Au Pape Jean-Paul II
Palazzo Apostolico
Vaticano
V-00120 Città del
Vaticano
14 février 2003
Cher frère Karol
Wojtyla,
Dans le contexte de guerre qui guette le monde et face aux dangers
que recèle cette situation, vous avez lancé un appel à la paix et
vous avez reçu diplomates et politiciens du monde entier pour
envisager avec eux les moyens d’éviter ce malheur imminent.
Si vos interlocuteurs pensent et parlent selon les schémas de
pensée de ce monde au bord du précipice, vous-mêmes vous n’avez
pas manqué de vous arranger avec ce monde de bien des façons,
notamment concernant le sujet de la guerre. Aujourd’hui encore, au
sein de l’institution dont vous êtes le représentant suprême, on
insiste pour ne pas confondre attitude pacifique avec pacifisme.
Evidemment, sous cet aspect également, votre institution considère
l’enseignement du Nazaréen comme une utopie.
C’est pour cette
raison que les chrétiens des origines dans la Vie Universelle
s’adressent à vous ce jour et vous prient de leur accorder un
entretien.
Notre communauté de
foi est répandue sur la Terre entière, par exemple en Italie où de
nombreuses personnes nous connaissent déjà et savent qu’une
prophétesse vit aujourd’hui parmi les hommes à travers laquelle
Dieu s’adresse de nouveau à l’humanité. Il y a plusieurs années
déjà, le Christ vous a adressé, à travers elle, un message vous
enjoignant de recevoir Son ambassadrice. Le Vatican a reçu cette
lettre et s’est tu.
Ici-même, les chrétiens des origines s’adressent maintenant à vous
au travers de l’un d’entre eux, simple de la communauté, pour
aborder avec vous les questions suivantes :
1.
Si l’Eglise dont vous êtes le représentant suprême s’oppose à une
guerre préventive en Irak, comme vous le déclarez, pourquoi
n’affirmez-vous donc pas également votre opposition à la notion de
« guerre juste » ? Selon l’enseignement de Jésus toute guerre est
synonyme d’assassinat. Jésus a dit :
Qui prend l’épée périra par l’épée.
Selon des propos récents émanant de la conférence des évêques
allemands, la notion de guerre juste appartient à l’enseignement
de votre Eglise et inclus spécifiquement le principe de dissuasion
au moyen d’armes de destruction massive. Ce faisant, vous
approuvez implicitement le fait que des hommes puissent assassiner
leurs frères. De plus, les représentants de votre institution
considèrent donc les gigantesques arsenaux nucléaires aux mains
des grandes puissances comme moralement tolérable. Est-ce cela
l’enseignement de Jésus ? Comment voulez-vous être crédible quand
vous parlez de paix, tant que vous défendez de tels principes ?
Pour sa part, Jésus avait des principes éthiques différents.
Par ailleurs, pourquoi ne vous opposez-vous pas de manière
univoque à toute forme de production et de commerce d’armes ? Les
armes servent à tuer. Tuer et combattre à la guerre c’est
assassiner son frère. Pourtant, dans les Dix Commandements Dieu
n’a-t-Il pas dit :
Tu ne tueras pas !
2.
La violence que l’humanité porte en elle, et qui s’exprime à
travers la guerre, résulte de pensées et d’actes violents qui lui
sont antérieurs. Vous, cher frère Wojtyla, avez reconnu que votre
Eglise a pratiqué la violence, le meurtre et l’assassinat au cours
des siècles, par exemple lors des croisades et des procès en
inquisition. C’est pourquoi, il y a trois ans, vous avez exprimé
votre ‘Mea Culpa’. Cependant vous avez attribué ces fautes à
certains des fils et filles errants de votre Eglise, mais vous
n’avez pas reconnu la dette spécifique de votre institution. En
effet, qui a suscité cette brutalité chez les fils et filles de
votre Eglise, par exemple lors de l’inquisition ? Qui étaient les
inquisiteurs, les auteurs de ces massacres sanglants ?
Puisque vous faites référence à Jésus, le Christ, ne devriez-vous
pas vous tourner vers les descendants des indigènes d’Amérique
latine et faire amende honorable en leur restituant les biens
ecclésiastiques qui leur ont été volés et en offrant réparation
aux descendants des hommes et femmes assassinés et torturés ? Les
crimes non pardonnés continuent à agir sous forme d’énergies
négatives dans les hommes et dans les âmes, au long des
générations, et ils sont la semence de nouvelles violences. En
l’occurrence, ce qu’a dit Jésus à ce propos diffère beaucoup de ce
qu’en dit l’Eglise :
« Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te
souviens que ton frère a encore quelque chose contre toi, laisse
là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier
avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande. » Mt 5:23
3.
Quelqu’un qui parle sérieusement de paix ne peut pas ignorer
qu’une des causes de la violence mondiale résulte de la faim et de
la détresse qui règnent sur cette planète. C’est pourquoi nous
vous demandons s’il ne serait pas temps que l’Eglise mette ses
immenses richesses à la disposition des pauvres et déshérités de
ce monde ? L’Eglise continue à pratiquer la collecte parmi les
siens, c’est-à-dire parmi des hommes qui s’appauvrissent de plus
en plus. Pourquoi ne vendriez-vous pas les paquets d’actions en
votre possession ainsi que vos biens immobiliers ? Ils vous
procureraient des milliards avec lesquels vous pourriez soulager
la misère du monde.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’en Allemagne, votre Eglise réclame
chaque année à l’Etat des subventions se chiffrant en milliards
d’Euros ? Pourquoi ne permettriez-vous pas à l’Etat de mettre cet
argent à la disposition des pauvres et de ceux qui en ont besoin ?
Ou bien faut-il croire que votre institution veuille s’enrichir
plus encore qu’elle ne l’est déjà actuellement ? Pourquoi ne
respectez-vous pas l’enseignement de Jésus-Christ en la matière ?
Lors d’un entretien avec un jeune homme riche, n’a-t-Il pas dit :
« Oui, il est plus facile à un chameau d’entrer par un trou
d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. » Luc
18:25
Ce faisant, ne rejetez-vous pas ainsi le Sermon sur la Montagne au
rayon des utopies, alors que c’est justement le Sermon sur la
Montagne qui peut mener les hommes à l’égalité, à la paix et au
bien-être de tous ? Les chrétiens des origines que nous sommes
considèrent comme une évidence le fait que l’institution dont vous
êtes le représentant suprême, cette Eglise assise sur une richesse
colossale, ne passera pas par le chat de l’aiguille et que c’est
précisément la raison pour laquelle vous rejetez le Sermon sur la
Montagne puisque cet enseignement est un appel à l’égalité, à la
liberté, à l’unité, à la fraternité et à la justice.
Pourquoi faites-vous ériger et restaurer des églises et des
cathédrales chamarrées d’or avec de l’argent public alors que tant
d’hommes vivent dans la pauvreté et souffrent de la faim ? En son
temps déjà, le prophète Isaïe a expliqué que Dieu n’habite pas
dans les maisons de pierre. Et Stéphane, martyr canonisé par votre
église a répété ces mêmes paroles – raison pour laquelle il fut
lapidé sur ordre de la prêtrise d’antan.
4.
Pourquoi votre Eglise est-elle tant imprégnée de paganisme et non
de l’enseignement de Jésus, le Christ ? Le paganise porte en lui
la guerre, il est d’essence guerrière. Il transmet la peur et
l’absence de liberté.
Vos rituels et vos dogmes ont pour une grande part leur origine
dans les cultes païens. Comment prétendez-vous mettre en accord
Jésus de Nazareth avec la vénération que l’Eglise catholique porte
à la mère de Dieu, vénération qui s’inspire du culte de la déesse
égyptienne Isis ? Et qu’en est-il du culte des reliques que vous
pratiquez et qui provient lui aussi directement de l’Egypte
ancienne ? Et que dire des dogmes consacrés au caractère sacré de
l’Eglise, à l’élévation de celle qui fut la mère de Jésus au
statut de mère de Dieu ou encore au dogme de la damnation
éternelle, enseignements fixés lors des conciles de
Constantinople, d’Ephèse et de Chalcédon et qui ne furent
aucunement inspirés par l’Esprit saint mais par les empereurs
romains ? De même la tradition, reprise en l’an 2000, consistant à
faire passer les fidèles sous un portail – la porte du salut -
destiné à leur apporter le salut est typiquement une coutume
païenne provenant de la Rome antique ; en temps de guerre les
empereurs romains faisaient ouvrir la porte de Janus qu’ils
faisaient refermer en temps de paix. Que penserait Jésus du
commerce des indulgences qui s’est développé sous votre
pontificat ? Comment qualifierait-Il la vénération des saints
statufiés et les processions qui par de nombreux aspects ne sont
pas sans rappeler les pratiques en vigueur dans l’ancienne
Babylone ? La Tiare dont vous êtes coiffé, la Mitre et les habits
de messe dont se revêtent les évêques et les prêtres sont
également une survivance d’antiques cultes païens.
Ne serait-il pas judicieux que vous-même et vos cardinaux
abandonniez le port de ces robes somptueuses ? Ne pensez-vous pas
qu’en ces temps où beaucoup connaissent la misère, elles font
naître une impression plutôt pénible en comparaison avec la
simplicité des vêtements portées par le Nazaréen et Ses apôtres ?
5.
Non seulement Jésus de Nazareth n’avait rien à faire de telles
robes somptueuses, mais les titres pompeux lui étaient aussi
étrangers. Vous savez tout aussi bien que nous qu’Il a prononcé
les paroles suivantes :
Pour vous, ne vous faites pas appeler Maître par les hommes. Pour
vous, ne vous faites pas appeler Maître par les hommes : car vous
n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères. Mt. 23 :8
Cher frère, comment pouvez-vous imaginer que Jésus de Nazareth
puisse cautionner le fait que vous vous fassiez appeler ‘Saint
Père’ ? Tant que vous perpétuerez votre structure hiérarchique et
votre mode de pensée autoritaire, vous n’agirez pas dans l’esprit
de Jésus, le Christ, l’enseignant de la fraternité. Tant qu’il en
sera ainsi, vos appels à la paix n’ont et n’auront pas de force.
Au vue des enseignements et des pratiques de l’Eglise, ces appels
à la paix ne sont-ils pas une calomnie envers le grand enseignant
de l’amour pour Dieu et pour le prochain ?
6.
Comment expliquez-vous qu’à toutes les époques, les prêtres aient
combattu les prophètes de Dieu et qu’ils aient fait assassiner la
plupart d’entre eux – les prophètes de l’Ancien Testament, Jésus
de Nazareth et plus tard les représentants du christianisme
intérieur ; cathares ou mystiques tel Savonarole, par exemple ?
7.
Nous, chrétiens des origines nous ne sommes opposés ni au
catholicisme, ni au protestantisme. Il est juste que chacun puisse
vivre et penser comme il l’entend. Cependant, c’est la question
que nous vous posons, est-il juste de s’approprier le nom du
Christ lorsqu’on se détourne sous tant d’aspects et de principes
du grand enseignant que fut Jésus, le Christ ?
C’est de ces quelques questions dont les chrétiens des origines
voudraient discuter avec vous. C’est pourquoi nous espérons que
cette lettre parviendra jusque dans vos mains afin que vous
puissiez décider par vous-mêmes de vous entretenir avec nous ou
pas. La justice de Jésus, le Christ, nous enseigne que quelqu’un
qui ne respecte pas ses promesses envers Dieu ne vaut rien – cela
est valable pour vous aussi bien que pour nous. Si vous choisissez
d’ignorer ces questions en provenance de l’Esprit du christianisme
des origines, vous devrez en assumer la responsabilité d’une autre
manière. Cela s’applique également à ceux qui feront en sorte que
ce courrier parvienne ou pas entre vos mains.
Les réponses aux
questions contenues dans ce courrier intéressent de nombreux
hommes. C’est pourquoi il s’agit d’une lettre ouverte. La
communauté des chrétiens des origines dans la Vie Universelle se
réjouirait si vous, cher frère Karol Wojtyla, acceptiez notre
demande d’ entretien.
Avec nos meilleures salutations
Christian Sailer
Lettre au pape n° 2