Les Dix Commandements
La vie des chrétiens des origines

 

 

 

Pourquoi le monde tel qu'il est ne peut-il nous apporter la paix ? Parce qu'il ne repose pas sur l'amour désintéressé mais sur l'amour de soi-même. Les hommes devraient rebrousser chemin en développantl'amour intérieur, l'amour désintéressé. Alors, ce monde dur et sans amour serait progressivement transformé.

  Les Dix Commandements montrent le chemin qui conduit à ce but car ils sont des extraits de la Loi absolue des cieux, de la Loi divine de l'amour désintéressé. La richesse contenue dans les Dix Commandements s'offre à tous ceux qui accomplissent pas à pas ces commandements issus de la Loi éternelle, qui les rendent vivants dans leurs pensées et dans leurs actes. Ce livre montre la profondeur et la modernité de ces enseignements. Il indique également comment les chrétiens des origines, les amis du Christ, s'efforcent de mettre toujours davantage en pratique les Dix Commandements dans leur vie quotidienne. Les Dix Commandements ne sont pas des préceptes d'un autre âge, mais des aides concrètes pour tous les jours.

 

 

 

Les Dix Commandements

 

»La lettre ne devient vivante que lorsque l'homme commence à accomplir les commandements de Dieu. Ainsi, il grandit pas à pas dans la Loi universelle de l'amour et de la vie.

Seul celui qui accomplit les commandements avec son coeur, et dans l'Esprit de l'amour connaîtra la Loi Universelle et trouvera la vérité qui est à l'intérieur de l'âme et de l'homme.«
extrait de  « Ceci est Ma Parole »

 

 

Sommaire:

 

Préface

 

Premier commandement

«Je suis le Seigneur, ton Dieu. Tu n'auras pas d'autres dieux à côté de Moi. Ne te fais pas d'image et ne fais de comparaison ni de ce qui se passe au ciel, ni de ce qui se passe ici sur la terre, ni de ce qui se passe dans l'eau et sous la terre.»

 

Deuxième commandement

«Tu n'abuseras pas du Nom du Seigneur, ton Dieu car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui abuse de Son Nom.»

 

Troisième commandement

«Tu respecteras le jour du Sabbat, et le sanctifieras. Tu travailleras et feras tout ce que tu as à faire pendant six jours. Mais le septième jour c'est le Sabbat du Seigneur, ton Dieu. Ce jour-là, tu ne travailleras pas, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans ta ville.»
 

Quatrième commandement

«Tu honoreras ton père et ta mère afin de vivre longtemps dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donnera.»

 

Cinquième commandement

«Tu ne tueras pas».

 

Sixième commandement

«Tu ne commettras pas l'adultère.»

 

Septième commandement

«Tu ne voleras pas»

 

Huitième commandement

«Tu ne feras pas de faux témoignage contre ton prochain»

 

Neuvième et dixième commandements

«Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain» et le dixième commandement : «Tu ne convoiteras ni la femme, ni le serviteur, ni la servante, ni les boeufs, ni l'âne, ni rien de ce qui appartient à ton prochain.»

 

Dieu, la source et le courant de l'Existence est notre Père. Nous sommes à son image

 

 

Préface
 

Dieu a transmis à l'humanité les Dix Commandements à travers Son serviteur Moïse, le peuple d'Israël ayant été désigné pour apporter à l'humanité le salut, la Loi vécue de Dieu par une vie exemplaire. Toutefois, les Israélites s'empêtrant de plus en plus dans leurs péchés, malgré les aides et les indications fournies par les commandements, le Fils de Dieu s'incarna sur la terre en Jésus de Nazareth. En Lui c'est le Père qui se rapprocha de nous, le Dieu de l'amour, de la bonté, du pardon et de la grâce. Jésus nous montra le chemin qui, par la connaissance de soi-même et la mise en ordre des péchés, ainsi que par la mise en pratique et l'accomplissement des Lois de Dieu, conduit à la patrie éternelle. De plus, Jésus de Nazareth vécu et enseigna ce chemin qui est synthétisé dans le Sermon sur la Montagne. Il contient des indications concrètes sur la façon dont il est possible de le mettre en pratique dans la vie de tous les jours. Cette aide est offerte à tous ceux qui veulent vivre en chrétiens.
 

A notre époque le Christ s'adresse à nouveau à l'humanité par l'intermédiaire d'un prophète. A travers d'innombrables révélations ainsi que par l'action de Sa prophétesse instrucrice et messagère Il a approfondi les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. C'est ainsi que l'Esprit de Dieu nous communique des aides pour que nous soyons en mesure de mieux utiliser Son enseignement. De même, Il nous explique quelle est l'origine de ce qui survient dans notre vie et nous conduit vers la recherche de solutions aux problèmes les plus divers de notre existence. C'est ainsi que l'Esprit de Dieu place Sa Loi éternelle dans notre vie quotidienne pour que nous fassions les expériences qui nous permettront de penser et de vivre "selon la Loi", c'est-à-dire dans l'Esprit de Dieu.
 

Il est important que nous transformions en nous les aspects humains dont nous avons pris conscience. Si nous agissons conformément à ce que Jésus a enseigné - Jésus a bel et bien parlé bien d'action ! - alors nous créons un potentiel puisant d'énergie positive divine, alors grandissent notre sensibilité et notre compréhension envers nos prochains ainsi que notre capacité à respecter leur libre arbitre.
 

Ce petit livre qui a pour base le contenu de plusieurs émissions radiophoniques enregistrées dans le cadre de "la table ronde dans la Vie Universelle" contient d'importantes explications sur les Dix Commandements.
 

Les Dix Commandements sont des extraits de la Loi absolue et parfaite de Dieu. Cette Loi de Dieu c'est la vie. La vie, Dieu, est tout en tout, multitude infinie et plénitude de l'existence. Elle est dans chaque aspect de la Loi, comme dans chaque commandement, la vie se révèle aux hommes par la mise en pratique, l'accomplissement, et l'action quotidienne. Que celui qui la veut la prenne. Que celui qui la refuse, la laisse. Celui qui veut comprendre la vie peut utiliser chaque commandement de Dieu comme un portail menant à la plénitude de la vie - de la vie en Dieu, dans l'Esprit de Dieu.
 

Plongeons à l'aide de nos pensées et de nos actes dans les profondeurs de la vie et nous découvrirons finalement que chaque commandement est contenu dans les autres. Ce petit livre ne peut pas communiquer l'expérience - qui ne peut être que personnelle - que tout est contenu en tout, cependant il donne des impulsions, des indications et des exemples à tous ceux qui veulent vivre de manière véritablement chrétienne, à tous ceux qui veulent suivre le Christ à notre époque.
 

Comme Il le fit il y a 2000 ans, le Christ voudrait nous faire prendre conscience du plus grand des commandements : "Aime Dieu ton Père éternel par-dessus tout et ton prochain comme toi-même !" Tous les commandements de Dieu sont contenus dans cet aspect de la Loi de la vie intérieure.
 

Il est important de rappeler ici que les commandements - comme toutes les vérités divines - ne devraient pas rester lettre morte, mais devraient être vécus. Alors seulement nous pouvons comprendre en profondeur la Parole de Dieu, Ses indications pour notre vie terrestre, Ses commandements. Jésus, le Christ, nous a dit : "Celui qui entend Ma Parole et la met en pratique est un homme avisé" Aujourd'hui, Il ne parle pas autrement.

Parmi les chrétiens des origines aucun ne met parfaitement en pratique la Parole, toutefois tous s'efforcent jour après jour de suivre le Christ en prenant conscience de leurs aspects humains négatifs au cours de chaque journée, en les mettant en ordre, en ne les recommençant plus et en accomplissant à leur place des aspects de la Loi de Dieu, aspects qui sont en conformité avec le commandement premier de l'amour désintéressé, ainsi qu'avec les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. Jusqu'à ce qu'il ait accompli totalement la Loi de Dieu - c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il soit en mesure d'accomplir en tout la volonté de Dieu de sorte que Son Esprit puisse agir en permanence à travers lui - le combat intérieur quotidien de chaque homme continuera. Il se peut que nous "chutions" encore en pensées, paroles ou actes, c'est-à-dire que nous fassions des fautes et prenions de mauvaises décisions. Si tel est le cas, il est important que nous ne restions pas à terre mais que nous nous relevions avec l'aide et la force du Christ pour nous orienter à nouveau vers Dieu et Ses lois. En agissant de la sorte nous stimulons notre aspiration à l'accomplissement et nous ressentons de plus en plus en quoi consiste notre héritage spirituel, quel est le sens de notre vie terrestre. Pour les chrétiens des origines c'est cela suivre le Christ et c'est ainsi que nous orientons notre vie dans l'Esprit du Christ.
 

I
Premier commandement

 

L'une des versions de la Bible qui nous sert de référence est une traduction de Luther*. Le premier commandement y est formulé comme suit : «Je suis le Seigneur, ton Dieu. Tu n'auras pas d'autres dieux à côté de Moi. Ne te fais pas d'image et ne fais de comparaison ni de ce qui se passe au ciel, ni de ce qui se passe ici sur la terre, ni de ce qui se passe dans l'eau et sous la terre.»

Comment les chrétiens des origines que nous sommes comprennent-ils ce premier commandement ? De quelle façon le mettent-ils en pratique dans leur vie de tous les jours ?
 

Le premier aspect contenu dans le premier commandement c'est : «Je Suis le Seigneur, ton Dieu.» Pour nous, chrétiens des origines cette phrase est fondamentale car Dieu est tout ce qui existe ; Il est l'Esprit de la vie et Il est notre Père à tous. Cette affirmation contient donc en elle l'origine et le but de l'homme.
 

Dans le premier commandement on lit encore : «Tu n'auras pas d'autres dieux à côté de Moi». Poutant les hommes vénèrent bien »d'autres dieux«. Ce ne sont pas seulement le pouvoir, l'argent, la science de pointe, la recherche frénétique du plaisir, la drogue, etc...

En réalité, tout ce qui ne correspond pas à la Loi divine, tout ce qui ne correspond pas à la Parole éternelle de Dieu, constitue les "autres dieux", les idoles que les hommes adorent. Ce sont par exemple nos désirs extrêmes, nos passions, notre convoitise, en un mot tout ce à quoi les hommes aspirent de façon disproportionnée.

Lorsque nous entretenons des désirs extrêmes et pressants, des convoitises et des passions en leur consacrant beaucoup de temps en sentiments, en sensations et en pensées, nous prions en quelque sorte des idoles dont nous sommes tributaires. A la catégorie des "autres dieux" appartiennent également tous ceux et celles que nous plaçons au-dessus de nous, ceux que nous honorons et louons au lieu de les considérer tout simplement pour ce qu'il sont, à savoir nos prochains.
 

Dans le premier commandement on lit plus loin : «Ne te fais pas d'image et ne fais de comparaison ni de ce qui se passe au ciel, ni de ce qui se passe ici sur la terre, ni de ce qui se passe dans l'eau et sous la terre.» Que signifie cela pour les chrétiens des origines ?

Les chrétiens des origines savent que l'Esprit de Dieu habite en chaque être humain. Pour s'adresser à Dieu, notre Père, et au Christ, notre Rédempteur, ils n'ont pas besoin d'image extérieure devant laquelle ils s'agenouillent et qu'ils adorent. Au contraire, pour cela ils se rendent dans leur intérieur où ils prient Dieu. Ils n'ont pas besoin de statues, de tabernacles, d'image du crucifié ou d'autres choses de ce genre, car ils savent que l'Esprit de Dieu est vivant en eux et en chaque homme. C'est à Lui qu'ils s'adressent. C'est Lui le soutien auquel ils ont recours.

Chaque image "pieuse" s'apparente également à un "dieu", car honorer une représentation extérieure détourne du vrai Dieu, de Dieu qui est dans notre intérieur.

A ce sujet le Christ nous a révélé ceci : En vénérant une image ou une statue à caractère religieux, telles les nombreuses images "pieuses", nous élaborons une représentation de Dieu, des anges et du ciel souvent très lumineuse et rayonnante, mais cependant tout à fait influencée par des caractéristiques terrestres. Cette représentation s'imprègne alors dans notre âme. Après le trépas de notre corps physique, lorsque nous nous rendrons en tant qu'âme dans les domaines de l'au-delà, nous aurons peut-être à souffrir de ces images car elles sont des programmes introduits dans notre âme.
 

Il est impossible de se représenter le ciel éternel.au moyen de pensées de l'ici-bas. Nous ne pouvons absolument pas imaginer ce que sont les mondes spirituels purs, les anges et les êtres spirituels et encore moins Dieu-Père, le Dieu Père-Mère et le Christ, le Corégent des cieux. Images et statues ne sont que des représentations. En tant qu'âme dans l'au-delà, nous devrons nous débarrasser de ces représentations au cours du processus de purification de notre âme, avant de parvenir à l'image réelle, à la réalité de l'Existence. Alors nous émergerons dans le ciel qu'il nous est impossible de nous représenter en tant qu'être humain et nous contemplerons Dieu notre Père face à face ainsi que le Christ notre Frère et Rédempteur et tous nos frères et soeurs, les êtres divins des cieux. C'est ce que nous a enseigné le Christ, l'Esprit qui se révèle.
 

Les chrétiens des origines ne se reconnaissent pas non plus dans la croix qui porte le corps. Pour eux le Christ est ressuscité. Ils savent que l'acte de rédemption du Seigneur est gravé dans leur âme, dans leur coeur. Ceci est symbolisé par une croix simple, sans corps. Pour eux la croix de la résurrection est en même temps le symbole de l'existence éternelle.

Le corps sur la croix est souvent représenté de différentes façons. Si nous assimilons ce corps, cette image avec ce que fut Jésus, alors ce corps s'inscrit dans notre âme en tant qu'image. Après la mort de notre corps terrestre, cette image, ce corps nous apparaîtra lorsque nous entrerons dans l'au-delà en tant qu'âme. Nous aurons alors des difficultés à extraire de notre âme cette image que nous aurons souvent vénérée. Le chemin sera peut-être très long avant que nous nous rendions compte que le ressuscité est un être de lumière de l'existence éternelle et pas un corps sur une croix.
 

Dans le premier commandement il est indiqué également que nous ne devrions pas nous faire une image de ce qui se passe ici sur la terre, ainsi que dans l'eau et sous la terre. Nous pouvons comprendre le sens de tout cela quand nous comprenons que tout ce que nous voyons ici-bas ne constitue pas la réalité. En fait notre oeil physique ne voit que l'enveloppe qui cache en elle la vie, l'Esprit.

Animaux, plantes et minéraux - tout ce qui est sur et dans la terre, dans et au fond de l'eau - constituent des aspects de Dieu qui en raison de leur cristallisation dans la matière ont une forme différente de celle qui est la leur dans l'existence éternelle. Nous devrions apprendre à percevoir dans notre coeur nos prochains des règnes de la nature, les animaux et à ressentir dans notre coeur la nature tout entière en tant que grandiose lumière de création de Dieu. Il serait faux de croire que la vie telle qu'elle se manifeste sur la terrre - par exemple sous la forme d'une fleur ou d'un animal - correspond à la force de création de Dieu au ciel. L'essence de la vie est dans la fleur, dans l'animal, c'est Dieu. La forme extérieure n'est que l'enveloppe matérielle.

Les règnes de la nature sont des aspects de Dieu devenus formes. Ce que nous voyons sur la terre n'est donc pas la création originelle mais seulement un pâle reflet de ce que Dieu a créé dans la création pure. C'est la raison pour laquelle nous ne devrions pas en faire des images et des représentations en pensant que ces formes seraient les mêmes au ciel.
 

Dans une autre version de la Bible intitulée "La Bonne Nouvelle"* le premier commandement est exprimé de façon un peu différente : "Je Suis le Seigneur, ton Dieu. A côté de Moi tu n'auras pas d'autres dieux. Ne fais ni une image, ni une statue de Dieu. Ne te fais pas non plus d'image de rien de ce qui est au ciel, de ce qui est sur la terre ou dans la mer."

Ainsi, la vérité ne se trouve pas dans la lettre mais dans le sens. C'est pourquoi les chrétiens des origines s'efforcent d'en saisir le sens en accomplissant jour après jour dans leur vie les commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne.
 

II
Deuxième commandement
 

Dans la Bible de Luther, le deuxième commandement s'énonce ainsi : «Tu n'abuseras pas du Nom du Seigneur, ton Dieu car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui abuse de Son Nom.»

Pour les chrétiens des origines c'est abuser du Nom de Dieu que de connaître les commandements de Dieu et l'enseignement du Christ, que de les avoir acceptés mais de ne pas s'y tenir, ou encore d'enseigner les Lois spirituelles d'un côté et d'agir tout autrement de l'autre.
 

User du Nom de Dieu à la légère pour jurer ou pour dire des choses inconvenantes constitue un abus, mais aussi prononcer le Nom du Saint éternel sans penser à ce que nous disons, par exemple quand nous disons «Mon Dieu !», ou bien quand nous utilisons des expressions comme «Dieu merci !» ou «Dieu te le rendra !» sans faire attention à ce que nous disons, sans prononcer ces mots consciemment.

Nous utilisons le mot "Dieu" dans de nombreuses occasions. Que pensons-nous alors ? Le plus souvent nous ne le savons pas car ce que nous disons à ce moment-là est vide de sens. Pourtant tout est énergie. Cela signifie que nous sommes responsables de chaque mot que nous prononçons. C'est ce que l'Esprit prophétique, le Christ a révélé à notre époque, et c'est aussi ce qui est écrit dans la Bible. C'est pourquoi nous devrions respecter le deuxième commandement et être attentifs à ce que nous pensons quand nous prononçons le mot "Dieu".

Souvent nous disons : «Dieu merci, que ceci ou cela ne me soit pas arrivé !» Nous pouvons bien sûr dire "Dieu merci" mais sommes-nous vraiment reconnaissants envers Dieu à ce moment ? Dans la plupart des cas et pour la plupart des gens il s'agit seulement d'une formule prononcée à la légère, mais il est très rare qu'elle soit l'occasion pour eux de réfléchir à eux-mêmes, à leur façon de penser et de vivre, à ce qu'ils ont semé, à ce qu'ils vont éventuellement récolter, à Dieu et à Ses commandements.

Pourtant si dans une telle situation nous apprenions à être attentifs à nous-mêmes en nous demandant ce qui nous a poussé à exprimer ces paroles de remerciement : "Dieu merci !" nous remarquerions qu'elles veulent certainement nous dire quelque chose. A travers nos sentiments nous découvririons alors qui nous sommes vraiment et nous apprendrions de ce fait à remercier Dieu de tout coeur. Parallèlement nous nous efforcerions de ne plus commettre la ou les fautes à l'origine de cette situation, le ou les péchés que nous aurions reconnus et nous mettrions cette situation en ordre avec le Christ. C'est cela le remerciement actif adressé à Dieu notre Père et au Christ notre rédempteur.
 

Lorsqu'ils se rencontrent les chrétiens des origines se saluent par une salutation de paix qu'ils s'efforcent d'exprimer consciemment. Si nous exprimons le mot "paix" pour saluer nos prochains nous devrions alors également nous efforcer de vivre quotidiennement dans la paix avec eux. Si nous dévalorisons quelqu'un, si nous en sommes jaloux et éprouvons des pensées d'hostilité envers cette personne mais que, dans le même temps, nous lui souhaitons la paix, alors nous nous moquons de Dieu. Faire cela c'est usurper Son Nom saint.

Le Nom de Dieu est bien plus souvent raillé qu'on ne le croit généralement. C'est le cas par exemple quand nous trompons notre entourage sur les véritables mobiles qui nous poussent à faire telle ou telle chose ou au contraire à ne pas la faire. Nous raillons le Nom divin si nous entrons par exemple dans une communauté religieuse avec l'intention véritable d'en obtenir un avantage personnel, par exemple pour obtenir une charge qui pourrait nous assurer un train de vie élevé, de la considération et une vie confortable. Il en est de même si nous nous engageons dans une paroisse pour recevoir la considération de nos semblables, pour être "bien vu". Un parti politique usurpe le Nom du Seigneur s'il se nomme chrétien pour faire croire qu'il respecte les commandements de Dieu et que ses membres sont en quelque sorte des successeurs du Nazaréen, comme c'est le cas dans certains pays, alors qu'en réalité il n'utilise ce vocable que comme une astuce de propagande et que ses membres et ses dirigeants ne se conforment ni aux exigences des Dix Commandements ni à celles du Sermon sur la Montagne. De la sorte on veut tromper ses semblables et les conduire sur la mauvaise voie.

Que celui qui veut savoir si le mot "chrétien" n'est utilisé que comme couverture - ou au contraire si une organisation se nommant comme tel aspire réellement à des buts chrétiens - que celui-là donc regarde ses oeuvres, comme nous l'a conseillé Jésus dans le Sermon sur la Montagne : "Vous les reconnaîtrez à leurs oeuvres." Dans ce domaine les Dix Commandements sont également un bon critère. Comment, par exemple, un groupe, une communauté ou un parti soi-disant "chrétien" se comportent-ils à l'égard du commandement : «Tu ne tueras pas» ? Considèrent-ils que ce commandement est valable en toute occasion ou bien pensent-ils qu'il est autorisé de tuer des hommes en temps de guerre par exemple ?

Nous devrions également savoir que ceux et celles qui soutiennent une telle communauté ou un tel parti en lui apportant leurs suffrages ou une participation financière partagent la responsabilité de ce que fait ce groupe et participent donc de façon active à l'usurpation du Nom de Dieu. Chacun est responsable devant Dieu pour ce qu'il affirme et pour ce qu'il fait. Quelqu'un qui aurait connaissance d'injustices et qui cependant se tairait s'en rendrait également complice.

Dans le deuxième commandement il est dit également : «... car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui abuse de Son Nom.» Le Christ, l'Esprit prophétique nous a enseigné que ce n'est pas Dieu qui nous punit pour ce que nous faisons mais que c'est nous-mêmes qui nous punissons pour cela en raison de la loi : "Ce que l'homme sème il le récoltera." Dieu ne sème pas, c'est nous-mêmes qui semons et c'est ce que nous semons que nous récoltons. Ainsi, nous aurons à subir les conséquences de ce que nous avons ou n'avons pas fait, car chacun est responsable de lui-même. Dieu n'élèvera pas le pécheur vers le ciel, Il lui montrera sa faute afin qu'il puisse la mettre en ordre et ne la recommence plus.

Il n'est pas possible de comprendre cela en lisant ce qui est écrit dans la nouvelle traduction de la Bible, dans sa version oecuménique commune aux catholiques et aux protestants. On y lit ceci : «N'utilise pas le Nom du Seigneur ton Dieu à mauvais escient car le Seigneur punira celui qui le fera.»

Nous voyons qu'il serait préférable d'accomplir d'abord les commandements plutôt que de juger et de considérer Dieu comme un Dieu qui punit. Il permet que nous péchions car Il nous a donné le libre arbitre et c'est parce qu'Il nous a donné le libre arbitre qu'Il ne nous punira pas. C'est nous-mêmes qui nous punissons.

Nous devrions nous efforcer de comprendre le sens des mots, le sens des commandements. Le contenu de la Bible n'est compréhensible que par l'accomplissement progressif des commandements de Dieu. Celui qui n'accomplit pas les commandements prend les mots à la lettre et prétend que Dieu punit.

Jésus a apporté au monde le Dieu aimant. Cela était nécessaire car dans l'Ancien Testament il est sans cesse question du "Dieu punissant". Le vocabulaire de l'époque était encore marqué par l'influence du polythéisme. C'est pourquoi l'Ancien Testament qui contient les Dix Commandements, est empli d'expressions résultant des croyances en de nombreux dieux qui punissent. Ainsi, beaucoup d'aspects introduits à l'époque dans la religion monothéiste en formation sont imprégnés par le polythéisme.

Nous devrions consciemment nous demander si nous croyons au Dieu qui punit, c'est-à-dire à celui de l'Ancien Testament, ou si nous croyons au Dieu de l'amour que Jésus, le Christ, nous a apporté ? Dans le Nouveau Testament il est aussi écrit : "Ce que l'homme sème il le récoltera." Si nous croyons au Dieu qui punit, nous n'avons pas besoin de croire à la loi des semailles et des récoltes, à travers laquelle chaque homme est guidé indirectement par la prise de conscience de ses aspects humains négatifs et par la mise en ordre de ses péchés.

Les chrétiens devraient se décider : croire au Dieu qui punit, ou croire au Dieu de l'amour et de la miséricorde, au Dieu qui réconcilie, qui pardonne, au Dieu qui, par amour, nous a envoyé Son Fils Jésus, le Christ.
 

III
Troisième commandement
 

Dans la version de la Bible traduite par Martin Luther le troisième commandement s'énonce ainsi : «Tu respecteras le jour du Sabbat, et le sanctifieras. Tu travailleras et feras tout ce que tu as à faire pendant six jours. Mais le septième jour c'est le Sabbat du Seigneur, ton Dieu. Ce jour-là, tu ne travailleras pas, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans ta ville.»
 

Que signifie sanctifier le jour du Sabbat ? Comment les chrétiens des origines s'y prennent-ils pour cela ?

Selon nous ce commandement ne signifie pas qu'un certain jour de la semaine, nous ne devrions rien faire. Voila comment nous vivons ce commandement :

Ce jour-là, nous nous réunissons dans la communauté pour y faire ensemble un bilan de la semaine écoulée et pour la terminer avec la force du Seigneur. Nous saisissons cette occasion pour mettre en ordre les aspects de notre moi humain dont nous avons pris conscience au cours de la semaine et qui ne serait pas encore purifiés, surtout dans le domaine des relations avec nos prochains. De la sorte, nous nous préparons au mieux à la semaine à venir. Quand cela est fait nous honorons et louons Dieu, nous Le remercions et parlons de Lui qui est l'amour infini et qui nous a accompagnés tout au long de la semaine.

C'est ce que font les chrétiens des origines chaque samedi soir. De plus , ils participent à un repas de la Cène. Après quoi ils remercient Dieu, Le louent et Le glorifient, et s'orientent une nouvelle fois consciemment sur le Christ en eux qui est leur soutien pour la semaine à venir, afin qu'Il les aide à accomplir les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne.

Ainsi pour les chrétiens des origines le "jour du Sabbat" est l'occasion d'honorer Dieu en se tournant plus consciemment qu'ils ne le font d'habitude vers leur for intérieur et en se détournant tout aussi consciemment des valeurs extérieures. Pour eux cette journée est donc l'occasion de puiser de nouvelles forces à la source qu'est Dieu. Ces forces se nomment espoir, force, confiance et joie pour la semaine à venir.

Pour nous, chrétiens des origines, "le jour du Sabbat" ce sont aussi des heures de détente au cours desquelles nous pouvons faire quelque chose pour nous personnellement, quelque chose qui nous apporte du plaisir. Toutefois, nous évitons le stress, nous n'utilisons pas ces heures de détente à pratiquer des loisirs violents car leur influence néfaste se prolongerait au cours de notre semaine à venir. Dans quel état intérieur serions-nous le lundi si nous avions accumulé une grande tension au cours du week-end, sous l'effet d'activités fébriles ? Serions-nous en mesure de travailler de façon concentrée et dynamique ?

Tout au contraire, les chrétiens des origines que nous sommes s'efforcent au cours de cette journée libre d'être plus tranquilles, plus pondérés, de s'intérioriser davantage, de faire le plein de force afin de pouvoir entrer de façon dynamique avec le Christ, notre Rédempteur dans la semaine nouvelle.
 

Dans la Bible intitulée "La Bonne Nouvelle", le texte du troisième commandement est le suivant : «N'oublie pas la journée de repos. C'est un jour particulier qui appartient au Seigneur. Pendant six jours de la semaine tu as le temps de travailler. Le septième jour devrait être un jour de repos.»
 

Si nous comparons les deux versions, celle de Luther et la version oecuménique, nous voyons une nouvelle fois que dans ces deux livres la vérité est décrite avec des mots différents. Ceci nous montre qu'il ne faudrait pas s'attacher à la lettre mais essayer de saisir le sens qui s'y cache, ce que nous ne pouvons véritablement faire qu'en aspirant à l'accomplissement quotidien des Dix Commandements et du Sermon sur la Montagne et en vivant de plus en plus d'après eux.
 

IV
Quatrième commandement
 

Dans la Bible de Luther le quatrième commandement est traduit de la manière suivante :

«Tu honoreras ton père et ta mère afin de vivre longtemps dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donnera.» Dans l'édition oecuménique ce commandement est formulé comme suit : «Honore ton père et ta mère afin de vivre longtemps dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne.»
 

Le Christ, l'Esprit qui se révèle, nous a enseigné ceci : notre père et notre mère sont aussi nos prochains. Nous devrions les respecter et les aimer, les porter dans notre coeur, tout comme nous devrions porter dans notre coeur tous les êtres humains. Toutefois l'honneur appartient seul à Dieu, notre Seigneur. Il convient donc de faire la différence entre les notions de "respect" et d'"honneur". Nous honorons Dieu en l'aimant par-dessus tout, en le plaçant au-dessus de l'humain en nous et en purifiant avec Sa force ce qu'il y a d'humain - le péché - en nous. Quand à notre prochain nous le respectons en lui témoignant du bien de tout notre coeur, en lui offrant notre compréhension, en n'étant pas jaloux de lui, en ne le dévalorisant pas, en lui laissant toute liberté et en lui faisant ce que nous voudrions qu'il nous fasse.

Enfants comme parents sont des enfants de Dieu. C'est pouquoi ils sont frères et soeurs. Dans l'enfant qui, pendant sa croissance, apprend et construit les programmes nécessaires à sa vie terrestre habite un être spirituel mûr. Les parents sont seulement plus âgés en nombre d'années terrestres. Selon la Loi de Dieu ils sont les grands frères et les grandes soeurs des enfants qui sont confiés à leur garde et à leur protection.
 

Les paroles «afin de vivre longtemps dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, t'a donné.» signifient : La vie de celui qui se tient aux commandements de Dieu sera harmonieuse. Sa vie ne connaîtra pas de soubressauts importants sous forme par exemple d'une maladie grave, ou d'une mort précoce ; il vivra en paix avec ses prochains. Ainsi tous ceux qui respecteront ce commandement, de même que les autres commandements, pourront vivre ensemble en paix dans ce pays.
 

V
Cinquième commandement
 

Dans la plupart des Bibles le texte du cinquième commandement est le suivant : «Tu ne tueras pas».

Dans la "Bible Scofield"* il en est également ainsi, toutefois ce texte est accompagné d'une annotation en bas de page qui dit ceci : "En hébreux il existe différents mots pour exprimer la notion de "tuer". Le terme particulier utilisé ici ne peut désigner que le meurtre, l'acte prémédité de tuer."

Dans la nouvelle version de la Bible oecuménique des églises protestantes et catholiques ce changement a d'ailleurs éte "officialisé" puisqu'on y lit maintenant : «Tu ne commettras pas de meurtre.»

Se pose alors la question de savoir ce qui est juste. Est-ce la version qui dit «Tu ne tueras pas» ou celle qui dit «Tu ne commettras pas de meurtre.»? Quelle version les chrétiens doivent-ils prendre en considération ?

L'annotation figurant dans la Bible Scofield mentionne le fait qu'il serait seulement interdit de tuer avec préméditation. Rapportée au monde des animaux, cette annotation pourrait éventuellement se justifier. En effet, partout où nous, les hommes, posons le pied se trouvent une multitude d'animaux minuscules dont nous tuons une partie sans le vouloir bien sûr, en marchant dessus. En nous appuyant contre un arbre il est éventuellement possible que nous tuions de petits animaux que nous ne voyons pas. Il n'y a donc pas préméditation. Par contre tuer quelqu'un c'est accomplir un acte conscient. Et selon le vocabulaire courant il ne s'agit rien d'autre que d'un meurtre. Dans ce cas, tuer est rigoureusement identique au fait de commettre un meurtre.

Si nous regardons les choses plus profondément, nous verrons qu'avant qu'une personne n'en tue une autre elle a eu des pensées préalables, ces pensées étant des forces. Bien sûr nous ne voyons pas les pensées qui sont des énergies bien réelles et qui agissent. En temps de guerre par exemple nous éprouvons en pensées la peur d'être tué par un ennemi, c'est ainsi que nous appelons notre frère. Pour qu'il n'en soit pas ainsi, nous prenons l'initiative de tuer le premier. Un soldat doit penser qu'il tuera peut-être car un soldat apprend et s'exerce à tuer afin d'être capable de le faire le moment venu.

Puisque les institutions catholiques ou protestantes approuvent la guerre, alors qu'on ne s'étonne pas de l'annotation qui figure dans la Bible Scofield.

Tuer ou commettre un meurtre ? Chacun sait que celui qui va à la guerre tuera peut-être. Toutefois, comme nous sommes tous frères et soeurs, enfants d'un seul Père, comme Jésus de Nazareth nous l'a dit, il s'agit d'un fratricide, que nous ayons tué ou commis un meurtre.
 

Permettez la question suivante, chers lecteurs : Pour vous, cela fait-il une différence si l'on vous tue ou si l'on vous assassine ? Probablement pas car le résultat est le même.

Les véritables chrétiens devraient se demander ce que dirait Jésus à ce sujet. Quand Pierre coupa l'oreille du soldat Il lui dit : «Rentre ton épée dans son fourreau» et Jésus guérit l'oreille. Pourquoi ? Parce que : «Ne commettez ni violence, ni injustice envers quiconque.»

Jésus parla en ces termes : «Celui qui se sert de l'épée périra par l'épée». Rapportée à notre époque, cette affirmation pourrait être exprimée dans les termes suivants : Celui qui tue son frère au moyen d'une arme à feu sera également victime d'une arme à feu, à moins qu'entre temps il n'aspire profondément à la grâce de Dieu, qu'il écoute sa conscience, se repente de tout coeur de son acte et répare tout ce qui peut encore l'être. Mais si nous faisons des calculs tels que : «Peu importe que je tue aujourd'hui puisque je pourrai mettre en ordre ce péché demain», nous ne pourrons pas bénéficier de cette grâce.

La violence ne peut engendrer que la violence. A cela nous reconnaissons l'absurdité de la guerre. On dit parfois que l'on envoie des soldats pour rétablir la paix. Mais peut-on vraiment rétablir la paix en tuant avec des armes et des canons ?
 

Nous savons que tous nos péchés retomberont sur nous un jour ou l'autre. La peur et la souffrance qu'aura ressenties notre prochain lorsque la balle aura pénétré dans son coeur et qu'il se verra mourir, sa peine, sa haine, son désir de vengeance, toutes ces pensées qui sont des énergies ne se dissolveront pas dans le néant. Elles retomberont en partie sur celui qui trépasse parce qu'il aura été soldat. Il emportera comme charges dans le royaume des âmes et sans doute dans une incarnation ultérieure la partie de ces énergies négatives qui lui revient. Toutefois la plus grande partie des sentiments et des pensées du trépassé retombera sur le meurtrier. Celui-ci a bel et bien tué avec préméditation car il savait qu'en tant que soldat il lui faudrait tuer.

Tout ce qui n'est pas expié au cours de la présente vie nous conduira à vivre des situations semblables dans des incarnations ultérieures. Par exemple nous naîtrons dans un pays en guerre. Sous l'action de la roue de la réincarnation le meurtrier et sa victime seront à nouveau confrontés l'un à l'autre. Ils seront à tour de rôle meurtriers et victimes, ennemis, jusqu'à ce qu'ils se tendent la main et fassent la paix. La faute qui les lie, qui les enchaîne l'un à l'autre sera alors purifiée et dissoute par la demande de pardon et par pardon mutuels.

L'action de la roue de la réincarnation est nettement observable au travers des événements qui surviennent à notre époque. Tout est énergie et aucune énergie ne se perd. Lors de conflits armés par exemple, de gigantesques quantités d'énergies négatives et agressives sont libérées. Elles proviennent du "réservoir" de péchés constitué par de nombreuses personnes au cours de leur passé, éventuellement à l'occasion d'incarnations antérieures. Les péchés conservés dans ce "réservoir" n'ayant jamais été purifiés, ils sont libérés en grande quantité à l'occasion d'événements tels que la guerre, et reviennent sous forme de karma vers leurs auteurs‚ tels que ceux-ci les ont émis.

Dans la Bible on peut lire : «Ce que l'homme sème il le récoltera». Ainsi, celui qui sème la mort avec préméditation récoltera également la mort de cette façon à moins qu'il n'ait fait bon usage de la grâce que Dieu offre à chacun en prenant conscience à temps de ses défauts, en les mettant en ordre et ne les recommençant plus. C'est ce que Jésus nous a enseigné.
 

La roue de la réincarnation tourne sans cesse, dirigeant vers la terre les âmes chargées de péchés. Si nous observons les différents conflits en cours dans le monde nous remarquerons qu'ils opposent continuellement entre eux certains peuples et certains pays. Pourquoi ? Parce que les causes à l'origine de ces conflits n'ont jamais encore été mises en ordre ; elles produisent donc continuellement les mêmes effets.

Dieu nous donna par Moïse le commandement suivant : «Tu ne tueras pas.» Pourquoi ce passage de la Bible a-t-il été falsifié depuis peu et changé en «Tu ne commettras pas de meurtre»? Pour le découvrir jetons un regard en arrière. L'explication suivante est la plus probable :

Les deux églises à l'initiative de cette modification de la Bible sont favorables à la guerre. En changeant le texte du cinquième commandement elles ont maintenant une légitimation biblique à leur comportement puisque selon elles, donner la mort lors d'un conflit armé ce serait bien "tuer" quelqu'un mais pas l'assassiner. Ainsi, faire la guerre serait tout à fait permis et l'on pourrait tuer en toute bonne conscience lors d'un conflit armé.

Si nous recherchons les raisons profondes de cette attitude, nous y découvrirons l'action de la roue de la réincarnation. Au cours des siècles passés l'église catholique comme on le sait fut l'instigatrice des croisades dont le but déclaré était de christianiser les infidèles ou de les éliminer physiquement. C'est ce qui fut fait dans l'Europe entière mais aussi lors de la découverte de l'Amérique et de la colonisation de l'Afrique. A chaque fois on a tué et pillé, soi-disant au nom du Christ.

Cet important potentiel d'énergies négatives est encore présent dans les âmes des coupables de l'époque qui n'ont toujours pas réparé ces fautes. Dans ces conditions il est fort probable que parmi les autorités ecclésiastiques de notre époque nombreux soient ceux qui portent ces énergies dans leurs âmes pour avoir été incarnés à l'époque et avoir pris part aux soi-disant "guerres saintes". Et c'est en raison de ce qu'ils portent encore dans leurs âmes que le mot "tuer" résonne dans la conscience de plus d'un de ces soi-disant princes de l'église. Des pensées et des sentiments montent à la surface de leur conscience. Mais plutôt que de mettre en ordre avec le Christ ces pensées et ces sentiments ils proposent de légitimer le fait de tuer en temps de guerre et donnent ainsi une justification à ce qui fut leur comportement lors des "guerres saintes".

L'assassinat, c'est-à-dire le fait de tuer avec préméditation, fut également pratiqué alors que le cinquième commandement «Tu ne tueras pas» n'avait pas encore été falsifié. Comment les infidèles furent-ils tués ?

Qu'est-il arrivé aux Germains ? Baptisés ou décapités ! Qu'est-il arrivé aux Indiens ? Devenir chrétiens ou finir en "enfer"! Qu'est-il arrivé aux hérétiques ? Rejoindre l'église ou périr sur le bûcher. Calomniés, martyrisés, massacrés, brûlés par centaines de milliers voire par millions. Par qui ?

La roue de la réincarnation tourne sans cesse. Même si leur apparence corporelle est différente, ce sont pourtant les mêmes âmes qui reviennent en habits terrestres. Où vont-elles ? Tout simplement là où les charges de leur âme les attirent.

Demandons-nous à nouveau si ces pratiques sont assimilables à un homicide involontaire ou à un meurtre ? Demandons-nous également si nous préférerions être tués ou être assasinés ?

Dans les deux cas c'est la mort qui frappe la victime. La vie lui ayant été ôtée avec préméditation.
 

Le cinquième commandement est valable également en ce qui concerne les animaux. Les institutions catholiques et protestantes autorisent la pratique des expérimentations scientifiques sur les animaux.

Pourtant les animaux ont des sensations ! Tout ceux qui ont fréquenté les abattoirs savent qu'ils hurlent de frayeur parce qu'ils ressentent qu'on va leur ôter la vie. Ils ressentent qu'ils ne pourront pas mourir selon les lois de la nature mais qu'une balle mettra fin à leurs jours.

Et ce n'est pas tout. Nous sommes-nous déjà demandé pourquoi tant d'animaux sont tristes ? C'est parce qu'ils ont déjà souffert ou qu'ils ressentent qu'ils devront souffrir atrocement, par exemple lors d'expérimentations médicales. L'âme partielle de nombreux animaux porte en elle la douleur et le chagrin vécus par eux pendant des millénaires de souffrance. C'est pourquoi beaucoup d'animaux sont si tristes et d'autres si agressifs. A qui la faute ?

Par millions, par milliards on les a abattus, massacrés et utilisés consciemment pour des expérimentations médicales. Pourquoi s'émouvoir, «ce n'est qu'un ani-mal» disent certains. Pourtant tout comme l'homme, l'animal ressent. Un animal battu pleure. Lorsqu'on gronde un animal, il a peur et s'éloigne de nous ! Nous voyons qu'il ressent, qu'il est sensible. Il ressent même de façon bien plus fine qu'un homme et il sait parfaitement qu'on le mène à l'abattoir, ou qu'on va pratiquer sur son corps des expérimentations médicales.

Est-ce que cette modification du texte du cinquième commandement de "Tu ne tueras pas" en "Tu ne commettras pas de meurtre" n'aurait pas également pour but de sauvegarder la bonne conscience de ceux qui pratiquent la corrida ou les combats de coqs, de ceux qui prennent du plaisir au combat ou qui trouvent du divertissement à tuer, toutes choses qui n'ont naturellement rien à voir avec le "meurtre".

L'être humain est parfois cruel. Pourquoi aurait-il le droit de tuer quand cela ne peut être défini comme un meurtre ? Nous les chrétiens, nous devrions y réfléchir.

 

VI

Sixième commandement
 

Le sixième commandement dit depuis toujours : «Tu ne commettras pas l'adultère.» Dans une Bible récente, intitulée "La Bonne Nouvelle" on peut lire à la place : «Tu ne détruiras pas le mariage.» Pourquoi cette différence ? Que recouvre-t-elle en réalité ?

Selon le sens commun "détruire un mariage" c'est s'immiscer dans le ménage de son prochain et agir en sorte que la femme se retourne contre son mari ou le mari contre sa femme.
 

Par contre, «Tu ne commettras pas l'adultère» signifie être fidèle en pensées, paroles et actes à son conjoint en vertu de l'alliance faite avec lui devant Dieu.

Etre infidèle en pensées en s'imaginant vivre avec un autre partenaire et avoir des relations corporelles avec lui c'est donc déjà commettre l'adultère.

Et tout ceci commence par de petits signaux - des mots, des regards et des gestes - qui activent des pensées et des idées. Quelles sortes d'énergies sont-elles mises en mouvement par exemple au cours d'un flirt plus ou moins accentué ? Sont-elles divines ? En flirtant avec quelqu'un d'autre, restons-nous fidèles à notre partenaire et au "oui" que nous lui avons exprimé ?

A ce sujet Jésus a dit ceci dans le Sermon sur la Montagne : "Tu ne commettras pas l'adultère. Mais Moi Je vous dis : Celui qui convoite une femme seulement du regard a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur."

Ainsi on peut déjà commettre un adultère en pensées. "Commettre un adultère" et "détruire un mariage" ce n'est donc pas la même chose. Les Bibles peuvent donc dire des choses différentes.

Mais qu'est-ce que Dieu a réellement dit aux Israélites à travers Moïse ? Est-ce : «Tu ne commettras pas l'adultère.» ou «Tu ne détruiras pas un mariage» ? A qui voulons-nous croire ? A Dieu à travers Moïse ou aux correcteurs de la Bible ?

Quels pourraient être les mobiles de cette falsification ? Quand un texte est changé à ce point ce n'est pas sans raison. Se pourrait-il que ceux qui ont corrigé la Bible de la sorte aient pu penser qu'un comportement contraire à l'esprit du mariage - comme par exemple avoir une maîtresse ou un amant occasionnel - ne soit pas forcément de nature à détruire le mariage ? En conséquence un tel comportement serait permis tant qu'il ne mettrait pas en danger le mariage.

Pourquoi les correcteurs de la Bible auraient-ils voulu "légitimer" de la sorte un comportement contraire à l'esprit du mariage, car qui peut nier qu'il n'en soit pas ainsi ?

En effet, quelles peuvent être les sensations d'une femme ou d'un homme qui découvre que son conjoint n'est pas fidèle aux voeux du mariage ? Que peut-il penser et ressentir ? Sans doute est-il terriblement déçu et ressent-il des souffrances et des blessures inimaginables. Cela peut engendrer de l'animosité, de la haine et des disputes à l'égard du conjoint. Ce comportement génère des pensées et des paroles d'hostilité. Sachant qu'aucune énergie ne se perd demandons-nous où va cette énergie ? Et bien elle retombe en partie sur celui qui a eu ces pensées et en partie sur celui qui les a provoquées.

Les chrétiens des origines que nous sommes, croyons aux Paroles que Dieu nous a données à travers Moïse : «Tu ne commettras pas l'adultère.» Et nous croyons aux Paroles du Christ de Dieu en Jésus qui a dit : "Tu ne commettras pas l'adultère. Mais Moi Je vous le dis : Celui qui convoite une femme seulement du regard a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur."

Personne n'est parfait, c'est pourquoi un tel comportement peut arriver à chacun d'entre nous. Il est d'ailleurs possible que quelqu'un ait apporté l'adultère, en tant que charge de l'âme, dans sa vie terrestre présente. Cette personne devrait maintenant prendre conscience que cette attitude est active dans ses sentiments, sensations et pensées, et la mettre en ordre. Pourtant dans la plupart des cas, au lieu de mettre cela en ordre, la personne en question commet à nouveau un adultère. Une fois l'adultère commis, ses conséquences dépendront de l'attitude de la personne dans cette situation. S'il elle reconnaît le mal qu'elle a fait, si elle le regrette de tout coeur, si elle met cela en ordre avec le Christ et ne le recommence plus, alors Dieu lui pardonnera. Si son partenaire peut lui pardonner également, alors ce péché sera effacé. Mais si son partenaire ne lui pardonne pas, alors cette faute restera en tant que charge jusqu'à ce qu'elle soit pardonnée.
 

Qu'en est-il de ceux qui ne vivent pas en couple, mais en célibataire ? Le renoncement au mariage est-il voulu par Dieu, ou bien cette falsification du texte du sixième commandement ne serait-elle pas une concession faite aux prêtres en raison de leurs nombreux manquements aux voeux de célibat et de chasteté qu'ils sont censés respecter dans le cadre de leur sacerdoce ? Qui a instauré le célibat ?

Pour sa part Jésus le Christ n'a jamais invité au célibat. Nous ne pouvons pas invoquer l'argument selon lequel Jésus n'était pas marié pour interdire à ceux qui veulent le suivre de se marier. Ce ne serait pas juste. Jésus est venu en tant que Fils de Dieu pour apporter la rédemption. Et Jésus, le Fils de Dieu n'a jamais dit que le mariage était un péché. Il était favorable au mariage mais non pas à l'adultère. Le célibat n'a donc jamais été institué par Jésus.

Comment un être humain peut-il rester célibataire si dans son âme il a apporté le désir de se marier et d'avoir des relations corporelles ? Les chrétiens des origines croient à la réincarnation et savent que nous amenons avec nous dans l'incarnation présente ce qui n'a pas été mis en ordre au cours d'incarnations antérieures. Il est donc tout à fait possible que le désir de vivre avec une partenaire soit vivant dans un prêtre. Si des fautes provenant d'un mariage vécu lors d'une incarnation antérieure sont présentes dans l'âme d'une personne, cette dernière reproduira ces mêmes fautes tant qu'elle ne s'en sera pas repentie et qu'elle ne les aura pas mises en ordre. Ceci est valable pour nous tous, donc également pour les prêtres. C'est la raison pour laquelle beaucoup d'entorses à la règle du célibat et au voeu de chasteté sont commises parmi les prêtres.

Par la mortification et le refoulement nous n'obtiendrons pas la liberté. C'est seulement par la connaissance de nous-mêmes et par le travail quotidien sur nos aspects humains, c'est-à-dire sur nos programmes pécheurs que nous y parviendrons. Personne n'est parfait. Un chrétien véritable se bat chaque jour pour s'approcher de la perfection.
 

Comment les chrétiens des origines conçoivent-ils le mariage?

Tout d'abord ils s'efforcent d'être fidèles dans le mariage à celui ou à celle à qui ils ont dit "oui". Ils s'efforçent de vivre chaque jour les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. C'est pourquoi ils ne laissent pas de côté les difficultés qu'ils rencontrent éventuellement dans le mariage - difficultés qui reposent souvent sur une déception mutuelle de chacun des partenaires vis-à-vis de l'autre- mais ils les mettent en ordre jour après jour.

Un chrétien des origines s'efforce de mettre en ordre en lui-même les sentiments ou les pensées qui s'expriment contre sa partenaire. Il dit : "Je connais la loi de la correspondance, je sais donc que ce qui m'énerve en elle et que je lui reproche est également présent en moi, au moins en partie. C'est pourquoi avant de vouloir ôter la paille de l'oeil de mon prochain je m'efforce d'enlever la poutre qui est en moi en recherchant les aspects pécheurs qui se trouvent en moi. Je sais que je ne peux changer que moi-même. Et si je veux changer mon prochain, alors je devrais peut-être en chercher la raison dans le fait que je ne veux pas me changer moi-même."

Personne n'est parfait, un chrétien des origines ne l'est pas non plus, même s'il s'efforce jour après jour de vivre selon les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. C'est pourquoi demandons à un frère ce qu'il fait quand il ressent soudainement l'envie d'aborder une femme, quand elle lui plaît et qu'il ressent qu'il est en train de développer des sentiments à son égard ?"

Le frère nous répond : «Je sais que tout a une cause. Aussi je me demande ce qui, en moi, peut être la cause de cette attirance. Mes sentiments, mes sensations, mes pensées ainsi que les images qui proviennent de mon intérieur me l'indiquent. Il est possible qu'il s'agisse d'une faute commise au cours de ma vie terrestre actuelle ou lors d'une vie antérieure. Si j'ai vraiment le désir d'en connaître la cause pour la mettre en ordre, alors je pourrai en prendre conscience. Je verrai alors envers qui et de quelle façon j'ai mal agi. Je pourrai ensuite m'en repentir et demander pardon, pardonner et réparer ce qu'il est encore possible de réparer. Ensuite je prendrai la ferme résolution de penser et d'agir autrement à l'avenir, suivant la Loi. Il s'agit bien sûr d'une explication générale mais dans les faits il peut s'agir de choses tout à fait différentes, en fonction de ce qui a été dans le passé.

Il est possible également qu'un rythme corporel non harmonieux réactive en moi un programme pécheur. En effet si je suis équilibré et en harmonie, le besoin ardent de recevoir de l'énergie humaine masculine ou féminine ne survient pas si facilement. Si c'est le cas ce désir a des causes précises. En observant ce qui est survenu dans mes sentiments, sensations et pensées il est possible que je ressente un mécontentement ou une déception, peut-être aussi des désirs inassouvis et d'autres choses du même genre. Ces pensées et ces images dans lesquelles je peux me reconnaître tel que je suis, m'indiquent comment je peux les mettre en ordre. Il n'est pas nécessaire pour cela que je m'adonne à une réflexion intensive, cela m'est montré par l'énergie du jour.»

Questionnons davantage notre frère : "Comment mets-tu ces désirs en ordre ? Comment mets-tu en ordre ce qui te tourmente et te pousse à faire des choses ? Est-ce que tu t'obliges simplement à ne plus y penser en te disant : Si j'assouvis ce désir, je commets un adultère, alors je ne vais pas plus loin. Comment t'y prends-tu ?

Le frère : «Si j'éprouve des désirs ardents et mauvais, ce qui est essentiel c'est la façon dont je réagis à ces désirs, ce que j'en fais. Si je laisse libre cours à mes pensées et que je les laisse poursuivre leur chemin, alors le désir se renforcera encore. Au contraire je voudrais saisir ces pensées et ces désirs et les observer en profondeur pour me reconnaître moi-même tel que je suis et pour les surmonter avec le Christ. C'est pourquoi je dis "stop" à ces pensées sans pourtant les refouler. Je dois en trouver la racine, dans ce cas précis je devrais trouver la racine du mécontentement qui en moi a déclenché les pensées de désir. Ce mécontentement provient peut-être d'une déception au travail ou du fait que je ne me permets pas de réaliser certains désirs qui sont peut-être sans grande importance et qui ne vont pas à l'encontre de la Loi ; ou encore j'hésite peut-être à clarifier une situation qui devrait l'être depuis un certain temps déjà ; ou bien je recule devant une décision qui s'impose. Il peut y avoir beaucoup de possibilités à l'origine de ce mécontentement. Si j'en trouve la racine et mets en ordre avec le Christ ce qui devrait l'être, alors la cause à l'origine de cette pensée sera mise en ordre et je serai libéré du désir d'une autre femme.»
 

Une des causes à l'origine de beaucoup de déceptions dans les couples résulte du fait que nous vivons trop les uns sur les autres, que nous avons trop peu d'espace libre pour nous.

Les chrétiens des origines ont fait l'expérience que quand le sixième commandement est compris dans le sens de fidélité envers le Christ, il existe de nombreuses possibilités d'organiser la vie en commun dans le couple. Ils recherchent ensemble ce qui peut permettre à chacun de se développer personnellement et librement. C'est ainsi par exemple que chacun devrait disposer d'une chambre pour lui seul où il peut se retirer quand il le souhaite ; une chambre qu'il installe à sa guise et dans laquelle il peut vivre comme il l'entend. Pour qu'il en soit ainsi le respect de la fidélité entre les partenaires est la condition indispensable. Les partenaires ne peuvent rester fidèles l'un à l'autre que si ils restent fidèles au Christ en s'efforçant tous les jours d'accomplir les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne.

La clé d'une vie commune harmonieuse est l'orientation sur le même but. Si le but des partenaires est identique, ils ne restreindront pas l'espace de vie de leur prochain et ne le lieront pas à eux, mais ils respecteront sa liberté afin d'être libres eux-mêmes.

Dieu a fait de nous des êtres libres. Il ne nous a pas créés pour que nous vivions dans la dépendance de quelqu'un d'autre. C'est pourquoi, chez les chrétiens des origines, l'homme s'efforce de soutenir sa femme dans ses tâches chaque fois que cela lui est possible. De son côté la femme s'efforce également de ne pas être dépendante de son mari mais d'arriver à son autonomie. Cela favorise l'indépendance et la satisfaction mutuelle. Chaque être humain devrait aspirer à développer les talents et les capacités qui lui ont été donnés par Dieu. Chacun devrait être là pour l'autre et non contre lui.

Il est dit : «Qu'il en soit sur la terre comme au ciel». Dieu souhaite le mariage, mais pas la promiscuité. Il souhaite la communauté mais pas l'adultère.

Les chrétiens des origines ne sont pas parfaits. Parmi eux il y a parfois des discordes au sein des couples. Mais les conjoints tentent toujour de régler ces discordes en se demandant : Quelle est ma part dans cette discorde ? En effet il est dit : "Regarde d'abord la poutre qui est dans ton oeil avant de vouloir ôter la paille qui est dans l'oeil de ton prochain."

C'est ainsi que nous nous efforçons de résoudre les situations qui ne sont pas harmonieuses en surmontant ensemble et activement nos difficultés, en trouvant des solutions sur lesquelles nous pouvons construire quelque chose de positif.

Nous avons fait l'expérience que des partenaires vivant des situations de couple difficiles, peuvent retrouver une relation détendue et positive si chacun d'eux peut disposer d'un petit espace personnel dans la maison ou dans l'appartement. Ainsi les partenaires peuvent éviter une séparation.

S'il est possible à chacun des partenaires de créer ce petit espace personnel dans la maison, il peut s'y retirer s'il en a envie et faire quelque chose de personnel qui est en lui. On évite ainsi d'être sans cesse l'un sur l'autre et la compréhension et la bienveillance peuvent se développer de nouveau ; chacun travaillant en paix à ses problèmes, ce qui favorise la réconciliation mutuelle. Dans de nombreux cas la paix revient de cette façon. Pour en arriver là il est nécessaire de rester fidèle l'un à l'autre et d'être prêt à se réconcilier.
 

Au sein de leurs couples les chrétiens des origines essayent de s'orienter ensemble sur le Christ. En agissant de la sorte on crée un solide fondement pour une vie conjugale qui vaut la peine d'être maintenue et qu'on ne veut pas détruire. L'orientation commune sur le Christ nous donne la force de mener une vie conjugale véridique et profonde. De la sorte il est plus facile de fonder une famille et d'élever en Son Nom des enfants qui ressentent la sécurité dans le Christ et qui voient que dans la vie il y a mieux que l'égoïsme et le matérialisme.

Si l'harmonie règne entre les partenaires c'est positif pour les enfants. L'atmosphère qui règne au sein de la famille est alors favorable au développement de chacun de ses membres, ce qui est également valable pour les animaux qui vivent à nos côtés. L'atmosphère paisible de la maison rayonne aussi dans d'autres domaines de la vie et sur tout l'environnement. Il en est ainsi de la lumière : elle attire parce qu'elle est claire et chaude. Là où les commandements de Dieu sont suivis, il y a sécurité en Dieu et confiance l'un dans l'autre, il y a liberté.

Pourtant, même si son partenaire ne veut pas accomplir ces aspects de la Loi chrétienne, s'il a d'autres centres d'intérêts, un chrétien des origines sera quand même fidèle à ces principes. Il ne rejettera pas son ou sa partenaire de son coeur mais il lui restera fidèle quelque soit ce que fait ce dernier, même si son partenaire le quitte pour se tourner vers une autre femme ou vers un autre homme. Car le commandement : «Tu ne commettras pas l'adultère» signifie : J'ai promis fidélité à mon ou ma partenaire, aussi je respecterai sa liberté, s'il se détourne de moi. Moi de mon côté je ne romprai pas ce serment de fidélité.
 

Si son conjoint ou sa conjointe désire divorcer pour se remarier, une ou un chrétien des origines lui donnera son consentement. Il ou elle pourra alors construire une nouvelle relation de couple avec un nouveau partenaire car dans un tel cas il n'y a pas d'adultère. Bien sûr dans un tel cas il serait malgré tout nécessaire de regarder quels sentiments, sensations et pensées seraient alors mis en mouvement en nous.
 

Dans le Sermon sur la Montagne se trouvent des indications à l'aide desquelles nous pouvons comprendre pourquoi nous avons fait des fautes et comment nous pouvons les mettre en ordre.

Peu importe le péché que nous découvrons en nous, il est toujours possible de changer de direction. Car Dieu aime tous Ses enfants. Il n'en garde éloigné aucun de Son coeur. La damnation éternelle n'existe pas, il est toujours possible de changer de direction à l'aide de la grâce de Dieu. Quand nous péchons, nous ne devrions pas rester à terre, ni rester dans ces pensées et dans ces péchés, mais prendre courage, prendre la main de l'Eternel et nous mettre debout, alors avec l'aide du Christ nous devrions mettre la situation en ordre et ne plus recommencer. C'est cela le chemin qui mène à la liberté. C'est cela le chemin vers et avec notre prochain. Pour les chrétiens des origines c'est cela la vie chrétienne originelle.

 

VII

Septième commandement
 

Le septième commandement est le suivant : «Tu ne voleras pas». C'est ce qui est écrit dans la plupart des Bibles. Dans la Bible "La Bonne Nouvelle" il est écrit ceci : «Ne prends à personne sa liberté et sa propriété.»

A nouveau nous voyons qu'il ne faudrait pas prendre la Bible au pied de la lettre, mais d'après son sens. Si nous apprenons à comprendre le sens qui y est contenu, nous pouvons faire la différence entre les passages qui correspondent à la vérité et ceux qui n'y correspondent pas. Nous ne pouvons comprendre selon son sens la parole contenue dans la Bible que si nous nous orientons nous-mêmes sur Dieu en accomplissant pas à pas les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. Tant que nous n'aspirons pas nous-mêmes à la vérité, tout ce que nous disons sur la vérité n'est qu'une opinion et reste une opinion mais n'est pas la vérité. En d'autres termes : Ce que nous pensons et exprimons à partir de ce que nous entendons ou lisons ne devient vérité que quand cela est rempli par notre mise en pratique des commandements de Dieu.

Ainsi, quel est le sens du septième commandement «Tu ne voleras pas» ?

Voler signifie prendre quelque chose à notre prochain, le lui dérober, par exemple lui voler de l'argent, lui dérober son bien. Mais avons-nous déjà pris conscience que nous volons aussi le temps de notre prochain, en parlant avec lui de choses futiles. Nous intervenons également dans son espace vital si nous l'empêchons de suivre son propre chemin, si nous lui imposons nos opinions et attendons de lui qu'il croit ce qui n'est finalement que notre opinion.

Une autre forme de vol consiste à prendre l'énergie de notre prochain en sollicitant son attention - même si c'est seulement en pensées - jusqu'à ce qu'il s'intéresse à nous et fasse pour nous ce que nous ne voulions pas faire nous-mêmes. Si quelqu'un ne peut pas suivre son propre chemin de vie en raison de notre intervention, il ne peut alors pas accomplir ses propres pensées et sa propre volonté, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Nous le lions alors à nous afin de lui prendre son énergie et pour qu'il fasse ce que nous voulons. A ce propos, dans Sa grande Oeuvre de révélation "Ceci est Ma Parole"* le Christ nous a enseigné ceci :

«La personne qui se laisse mener par son prochain et fait ce que d'autres lui disent de faire, bien qu'elle s'aperçoive que cela n'est pas conforme au chemin qu'elle devrait suivre, est "vécue" ; elle passe à côté de sa propre vie terrestre. Elle n'utilise pas les journées mais est utilisée par ceux à qui elle est assujettie ; elle ne connaît de ce fait pas son chemin en tant qu'homme sur cette terre.

Celui qui lie ses prochains en leur imposant sa volonté est comparable à un vampire qui suce les énergies de ses prochains. Il ne se connaît pas et se lie lui-même à ses victimes. Inversement la victime qui se laisse prendre son énergie se lie aussi à lui. En tant qu'êtres incarnés dans une autre vie ou en tant qu'âmes dans les domaines de l'au-delà, ils seront conduits l'un vers l'autre, aussi souvent et aussi longtemps que cela sera nécessaire pour que l'un pardonne à l'autre.»

Pourquoi chaque pensée est-elle si importante ? Comment par des pensées est-il possible de voler à son prochain de l'énergie, l'énergie de son âme et de son corps ?

Nous sommes souvent trop peu conscients que les pensées sont des forces et que nous pouvons pécher envers notre prochain seulement par nos pensées. Nous pouvons lui voler ses énergies de l'âme et du corps en lui adressant des pensées précises qui ne correspondent pas à la Loi divine comme des désirs par exemple. Si des péchés de même nature que ce que nous émettons dans sa direction se trouvent également dans son âme - peut-être seulement à l'état latent - ce potentiel est alors mis en vibration en lui et devient actif. Il monte à la surface de son monde de sentiments et de pensées. En émettant nos pensées dans sa direction nous avons déclenché une réaction chez notre prochain, nous l'avons en quelque sorte contaminé avec nos pensées, notre volonté et nos désirs.

Et le processus peut éventuellement se développer si notre prochain, victime de nos pensées, agit désormais contre la Loi divine conformément au désir que nous avons éveillé en lui, commettant ainsi un péché. Quelles peuvent en être les conséquences ? Sous l'effet de notre influence il peut résulter en lui un affaiblissement énergétique de l'âme et du corps parce que le négatif qui s'y trouvait à l'état latent a été mis en mouvement trop tôt. Si notre prochain ne parvient pas à maîtriser les désirs et péchés qui montent alors en lui en tant que charges, nous en sommes en partie responsables.

Voici un exemple pour illustrer ce propos : un homme croise une femme. En lui monte le désir de faire connaissance de cette femme, d'entrer en contact avec elle, alors qu'elle-même ne s'intéresse absolument pas à lui. Cependant, lui pense sans cesse à elle. L'effet de ces pensées pourra être le suivant : elle le remarque et s'intéresse à lui. Eventuellement naissent à leur tour en elle des désirs semblables à ceux qui sont actifs en lui. A partir de ce qu'il a déclenché en pensées, il a donc également mis en mouvement en elle des pensées pouvant faire naître chez elle des désirs et des convoitises.

Si tel est le cas - parce que cette femme porte en elle une telle correspondance - mais que ces sentiments de convoitise ne se reportent pas sur celui qui les a déclenché mais sur un autre homme que la femme bombarde à son tour de ses pensées, alors l'homme qui a éveillé ce potentiel d'émission sera coresponsable des péchés que cette femme commettra peut-être. Il le sera également pour ce qui est des péchés que commettra éventuellement celui qui est maintenant l'objet de la convoitise de cette femme, un potentiel de même nature ayant peut-être été activé en lui également. Ainsi les pensées sont parties du premier émetteur, de l'homme, en direction de la femme chez qui elles ont éveillé quelque chose. La femme a dirigé des pensées vers un autre homme chez qui quelque chose a été activé. A son tour cet homme pense peut-être lui aussi à une femme et sous l'effet de la tension provoquée en lui par ce désir il commet un acte qui ne correspond pas à la Loi divine et devient peut-être même violent. A ce stade, qui porte la responsabilité du péché commis par cet homme ?

A travers cet exemple, nous constatons que toute une chaîne de fautes peut être constituée à laquelle tous ceux qui y ont pris part sont reliés en raison des aspects pécheurs qu'ils y ont déposé.

Un tel complexe de fautes peut contenir beaucoup de souffrances. L'une des personnes concernées sera peut-être infidèle à son partenaire, une autre ne parviendra peut-être pas à atteindre le but de sa vie, une autre encore sombrera dans la pitié à l'égard d'elle-même et dans la dépression, etc...

Dans notre exemple, l'instigateur de cette catastrophe est l'homme qui a émis le premier. Quel est celui qui porte la plus grande responsabilité dans cette affaire ? Est-ce lui ou ceux qui furent influencés par lui ? C'est lui qui porte la plus grande faute à cet égard parce qu'il a volé son prochain. Il a occasionné une baisse d'énergie chez une femme dont la conséquence fut une activation de certains péchés en elle.

Même si des causes sont déposées dans l'âme de notre prochain, nous n'avons pourtant pas le droit de les activer par nos pensées et désirs. C'est pourquoi les pensées sont très dangereuses et c'est pourquoi nous pouvons voler notre prochain par des pensées.

Quelqu'un n'ayant pas conscience que des pensées constituent une énergie pouvant déclencher beaucoup de choses dans notre prochain, peut imaginer n'avoir jamais agi à l'encontre du septième commandement «Tu ne voleras pas». Il n'a jamais volé d'argent, pas plus qu'il n'a jamais dérobé le bien de son prochain, aussi croit-il n'avoir jamais agi à l'encontre du septième commandement.

Cette personne pourrait pourtant se demander : Suis-je également sans tache en ce qui concerne mes pensées ? Il pourrait en savoir plus en se demandant : A qui ai-je pris de l'énergie en émettant des pensées ? Qui ai-je influencé par mes désirs, sur qui ai-je agi ainsi pour en obtenir quelque chose de personnel ?
 

Nous pourrions croire à première vue que nos intentions - envers nous-mêmes aussi bien qu'envers nos prochains - se manifestent de façon plus claires à travers nos paroles et nos actes que dans nos sentiments, sensations et pensées. Cela n'est pas le cas car l'apparence est souvent trompeuse.

Si nous pouvions prendre conscience des mobiles véritables qui nous poussent à parler et agir comme nous le faisons nous découvririons peut-être qu'ils ne sont pas aussi purs que nous le croyons souvent et que nous agissons parfois de façon douteuse allant même jusqu'à voler notre prochain. Il nous est peut-être arrivé par exemple d'offrir intentionnellement un cadeau à quelqu'un pour en recevoir en retour un plus grand de lui. Ou encore nous avons abondé en paroles dans le sens de quelqu'un, nous l'avons flatté pour le mettre de bonne humeur à notre égard et tout cela pour qu'il fasse ce que nous désirions en pensées. Les flatteurs, les hypocrites, ceux qui disent oui à tout veulent toujours quelque chose pour eux-mêmes et volent leur prochain.

Regardons ce qui se passe dans le monde. Tout est fondé sur le fait de chercher à s'octroyer l'énergie du prochain, par exemple son argent. Au contraire le fonctionnement correct des échanges repose sur le principe "Donner et recevoir". Si ce fonctionnement est équilibré, nous recevons ce que nous avons donné au préalable de façon désintéressée. C'est sur ce principe que la confiance et le partage mutuels sont fondés dans le cadre d'une vie véritablement communautaire chrétienne et c'est sur cette base que s'édifie ce qui appartient à tous, le bien commun.

Dans l'économie, le principe "Donner et recevoir" n'est pas seulement nié occasionnellement. Par exemple, vendre des produits à des prix prohibitifs peut être assimilé à un vol envers le prochain. Quelque soit l'endroit où l'on pose les yeux dans ce monde, on ne voit qu'inégalité. L'attitude générale consiste à prendre plus qu'on ne donne. Un jour ou l'autre le monde entier devra payer le prix de cette attitude.

Il en est de même avec la nature. Notre mère la Terre est exploitée. Pendant des millénaires nous lui avons pris sa force sans pratiquement rien lui rendre d'autre que du poison. C'est pourquoi la nourriture que nous absorbons est en partie empoisonnée et c'est pourquoi pas à pas nous le serons à notre tour toujours davantage. Ce sont les fruits, les effets, de ce que nous avons fait qui se montrent de la sorte. C'est ainsi qu'agit la loi des semailles et des récoltes.

D'où viennent les maladies toujours plus nombreuses qui affectent l'humanité actuellement ? Elles n'ont pas seulement pour cause la nourriture impure et l'eau mauvaise et putréfiée que nous absorbons, elles proviennent surtout des innombrables sentiments, sensations, pensées, paroles et actes orientés vers le moi humain et égoïste que nous avons semés contre la Loi divine. L'eau et la nourriture contaminées et néfastes que nous absorbons produisent sous forme de maladie leurs effets sur notre corps déjà affaibli sous l'action de la loi des semailles et des récoltes, de telle sorte que nous tombons malades.

Il est manifeste que la civilisation occidentale et chrétienne à la pointe du progrès et de la technique, championne du capitaliste triomphant, a foulé aux pieds le septième commandement. Nous tous, devons maintenant en supporter les conséquences désastreuses.

En cela aussi nous pouvons observer comment fonctionne la chaîne des causes. Quelqu'un qui, par exemple, produit du poison est coresponsable des dommages et de la détresse causés aux règnes de la nature par l'utilisation de ces produits. Il est également coresponsable du fait que, sous l'effet de ce poison, des hommes deviennent malades, qui au travers de leur maladie émettent alors des pensées négatives pouvant inciter à leur tour d'autres personnes à penser et à agir de façon négative. C'est ainsi que la chaîne peut continuer à se développer. Celui qui a produit le poison est le plus grand fautif dans cette chaîne de causes mais chacune des personnes qui y sont impliquées par ce qu'elles ont fait ou par ce qu'elles n'ont pas fait - l'indifférence face à une telle situation étant également une forme de complicité - porte une partie de la faute collective.
 

«Tu ne voleras pas» - si nous regardons seulement les mots, nous ne comprenons pas ce qui est contenu dans ce commandement. Pour en comprendre le sens - qui seul donne la vie - les chrétiens des origines s'efforcent d'accomplir pas à pas les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. C'est ainsi qu'ils aspirent à la vérité pour vivre de plus en plus la vérité et pour apporter la justice à ce monde et à leurs prochains ainsi qu'à la nature. C'est alors seulement qu'il est possible de découvrir la vérité également dans la Bible.
 

VIII

Huitième commandement
 

Dans la plupart des Bibles, le huitième commandement s'énonce ainsi : «Tu ne feras pas de faux témoignage contre ton prochain» ou «contre tes semblables». Là encore la Bible "La Bonne Nouvelle" fait exception. Elle réduit l'expression à un seul aspect. On y lit : «Ne dis rien de faux sur tes semblables».

Nous péchons contre le huitième commandement si nous disons quelque chose de faux contre notre prochain. Mais dire quelque chose de faux n'est-ce pas aussi flatter notre prochain, le louer, lui faire entendre ce qu'il veut dans le but d'obtenir de lui quelque chose pour soi-même alors que nos pensées et ce que nous voulons sont tout autre que ce que nous disons. C'est cela dire quelque chose de faux. Nous agissons ainsi envers nos prochains pour leur voler de l'énergie, pour obtenir d'eux la reconnaissance et l'attention qu'ils ne nous auraient autrement pas accordées sous la forme que nous souhaitions. En agissant ainsi, nous ne nous contentons pas de ne pas dire la vérité mais nous trahissons nos convictions pour dire à notre prochain ce que nous croyons qu'il voudrait entendre. Nous constatons ici que des aspects du septième commandement «Tu ne voleras pas» sont contenus également dans le huitième.

Qu'est-ce qu'une opinion ? "Opinion" signifie toujours "ne pas savoir". Parce que nous ne connaissons pas la vérité, nous construisons en pensées quelque chose de conforme à notre façon de voir les choses et qui semble assez logique. Ceci devient notre opinion. Mais parce que nos opinions sont toujours le témoin de notre ignorance, notre opinion a donc toutes les chances d'être fausse.

Du point de vue spirituel - c'est-à-dire du point de vue de la réalité - un mot, une expression, une pensée est - comme nous l'avons entendu plus haut - vide de sens tant qu'il ou elle repose sur une connaissance acquise par la lecture, par l'action de l'intellect ou par la connaissance en général. Le mot, l'expression, la pensée ne commencent à rayonner et à porter une signification que quand celui ou celle qui l'exprime remplit de vie, c'est-à-dire de vérité, ce qu'il dit - et cela par sa mise en pratique, par ce qu'il fait.
 

Celui qui fait vivre les commandements de Dieu dans ses paroles, pensées et actions sait que ce qu'il dit est vrai car il en a lui-même fait l'expérience. Ses sentiments, ses sensations et ses pensées sont en harmonie avec ses paroles. Au contraire, celui qui parle de la vie - des aspects de la Loi divine aussi bien que de ce qui compose la vie quotidienne des hommes - sans avoir fait l'expérience de ce qu'il dit dans sa propre vie ne fait rien d'autre qu'exprimer une opinion, une supposition, une idée.

Une vérité, un aspect de la vie intérieure, ne peut être formulée et communiquée à d'autres que par celui qui l'a mise en pratique lui-même, c'est-à-dire qui l'a vécue.

On prétend que prêtres, pasteurs, évêques et cardinaux seraient les garants de la vérité. Seraient-ils alors exempts d'opinions ? Une opinion - comme nous venons de le voir - est rarement la vérité. C'est pourquoi si, en tant que garants de la vérité, nous sommes soumis à des opinions nous ne pouvons pas dire la vérité à nos prochains mais seulement quelque chose de faux.