes de vie car ils portent en eux le même souffle que toi, la
vie.
Chaque jour apprend
de nouveau à te reconnaître en tant qu’être en Dieu, ton Père. Alors
tu apprends également à connaître tes frères et sœurs animaux ainsi
que toutes les formes vitales de la nature.
Et quelqu’un
t’affirme que Dieu a commandé aux hommes d’« assujettir » la Terre –
au sens où il faudrait la contraindre, l’asservir avec violence –
alors tu sais que tu as devant toi un serviteur de « Sa majesté
noire ».
En prononçant ces
paroles que les hommes ont traduites par « Assujettissez-vous la
Terre », Dieu n’a jamais fait allusion au comportement bestial et
cruel que de nombreux hommes adoptent envers la planète Terre,
envers la nature, les animaux et en définitive envers l’homme
lui-même.
Celui qui accomplit
la volonté du Créateur universel céleste et éternel par amours
envers Lui, est un homme heureux. Si Dieu avait voulu que les choses
soient telles que les hommes le veulent quand ils disent
« Assujettissez-vous la Terre », alors la Terre devrait être
heureuse d’appartenir à l’homme. En effet, pour les hommes
« Assujettissez-vous la Terre », signifie l’exploiter jusqu’à plus
soif, torturer les animaux avec la plus grande cruauté et barbarie,
les tuer, les tenir emprisonnés dans des stalags pour animaux, les
fertiliser artificiellement, et priver les mères de leurs petits
veaux afin que l’humanité ait assez de lait et de fromage, les tuer
à la chaîne par millions chaque jour afin que le cannibale
d’animaux, l’homme, puisse se régaler de leur cadavre.
Alors,
« Assujettissez-vous la Terre » signifierait également que c’est la
volonté de Dieu que réalisent les agriculteurs quand ils épandent
des poisons extrêmement toxiques sur les champs, faisant disparaître
toute vie, celles des innombrables créatures - petits animaux et des
microbes -, qui peuplent le sol. La Terre devrait également se
réjouir qu’au cours des multiples conflit qu’ils entretiennent en
permanence, les hommes déversent des tombereaux de bombes
dévastatrices qui lui infligent de profondes blessures, ou encore
qu’ils détournent les fleuves et les cours d’eau pour édifier de
gigantesques barrages. On pourrait presque énumérer à l’infini tous
les moyens par lesquels les hommes « assujettissent la Terre »
c’est-à-dire la torture, elle et la nature qu’elle porte, la
violent, l’exploitent, la mutilent, la salissent et finalement la
détruisent.
Ainsi donc, si Dieu
avait vraiment voulu tout cela en disant « Assujettissez-vous la
Terre », alors cette dernière devrait être parfaitement comblée.
Mais alors, pourquoi des scientifiques toujours plus nombreux
affirment-ils que la guerre que l’homme livre à la nature ne peut en
aucun cas être gagné par lui, que c’est la nature et donc la terre
qui sortiront vainqueur de ce conflit ? Qu’est-ce qui est juste dans
tout cela, qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qu’a vraiment dit Dieu et
comment l’homme l’interprète-t-il ? Quoi qu’il fasse, l’homme se
trouve toujours des excuses. En réalité, il utilise à son profit ce
qui lui convient et délaisse ce qui pourrait l’empêcher de réaliser
désirs comme c’est le cas avec la Bible dont il ignore royalement de
nombreux passages qui pourraient le contrarier. Mais, les faits
actuels en témoignent, tout cela le conduira à son propre malheur.
La Terre est la Mère
des hommes, des animaux et de la nature. Elle porte d’innombrables
fruits qu’elle destine à l’homme aussi bien qu’aux animaux. Les
animaux sont une partie de la Mère Terre. Les animaux portent en eux
la conscience de leur Créateur qui est unité. Ils veulent être les
amis de l’homme. Avec leur force, ils voudraient servir l’homme.
Servir veut également dire que l’homme et l’animal pourraient
travailler ensemble, de nombreux animaux ayant plus de force que
l’homme. L’animal aime investir sa force. L’amour de Dieu est unité.
Hommes, animaux et
nature devraient vivre les uns avec les autres en unité et en paix,
devraient s’aider mutuellement et servir mutuellement. L’homme
devrait soigner les forêts, travailler les champs selon l’ordre de
la vie et selon la volonté divine, c’est à dire faire une
agriculture selon la volonté de Dieu, de manière douce et paisible,
afin que non seulement l’homme puisse s’en nourrir, mais aussi le
mondes de animaux qui fait partie de l’homme, tout comme l’homme,
l’animal et la nature font partie de Dieu, notre Père éternel et
Créateur.
Détourne-toi de
toutes choses abominables accomplies par l’homme, même si ces
dernières sont présentées comme « normales », par exemple revêtues
du sceau de la « tradition ». Refuse d’y prendre part !
Les Dix Commandements
et les enseignements de Jésus-Christ t’aideront à atteindre une vue
large, une vue globale, la liberté et une empathie profonde. Alors
tu verras, tu entendras et tu ressentiras bien avec le cœur.
La sagesse de Dieu
comprend en premier lieu la connaissance selon l’homme n’a pas
besoin d’église en pierres parce qu’il est lui-même le temple de
Dieu et que l’Esprit de son Père, qui est le Nôtre, le Père de tous,
habite en lui.
Le cœur de l’âme
c’est Dieu.
De tout cœur je
souhaite à tous les lecteurs de cette brochure de trouver Dieu dans
leur propre intérieur, car alors s’ouvre la porte vers le cœur ;
alors le cœur de l’âme, Dieu, nous guide. Alors on ne voit, on
n’entend et on ne ressent bien qu’avec le cœur.
Une prière cordiale pour la nature et pour les animaux
Puis-je vous faire,
cher lecteur, une demande cordiale ?
Selon le souhait du
cœur intérieur, qui est la parole de Dieu, j’ai fondé avec d’autres
frères et sœurs, la fondation Gabriele, l’Oeuvre
saamlinique de l’amour pour les prochains de la nature et pour les
animaux. De nombreux hommes se sont donnés pour tâche de fournir
aux animaux un espace vital où ils puissent vivre en toute
tranquillité et en paix et selon les modalités de leur espèce. De
plus, nous la volonté de venir en aide aux animaux embastillés et
finalement exécutés par l’industrie agroalimentaire en éclairant la
conscience des hommes à l’aide d’affiches, de tracts et autres, les
invitant à ne plus consommer la viande de leurs frères et sœurs
animaux. Parallèlement, nous développons toute une gamme de produits
végétariens et de conseils pour se nourrir quotidiennement sans
viande. Nos efforts vont même au-delà, dans la recherche d’une
alternative végétalienne et d’une alimentation qui respecte
également la vie végétale. Tout cela à un coût élevé et en
particulier l’achat de terres destinées à accroître l’espace vital
des animaux.
Si de nombreuses
personnes voulaient seulement, de temps à autre, se délester d’un
Euro, ou plus si possible, alors ils feraient vraiment quelque chose
de bien ! Car chez nous, tout don, qu’il soit grand ou petit, est
destiné à la Mère Terre et lui appartient ainsi qu’aux animaux et
aux minéraux.
Mon cœur me dit que
de nombreuses personnes sont prêtes à aident l’Oeuvre saamlinique
de l’amour pour les prochains de la nature et pour les animaux
et à la soutenir. Par avance je les en remercie et j’en suis
certaine, la Mère Terre également ainsi que tous les êtres vivants
qui évoluent ici-bas, les animaux, les plantes et les minéraux.
Dans le cœur brille
l’unité. A partir de mon cœur, je vous souhaite de voir, d’entendre
et de sentir avec le cœur, car on ne vit bien qu’avec Dieu.
cette brochure est
également disponible en format papier à commander à l'adresse ci
dessous. |