Le Prophète - La voix du coeur - la vérité éternelle, la Loi éternelle de Dieu, donnée par la prophétesse de Dieu pour notre époque

La voix du coeur,
la vérité éternelle, la Loi éternelle de Dieu
donnée par la prophétesse de Dieu pour notre époque

Une réflexion fondamentale sur notre temps, 
conduisant à l'auto-reconnaissance


Traduit de l’allemand. 
Titre original "Der Prophet"
La version originale fait référence

Nr. 13

Refermez la Bible !
Comment Jésus, le Christ,
et les prophètes ont été trahis

 

Le Prophète :

De nos jours, on assiste encore à des "miracles". Voyez plutôt : un expert en théologie catholique et un expert en théologie luthérienne ont accepté de répondre aux questions du prophète concernant les dogmes de l’église. Mais on doit à la vérité de dire que tous deux suivent le chemin de la succession de Jésus, le Christ, comme on pourra en juger par leurs propos.

Les théologiens égoïstes qui aspirent au pouvoir au sein des deux Eglises institutionnelles et maintiennent sous leur coupe le peuple des fidèles, ont évité durant les dix années passées tous les colloques sur la foi auxquels les ont convié de manière répétée les chrétiens des origines. Peut-être ont-ils pressenti que s’ils y participaient, Jésus, le Christ, en sortirait vainqueur. Les théologiens confortablement installés sur leur "honorable" situation ainsi que sur le salaire que leur garantissent les institutions ecclésiastiques, c’est-à-dire les Eglises d’Etat (il en est ainsi en Allemagne et dans d'autres pays), font tout pour empêcher que Jésus, le Christ, soit victorieux aux yeux de tous. Ils agissent ainsi pour continuer à abuser de Son Nom pour servir leurs conceptions et leurs buts dogmatiques. Je voudrais te poser une question, à toi qui es "expert" en théologie catholique - mais tout d’abord, acceptes-tu que je t’appele ainsi ?

 

L’expert en théologie catholique :

Tu peux m’appeler ainsi, car il y a déjà pas mal d’années que j’ai terminé mes études de théologie à l'issue desquelles j'ai essayé durant 30 ans d’appliquer ce que j’avais appris. Quand je regarde en arrière, je me rends compte maintenant, surtout quand je lis des extraits de la Bible, qu’effectivement, c’en est resté au stade de la tentative. Les mots que je lis sont pourtant bien les mêmes, mais l’angle sous lequel je les appréhende est totalement nouveau. Il a changé grâce à l’Esprit de Dieu qui se révèle par la parole prophétique, l’Esprit de Dieu que j’ai pu entendre à travers toi, ce qui m’a conduit vers le Christ.

 

 Le prophète :

De tous temps, les prêtres ont formé une caste à part dans la mesure où ils ont toujours exercé la charge du culte qu’aucun laïque ne pouvait partager. Aujourd'hui encore, on fait croire aux fidèles des Eglises que les prêtres et les théologiens catholiques seraient des personnes à part, puisque les premiers sont sensés proclamer les Lois de Dieu et les appliquer, et que les seconds énoncent les dogmes auxquels on est tenu de croire sous peine d'encourir la damnation éternelle. Peu importe d'ailleurs que ces dogmes correspondent à la volonté de Dieu ou pas, puisqu'il suffit qu’ils soient entérinés par le pape ou par un concile pour devenir la vérité.

Selon mes connaissances, les cérémonies, les rites et les coutumes pratiqués à notre époque au sein des Eglises prétendument chrétiennes reposent en fait sur d'antiques cultes païens. A l’époque, on érigeait des autels pour y offrir aux dieux des animaux en sacrifice. Leur sang était versé sur l’autel pendant qu'on brûlait de l’encens.

Aujourd’hui, les Eglises qui se nomment chrétiennes disposent aussi d'autels et de maîtres de cérémonies appelés curés ou pasteurs. Comment les coutumes religieuses en vigueur à l'époque actuelle - l’ordination des prêtres, les autels, les rites, les cérémonies, les dogmes, l’encens, l’eau bénite, la vénération des reliques, les professions de foi jamais suivies de la mise en pratique des Commandements de Dieu - pourraient-elles correspondre à l’enseignement de Jésus ? La question vaut également concernant l’offrande de cierges, les indulgences, l’absolution donnée par les prêtres, l’hostie, l’extrême onction ainsi que pour le culte de Marie.

Jésus n’a pourtant jamais parlé de tout cela. Jésus ne fut jamais un théologien, mais il resta sa vie durant, un homme du peuple qui ne chercha jamais à se valoriser à l'aide de titres, d’argent, d’une soutane ou d’un talar. Il n’a jamais enseigné qu'il faudrait ériger des autels pour y célébrer des sacrifices ni quoi que ce soit qui ressemble à ce qu’on célèbre au sein de l’Eglise catholique. Il n’a pas davantage enseigné que certains hommes devraient étudier Dieu pour devenir curés ou pasteurs. En fait, Il n’a jamais dit qu'il fallait des curés ni des pasteurs. Au contraire, Jésus, le Christ, a enseigné l’unité. Il a dit : Vous n'avez qu'un seul maître, le Christ ; cependant vous êtes tous frères. Ces paroles de Jésus sont sans ambiguité : Jésus a parlé d’égalité et non de supérieurs et d’inférieurs, de hiérarchie ecclésiastique, d'"émincences" et de subordonnés. Jésus n’a jamais indiqué qu'une autorité quelconque devait servir d'intermédiaire entre Dieu et les hommes.

La caste des prêtres d’hier et d’aujourd’hui - c’est-à-dire de ceux qui prétendent intercéder pour les hommes auprès de Dieu - s’est toujours appuyé sur les autorités de ce monde. Bien souvent, elle a utilisé la calomnie contre des personnes aux convictions religieuses différentes et l’Etat s'est fait l'exécuteur des basses oeuvres de l'Eglise.

Autant que je sache, par le passé, ce sont les "juges" qui étaient dépositaires de l’autorité politique. Aujourd'hui ce sont les autorités de l'Etat - président, ministres, députés, etc... qui incarnent celle-ci. Jadis, lorsque la caste des prêtres apparaissait au peuple en public, la plupart du temps les juges étaient présents à leurs côtés.

A notre époque ce sont les autorités politiques qui se placent aux côtés du corps ecclésiastique et tous deux se tiennent au-dessus du peuple qui reste en retrait. Jésus s'est-Il comporté ainsi et a-t-Il enseigné de telles choses ? S'est-Il montré favorable aux différences sociales, aux hiérarchies entre les hommes ou aux principes d'égalité et d'unité ?

 

L'expert en théologie catholique :

Jésus n'ignorait rien de ces inégalités et Il a également interpellé les autorités de l'époque à ce propos. Cependant, je constate qu'il se passe la même chose dans toutes les religions : les prêtres forment toujours une caste à part qui fait croire au peuple que Dieu est un "mystère" et qu'Il a des secrets ne pouvant être dévoilés. Par exemple, au sujet de la maladie, on peut lire ce qui suit dans le catéchisme catholique :

"Le peuple d’Israël fait l’expérience vécue que la maladie a un lien mystérieux avec le péché et le mal." (Nr. 1502) ou :

"Maladies et souffrances appartiennent depuis toujours aux épreuves les plus dures de la vie humaine." (Nr 1500) ou :

"Sur la croix, Jésus a pris toute la charge du mal sur Ses épaules. Il a ôté 'les péchés du monde', dont la maladie est une des conséquences. Par Sa souffrance et Sa mort sur la croix, le Christ a donné un nouveau sens à la souffrance : elle peut nous rendre semblables à Lui et nous unir à Sa souffrance rédemptrice." (Nr 1505) ou :

"Endurer des souffrances peut avoir le sens suivant : ‘pour le corps du Christ, l’Eglise, j’ajoute par ma vie terrestre ce qui manque encore aux souffrances du Christ.' (Kol 1,24)" (Nr 1508)

Ici, pour entretenir le mystère, on utilise une citation de Paul encore plus énigmatique. En utilisant ce genre de phrases incompréhensibles, on établit un fossé infranchissable pour les croyants et on crée parmi eux l’illusion que les choses doivent être comme elles sont. Alors, il ne leur reste plus qu'à s'orienter sur ceux qui donnent l’impression de saisir ses profondes correlations.

Voici d'autres exemples :

Voilà comment, selon le catéchisme de l’église catholique, Dieu a révelé Son nom à Moïse : "En révélant Son nom mystérieux JHWH - ‘Je Suis Celui qui Est’ ou ‘Je Suis Celui qui Suis’, Dieu dit qui Il est et de quel nom on devrait L'appeler. Ce nom de Dieu est mystérieux, comme Dieu Lui-Même est un mystère..." (Nr 206) ou :

"Bien que Dieu Se révèle, Il reste quand-même un mystère inexprimable : ‘Si tu Le comprenais, Il ne serait pas Dieu’ (Augustin)." (Nr 230) ou :

"En Marie le Saint Esprit applique la décision miséricordieuse du Père. Avec et par le Saint-Esprit la vierge Marie conçoit le Fils de Dieu et Lui donne naissance. Par la force de L’Esprit et de la foi, la virginité devient féconde d’une manière unique." (Nr 723) ou :

"Pour saisir le mystère de l’Eglise, nous devons tout d’abord songer au fait qu’elle tire son origine du décret de la plus sainte Trinité et de l’application progressive de celui-ci au cours de l’histoire." (Nr 758)

Ces passages et bien d’autres ont pour but de faire croire aux fidèles qu’ils ont besoin d’une Eglise ainsi que des curés et des pasteurs pour comprendre Dieu.

 

Le prophète :

Si on s'en tenait à cet argumentaire, cela voudrait donc dire que Dieu ne peut pas tout nous révéler, parce qu’étant Lui-même un mystère, Il aurait des secrets. Se pourrait-il qu'en parlant des soi-disant mystères de Dieu, l'Eglise veuille nous encourager de manière détournée à avoir nous aussi des secrets envers Dieu ? Le comportement caché de certains responsables de l’Eglise semblerait en attester.

La plupart du temps, quelqu'un qui parle de secrets a quelque chose à cacher, quelque chose qu’il ne faut pas dévoiler, parce que susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires. Cela témoigne des faiblesses de l’homme qui se protège derrière ses secrets pour ne pas être blamé ni accusé.

La caste des prêtres attribue donc à Dieu des faiblesses humaines. Les théologiens, tout comme les intellectuels qui leur ressemblent et les "élites" qui se croient au dessus du peuple, sont souvent très fiers de leur soi-disant logique. Cependant ils dénient toute logique à l’Eternel, car ils donnent toujours crédit à cette maxime attribuée à celui qu'on considère comme le père de l’Eglise, Augustin, ainsi qu'à l’enseignant de l’Eglise, Tertullien : "Credo quia absurdum" - "Je le crois parce que c’est absurde."

Selon mes connaissances historiques, en 542 les adversaires d’Origène - un enseignant spirituel s'inscrivant dans la tradition du christianisme des origines - déposèrent auprès du légat papal Pélagius une plainte contre lui adressée à l’empereur Justinien à Constantinople. Comme on le voit, à l'époque déjà on faisait appel à l’Etat pour réprimer les gens ayant une croyance différente. Peu de temps après, en 543, Justinien fit convoquer un synode par le patriarche de Constantinople en prescrivant à l’assemblée neuf anathèmes impériaux qui devaient servir de base à la condamnation d'Origène. Voici ce que disent deux de ces anathèmes :

"Que soit frappé d’anathème celui qui affirme ou croit à la préexistence des âmes sur les hommes - c’est-à-dire au fait qu’elles auraient jadis été des êtres spirituels et des entités saintes mais que, lassées de contempler Dieu, elles se seraient tournées vers le mal, ce qui aurait refroidit l’amour divin en elles, ce pourquoi elles auraient reçu le qualificatif d’"âmes" et auraient été punies en revêtant des corps matériels."

"Que soit frappé d’anathème celui qui affirme ou croit que la damnation des démons et des hommes impies est temporelle et aura un terme ou qu’il y aura une réintégration des démons ou des hommes impies."

Toujours selon mes connaissances, l’anathème a été réitéré et complété dix ans plus tard lors du concile général de Constantinople. C'est ainsi que l’institution ecclésiastique d'Etat a fait disparaître les enseignements centraux de Jésus de Nazareth : le message d’un Dieu-Père aimant, qui ne condamne ni n’exile personne, mais qui ramènera dans la patrie éternelle la totalité de la partie de la création ayant chuté, grace à l’acte de Rédemption de Jésus, c’est-à-dire par le chemin de la mise en pratique de Ses enseignements qui incluent notamment le fait qu'une âme existe avant de s'incarner sur la terre et la possibilité de réincarnations répétées. Ces aspects de la foi ont été frappés d’anathème à Constantinople.

Ainsi l’Eglise d'Etat possédait une arme des plus redoutables contre tous ceux qui ne voulaient pas se conformer à l'enseignement qu'elle professait : la menace de la damnation éternelle que l’église d'Etat a utilisé sans retenue au cours des mille cinq cents ans qui suivirent. Cette menace est également devenue le fondement spirituel de l’inquisition et des croisades qui ont coûté la vie à des millions de personnes. En niant la préexistence de l’âme sur l'homme, on fait résulter celle-ci de l’engendrement humain, grâce auquel elle serait alors, et seulement alors, créée. De plus, son destin matériel est ainsi totalement dissossié de la succession de ses nombreuses existences terrestres antérieures. Ainsi, la relation entre la cause et l’effet, entre les semailles et les récoltes est également supprimée. Les souffrances rencontrées au cours de l’existence humaine deviennent un fardeau inexplicable et c'est Dieu qu'on accuse de faire preuve d'arbitraire et de punir selon Son gré, particulièrement ceux qui L’aiment.

 

L’expert en théologie catholique :

Tout ce que tu dis me semble tellement important que j’aimerais y revenir.

Quand tu dis que Dieu est accusé d’arbitraire et de punir selon Son gré, particulièrement ceux qui L’aiment, cela me rappelle les nombreuses fois où j'ai éprouvé ce soupçon alors que j'aurais du le repousser en raison de ce que j’avais appris durant mes études de théologie, mais où je n’ai pas pu le faire parce que je n’étais pas assez sûr de moi. Que peut bien éprouver quelqu'un qui apprend soudain qu’il est atteint d’une maladie incurable, alors qu’on le considère généralement comme quelqu'un de bon ? Il doit forcément trouver que Dieu est injuste puisqu’il n’a encore jamais entendu un prêtre lui dire que les coups du sort, selon la loi des semailles et des récoltes dont Jésus de Nazareth a parlé, sont la conséquence du comportement qui fut le nôtre non seulement dans cette vie mais aussi dans des vies antérieures - ce qui bien entendu ne donne le droit à personne de juger son prochain, ou de lui refuser l’aide dont il a besoin.

On n’a jamais dit à un tel homme qu'une âme peut revenir plusieurs fois sur la terre, et encore moins qu'elle préexiste, c’est à dire que nous sommes, de par notre origine, des êtres parfaits qui se sont séparés intentionnellement de leur Père et Créateur. Les prêtres passent sous silence le fait qu'il nous est donné l'occasion sur cette terre de prendre conscience que nous avons fait fausse route et que nous pouvons rebrousser chemin. Enseigner cela serait considéré comme une hérésie.

 

Le prophète :

A toutes les époques, la parole prophétique a évoqué la préexistence de l’âme et sa réincarnation répétée qui, entre autres raisons, découle de la loi des semailles et des récoltes. L’enseignement de Jésus de Nazareth et de Ses disciples est également fondé sur ces connaissances. Au début du christianisme, Origène qui fut un grand enseignant spirituel, a clairement parlé de la préexistence de l’âme et des êtres purs que nous fûmes jadis. Le principe de la réincarnation était le point de départ logique de son enseignement sur la réintégration de toutes les âmes et de tous les hommes, disant que nous retournerons tous à notre origine en tant qu’êtres purs lorsque nous réparerons, avec l’aide du divin en nous, les péchés qui ont entraîné la chute, c’est-à-dire notre séparation d’avec Dieu et que nous ne commettrons plus ces péchés. Origène a dit aussi que chacune des âmes qui se sont séparées de Dieu, change de corps aussi souvent que d’habitation durant sa chute du ciel vers la terre. L’Eglise a condamné l'enseignement d’Origène concernant la préexistence de l’âme, afin de conserver sa position de berger du troupeau. Cependant, parce qu’il est la vérité, l’enseignement d’Origène a toujours survécu et réapparaît aujourd’hui par l’entremise de la Parole prophétique, à travers les révélations que le Christ de Dieu donne aujourd'hui.

Soutenue par l’Etat, une communauté religieuse parvenue au pouvoir et à la considération, a imposé à tous les contenus de sa foi qui, de l’aveu même d’un de ses principaux représentants, comporte des éléments "absurdes". Satan n’aurait pas agi de manière plus géniale s'il avait voulu détourner une fois de plus l’humanité du message apporté par Jésus.

 

Une autre question se pose concernant l’existence de l’âme : si l’âme est créée par Dieu au moment de l’engendrement de l’enfant, qui donc a créé l’âme de Dieu né soi-disant de Marie, Marie étant effectivement appelée "celle qui engendre Dieu" ou encore "mère de Dieu" ?

 

L’expert en théologie catholique :

Si l’on examine ces considérations avec logique, ce devrait être un Sur-Dieu. Ce qui est clair en tout cas c’est que Marie est la mère de Jésus de Nazareth, en qui s’était incarné le Fils du Père éternel.

 

Le prophète :

Comment l’expert en théologie catholique peut-il répondre à cette autre question :

L’Eglise catholique parle de trois personnes divines : le "Dieu Père", le "Dieu Fils" et le "Saint-Esprit".

En ce qui concerne l’engendrement de Jésus, il est dit que Marie fut "couverte par l’ombre" du Saint-Esprit. Est-ce que "couverte par son ombre" voudrait dire "illuminée", puisque l’ombre est reliée à ce monde alors que l’Esprit, comme on le sait, est lumière ? Marie a donc conçu de la personne du Saint-Esprit. Ainsi la personne l’aurait-elle fécondée. La question reste donc posée : qui a créé l’âme de Dieu si Marie est appelée, comme on vient de le mentionner : "celle qui engendre Dieu" et "mère de Dieu" ?

 

L’expert en théologie catholique :

L’Eglise parle de trois personnes divines formant u n Dieu. Maintenant, en ce qui concerne Marie, une seule de ces trois personnes devient active et on notera en même temps que Jésus appelle plus tard Dieu-Père, Son Père. Je dois avouer que tout cela me laisse perplexe.

 Pour répondre à l’autre question "Marie fut couverte par l’ombre du Saint Esprit", je ne peux que constater, en ce qui concerne le passage de la Bible sur l’annonciation par l’ange, qu’il est toujours question dans les traductions allemandes, de la puissance de Dieu qui "couvrira Marie de son ombre". En guise d’explication, on évoque le nuage qui resta 40 ans au dessus du sanctuaire et qui était pour les Israélites un signe de la présence de Dieu.

Cependant, comme toujours, les hommes se sont réfugiés à l’ombre pour se protéger de la chaleur plutôt que d'aller vers la lumière que Dieu voulait être pour eux. Quel que soit ce qu'enseignent les institutions, ta question relative à l’engendrement d’un enfant par la "personne du Saint-Esprit", ouvrira les yeux à bien des gens, notamment sur le fait que Jésus avait une âme avant Sa naissance bien qu’elle ne fût pas chargée de fautes personnelles et que c’est dans cette "vibration" qu’Il est venu à Ses parents qui étaient des êtres purs en large mesure et désintéressés vivant en Dieu.

De toute évidence, les conceptions de l’Eglise vont dans le sens d’une "fécondation", d’un "engendrement" par le Saint-Esprit ; cependant elle ne l'exprime pas de manière aussi claire. Elle dit : "Ce qui a été engendré en elle vient du Saint-Esprit." (Mt 1, 20)

 

Le prophète :

Jésus n’était pas Dieu, mais le Fils de Dieu. Il a dit Lui-même : "Mon Père est plus grand que Moi." Dieu, Dieu-Père, est donc plus grand que Jésus. Marie est appelée par l’Eglise "celle qui engendre Dieu" ; cela voudrait donc dire que Dieu, c’est-à-dire Dieu-Père, se serait incarné.

Si le Saint-Esprit est une personne, comment l’Eglise catholique peut-elle prétendre que le Saint-Esprit s’est répandu en apparaissant à la Pentecôte sous la forme d'une langue de feu au-dessus de la tête des croyants, des apôtres et des disciples qui s’étaient rassemblés ? La personne, le Saint-Esprit, aurait-elle pu soudain se transformer en se liquéfiant, ou en devenant flamme gazeuse ? A moins qu’il faille juger de cet évènement comme le fit un père de l’Eglise en disant comme lui : "credo quia absurdum", - "je le crois parce que c’est absurde" ?

Il est admis, en principe, que Dieu est immuable. Se pourrait-il qu'Il puisse tout de même se transformer, être créé en tant qu’âme peut-être par la "personne Saint-Esprit" avec "celle qui engendre Dieu". Cette explication appartient elle aussi aux mystères de Dieu ou tout simplement aux secrets de l’Eglise catholique ?

 

L’expert en théologie protestante :

Sur ce point, l’Eglise protestante est plus prudente et ses théologiens s’en tiennent pour la plupart, à ce qu’on peut lire dans la Bible. Dans le catéchisme protestant pour adultes il est écrit : "la vénération protestante à l’égard de Marie peut être plus modeste parce que la Bible est plus modeste." (4ème édition, p. 393)

Cependant ce que bien peu de gens savent, c’est que dans la confession protestante, on appelle également Marie : "Mère de Dieu" (Konkordienformel, Epitome VIII.7)

Martin Luther écrit à propos de Marie : il faut "aussi s’imaginer à partir du coeur ce que c’est qu’être la mère de Dieu." (Exégèse de Lc 1, 46 et suiv. 1521 ; cité d’après le catéchisme, p. 393)

Et Luther de continuer :

"les grandes choses ne sont pas différentes, car elle est devenue la mère de Dieu, et dans cette oeuvre tant de biens immenses lui ont été donnés que personne ne peut les saisir. Car il s’ensuit tout honneur, toute béatitude et elle est une personne unique dans la race humaine toute entière, au dessus de tous, en ce sens que personne ne l’égale, puisqu’elle a un enfant avec le Père céleste, et quel enfant..."

 

Le prophète :

Excuse-moi de t’interrompre. Tout cela est tellement confus. Si Dieu s’occupait de toutes ces théories ecclésiastiques, ne s’y perdrait-Il pas Lui aussi ?

Pour les Eglises institutionnelles, la trinité consiste en trois personnes. Là il est dit que l’Esprit-Saint a fécondé Marie. Selon Luther, c’est Dieu-Père qui la féconde. Selon l’enseignement luthérien Marie met donc au monde un enfant de Dieu-Père tout en étant appelée "Mère de Dieu". La seule chose que je puisse confirmer dans les explications de Luther, c’est que Marie était une femme unique et qu’elle devrait être respectée et estimée, car la pureté de sa foi et son abandon à l’Eternel ont rendu possible à travers elle la naissance de Jésus, en qui le Christ, notre Rédempteur, le Fils du Père éternel, est venu vers nous, les hommes.

 

L’expert en théologie protestante :

Au plus profond de son être, Marie était intimement reliée à Dieu et, autant que je sache, c’était une personne effacée, d’origine modeste. Même dans les moments de détresse extérieure, par exemple juste avant la naissance de Jésus, elle n’a jamais douté que Dieu la guidait. Mais le dogme de l’Immaculée Conception propagé par l’Eglise, a ridiculisé Marie aux yeux de bien des gens. En réalité, elle est devenue mère comme toutes les femmes qui ont des enfants. Mais en lui attribuant l’image de "l’immaculée conception", les Eglises l’ont transformée en l’une de leurs saintes.

 

L’expert en théologie catholique :

Ce qui est grave, c’est que tout cet édifice échafaudé autour de Marie a fait de l’engendrement un acte qui n’a rien de divin, ce qui bien sûr ne pouvait pas être le cas en ce qui concerne l’engendrement de Jésus. Tout ceci a eu pour conséquence de renforcer durant près de deux mille ans, un complexe de culpabilité de toute la chrétienté pour tout ce qui se rapporte à l’engendrement.

 

L’expert en théologie protestante :

J’aimerais en revenir à la question de l"immuabilité" de Dieu.

Les textes luthériens ne sont pas toujours clairs à ce sujet.

Cela provient des différences d'interprétation entre "Ancien" et "Nouveau" Testament. Ainsi, dans un manuel d’enseignement théologique, on peut lire :

"Dans l’Ancien Testament, Dieu ne veut se lier à aucune forme définitive d’apparence ; dans le Nouveau Testament, Il se lie une fois pour toutes à une forme sous l’apparence de Jésus de Nazareth. Dans l’Ancien Testament, Il est appréhendé comme celui qui par essence est libre ; dans le Nouveau Testament, comme celui qui est suffisamment libre pour se lier à Jésus, le Christ. Dans l’Ancien Testament, Il est considéré comme le Dieu Saint par essence, tandis que dans le Nouveau Testament, Il est vu essentiellement comme le Dieu aimant. Ici, Il est avant tout et totalement l’Autre, là Il est entièrement nôtre ; ici, Il est celui qui n’est pas un être humain, là, celui qui devient un être humain. Ici, Il est en premier lieu le Seigneur, là, Il est avant tout le Père ; ici l’accent est mis sur sa transcendance, là sur son immanence bien que les deux aspects ne soient pas vraiment dissociés dans aucun des deux Testaments. Car de même que l’Ancien Testament reconnaît Son immanence, on peut trouver dans le Nouveau Testament des passages évoquant Sa transcendance et celui-ci est imprégné du paradoxe que le Dieu Saint est justement devenu en Christ le Dieu miséricordieux, que le Dieu totalement autre est justement devenu en Christ le Dieu tout à fait nôtre, que le Dieu qui n’est pas un être humain est justement devenu Dieu-homme, que l’Adonai (en hébreux "Seigneur") est justement devenu dans Son fils notre Abba..." etc, etc... (Pöhlmann, extraits de la dogmatique, 3ème édition, p.99).

 

L’expert en théologie catholique :

Il se pose aussi une autre question : comment l’Esprit-Saint peut-Il être une personne de la trinité divine, comme le prétend l’enseignement ecclésiatique ?

Dans le livre des dogmes de l’Eglise catholique, la question de la trinité est traitée sous le titre "Dieu, l’Un et le Trois en Un" :

"La réalité de la vie tri-personnelle en Dieu est l e mystère de la foi de l’église. Le mystère de la vie tri-personnelle du Dieu unique ne peut être compris qu’à partir de la révélation que Dieu a donné de lui-même en Jésus, le Christ ; ...mais même ainsi, ce mystère ne peut pas être appréhendé dans toute sa profondeur par la raison humaine.

Dans Son originalité absolue, Dieu se fait connaître au monde en tant que mystère accessible sous le nom de Père ;

en tant que principe agissant dans l’histoire, il se nomme Fils ;

en tant que principe qui nous est offert et que nous acceptons, il se nomme Saint Esprit."

Le passage suivant extrait du livre des dogmes, montre l’épaisseur du mystère de la trinité divine.

"Le mystère de la trinité divine est le mystère des différences existant en Dieu. Ensemble, elles forment l'Unité dans sa totalité, sans qu'il y ait de différence du point de vue de leur nature divine. Trois personnes constituent cette nature divine : il s'agit du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La nature divine toute entière avec ses qualités est leur propriété indivisible. L’unique raison de leur différence réside dans les relations qu'ils entre-tiennent mutuellement et dans lesquelles ils possèdent cette nature en raison de leur origine : le Père du Fils et du Saint-Esprit en tant qu’origine sans origine ; le Fils parce qu'Il a été engendré éternellement par le Père, origine du Saint Esprit ; le Saint-Esprit parce qu'il provient du Père et du Fils qui forment son origine commune." (Neuner-Roos, la foi de l’église, 12ème éd. p. 160 suiv.)

Brièvement résumé, allégé des références aux documents, aux décisions des conciles, et autres indications du même type ayant été insérées dans le livre des dogmes, l’enseignement du mystère du Dieu Un et Trois en Un se présente ainsi :

Il y a un Dieu personnel au-delà du monde, qui contient en Lui toute perfection, qui est omniscient.

En Dieu sont trois personnes : le Père, le Fils, et le Saint Esprit qui possèdent la nature divine une.

Dans chacune de ces personnes se trouve la divinité toute entière, indivisée.

Entre les trois personnes divines, il existe une véritable différence. La cause de ces différences réside dans les relations mutuelles existant entre ces personnes et résultant de leur origine.

La nature divine du Père réside en Lui-même.

Le Fils provient du Père par engendrement éternel ;

Le Saint Esprit provient du Père et du Fils comme origine commune.

Le Père, le Fils, et le Saint Esprit s’interpénètrent de la manière la plus parfaite et agissent vers l’extérieur, dans le monde, de la même et unique manière."

Neuner-Roos, réf. citée, p.161 et suiv.)

 

Le prophète :

Puis-je t’interrompre ? Toutes ces explications sur la trinité sont tellement compliquées que quelqu'un qui essaie d'y comprendre quelque chose doit, du même coup, y perdre l’envie d’entrer dans la trinité divine. Quand j'entends "Le Saint Esprit a comme origine unique le Père et le Fils", j'imagine qu’il s'agit d’engendrement sprituel, puisque tu as dit que le Fils provient du Père par engendrement éternel. Cela, je peux encore le comprendre dans la mesure où Dieu est le principe Père-Mère. Cependant, que deux personnes masculines, Père et Fils en engendrent une troisième, le Saint Esprit - comment cela est-il possible ?

 Cher frère, jamais aucun prophète n’a enseigné des choses tellement illogiques. Tous les prophètes, et particulèrement le plus grand d'entre eux, Jésus, le Christ - qui est désormais notre Rédempteur - nous ont présenté l’image du Dieu-Père dont nous sommes tous des fils et des filles, mais aucun d’eux n'a parlé de trois personnes formant une seule nature divine.

La vie est Dieu et Dieu est Esprit. Il est le souffle présent en tout et en tous. A partir du courant de l’Esprit, Dieu, s’est manifesté Dieu-Père, l’Etre suprême de l’infini. On peut également Le désigner en tant que personne. L’Esprit qui agit également en tant que tel dans l’Etre suprême, est le principe Père-Mère, d'où est issu le Fils, le Corégent des cieux. Tous les êtres divins sont issus de l’Esprit-Saint éternel s’écoulant universellement, du Souffle, Dieu qui, dans le Père est également le principe Mère.

 

L’expert en théologie catholique :

Voilà ce qui me mettait si mal à l’aise autrefois. Ce que tu viens de dire provient d’une vision intérieure et cela me rappelle les connaissances chères à Origène dans la première moitié du troisième siècle. Ainsi, pour parvenir à se faire une idée de Dieu, il fait appel à l'exemple de la lumière provenant de l’éclat du soleil : "L’éclat du soleil est infiniment supérieur à la lumière que tu perçois... Nos yeux ne peuvent pas voir d’emblée la nature même de la lumière, c’est-à-dire la substance du soleil ; cependant nous pouvons contempler son éclat ou ses rayons, par exemple lorsqu'ils s'infiltrent par une fenêtre ou par un petit interstice, et nous imaginer ainsi l’immensité de la masse en fusion, d'où rayonne la lumière physique. De même les paroles de la providence divine et la construction élaborée de cet univers sont comme les rayons de la nature de Dieu en comparaison avec Sa substance et Sa nature même." (Origène, princ. I 1, 5.6)

A propos du Christ, Origène a dit par exemple :

"Le Christ est à l’image parfaite de Dieu... Il est la sagesse de Dieu, le rayonnement de Sa perfection et de Sa magnificence, ‘créé’ en tant que commencement des oeuvres de Dieu. Et comme tout ce que fait le Père, le Fils le fait aussi, il s’ensuit, par le fait que le Fils fait tout comme le Père, que l’image du Père est reconstituée dans le Fils qui est né de Lui." (Origène, princ. I 1, 2.6)

Origène était lui-aussi un maillon de la chaîne à travers laquelle le message de Dieu aurait dû parvenir fidèlement aux hommes. Au lieu de cela, on a élaboré des principes ecclésiastiques sur lesquels doit s'orienter le théologien catholique.

Jésus n’a jamais parlé d’un "Dieu trinitaire" mais de Son Père et de l’unité avec Lui et

Il a dit qu’Il nous enverrait le consolateur. (Jean 16,7)

 Le dogme de la "trinité" a été institué au 4ème siècle. Comment en est-on arrivé là ?

Plus le message de Jésus a pris racine au sein de l'empire romain, plus il a été confronté à la vision polythéiste des Romains. Le message du Dieu unique était clair - mais qui donc était ce Jésus, que l’on appelait le Fils de Dieu ? De plus en plus de Romains parmi les nouveaux chrétiens, restés profondément romains dans leur orientation, découvrirent des parallèles avec leur foi de jadis qui s’exprimait surtout dans la vénération d’une triade de dieux (d’une trinité divine) formée par Jupiter (le père des dieux), par Junon (son épouse) et par Minerve (leur fille) ; ils furent considérés comme les dieux principaux et protecteurs de l’état romain.

 Les romains christianisés acceptèrent de bonne grâce tous les aspects de la nouvelle foi chrétienne qui leur semblaient familiers et ne les éloignaient pas trop de leur foi d'origine. Cependant, plus les Romains embrassaient le christianisme, moins les chrétiens des origines pouvaient se faire entendre.

Historiquement, le concept de la "trinité" a été institué au cours de la deuxième moitié du 4ème siècle mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il soit vrai. Bien au contraire, en tant que vérité religieuse, ce concept est absurde et incompréhensible. De plus il est dépourvu de tout fondement biblique.

 

Le prophète :

A mon avis, l’aveuglement des croyants a commencé avec les soi-disant "mystères de Dieu", dont on a fait un système. Dès lors, la caste des prêtres s’est placée au-dessus des croyants et au-dessus de l’enseignement logique et simple de Jésus de Nazareth donc au dessus de Dieu Lui-même. Lors de notre incarnation terrestre chacun de nous est doté de la raison. Nous devrions en faire usage, dans la mesure du possible, pour réfléchir de manière rationnelle et ne pas accepter systématiquement tout ce qu'on nous propose.

C’est pourquoi je prétends que les fidèles de l’Eglise ont eux-aussi leur part de responsabilité quand ils marchent dans le système païen et médiéval d’une caste de prêtres qui les tient sous sa férule avec son "credo quia absurdum".

 Jésus n’a instauré ni cultes ni coutumes et si l’humanité Le suivait, Lui, le Christ, elle n’aurait pas besoin de tout cela. Deux mille ans ont passé et l’on peut toujours voir des païens se ranger sous la bannière des serviteurs des dieux, observant leurs coutumes païennes à travers des rites qui maintiennent les fidèles dans un état de dépendance.

 

L’expert en théologie catholique :

Les cultes voués aux dieux se pratiquent toujours. Les hommes croient avoir besoin d’intermédiaires auprès de Dieu parce qu’ils imaginent ne pas pouvoir le regarder en face. Ainsi ont-ils attendu et attendent-ils toujours que d’autres s’en chargent ; ils ont délégué à d'autres la tâche d'entrer en communication avec Dieu. Ainsi, ces derniers ont-ils acquis aux yeux de la masse un certain pouvoir spirituel. Ils se sont fait "consacrer" ou "ordonner". Cela a provoqué au sein de l’église catholique, une séparation entre le "clergé" (les élus) et les "laïques" (ceux qui font partie du peuple) ; donc entre le clergé et le peuple. Prêtres et pasteurs sont devenus des personnes à part, à l’opposé de ce qu’avait enseigné Jésus : "Tu ne devrais pas te faire appeler Rabbi : Un Seul est votre Maître, le Christ ; cependant vous êtes tous frères". Ils sont devenus des "médiateurs" entre les hommes et Dieu.

En instaurant les "sacrements", ils ont acquis du point de vue théologique, un rôle particulièrement important dans la relation avec Dieu, en contradiction totale avec ces paroles de Jésus : "Nul ne vient au Père que par Moi".

 

Le prophète :

Au cours des dernières années la caste des prêtres a été éclaboussée à plusieurs reprises par des scandales publics. Pourtant, bien des secrets sont sans doute encore gardés par tel prêtre ou tel pasteur à qui il ne viendrait d'ailleurs jamais à l’idée d'agir autrement, formés qu'ils sont à l'idée que Dieu a Lui-aussi des secrets envers les hommes, ce qui est faux naturellement. Il est exeptionnel - et tout particulièrement chez les théologiens qui se considèrent comme des "sages" - que quelqu'un admette qu'en entretenant ses aspects pécheurs, c'est-à-dire en voulant les conserver, il s’éloigne de plus en plus de Dieu. Ainsi, quelqu'un qui pèche, crée un fossé entre Dieu et lui-même. Dans ces conditions, il ne lui est pas possible de se rapprocher de Dieu, notre Père éternel - en accomplissant ce que Jésus, le Christ a enseigné, c’est-à-dire les Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne. C’est pourquoi il projette sur Dieu ses propres secrets, son propre mur de brouillard. De par sa position, en raison du vêtement qu'il porte et de la considération qu’il reçoit en tant que curé ou pasteur, le théologien peut garder ses secrets, étouffer ses scandales, sous le couvert hypocrite du nom de Jésus, le Christ. Le peuple n’ayant pas appris à se méfier des apparences, on continue ainsi à le duper.

Pourtant, les prêtres attendent de leurs fidèles qu’ils leur confessent leurs secrets. Cependant on ne peut pas tromper Dieu, ni même l'étudier. Dieu est la lumière. L’homme ne peut pas repousser cette lumière, ni l'étudier mais s'il accomplit les Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne alors celle-ci vit dans son coeur. Nul besoin de confessionnal ni de l’oreille pécheresse d’un prêtre pour cela.

Pour moi, la théologie est une forme particulièrement élaborée de camouflage, un enseignement tellement compliqué qu'il dénature totalement le message de Jésus. Après avoir été ainsi déformé, il est redonné au peuple sous la forme de paroles douceureuses afin que les fidèles continuent d'ignorer que derrière tout cela se dissimule en fait un théologien appartenant la plupart du temps à la caste de prêtres.

 

L’expert en théologie catholique :

Malheureusement, il me faut admettre que tu as raison, car beaucoup d’hommes imaginent que, sans prêtre ou pasteur, la on ne peut pas ressentir la présence de Dieu. Il faut bien reconnaître que l'attitude des prêtres et des pasteurs consistant à s’identifier ainsi à la présence de Dieu a des conséquences catastrophiques. La plupart des fidèles pense que les prêtres ont foi dans ce qu’ils enseignent et qu’ils se tiennent aux Commandements de Dieu.

Quand des scandales éclatent, leurs réactions le prouvent. Beaucoup sont alors déçus d’avoir placés leur confiance en tel pasteur ou en tel évêque. S'il s'agit de malversations sexuelles ou financières, il apparaît alors clairement que prètres et pasteurs prèchent des vertus qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes. C’est pourquoi les hommes finissent par douter de Dieu et par ne plus croire aux paroles que le prêtre prononce sans jamais les appliquer lui-même. Ils rejettent Dieu car ils ne connaissent bien souvent que le "Dieu de l’Eglise".

Depuis le début de notre entretien, tu as remis en question les dogmes, les sacrements et les rites de l’Eglise en leur opposant l’enseignement de Jésus, à juste titre. Je peux témoigner ici que toutes ces vétilles proposées par l’institution catholique, comme tu les nommes, résultent du polythéisme païen qui idolâtrait une multitude de dieux. L’éducation et les conseils prodigués par l'entourage d’un jeune attiré par la théologie, remettent rarement en cause ce qui est enseigné et vécu par la caste des prêtres. Les dogmes constituent un "édifice" vers lequel on dirige tout naturellement le futur prêtre ou théologien. C’est pourquoi on instruit et forme généralement les théologiens dans des internats et dans des séminaires, c'est-à-dire à l’écart du monde.

Pas une seule fois au cours de mes études de théologie, mes professeurs n’ont abordé le sujet des dogmes pour se demander s'ils correspondaient ou non à la volonté de Dieu.

 

L'expert en théologie protestante :

Durant mes études, je n’ai moi non plus pratiquement jamais entendu parler de la volonté de Dieu. Chaque professeur a enseigné des choses différentes et chacun a influencé les étudiants à sa manière.

Cependant, il y avait tout de même ce qu'on pourrait appeler un plus petit dénominateur commun, à savoir se référer à la Bible et aux exégèses de la Bible développés au sein de l'Eglise protestante.

Avant qu’un prêtre ne prononce ses voeux "à vie", on lui demande d'exprimer son point de vue sur "la Bible et la confession".

Là, le dénominateur commun devient encore plus petit, dans la mesure où les bases sont justement mal définies et que celui-ci peut trouver dans la Bible précisément le contraire de celui-là. Ainsi, une affirmation du style "Tel ou tel dogme n’est plus actuel", est très souvent admise.

Dès lors, le dénominateur commun se réduit souvent à une attitude de base positive envers cette confession et dans ce cadre chacun dispose jusqu’à un certain point, de la liberté de croire et d’enseigner ce qui lui semble juste. Au sein de l’Eglise protestante, cette "liberté" est d'ailleurs considérée comme un "label de qualité".

Dans un tel contexte, pourquoi chercher à faire l’unanimité dans l’interprétation de la volonté de Dieu ? Cela ne ferait que se traduire au contraire par davantage de divergences d’opinions pouvant même dégénérer en franche opposition.

 

Le prophète :

Avoir une "opinion", c'est avoir la certitude que les choses sont telles qu'on les pense sans jamais remettre en question cette certitude. Ainsi, quand deux personnes expriment des "opinions opposées", cela signifie que chacune d'elles fait part de ses idées personnelles sur un sujet et s'y tient quoi qu'il arrive. Comme tu viens de l’expliquer, ceci s’applique également aux prêtres. Pourquoi avons-nous donc besoin de curés et de pasteurs puisque chacun peut interpréter la Bible selon sa propre opinion et en faire ce que bon lui semble ? Pourtant, n’est-il pas écrit quelque part que la Bible est la parole de Dieu et que personne ne doit lui retrancher ni lui ajouter un seul mot, un seul iota ?

 

L’expert en théologie catholique :

Dans l’Apocalypse de Jean, il est écrit : "Et à qui oserait retrancher aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera son lot de l’arbre de vie..." (Apocalypse 22, 19)

Dans le Sermon sur la Montagne, on peut lire : "...pas un i (iota), pas un point sur le i, ne passera de la Loi..." (Mt 5, 18)

Dans le livre des dogmes de l’Eglise catholique, il est dit entre autre : "De plus, tous les livres que l’Eglise reconnaît comme saints et canoniques sont écrits dans leur intégralité sous l’inspiration du Saint-Esprit." (Neuner-Roos, la foi de l’église, 12. éd., 1986, Nr. 106)

 

Le prophète :

De nombreux théologiens font valoir que la Bible doit être prise au pied de la lettre. Alors comment s’y retrouver dans le dédale d’opinions souvent contradictoires que ces mêmes théologiens ont forgés autour de la Bible ? A quoi servent les théologiens si on ne peut pas leur faire confiance ? Quel rôle jouent les pasteurs et les curés si chacun d’eux peut interprétrer les écritures comme bon lui semble ?

 

L’expert en théologie protestante :

On pourrait aussi se demander pourquoi il existe tant de confessions et de courants ecclésiastiques différents, tant de groupes et de cercles religieux. En réalité, comme tu viens de le rappeler, c'est parce que chacun interprète la Bible et les enseignements ecclésiastiques comme il l'entend, autrement dit, selon ce qu’il croit avoir compris de la Parole de Dieu.

En utilisant ses connaissances, il est toujours possible à un théologien de "justifier" son point de vue. Il est vrai que bon nombre de connaissances historiques ou philologiques sont très peu controversées. Cependant, en dehors de ces connaissances, le plus important reste le "courant" auquel se rattache un théologien. Beaucoup de fidèles attachés à l’Eglise, optent pour un théologien en fonction du courant auquel il appartient, ou un directeur de conscience dont l’orientation correspond à ce qu’ils croient être la bonne. Si quelqu’un change de conviction religieuse parce que peut-être il aura rencontré un théologien d’un autre courant, cela inquiète bien souvent son entourage.

De manière générale, au lieu d’apporter la clarté, les théologiens ont créé au contraire la confusion dans les esprits. Pour trouver le chemin vers Dieu, il n’est nul besoin de théologiens ou de prêtres. Et celui qui est suffisamment libre pour croire en ce qu’il trouve juste, peut très bien se passer des théologiens. Au cours des études de théologie, il est rare qu'on se demande quelle est la volonté de Dieu.

 

L’expert en théologie catholique :

Je dois confirmer en effet que ces études n’amènent pas à s’interroger sur la volonté divine. Dans les universités de théologie, on apprend aux étudiants à citer les textes de la Bible et l’art de la rhétorique pour laquelle on travaille même l’intonation de la voix, afin de rendre plus convaincant aux yeux des fidèles, les rites, les sacrements et les dogmes que l’on a étudiés.

 

Le prophète :

Il est assez logique que les parents, la famille d’un étudiant en théologie ne cherchent pas à s’interroger sur l’origine des dogmes et des divers actes ou cérémonies cultuelles. Celui qui considère les paroles de Jésus : "Enseignez d’abord et baptisez ensuite" et qui voit comment la caste des prêtres les a sciemment inversées pour en faire : "Baptisez d’abord et enseignez ensuite", comprendra que Jésus a enseigné la liberté, tandis que la caste des prêtres a toujours pratiqué l’endoctrinement, y compris aujourd’hui, en inversant cette Loi énoncée par Jésus.

Par l’application de ce principe contraire à la liberté "Baptisez d’abord et enseignez ensuite", les Eglises ont instauré un système d’endoctrinement qui se pratique encore aujourd’hui dès l’enfance. L’on y parle bel et bien de Jésus, le Christ, mais l’on y fait rarement ce qu’Il a demandé. On peut ainsi dire que l’apparence sanctifie les moyens et le moyen, c’est le but : endoctriner. Les parents qui sont eux-mêmes endoctrinés ne se demanderont pas si leur fils, en l’occurence l’étudiant en théologie, peut être inspiré par des forces qui finalement vont à l’encontre de l’enseignement de Jésus, même si pour donner le change, leurs représentants ont fréquemment le nom de Jésus, le Christ, sur les lèvres - mais non dans le coeur car souvent le coeur s’est perdu sur le parcours des études de théologie.

 

L’expert en théologie catholique :

Endoctriné à l'époque de ma jeunesse, ce n’est que bien plus tard que le doute m’a saisi, alors que j'étais chargé d’une paroisse ou peut-être même déjà dans la mission, et je sais que d’autres prêtres ont vécu le même processus.

La plupart de ceux qui constituent la masse des fidèles ne connait pas les dogmes dans leur ensemble. Le fidèle moyen n’en connaît la plupart du temps que quelques-uns ainsi que quelques obligations religieuses. De plus il fait rarement la différence entre dogme et comman-dement de l’Eglise. Par exemple, les dogmes catholiques énoncent les points fondamentaux de la foi catholique, ses obligations, tandis que les commandements de l’Eglise sont des règles qui gèrent la vie paroissiale, comme par exemple le devoir d’assister à la messe dominicale.

 

Le prophète :

Tu parles d’obligation religieuse et de vie paroissiale qui impose entre autre d’assister à la messe du dimanche. Jésus, le Christ, n’a parlé ni d’obligations, ni de vie paroissiale. Je voudrais faire une différence entre obligation et devoir. L’obligation dit : je "dois" vivre selon certaines règles. Le devoir d’un chrétien - de quelqu'un qui se dit chrétien - est d’accomplir les Commandements de Dieu et de vivre selon le Sermon sur la Montagne. Mais il n’est nullement question d’imposer quoi que ce soit à l'aide de "tu dois...".

Quelqu'un qui se dit chrétien devrait pourtant se demander s'il est juste et honnête, d’un point de vue moral, de se dire chrétien et de vivre en contradiction avec ce que Jésus, le Christ, a enseigné ? C’est pourquoi, aux théologiens et à tous ceux qui les écoutent et les suivent, je conseille de fermer la Bible. C’est un conseil et non une obligation. Car ce que font et proclament bon nombre de prétendus chrétiens est à l'opposé de ce que Jésus, le Christ, a enseigné.

Jésus n’a jamais parlé de vie paroissiale ni d’obligation à fréquenter la messe dominicale. Dieu a enseigné le Sabbat qui devrait être sanctifié afin que l’homme puisse se reposer de ses journées de travail pour atteindre l’harmonie et avoir ainsi accès au plus profond de son être, de son temple intérieur, pour trouver Dieu en lui-même car Jésus a enseigné que chaque homme est le temple de Dieu et que l’Esprit habite au plus profond de chaque homme.

 

Cependant des aspects de la vérité sont encore perceptibles dans la Bible. Mais pour les trouver, il faut écouter son coeur. Chez beaucoup de prêtres, cette faculté a été enfouie en raison d’une vie entièrement consacrée à la théologie qui est un moyen d’atteindre un certain but qui s’appelle la profession. Les actes cultuels ont été transposés de l’époque païenne, c’est-à-dire du polythéisme, à aujourd’hui et attribués tout simplement de manière erronée aux prophètes de l’Ancienne Alliance, c’est-à-dire imputés à la Bible. L’Ancien Testament relate souvent des histoires sanglantes où Dieu aurait ordonné d’attaquer des peuples voisins, de les exterminer et de se venger ainsi du prochain. Le Dieu de l’Ancienne Alliance est un Dieu cruel qui aurait demandé par le canal des prophètes non seulement qu’on Lui sacrifie des animaux en offrande mais aussi des êtres humains par les guerres et autres actes de violence. Jésus, Lui, a parlé d’un Dieu différent, d’un Dieu d’amour, un Père Qui aime tous Ses enfants.

Quel est donc ce Dieu de l’Ancien Testament - nous ne faisons pas état ici de ce qui a été attribué de manière erronée aux prophètes - et qui S’exprime à travers Jésus dans la Nouveau Testament ? Dans l’Ancien Testament, la caste des prêtres a mélangé ses propres conceptions aux paroles des prophètes qui nous ont été retransmises, conceptions qui avaient leurs racines dans le polythéisme assoiffé de sang. De nos jours, la caste des prêtres en se référant au Nouveau Testament continue à mettre en scène les cultes païens.

Deux mille ans sont passés depuis la venue de Jésus. Son enseignement qui affirme un Père aimant, éternellement bon, a été sacrifié par la théologie.

 

L’expert en théologie catholique :

A l’époque de Jésus, cette image du Père aimant et éternellement bon, différait des conceptions que le peuple israélite aussi bien que les peuples polythéistes voisins avaient de Dieu. La manière dont Jésus parlait et vivait, était claire et sans équivoque. Cependant, la caste des prêtres réussit à perpétuer cette image cruelle ainsi que les aspects cultuels du Dieu de l’Ancien Testament pour les introduire dans le christianisme.

Les actes cultuels païens illustraient la croyance en plusieurs dieux, c’est-à-dire l’idôlatrie. L’autel de pierre, très répandu dans les écritures de l’Ancien Testament, montre bien non seulement l’importance que l’on attachait aux paroles et aux prières mais aussi celle donnée à tout ce qui touche au matériel et en particulier aux sens, par exemple avec l'holocauste, l’encens, l’eau, l’huile et les habits de cérémonie.

 

Le prophète :

Qu’y a-t-il de différent aujourd’hui ? Les actes de culte sont seulement un peu plus raffinés et coûteux. Les Eglises ont amassé des fortunes sur le dos de croyants prodigues.

 

L’expert en théologie catholique :

En ce qui concerne les pratiques cultuelles toujours plus raffinées, j’aimerais ajouter que depuis l’époque de Jésus, afin de faire respecter les dogmes, de nouvelles pratiques ont sans cesse été créées, comme cela se faisait dans le paganisme ; ainsi par exemple, l’invention du signe de croix pour donner plus de force au dogme de la trinité, le triple encensement (agiter l’encensoir), l’ornement de la salle de culte (le tabernacle, "la lumière éternelle", la colombe...) ou encore toutes les cérémonies rituelles de la semaine sainte, ainsi que les nombreuses processions et autres manifestations solennelles accompagnant la célébration des sacrements.

Les autels de l’antiquité ont été remis au goût du jour ; déjà les Israélites les utilisaient. Abraham, issu du peuple de la région de Ur avait bien sûr abandonné la croyance dans les dieux de ses ancêtres depuis qu’il avait perçu la voix de Dieu, de l’Un, qu’il suivait, au plus profond de lui-même. Cependant il maintenait le rite des sacrifices extérieurs en offrande à son Dieu. La reconnaissance du Dieu Unique fut le premier pas qu’il fit hors du polythéisme.

Quand Abraham crut que ce Dieu exigeait qu’il Lui sacrifiât son fils, l’ange lui expliqua qu’il ne s’agissait pas en réalité de sacrifier l’homme en faisant un holocauste humain, mais de lâcher ce qui le liait à son fils et qui le rendait ainsi dépendant de lui. Ainsi, Dieu lui enseigna-t-Il le premier Commandement : "Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi...", des dieux qui pourraient être justement les liens qui nous font dépendre d’autres personnes. Ce qui est rapporté dans la Genèse, montre bien le niveau de conscience des hommes de jadis quand ils écrivaient : "L’ange du Seigneur du ciel dit : ne porte pas la main sur le garçon et ne lui fais aucun mal ; car maintenant, Je sais que tu crains Dieu et que pour Moi, tu n’aurais pas épargné ton fils unique." (Gn 22, 12)

 Ainsi, cette image du "maître de cérémonie", me fait penser au récit du repas de la Cène. Si l’on ne se reporte pas à l’époque des coutumes païennes et à l’influence qu’elles ont pu avoir, comment expliquer qu’il ait pu s’instaurer à partir de la Cène, un sacrifice reproduit par les gestes du prêtre quand il célèbre le sacrement de l’eucharistie. On se souvient que, lors du dernier repas qu’ils prirent ensemble, Jésus a dit aux Siens qu’Il donnerait Sa vie et en servant à Ses apôtres le pain et le vin, Il symbolisait le don de Son corps et de Son sang. Il leur a demandé de célébrer à l’avenir le repas de la Cène tous ensemble, en mémoire de Lui, et de recevoir le pain et le vin comme symboles de la force intérieure reçue de Lui. Jésus n’a pas voulu faire de ce repas commémoratif le rituel d’un sacrifice expiatoire, où le prêtre - au moyen de quelques formules magiques - transforme du pain et du vin en Son corps et en Son sang pour l’offrir à Dieu sur l’autel.

Si Jésus revenait sur terre aujourd’hui, il lui faudrait entreprendre un nouveau "nettoyage du temple" serait nécessaire.

 Si l'on reprend chacun des sacrements en vigueur au sein des institutions ecclésiastiques et si on les met en parallèle avec ce que Jésus a dit et fait, on contate que :

Jésus n’a jamais baptisé ;

Jésus n’a jamais confessé ;

Jésus n’a jamais donné la communion ;

Jésus n’a jamais confirmé ;

Jésus n’a jamais ordonné de prêtres ;

Jésus n’a jamais béni de mariages ;

Jésus n’a jamais administré l’onction aux malades.

Toutes les cérémonies et tous les cultes sont des manifestations issues du polythéisme.

 

L’expert en théologie protestante :

Parmi bien d’autres actes religieux, l’Eglise catholique privilégie ces sept sacrements, ou "signes (visibles) de la grâce (invisible)" : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’onction des malades, l’ordre et le mariage. L’Eglise protestante a réduit ce nombre à deux ou trois, le baptême et la Cène, et éventuellement la confession ou pénitence. Selon les Eglises catholique et protestante, les sacrements auraient été institués par Jésus. Pour se faire, chaque sacrement se serait vu attribuer un signe extérieur.

Cependant si l’on fait des recherches, il est clair que Jésus de Nazareth n’a institué aucun des sacrements.

Lorsqu'Il a prononcé ces paroles : "Enseignez d’abord et baptisez ensuite" (Mt 28,19), Jésus a voulu montrer que ce n’était pas l’acte extérieur du baptême qui était important, mais le baptême spirituel intérieur. Les hommes qui cheminent vers Dieu avec droiture et détermination et qui ont reçu le baptême spirituel seront accueillis parmi les baptisés spirituels.

Par ailleurs, l’Eglise prétend que Dieu agit à travers le sacrement du baptême afin de sceller une alliance avec les hommes. C’est ainsi que l’on transforme une pratique de l’Eglise destinée à recruter des ouailles en action divine. De ce fait, on abuse du nom même de Dieu car ce n’est pas Dieu qui agit alors mais bien le prêtre. Jamais Jésus n’a dit que Dieu agissait à travers un sacrement ou une cérémonie.

Le baptême des nouveaux-nés dont l’Eglise protestante a fait une pratique obligatoire, n’a jamais été demandé par Jésus. Chacun devrait pouvoir se décider librement. Comme il est dit dans la Bible, en premier lieu vient l’enseignement ; ensuite l’homme peut choisir s’il l’accepte ou non. S’il l’accepte et qu’il vit l’enseignement dans la pratique, alors viendra le temps où il recevra le baptême spirituel. C’est cela que Jésus voulait.

Cependant les Eglises protestantes n’ont jamais respecté cela. Par ailleurs, en 1956, elles ont modifié la Bible de Luther en traduisant le mot "enseigner" par "rassembler des disciples".

Dans les nouveaux catéchismes, par exemple, il est soudain question de faire du nouveau-né un "disciple, en le baptisant. Dans ce contexte, "l’enseignement" a été complètement laissé de côté. On a de ce fait falsifié les paroles de Jésus.

 

Le prophète :

Il est écrit qu'il ne faut changer ni un iota, ni un seul mot de la Bible. Mais peut-être Dieu fait-Il une exception en acceptant que, par le baptême, le nouveau-né se transforme en disciple et en successeur de l’Eglise luthérienne ? Jésus de Nazareth a-t-Il enseigné de telles choses ?

 

L’expert en théologie protestante :

Ici, la falisification du sens s’est opérée lors d’une nouvelle traduction.

Le baptême implique pour le nouveau-né qu’il devient membre de l’Eglise luthérienne, ce qui entraîne aussi pour lui par la suite, de payer les impôts pour l’Eglise. Le prêtre qui baptise un nouveau-né agit contre la volonté de Jésus, le Christ.

L’Eglise, pourtant, s’obstine dans ce sens. Quand, se référant à Jésus, un diacre luthérien de mes connaissances, refusa de faire baptiser son fils âgé de quelques mois pour qu’il ait la liberté de choisir à sa majorité, un doyen eut alors recours aux mesures officielles à son encontre. Le diacre, en raison de sa position vis-à-vis du baptême, fut privé du droit d’exercer ses activités parmi la jeunesse.

On peut donc dire que l’acte du baptême par l’eau du nouveau-né est un sacrement de l’Eglise qui n’a rien à voir avec ce qu’enseignait Jésus de Nazareth.

Le sacrement de la Cène (communion) n’a pas non plus été institué par Jésus. Lors du dernier repas avec Ses disciples, quand Jésus leur dit : "Faites cela en mémoire de Moi", Il n’imaginait pas alors des hommes vêtus de noir, devant l’autel d’une Eglise, invitant d’autres hommes à communier en leur distribuant des hosties pour symboliser extérieurement un sacrement.

Jésus pensait à un repas véritable, pris en commun dans Son Esprit, et sans prêtres.

 

L’expert en théologie catholique :

Le sacrement de l’ordre fait partie des sacrements catholiques. L’importance que l’on attribue au "maître de cérémonies" est particulièrement manifeste dans la mise en scène faite autour de la célébration de la première messe (= première messe que célèbre le "serviteur de Dieu", le prêtre nouvellement ordonné). Une grande fête se déroule pour la circonstance dans une ambiance populaire, où sont conviés les fidèles et les jeunes de la paroisse auxquels se joignent choristes et musiciens. La Cène, le dernier repas de notre Seigneur fut un des moments les plus difficiles de Sa vie cependant que la première messe célébrée par le jeune prêtre est devenue, elle, une fête populaire. Ce n’est que plus tard, après plusieurs années d’exercice de ma fonction de prêtre, que j’ai soudain pris conscience que lors d’une première messe, le centre d’intérêt était en fait un être humain qui reçoit vêtements et objets particuliers, ainsi que toute l’aide nécessaire pour faire de lui un "sacrificateur" fidèle.

 

Le prophète :

Et la victime du sacrifice, c’est celui qui verse de l’argent à l’Eglise, non seulement en réglant l‘impôt ecclésiastique comme c'est le cas en Allemagne, mais aussi à travers l‘impôts que lui prélève l’Etat, qu’il soit membre de l’Eglise ou pas. En outre, le croyant contribue de bien d’autres façons à l’enrichissement de l’institution ecclésiastique en déposant son obole dans le tronc de l’église, en participant à la quête dominicale ou en remmettant au prètre une enveloppe lors des mariages, enterrements ou baptêmes.

Le salaire d’un prêtre ou d’un pasteur est prélevé directement des caisses de l’église qui sont donc alimentées par de nombreuses sources que l’on peut récapituler brièvement : les subventions payées par l’état avec l’argent des contribuables, qu’ils soient ou non croyants, l’impôt ecclésiastique que paye le croyant, les dons, les héritages, l’argent des troncs et des quêtes versé par les fidèles depuis l’origine et qui au fil du temps ont contribué à la fortune de l’église.

On peut alors se demander s’il existe une profession aussi lucrative que celle du théologien en fonction ?

Le pouvoir de la caste des prêtres a grandi de plus en plus grâce aux richesses inimaginables mais gardées secrètes que les Eglises institutionnelles ont accumulées. Désormais celles-ci ne pourront certainement plus passer par le "chas de l’aiguille", pour reprendre l’image évoquée par Jésus : "Il est plus facile à un chameau de passer par le chas de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu." Cette caste, depuis que Constantin a fait de l’église romaine une église d’état, s’est toujours servi de l’Etat pour pouvoir exécuter sa volonté. On la nomme Eglise "chrétienne" mais en réalité, elle n’a pas grand chose à voir avec ce que Jésus enseignait, Lui qui a dit entre autre : "Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent...". Il est dit aussi, à la fin de l’Apocalypse de Jean, à propos de Babylone la prostituée, symbole d’une église devenue séculière : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés et de partager les fléaux qui lui sont destinés."

Dans la presse allemande du 29-12-1997, le président du conseil de l’Eglise protestante en Allemagne déclarait : "...Il est vrai que nous sommes encore une église riche." On est en droit alors de se demander qui est à l’origine de cette richesse. La réponse, encore une fois est : le contribuable qui paie des impôts à l’Eglise et l’Etat qui lui verse des subventions.

Qu’aurait dit Jésus de tout cela ?

 

L’expert en théologie protestante :

Jésus de Nazareth disait : "Malheur à vous, les riches" (Lc 6, 24) et Il n’a pas enseigné à Ses disciples de lever un impôt ecclésiastique, impôt qui fut introduit au 19ème siècle. De nos jours, pour les années quatre-vingt-dix, la recette annuelle s’élève environ à 17 milliards de DM, nets d’impôt. De plus, comme tu l’as dit, l’Etat verse tous les ans sous forme de subventions, des milliards dont plus de quatre sont destinés à l’enseignement religieux des deux confessions dans les écoles publiques ou versés à titre de "dotations" annuelles aux deux Eglises depuis 1817 en dédommagement des pertes causées par l’étatisation qui eut lieu sous Napoléon.

Parmi les biens nationalisés à cette époque figurent, par exemple, des terres tombées aux mains de celle-ci à la suite de faits de guerre, ou des biens confisqués à des personnes que l’Eglise avait fait brûler comme sorcières ou hérétiques. Mais cela n’empêche pas les Eglises protes-tante et catholique de recevoir tous les ans depuis presque deux siècles une somme destinée à compenser la perte de ces biens.

Jésus de Nazareth n’a jamais demandé à Ses successeurs de fonder une Eglise sur l‘argent.

Grâce aux concordats ou aux traités passés entre les Eglises et l‘Etat, celles-ci ont acquis l’assurance de percevoir de nouveaux fonds publics dont le montant peut encore s’évaluer en milliards et destinés à couvrir l’ensemble des frais de la formation des théologiens dans les universités ou dans les hautes écoles religieuses ou à subventionner le soin des âmes dans les prisons ou les casernes.

Depuis la réunification des deux Allemagnes, les nouveaux états de l’est ont été contraints eux aussi à la suite de concordats, à participer au financement des Eglises institutionnelles bien que 80% de leur population n’y appartienne à aucune de ces deux confessions.

Voilà quelques-unes des multiples façons qu'ont les Eglises institutionnelles de percevoir des revenus substantiels qui viennent s’ajouter à leurs réserves financières déjà considérables .

On estime entre 80 et 100 milliards de DM les réserves financières de l’Eglise catholique et on avance un chiffre à peu près similaire pour l’Eglise protestante, auxquels s’ajoutent des biens fonciers et immobiliers que l’on peut évaluer à environ 400 milliards de DM pour la seule Eglise catholique. Aux dires des Eglises, une partie de ces biens est invendable, pourtant l’Eglise protestante a déjà transformé certain de ses bâtiments en restaurants, en centres sportifs ou en musées, et même en logements, source de nouveaux revenus. Précisons que le mobilier ornemental des églises ainsi que les objets du culte dont beaucoup sont de véritables joyaux (crucifix, calices en or sertis de pierreries, etc...), ne sont pas inventoriés dans ces réserves.

Telle est la situation en Allemagne. En Autriche et en Suisse, les Eglises reçoivent également des subventions qui peuvent être chiffrées en milliards ; en Suisse, même les entreprises sont astreintes à payer elles aussi des impôts pour l’église.

Tout cela est bien loin de ce que voulait Jésus de Nazareth qui n’a jamais demandé ni aide ni soutien financier à l’Etat pour Lui-même ou Ses disciples. Ils vivaient selon le Commandement "Prie et travaille" et non selon le principe : "Fais-toi payer pour dire des prières!"

Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus nous a mis en garde : "N‘amassez pas des trésors sur la terre..." a-t-Il dit (Mt 6, 19). Pourtant les Eglises amassent bel et bien des trésors sur la terre.

Jésus a dit encore : "Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a rien où poser sa tête." (Mt 8, 20)

C’est aussi un symbole pour Ses successeurs qui ne devraient considérer aucun endroit sur terre comme leur patrie ni se lier à de tels lieux.

Cependant, les Eglises se sont liés à tous ces endroits où elles ont amassé des fortunes dont le montant peut être chiffré parfois en milliards, faisant construire des palais, de somptueux édifices et devenant propriétaire de milliers de bâtiments dont l’état se fait même le devoir d’assurer l’entretien. En plus de ces charges immobilières que l’Etat endosse au profit des Eglises, celles-ci reçoivent chaque année plus de 270 millions de DM pour l’"entretien des monuments".

D’autres sommes qu’on peut évaluer en millions de DM s’ajoutent encore à ce bilan : ce sont les avantages "en nature" (c’est-à-dire des dons qui se faisaient sous forme de blé, de poissons, de bois, etc...) dont l’Etat avait pris l’obligation au cours des siècles précédents pour entretenir le clergé. Ils sont perçus aujourd’hui encore dans beaucoup de régions.

Que les frais de personnel soient aujourd’hui couverts par l’impôt ecclésiastique ou payé directement par l’état, n’a pas entraîné la suppression des "avantages en nature". Les Eglises les font convertir en Deutschmark qui sont virés sur leurs comptes bancaires par l’état, à moins que celui-ci ne se libère de cette contrainte en versant aux Eglises de fortes indemnités s’élevant à peu près à 25 fois le montant annuel de l’obligation.

Ce que tout cela représente pour le citoyen allemand peut être illustré à travers l’exemple de Karlstadt, ville de 14000 habitants, située dans la région du Main-Spessart : comme bien d’autres communes, la ville de Karlstadt est redevable chaque année des "avantages en nature" envers les Eglises. Pour se libérer de cette obligation, en 1997, la ville aurait dû verser une somme équivalant à plus de 500 000 DM au profit des Eglises institutionnelles - ce dont elle ne pouvait pas s’acquitter. Le conseil municipal fut donc obligé de reconduire le paiement des avantages en nature, qui, il faut le noter au passage, incluaient la part d’un prêtre catholique qui n’exerçait plus depuis 1984 ! Pourtant, l’Eglise revendiqua le paiement de cette part en faisant valoir le droit coutumier.

Le conseil municipal se limita donc à voter l’annulation d’une subvention volontaire versée par la commune depuis 1979 au profit des deux institutions ecclésiastiques.

Contrairement à Karlstadt, la bourgade de Triefenstein a pu quant à elle, en versant 6.250 DM, se libérer en 1996 d’une obligation remontant à plusieurs siècles et qui imposait la fourniture d’une certaine quantité de vin aux membres du clergé. En tenant compte de tout cela, que peut-on penser des sermons des pasteurs et des prêtres qui prêchent de ne pas s’inquiéter du lendemain, reprenant les paroles mêmes de Jésus ? Ceux qui entendent de tels sermons et qui doivent lutter pour assurer leur subsistance et celle de leur famille, peuvent-ils éprouver le même sentiment de sécurité que les ministres de l’Eglise ?

De nos jours, beaucoup de salariés ont peur du chômage. Un pasteur ou un curé, lui, ne perdra jamais son emploi à moins qu’il ne commette une faute grave. On peut toutefois citer le cas d’un pasteur luthérien coupable de pédophilie, condamné et licencié, qui parvint à se faire réintégrer dans son ministère en déposant une plainte auprès d’un tribunal ecclésiastique ; la seule sanction qu’il eut à subir fut l’interdiction de travailler avec des adolescents ou des jeunes enfants.

Signalons d’autre part que le salaire d’un ministre de l’Eglise ne dépend pas du rendement, contrairement à bien des professions.

 

Le prophète :

Jésus a dit : "Tout travailleur mérite son salaire." (Luc 10,7). A mon avis cela signifie que l’homme devrait percevoir un salaire proportionnel au travail qu’il fournit et à la qualité de celui-ci. Cependant, en ce qui concerne les ministres de l’Eglise, il semble qu’il en est autrement. Ils subissent généralement peu de contrôles dans l’exercice de leur profession et leur salaire est assuré quel que soit le travail fourni.

Jésus n’a certainement pas soumis Ses apôtres et disciples à une formation théologique avant de les envoyer enseigner la Parole de Dieu aux hommes. Il leur a d’abord enseigné la vérité éternelle, puis quelques-uns, parmi eux, ayant mis en pratique dans leur vie quotidienne la Parole que Dieu est, devinrent des hommes de l’amour désintéressé, au coeur empli de l’Esprit de la vérité. Ils pouvaient donc s’adresser à leurs semblables à partir du coeur, c’est pourquoi leurs paroles et leurs actes étaient imprégnés de la vérité, de Dieu. Tous les apôtres exerçaient un métier qui leur permettait de gagner leur vie et de subvenir aux besoins de leurs familles.

Jésus en aurait-Il appelé à l‘impôt ecclésiastique et aux subventions de l’Etat ? Aurait-Il prêché l’inégalité telle qu‘elle apparaît aujourd’hui dans le fait que pour toute profession, qu’il s’agisse des salariés qui travaillent dans les usines ou dans les entreprises, des artisans, des commerçants, des médecins, des agriculteurs, tous sont tributaires de leur clientèle ou de leurs patients, donc de ceux qui choisissent d’acheter leurs produits ou de faire appel à leurs services, tandis que les ministres de l’Eglise perçoivent salaire ou pension à vie sans que jamais ceux-ci ne soient remis en question ? Par ailleurs, celui qui travaille, c’est-à-dire celui qui est rémunéré pour ses services, ne peut compter que sur l’argent qu’il gagne pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, alors que le plus souvent, pasteurs et curés bénéficient d’un logement gratuit et reçoivent des prébendes. Evêques et cardinaux résident dans des palais, et tout cela au nom du Christ. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ; que celui qui a des yeux pour voir, voie et que celui qui a une conscience suive cette exhortation que l’on trouve dans l’Apocalypse de Jean à propos de Babylone, la prostituée : "Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés et que vous n’ayez point de part à ses fléaux..."

Même si celui qui "entend et voit", quitte le giron de l’institution ecclésiastique et laisse derrière lui l’édifice de pierre, nous savons bien qu’il participe toujours au financement de l’Eglise à travers les impôts qu’il verse à l’Etat. Cependant, si nous mettons tout cela sur la balance de la justice divine, il est peu probable que le fléau penche du côté de l’Eglise étatique et de ses fidèles. Il y a de fortes chances qu’il s’incline plutôt du côté de ceux qui ont pris conscience que, même s’ils doivent continuer à donner indirectement leur argent à l’Eglise en payant leurs impôts à l’état, il est grand temps de changer de cap.

 

L’expert en théologie catholique :

Celui qui voit comment le monde évolue aujourd’hui comprend ces paroles de Jésus prononcées il y a 2000 ans : "N'amassez pas des trésors sur la terre... amassez plutôt des trésors dans le ciel... " (Mt 6, 19-20) et : "Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre... " (Mt 6, 24). Le fait que le Christ nous parle aujourd’hui à travers la parole prophétique avec plus d’insistance encore, montre bien que les indications qu’Il donna à l’époque ou Il vécut sur terre en tant que Jésus, ne furent pas prises au sérieux.

On peut noter dans les Actes des apôtres : "Aussi parmi eux (les nouveaux chrétiens) nul n’était dans le besoin : car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on faisait des distributions à chacun suivant ses besoins." (Ac 4, 34-35)

Mais au bout de quelques décennies, ce n’était plus les apôtres de Jésus, les témoins oculaires, qui percevaient les recettes et les dons des autres chrétiens, mais des "fonctionnaires" avec une mentalité de Judas. A partir du troisième siècle déjà, les "episkopoi" (les évêques) collectaient l’ensemble des revenus de l’Eglise, ce qui leur conférait un pouvoir qui concurrençait de plus en plus le pouvoir temporel. Dans ce contexte, les propos de l’évêque Ignace d’Antioche prononcés dès le deuxième siècle prennent toute leur signification : "Ne faites absolument rien sans l’évêque... celui qui honore l’évêque est honoré par Dieu, celui qui agit sans l’évêque sert le diable."

Jésus a transmis à Ses disciples les principes communautaires : "Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations leur commandent en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être de même parmi vous ; au contraire, quiconque veut être grand parmi vous se fera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous se fera l’esclave de tous " (Marc 10, 42-44)

Ces principes sont très vite tombés dans l’oubli parce qu’ils ne correspondaient pas aux aspirations de la caste des prêtres avides de pouvoir et de richesses matérielles. Ce qui allait de soi aux premiers jours du christianisme des origines, c’est-à-dire le principe d’égalité et de bien commun, fut bientôt détourné en principe satanique pour engendrer : séparation, avidité, domination, oppression, mépris de la vie, meurtres et massacres sans limites. Les biens matériels privés de leurs propriétaires, tombèrent presque automatiquement entre les mains de l’institution ecclésiastique qui, si elle a gardé dans la Bible la partie relative au Sermon sur la Montagne, n’a de toute évidence jamais eu l’intention de le mettre en pratique.

Les changements apportés au quatrième siècle sous le règne de l’empereur Constantin, déterminèrent le cours de l’institution ecclésiastique.

On peut dire qu’à partir de cette époque, les véritables successeurs de Jésus n’avaient plus voix au chapitre ni suffisamment d’influence au sein de l’Eglise. Ils furent bientôt supplantés par ceux qui enseignaient le "sacrifice sanglant expiatoire de Jésus" et qui exigeaient le sang des chrétiens prenant Son enseignement au sérieux.

Au fil des siècles, le sang sillonne sans interruption l’histoire de l’Eglise ; Palais et églises somptueuses furent construits grâce à de l'argent taché de sang ; De toutes les fautes et atrocités dont s’est rendue coupable l’institution ecclésiastique, est né un fleuve de sang. Des centaines de livres relatent ce que des hommes ont dû subir de la sorte et qui les fit se distancier du message divin que Jésus transmit à tous les hommes il y a 2000 ans. Je ne vais pas reprendre ici en détail ce que bien des livres et publications ont révélé au grand jour et que personne d’ailleurs ne conteste.

Mon coeur se serre quand je pense que chacune des expressions telles que : combats pour le pouvoir, marchés usuraires, recels, abus de privilèges, falsifications, captations d’héritages, brutalités exercées lors du recouvrement de la dîme, esclavage, trafic d’indulgence, vente de charges, inquisition, croisades... recouvrent à elles seules des "montagnes" d’erreurs. Ce qui me fait le plus de peine, c’est que tout cela ait pu survenir après que Jésus ait donné Sa vie pour nous. Son sacrifice pour la rédemption des hommes n’était pas destiné à servir de passe-droit pour tous les crimes qui ont été commis depuis Sa mort jusqu’à nos jours. Ces erreurs, tant qu’elles ne seront pas réparées, constituent une dette de l’âme ; car "ce que l’homme sème, il le récoltera". La loi des semailles et des récoltes, la loi de cause à effet, accorde souvent à l’homme une longue période de grâce durant laquelle il a la possibilité de reconnaître ses erreurs et rebrousser chemin. Cependant "long" ne signifie pas "éternel".

Le constat que l’on peut faire à partir de tout cela, c’est celui de l’échec des institutions de l’ordre d’une société qui ne mérite pas de s’appeler "chrétienne".

 

Le prophète :

Tout ce qui se passe au nom de Jésus, le Christ, tout ce que les hommes font en Son nom n’a, à mon avis, pas d’autre but que de tourner l’enseignement de Jésus, le Christ, en dérision. A quoi sert la Bible, si le prêtre se contente de citer les évangiles - ne parlons pas ici de leur authenticité - sans mettre lui-même leur contenu en pratique ? Beaucoup de théologiens considèrent que les Dix Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne de Jésus ne sont rien de plus que des enseignements et ils ne vivent pas selon ces enseignements. Ils prétendent même que le Sermon sur la Montagne de Jésus ne peut absolument pas s’appliquer à la vie quotidienne.

 

A quoi sert le Sermon sur la Montagne de Jésus et pourquoi figure-t-il dans la Bible, s’il n’est pas reconnu ? Pourquoi Jésus l’aurait-Il enseigné ? A quoi sert cet enseignement si personne ne le vit dans la pratique ? A quoi les prophètes de l’ancien testament ont-ils servi dès lors que la caste des prêtres a repris en grande partie les traductions, conservant certains textes, en supprimant d’autres, modifiant et inserrant ce que bon lui semblait ? On prétend ensuite que Dieu a révélé tout ce fatras par la bouche des prophètes. Je pense ici notamment aux cinq livres de Moïse, au Pentateuque.

La plupart de ce qui s’y trouve ne correspond en rien aux Lois de Dieu mais à des règles établies à des fins dominatrices par une caste de prêtres cruelle. Citons par exemple :

"Un homme qui insulte son père ou sa mère, sera mis à mort ; s'il a insulté père et mère, son sang retombera sur lui." (Lévitique 20, 9)

"Si un homme commet l’adultère avec la femme de son prochain, ils seront tous deux mis à mort, l’homme adultère aussi bien que la femme adultère." (Lévitique 20,10)

"Celui qui blasphème le nom du Seigneur sera mis à mort : toute la communauté le lapidera ; étranger ou indigène, il sera mis à mort pour avoir blasphémé le Nom" (Lévitique 24, 16)

"S’il se trouve au milieu de toi, dans l’une des villes que le Seigneur ton Dieu te donne, un homme ou une femme qui fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur ton Dieu en transgressant Son alliance et qui s’en va servir d’autres dieux et se prosterner devant eux, devant le soleil, la lune ou toute l’armée des cieux, ce que je n’ai pas ordonné : si l’on te communique cette information ou si tu l’entends dire, tu feras des recherches approfondies ; une fois établi le fait que cette abomination a été commise en Israël, tu amèneras aux portes de ta ville l’homme ou la femme qui ont commis ce méfait ; l’homme ou la femme, tu les lapideras et ils mourront." (Deutéronome 17, 2-5)

"Lorsqu’un homme a un fils rebelle et révolté, qui n’écoute ni son père ni sa mère, s’ils lui font la leçon et qu’il ne les écoute pas, alors son père et sa mère s’empareront de lui et l’amèneront aux anciens de sa ville, à la porte de sa localité. Ils diront aux anciens : ‘Voici notre fils, un rebelle et un révolté qui ne nous écoute pas ; il s’empiffre et il boit !’ Tous les hommes de sa ville le lapideront et il mourra." (Deutéronome 21, 18-21)

"Un voleur devra donner compensation. S’il n’a rien, il sera vendu pour payer son vol" (Exode 22, 2)

"Si l’on prend sur le fait un homme couchant avec une femme mariée, ils mourront tous les deux, l’homme qui a couché avec la femme et la femme elle-même."

(Deutéronome 22, 22)

Jésus pourtant a dit : "Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre..." Qui a dit la vérité ? Jésus ou "Dieu" à travers Moïse ? Deux affirmations contradictoires. Laquelle est la bonne ?

La caste des prêtres utilise aujourd’hui tout ce tissu d’inventions qu’elle a jadis introduit dans les livres de Moïse, en pensant pouvoir encore faire avaler ce qu’elle veut à la génération actuelle. A cela s’ajoute la fascination exercée par les rituels du culte issus du paganisme et qui renforce la dépendance des croyants vis à vis des institutions ecclésiastiques.

Martin Luther s’appuya beaucoup sur le Pentateuque qui, en raison des diverses transfor-mations qu’il subit, se compose de récits où se mêlent fiction et vérité. Le monde de ses pensées était largement empreint du mépris qu’il vouait à ceux qui avaient une autre croyance. C'est ainsi qu'il devint l’un des plus ardents théoriciens de l’antisémitisme et que ses calomnies contre les Juifs permirent aux nationaux-socialistes de justifier la haine qu’ils vouaient aux Juifs et qui conduisit un si grand nombre d'entre eux dans les camps de la mort.

 

Les théologiens, catholiques aussi bien que protestants, se réclament des paroles de la Bible. Mais si le contenu de celle-ci était vérité toute entière, ils devraient appliquer aujourd’hui de façon conséquente ce que Dieu a soi-disant révélé à travers Moïse et menacer le peuple non seulement de la damnation éternelle mais aussi, dans de nombreux cas, de la peine de mort. Dieu Est, et parce qu’Il Est, Il Est immuable. Si Dieu avait révélé à travers Moïse tout ce qui est contenu dans le Pentateuque, pourquoi Jésus, le Christ, nous aurait-Il enseigné un Dieu différent ? Dieu serait-Il donc un Dieu arbitraire ?

De nos jours, la caste des prêtres extrait les passages de la Bible avec lesquels elle peut tromper le peuple des fidèles qui, dans son aveuglement, n’a pas appris à réfléchir par lui-même étant donné que dès sa naissance, l’enfant se trouve intégré à travers l’acte du baptême aux institutions ecclésiastiques puis endoctriné tout comme ses parents, eux-mêmes baptisés par l’Eglise et endoctrinés par l’éducation que leurs parents avaient choisi pour eux.

 

L’on peut donc dire : les racines de l’arbre de bien des familles, c’est la sève de l’"endoctrinement". La couronne de l’arbre, c’est encore l’endoctrinement et les fruits en sont aussi l’endoctrinement. De tout cela résulte le mort spirituel qui acclame les morts spirituels. Ce n’est pas ce que voulaient Moïse ni Jésus mais ce qu’a toujours voulu la caste des prêtres. Chaque homme possède le libre-arbitre et peut donc se décider librement. Ce n’est pas Dieu qui intervient dans ce mélange d’opinions et de conceptions mais le destin, qui trouve ses racines dans la loi des semailles et des récoltes. Elle s’applique également aux institutions ecclésiastiques qui sont en train de péricliter du fait que les fruits de l’arbre de l’endoctrinement sont de moins en moins appréciés.

 

L’expert en théologie catholique :

En t’écoutant, j’ai pris conscience qu’à tout moment, chacun de nous influence l’autre et cherche à le rallier à sa propre cause.

De manière générale, les hommes sont si peu autonomes dans leurs choix, qu’ils suivent sans réfléchir le chemin qu’emprunte la majorité. Il n’est pas si facile de se détacher de la masse, avant tout parce qu’on ne se rend même plus compte qu’on est soi-même frappé du sceau de l’endoctrinement.

Le dictionnaire donne pour "endoctriner", la définition suivante : "influencer des individus ou des groupes entiers de la société, en utilisant des moyens psychologiques pour inspirer une certaine opinion ou inciter à agir d’une certaine manière. [syn. de catéchiser...]"

Il n’est pas difficile d’influencer des hommes qui sont dépendants de médiateurs ou d’intercesseurs. A ce sujet nous pouvons dire ceci :

Il est relativement facile de persuader les croyants que du fait que l’on ne peut voir Dieu ni L’entendre, Il a choisi parmi les hommes des intercesseurs ou médiateurs. Cependant cela n’est pas conciliable avec ce que Jésus disait : "Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi" (Mt 23, 8). Si l’existence de médiateurs a pu persister aussi longtemps, c’est probablement parce que jusqu’au 16ème siècle, très peu de personnes avaient accès à la Bible. Les croyants dépendaient entièrement des "Rabbis" ou quel que soit le nom qu’on ait pu leur donner jusqu’à ce jour. Aux fruits recueillis, on peut donc voir si c’est la doctrine - la foi dogmatique - qui a été transmise aux croyants, ou bien si l’on se trouve dans la succession consciente de Jésus qui a enseigné les Lois éternelles.

 

Le prophète :

Existait-il des prêtres avant Moïse au sein du peuple israélite ?

 

L’expert en théologie catholique :

Je n’ai pas connaissance de la façon dont le premier prêtre est apparu ni de quel cercle culturel il était issu. Nous savons seulement que les premiers groupements humains avaient déjà des dirigeants qui possédaient un pouvoir supérieur. Ce n’est que dans les temps qui suivirent qu’on put savoir d’où émanait cette force, lorsque les liens avec certains êtres ou certaines forces devinrent manifestes, comme c’est par exemple le cas chez les voyants, les devins ou les magiciens. Munis de tels dons surnaturels, ils se virent donc de plus en plus confier le rôle d’effectuer les rituels du culte, rôle qui, au cours de l’évolution de certains peuples, finit par revenir à une catégorie de personnes bien définies : c’est ainsi que s’instaura la caste des prêtres.

 Revenons de nouveau à l’époque antérieure à Moïse : Jusqu’à la venue de Moïse, il n’est pas question de prêtres parmi le peuple d'Israël, sinon qu’Abraham, au cours de son périple au pays de Canaan, aurait rencontré un prêtre-roi nommé Melchisédech (Gen. 14, 18).

Cependant on trouve des indications relatives au fait qu’à l’époque de Moïse, une caste de prêtre commençait à se développer et dont Aaron, le propre frère de Moïse, était l’origine. Il est toutefois peu probable que la fonction de prêtre ait été, déjà dès cette époque, aussi affirmée que nous le rapporte le troisième livre de Moïse. En effet, le culte des offrandes dans son ensemble s’est développé peu à peu jusqu’au sixième siècle avant Jésus-Christ. Il fut par la suite attribué à une époque antérieure, c’est à dire à l’époque de Moïse, ceci afin de donner un fondement convaincant à la "tradition" de la fonction de prêtre et permettre de présenter Moïse comme le fondateur des lois régissant toutes les actions entreprises par la caste des prêtres.

Dans le dictionnaire de la Bible, il est écrit au sujet d’Aaron : "Il est le fondateur de la caste israélite des prêtres". Pour moi, cela n’est pas une certitude. On peut cependant l'envisager. Au lieu de faire lui-même, comme son frère Moïse, l’expérience de Dieu et de la parole intérieure pour devenir au sein du peuple d’Israël, un combattant zélé au service de Yahvé, Aaron se fit élever par le peuple à la position de prêtre - de prêtre d’idoles - et cette fonction à laquelle il accéda, devint l’héritage de ses fils, donnant naissance à une tradition qui se perpétua durant toute la période des rois. La fonction de prêtre se transmit de génération en génération avec, de manière secrète, l’ensemble des rituels du culte : la fonction des objets, la manière de célébrer le culte, l’attitude que devaient observer les fidèles vis à vis du prêtre ; tout cela fut transmis oralement et en partie seulement par écrit. Le peuple des fidèles ne sut jamais le pourquoi ni le comment de toutes ces choses et finit tout simplement par s’y accoutumer ; en fin de compte elles lui ont été imposées. C’est comme cela que se sont développées les différentes traditions.

Dieu (Yahvé), dans les récits de la Bible, s’adresse toujours à des individus isolés comme par exemple Noé, Abraham, Isaac et Jacob... qui retransmettent ensuite Sa Parole à leur entourage. De ces récits se dégage une structure dans laquelle seuls quelques initiés reçoivent la connaissance de ce qu’il y a à faire ; les autres suivent ces "médiateurs". Cependant, nous avons vu à quel point la véracité des faits, tels que les récits que l’on peut lire aujourd’hui les rapportent, est douteuse.

Aux yeux des fidèles, aujourd’hui encore, la caste des prêtres donne, devant l’autel, l’impression qu’elle est véritablement proche de Dieu, en communion et en communication avec Lui. Ainsi, l’humanité qui s’en est toujours remis à ses médiateurs et à ce qu’ils disent, a finalement cessé de chercher l’accès direct à Dieu et la protection en Lui. La caste des prêtres a profité de la misère spirituelle de la masse et en profite encore. Du temps d’Aaron, le peuple endoctriné subissait déjà l’influence des prêtres qui lui faisaient croire que sans eux, la communication avec Dieu était impossible. La masse des croyants dont la foi est aveugle prend toujours la défense des prêtres lorsque ceux-ci viennent à être remis en question.

Survolons les 4000 ans passés depuis Abraham jusqu’à nos jours : Abraham fit l’expérience d’un Dieu unique. Il obéit à la voix du Dieu unique et la suivit. Quand cette voix, Dieu, le guida, quelques hommes le suivirent. Autour de cette petite communauté, d’autres peuples croyaient à des dieux multiples et leurs prêtres prétendaient pouvoir communiquer avec ces dieux. Là encore, la caste des prêtres fit croire aux hommes qu’elle était la seule possibilité pour eux d’obtenir des dieux ce qu’ils voulaient.

Chaque fois que Dieu envoya un prophète parmi les hommes, il fut considéré comme un étranger par la caste des prêtres et ses fidèles. Déjà avant Jésus, elle entretenait ses fidèles dans la croyance que Dieu avait tout dit. C’est pourquoi ce que les envoyés de Dieu voulaient apporter, était considéré comme contraire à la vérité ; on prétendait alors que ce qui était révélé à travers les prophètes ne correspondait pas aux écritures anciennes - c’est-à-dire à ce que la caste des prêtres avait elle-même arrêté. Les écritures anciennes, y compris ce qu’on a inventé et attribué à Moïse, ne correspondaient pas non plus à ce qu’enseignait Jésus et cela les pharisiens n’ont pas manqué de le reprocher au Nazaréen.

Plusieurs passages du Nouveau Testament décrivent les scribes venant vers Jésus pour Lui dire : "Tu n’agis pas comme nos pères nous l’ont dit !" Justement parce que la parole de Dieu ne correspond pas aux écritures de la caste des prêtres. Celui qui ouvre l’Ancien Testament devrait avoir à l’esprit que, de tout ce qui a été transmis dans les époques passées, bien peu fut noté par écrit. Au fil des siècles, les traditions étaient le plus souvent redonnées telles que le narrateur les avait enregistrées dans sa mémoire, selon son niveau de conscience, et présentées comme étant la parole de Dieu pour tous les temps. C’est à cela que se tenait et se tient encore une institution prétendant que ses interprétations sont la parole de Dieu. En répandant l’idée que le prophète ne transmet pas la parole de Dieu et que celle-ci est toute autre, les prêtres pouvaient ainsi éliminer facilement chaque messager et porte-parole de Dieu : ils avaient assez d’arguments pour détourner le peuple de fidèles des prophètes. C’est ce que tous les prophètes ont vécu jusqu’à Jésus, le Christ, et c’est ce qu’ils vivent aujourd’hui encore.

J’aimerais souligner que les prophètes transmettaient au peuple l’expérience qu’ils avaient de Dieu et cela avec leur propre langage. Le prophète de Dieu était inspiré de l’intérieur et, à partir de l’Etre divin, exprimait en paroles ce que Dieu lui insufflait. Les prêtres, eux, n’avaient aucune expérience de Dieu ; ils administraient une loi à laquelle s’ajoutaient plus de 600 commandements et interdictions qu’ils avaient eux-mêmes édictés. Jésus disait à ce sujet "Vous avez lié des fardeaux pesants et les avez mis sur les épaules des hommes mais vous ne voulez pas les porter vous-mêmes". (Mt 23, 4)

Le courant puissant et unique de l’expérience de Dieu qui, autant que nous puissions nous le représenter rétrospectivement, coule depuis Abraham jusqu’à Jésus et de Jésus jusqu’à nos jours, n’est pas l’esprit de la caste des prêtres. Le courant de cette caste - son origine et sa tradition - se réfère toujours au polythéisme, au service de l’autel et aux cultes païens ; il a empêché le peuple des croyants de reconnaître le Messie, Jésus, le Christ.

 

Le prophète :

Il était et il est encore très présomptueux de la part des prêtres de mêler leurs idées, leur monde de fiction, à la Parole inspirée par Dieu. Moïse était un homme qui, pendant 40 ans, dialogua avec Dieu, l’Eternel, et il aspirait à mettre Sa Parole en pratique. Moïse resta fidèle à la Parole de Dieu, même lorsque les Israélites qu’il conduisait selon la volonté de Dieu, hors d’Egypte, retombèrent dans le polythéisme et optèrent pour le prêtre. Moïse reçut certainement la Parole de Dieu telle que Jésus, le Christ nous l’a redonnée, bien que concernant le Nouveau Testament, la caste des prêtres ait toujours truqué les cartes. Pourtant on peut dire qu’il est bien question d’ u n Dieu unique et indivisible.

La source vivante fut donc disséquée par la caste des prêtres comme s’il s’agissait d’un document mort pour être soumise à une sorte d’autopsie scientifique. C’est en se servant de tout ce qui fut imputé à Moïse que la caste des prêtres a dessiné l’image d’un Dieu terrifiant et vengeur, qui décidait des animaux qu’il voulait se voir offrir en sacrifice et de l’usage du sang des victimes. Ce Dieu, bien souvent attribué à Moïse, représente vraiment le dieu de l’enfer ; c’est le dieu de ceux qui le servent.

Dieu n’est pas un esprit dont il faille avoir peur ; ce n’est pas une force maléfique que l’on doit amadouer, voire tromper, en usant de sacrifices, d’encens et magies de toutes sortes. Dieu est le grand amour qui vit également dans les minéraux, les végétaux et les animaux.

Le règne des animaux par exemple, est confié aux soins et à l’amour des hommes. Pourtant, comment les hommes se comportent-ils envers le monde animal ? Faut-il s’étonner que des animaux soient maltraités, battus, abattus et finalement consommés - quand, depuis toujours, la caste des prêtres se repêt des plus fins rôtis, notamment les jours de fêtes telles que Noël et Pâques. Jésus, le Christ, fut crucifié par Rome et Rome, la métropole de l’Eglise, et ses serviteurs, célèbrent ces journées en savourant dindes, oies, porcs, boeufs et bien d’autres créatures de Dieu. Ceci ne donne-t-il pas à réfléchir ?

 

L’expert en théologie catholique :

Examinons ce qui s’est passé depuis l’époque de Jésus jusqu’à nos jours : actuellement, la caste des prêtres utilise la même image que la caste des prêtres d’antan et ce n’est pas l’image de Dieu que Jésus enseigna. Jésus a parlé d’un Père aimant - la caste des prêtres, elle, a toujours évoqué l’image d’un Dieu vengeur, irascible et guerrier et cela aujourd’hui encore, au seuil de l’an 2000. Le prophète envoyé pour notre époque - et qui est une prophétesse - continue à vivre ce qu’ont dû vivre, endurer et souffrir les prophètes avant Jésus. Jésus, le Christ, le plus grand prophète de tous les temps qui devint notre Rédempteur, est celui qui a le plus souffert en endurant ce qu’on peut infliger de plus avilissant à un être humain, jusqu’à l’agonie et la mort sur la croix ; bien qu’Il soit ressuscité, Rome perpétue ce supplice et cette mort dans la représentation qu’elle donne aujourd’hui encore du Crucifié sur le crucifix et aussi dans le fait qu’on inverse Sa Parole.

 

Le prophète :

Peut-on encore différencier dans la Bible la vérité et la fiction ? Si on lit dans le Pentateuque les paroles que Dieu aurait prononcées à travers Moïse et si on les compare à celles de Jésus, il y a forcément un de ces deux porte-parole à mettre en doute : soit Moïse, soit Jésus, puisqu’ils parlent chacun de deux Dieux radicalement différents. Moïse enseigne l’image du Dieu vengeur et guerrier, du Dieu arbitraire, tandis que Jésus nous parle du Dieu de l’amour, du Père qui aime tous Ses enfants et qui nous a révélé à travers Lui, Jésus, Son Fils, l’amour de nos ennemis et la miséricorde.

Si nous croyons à ce que dit Jésus, on peut aussi se demander si la caste des prêtres n’a pas poussé un peu loin la fiction sur Moïse ? Les prêtres vivent-ils aujourd’hui selon la parole de la Bible et si oui selon laquelle ? D’après les livres de Moïse ou d’après la Parole de Jésus ? S’ils vivent selon la Parole de Jésus, l’Ancien Testament doit donc être annulé ; s’ils vivent selon ce que Moïse aurait dit, c’est alors le Nouveau Testament qu’il faut tenir pour nul. Les deux ne sont pas compatibles.

Depuis de nombreuses années, j’observe comment agissent les prêtres. J’en suis arrivée à la conviction que beaucoup d’entre eux ne vivent ni selon les livres de Moïse ni d’après la Parole de Jésus. Ils parlent, bien sûr, de l’évangile, de Moïse et des prophètes, cependant : où situent-ils la parole de la vérité ? On ignore encore aujourd’hui sur quoi exactement s’orientent les prêtres. En observant la superficialité à laquelle s’en tiennent bien des théologiens, leur manière de penser, ce qu’ils enseignent et comment ils vivent, on peut penser qu’ils s’orientent davantage sur les récits fictifs des cinq livres de Moïse.

De nos jours, les prêtres ne sévissent plus contre les dissidents de manière aussi directe que le préconise le Pentateuque mais ils le font de manière détournée. Il suffit de voir ce que les journalistes rapportent des provocations et des agitations fomentées contre ceux qui ont d’autres convictions religieuses.

La plupart des théologiens et de leurs adeptes ne pensent ni ne vivent selon les enseignements de Jésus. Beaucoup ne font qu’en parler. Quant au Sermon sur la Montagne, on se refuse d’en assumer l’obligation. On peut donc dire que depuis des milliers d’années, la caste des prêtres intrigue en se servant du nom de Dieu. C’est pourquoi il vaudrait mieux refermer la Bible, car durant tout ce temps, Dieu et Son Fils, Jésus, le Christ, le plus grand des prophètes, notre Rédempteur ainsi que tous les autres prophètes envoyés par Dieu, ont été trahis impitoyable-ment et cela continue toujours à notre époque.

A propos de ce que nous venons de dire, le mot "juge" me revient à l’esprit. Les tâches qu'exercent un juge à notre époque peuvent-elles nous renseigner sur les fonctions qui étaient celles d'un juge à l'époque de l'Ancien Testament ?

 

L’expert en théologie catholique :

Le terme de "juge", que l'on trouve dans la Bible au chapitre intitulé "Le livre des juges" (env. 1200-1050 avant J.C) est plutôt impropre au regard de la signification actuelle de ce mot, dans la mesure où la fonction exercée autrefois par ceux que l'on désignaient de ce terme, ne correspond absolument pas à celle des juges actuels. A cette époque, le juge n’avait pas seulement la tâche de la jurisprudence des affaires humaines de la vie quotidienne. Appartenant au grand plan de Dieu, il était chargé d’établir Son ordre salvateur aussi bien parmi le peuple d’Israël que dans les territoires conquis, c’est-à-dire faire respecter la justice de Dieu. Autrefois, les juges prenaient cette tâche très au sérieux, de sorte que les mesures salvatrices appliquées aux personnes défavorisées, pauvres, opprimées étaient vraiment considérées comme venant de Dieu. Ainsi, le fait que Dieu n’ait pas choisi les prêtres pour défendre Ses affaires mais ceux qu’on appelait les juges peut donner à réfléchir.

Samuel est tenu pour le dernier "juge" d’Israël. Il exerçait également une fonction sacerdotale, si l’on en croit le rapport de la caste des prêtres qui, en outre, lui attribuait bon nombre d’actes violents. A travers Samuel, Dieu préparait quelque chose de nouveau. Cependant, selon la volonté de Satan, les anciens d’Israël voulaient un roi en chair et en os, bien que jusqu’alors, ainsi que le leur objecta Samuel, Yahvé (Dieu) fût le meilleur des rois. C’est ainsi que Samuel commença à oeuvrer comme instrument de Dieu, comme l’un des prophètes qui, de ce jour, furent constamment avec le peuple d’Israël.

Je note qu’après le prophète Moïse, Samuel fut le premier à s’entretenir de tout avec Dieu avant d’apporter une réponse au peuple. Ce relation intime, cette communication directe avec Dieu, est ce qui a toujours manqué à la caste des prêtres. De tous temps, sa fonction fut un service extérieur dont on peut dire qu’il relève du fonctionnariat. Je relève ici certains points communs entre autorités civiles et ecclésiastiques, entre l’Etat et la caste des prêtres.

 

Au cours des siècles, on retrouve toujours cette partie de bras de fer entre les deux "camps", l’étatique et le religieux. Lorsqu’un danger est supposé les "menacer", par exemple un prophète, ils font alliance temporairement. Le sentiment d’être menacé provient de ce qu’on n’a pas accompli la volonté de Dieu. Les hommes, sentant que l’accès à Dieu au plus profond de leur être se fermait de plus en plus, choisirent des rois et des prêtres parmi eux comme palliatifs pour maintenir le contact avec Dieu. C’est ainsi que le peuple tomba de plus en plus dans la dépendance.

 

Le prophète :

Du temps de Moïse et certainement aussi du temps de Jésus, les prêtres habitaient non loin du lieu de célébration du culte - on dirait aujourd'hui : près de leur église. Jadis, ils avaient pour serviteurs des esclaves ou des Lévites. Qu’en est-il aujourd’hui ? Ils ont aujourd’hui encore, des serviteurs venant du peuple. Je pense ici aux enfants de choeur ou au sacristain. Ne sont-ils pas les descendants des Lévites d’autrefois ?

Comment Jésus, Lui, S’est-Il comporté ? Jésus a-t-Il voulu cela ? Jésus avait-Il des esclaves, des serviteurs, des Lévites, des sacristains et des enfants de choeur ? N’avait-Il pas plutôt des apôtres et des disciples, une communauté dans laquelle chacun aidait l’autre et où Lui-Même, Jésus, servait les apôtres et les disciples bien plus que ceux-ci ne Le servaient. Qu’en pensent aujourd’hui nos deux experts en théologies catholique et protestante ?

 

L’expert en théologie protestante :

Jésus n’avait pas besoin de Lévites pour L’assister, et Il n’a pas investi de sacristains ni d’enfants de choeur pour Le servir. Car Jésus n’était pas un maître de cérémonie. Ce qu’Il pouvait faire Lui-même, Il le faisait. Là où Il avait besoin d’aide, par exemple pour nourrir des milliers de personnes, Il la demandait. Sans cesse, Il aidait les uns, que ce soit en donnant un conseil spirituel ou Son avis de charpentier pour la construction d’une maison et Il se donnait Lui-même pour servir les autres. Il le montra notamment le jour où, ayant lavé les pieds de Ses disciples, Il leur dit : "car Je vous ai donné l’exemple afin que vous agissiez comme J’ai agi envers vous." (Jean 13, 15)

Cependant l’Eglise a détourné cet acte pour en faire un