Préface
Dieu a transmis à l'humanité les Dix Commandements à travers Son
serviteur Moïse, le peuple d'Israël ayant été désigné pour apporter à
l'humanité le salut, la Loi vécue de Dieu par une vie exemplaire.
Toutefois, les Israélites s'empêtrant de plus en plus dans leurs péchés,
malgré les aides et les indications fournies par les commandements, le
Fils de Dieu s'incarna sur la terre en Jésus de Nazareth. En Lui c'est le
Père qui se rapprocha de nous, le Dieu de l'amour, de la bonté, du pardon
et de la grâce. Jésus nous montra le chemin qui, par la connaissance de
soi-même et la mise en ordre des péchés, ainsi que par la mise en pratique
et l'accomplissement des Lois de Dieu, conduit à la patrie éternelle. De
plus, Jésus de Nazareth vécu et enseigna ce chemin qui est synthétisé dans
le Sermon sur la Montagne. Il contient des indications concrètes sur la
façon dont il est possible de le mettre en pratique dans la vie de tous
les jours. Cette aide est offerte à tous ceux qui veulent vivre en
chrétiens.
A notre époque le Christ s'adresse à nouveau à l'humanité par
l'intermédiaire d'un prophète. A travers d'innombrables révélations ainsi
que par l'action de Sa prophétesse instrucrice et messagère Il a
approfondi les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. C'est ainsi
que l'Esprit de Dieu nous communique des aides
pour
que nous soyons en mesure de mieux utiliser Son enseignement. De même, Il
nous explique quelle est l'origine de ce qui survient dans notre vie et
nous conduit vers la recherche de solutions aux problèmes les plus divers
de notre existence. C'est ainsi que l'Esprit de Dieu place Sa Loi
éternelle dans notre vie quotidienne pour que nous fassions les
expériences qui nous permettront de penser et de vivre "selon la Loi",
c'est-à-dire dans
l'Esprit de Dieu.
Il est important que nous transformions en nous les aspects humains
dont nous avons pris conscience. Si nous agissons conformément à ce que
Jésus a enseigné - Jésus a bel et bien parlé bien d'action ! - alors nous
créons un potentiel puisant d'énergie positive divine, alors grandissent
notre sensibilité et notre compréhension envers nos prochains ainsi que
notre capacité à respecter leur libre arbitre.
Ce petit livre qui a pour base le contenu de plusieurs émissions
radiophoniques enregistrées dans le cadre de "la table ronde dans la Vie
Universelle" contient d'importantes explications sur les Dix
Commandements.
Les Dix Commandements sont des extraits de la Loi absolue et parfaite
de Dieu. Cette Loi de Dieu c'est la vie.
La vie,
Dieu,
est tout en tout,
multitude infinie
et plénitude de l'existence. Elle
est dans chaque aspect de la
Loi, comme dans chaque
commandement, la vie se révèle aux hommes par la mise en pratique,
l'accomplissement, et l'action quotidienne. Que celui qui la veut la
prenne. Que celui qui la refuse, la laisse. Celui qui veut comprendre la
vie peut utiliser chaque commandement de Dieu comme un portail menant à la
plénitude de la vie - de la vie en Dieu, dans l'Esprit de Dieu.
Plongeons à l'aide de nos pensées et de nos actes dans les profondeurs
de la vie et nous découvrirons finalement que chaque commandement est
contenu dans les autres. Ce petit livre ne peut pas communiquer
l'expérience - qui ne peut être que personnelle - que tout est contenu en
tout, cependant il donne des impulsions, des indications et des exemples à
tous ceux qui veulent vivre de manière véritablement chrétienne, à tous
ceux qui veulent suivre le Christ à notre époque.
Comme Il le fit il y a 2000 ans, le Christ voudrait nous faire prendre
conscience du plus grand des commandements : "Aime Dieu ton Père éternel
par-dessus tout et ton prochain comme toi-même !" Tous les commandements
de Dieu sont contenus dans cet aspect de la Loi de la vie intérieure.
Il est important de rappeler ici que les commandements
-
comme toutes les vérités divines
-
ne devraient pas rester lettre morte, mais
devraient être vécus. Alors seulement nous pouvons comprendre en
profondeur la Parole de Dieu, Ses indications pour notre vie terrestre,
Ses commandements. Jésus, le Christ, nous a dit
:
"Celui qui entend Ma Parole et la met en pratique est un homme
avisé" Aujourd'hui, Il ne parle pas autrement.
Parmi les chrétiens des origines aucun ne met parfaitement en pratique
la Parole, toutefois tous s'efforcent jour après jour de suivre le Christ
en prenant conscience de leurs aspects humains négatifs au cours de chaque
journée, en les mettant en ordre, en ne les recommençant plus et en
accomplissant à leur place des aspects de la Loi de Dieu,
aspects qui sont en conformité avec le commandement
premier
de
l'amour
désintéressé,
ainsi
qu'avec les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. Jusqu'à ce
qu'il ait accompli totalement la Loi de Dieu - c'est-à-dire jusqu'à ce
qu'il soit en mesure d'accomplir en tout la volonté de Dieu de sorte que
Son Esprit puisse agir en permanence à travers lui - le combat intérieur
quotidien de chaque homme continuera.
Il se peut que
nous "chutions" encore en pensées, paroles ou actes, c'est-à-dire que nous
fassions des fautes et prenions de mauvaises décisions. Si tel est le cas,
il est important que nous ne restions pas à terre mais que nous nous
relevions avec l'aide et la force du Christ pour nous orienter à nouveau
vers Dieu et Ses lois. En agissant de la sorte nous stimulons notre
aspiration à l'accomplissement et nous ressentons de plus en plus en quoi
consiste notre héritage spirituel, quel est le sens de notre vie
terrestre. Pour les chrétiens des origines c'est cela suivre le Christ et
c'est ainsi que nous orientons notre vie dans l'Esprit du Christ.
II
Deuxième commandement
Dans la Bible de Luther, le deuxième commandement s'énonce ainsi :
«Tu n'abuseras pas du Nom du Seigneur, ton Dieu car le Seigneur ne
laissera pas impuni celui qui abuse de Son Nom.»
Pour les chrétiens des origines c'est abuser du Nom de Dieu que de
connaître les commandements de Dieu et l'enseignement du Christ, que de
les avoir acceptés mais de ne pas s'y tenir, ou encore d'enseigner les
Lois spirituelles d'un côté et d'agir tout autrement de l'autre.
User du Nom de Dieu à la légère pour jurer ou pour dire des choses
inconvenantes constitue un abus, mais aussi prononcer le Nom du Saint
éternel sans penser à ce que nous disons, par exemple quand nous disons
«Mon Dieu !», ou bien quand nous utilisons des expressions comme «Dieu
merci !» ou «Dieu te le rendra !» sans faire attention à ce que nous
disons, sans prononcer ces mots consciemment.
Nous utilisons le mot "Dieu" dans de nombreuses occasions. Que
pensons-nous alors ? Le plus souvent nous ne le savons pas car ce que nous
disons à ce moment-là est vide de sens. Pourtant tout est énergie. Cela
signifie que nous sommes responsables de chaque mot que nous prononçons.
C'est ce que l'Esprit prophétique, le Christ a révélé à notre époque, et
c'est aussi ce qui est écrit dans la Bible. C'est pourquoi nous devrions
respecter le deuxième commandement et être attentifs à ce que nous pensons
quand nous prononçons le mot "Dieu".
Souvent nous disons : «Dieu merci, que ceci ou cela ne me soit pas
arrivé !» Nous pouvons bien sûr dire "Dieu
merci"
mais
sommes-nous vraiment
reconnaissants envers Dieu à ce moment ? Dans la plupart des cas et
pour la plupart des gens il s'agit seulement d'une formule prononcée à la
légère, mais il est très rare qu'elle soit l'occasion pour eux de
réfléchir à eux-mêmes, à leur façon de penser et de vivre, à ce qu'ils ont
semé, à ce qu'ils vont éventuellement récolter, à Dieu et à Ses
commandements.
Pourtant si dans une telle situation nous apprenions à être attentifs à
nous-mêmes en nous demandant ce qui nous a poussé à exprimer ces paroles
de remerciement : "Dieu merci !" nous remarquerions qu'elles veulent
certainement nous dire quelque chose. A travers nos sentiments nous
découvririons alors qui nous sommes vraiment et nous apprendrions de ce
fait à remercier Dieu de tout coeur. Parallèlement nous nous efforcerions
de ne plus commettre la ou les fautes à l'origine de cette situation, le
ou les péchés que nous aurions reconnus et nous mettrions cette situation
en ordre avec le Christ. C'est cela le remerciement actif adressé à Dieu
notre Père et au Christ notre rédempteur.
Lorsqu'ils se rencontrent les chrétiens des origines se saluent par une
salutation de paix qu'ils s'efforcent d'exprimer consciemment. Si nous
exprimons le mot "paix" pour saluer nos prochains nous devrions alors
également nous
efforcer de vivre quotidiennement
dans la paix avec eux. Si nous dévalorisons quelqu'un, si nous en
sommes jaloux et éprouvons des pensées d'hostilité envers cette personne
mais que, dans le même temps, nous lui souhaitons la paix, alors nous nous
moquons de Dieu. Faire cela c'est usurper Son Nom saint.
Le Nom de Dieu est bien plus souvent raillé qu'on ne le croit
généralement.
C'est le cas par
exemple
quand nous trompons notre entourage sur les
véritables mobiles qui nous poussent à faire telle ou telle chose ou au
contraire à ne pas la faire. Nous raillons le Nom divin si nous entrons
par exemple dans une communauté religieuse avec l'intention véritable d'en
obtenir un avantage personnel, par exemple pour obtenir une charge qui
pourrait nous assurer un train de vie élevé, de la considération et une
vie confortable. Il en est de même si nous nous engageons dans une
paroisse pour recevoir la considération de nos semblables, pour être "bien
vu". Un parti politique usurpe le Nom du Seigneur s'il se nomme chrétien
pour faire croire qu'il respecte les commandements de Dieu et que ses
membres sont en quelque sorte des successeurs du Nazaréen, comme c'est le
cas dans certains pays, alors qu'en réalité il n'utilise ce vocable que
comme une astuce de propagande et que ses membres et ses dirigeants ne se
conforment ni aux exigences des Dix Commandements ni à celles du Sermon
sur la Montagne. De la sorte on veut tromper ses semblables et les
conduire sur la mauvaise voie.
Que celui qui veut savoir si le mot "chrétien" n'est utilisé que comme
couverture - ou au contraire si une organisation se nommant comme tel
aspire réellement à des buts chrétiens - que celui-là donc regarde ses
oeuvres, comme nous l'a conseillé Jésus dans le Sermon sur la Montagne :
"Vous les reconnaîtrez à leurs oeuvres." Dans ce domaine les Dix
Commandements sont également un bon critère. Comment, par exemple, un
groupe, une communauté ou un parti soi-disant "chrétien" se comportent-ils
à l'égard du commandement : «Tu ne tueras pas»
? Considèrent-ils
que ce commandement est valable en toute occasion ou bien pensent-ils
qu'il est autorisé de tuer des hommes en temps de guerre par exemple ?
Nous devrions également savoir que ceux et celles qui soutiennent une
telle communauté ou un tel parti en lui apportant leurs suffrages ou une
participation financière partagent la responsabilité de ce que fait ce
groupe et participent donc de façon active à l'usurpation du Nom de Dieu.
Chacun est responsable devant Dieu pour ce qu'il affirme et pour ce
qu'il fait. Quelqu'un qui aurait
connaissance
d'injustices et qui cependant se tairait s'en rendrait également complice.
Dans
le
deuxième
commandement
il
est dit
également
: «... car le Seigneur ne
laissera pas impuni celui qui abuse de Son Nom.» Le Christ, l'Esprit
prophétique nous a enseigné que ce n'est pas Dieu qui nous punit pour ce
que nous faisons mais que c'est nous-mêmes qui nous punissons pour cela en
raison de la loi : "Ce que l'homme sème il le récoltera." Dieu ne sème
pas, c'est nous-mêmes qui semons et c'est ce que nous semons que nous
récoltons. Ainsi, nous aurons à subir les conséquences de ce que nous
avons ou n'avons pas fait, car chacun est responsable de lui-même. Dieu
n'élèvera pas le pécheur vers le ciel, Il lui montrera sa faute afin qu'il
puisse la mettre en ordre et ne la recommence plus.
Il n'est pas possible de comprendre cela en lisant ce qui est écrit
dans la nouvelle traduction de la Bible, dans sa version oecuménique
commune aux catholiques et aux protestants. On y lit ceci : «N'utilise
pas le Nom du Seigneur ton Dieu à mauvais escient car le Seigneur punira
celui qui le fera.»
Nous voyons qu'il serait préférable d'accomplir d'abord les
commandements plutôt que de juger et de considérer Dieu comme un Dieu qui
punit. Il permet que nous péchions car Il nous a donné le libre arbitre et
c'est parce qu'Il nous a donné le libre arbitre qu'Il ne nous punira pas.
C'est nous-mêmes qui nous punissons.
Nous
devrions
nous efforcer
de comprendre le sens des mots, le sens des commandements. Le contenu de
la Bible n'est compréhensible que par l'accomplissement progressif des
commandements de Dieu. Celui qui n'accomplit pas les commandements prend
les mots à la lettre et prétend que Dieu punit.
Jésus a apporté au monde le Dieu aimant. Cela était nécessaire car dans
l'Ancien Testament il est sans cesse question du "Dieu punissant". Le
vocabulaire de l'époque était encore marqué par l'influence du
polythéisme. C'est pourquoi l'Ancien Testament qui contient les Dix
Commandements, est empli d'expressions résultant des croyances en de
nombreux dieux qui punissent. Ainsi, beaucoup d'aspects introduits à
l'époque dans la religion monothéiste en formation sont imprégnés par le
polythéisme.
Nous devrions consciemment nous demander si nous croyons au Dieu qui
punit, c'est-à-dire à celui de l'Ancien Testament, ou si nous croyons au
Dieu de l'amour que Jésus, le Christ, nous a apporté ? Dans le Nouveau
Testament il est aussi écrit : "Ce que l'homme sème il le récoltera." Si
nous croyons au Dieu qui punit, nous n'avons pas besoin de croire à la loi
des semailles et des récoltes, à travers laquelle chaque homme est guidé
indirectement par la prise de conscience de ses aspects humains négatifs
et par la mise en ordre de ses péchés.
Les chrétiens devraient se décider
:
croire au Dieu qui punit, ou croire au Dieu de l'amour et de la
miséricorde, au Dieu qui réconcilie, qui pardonne, au Dieu qui, par amour,
nous a envoyé Son Fils Jésus, le Christ.
III
Troisième commandement
Dans la version de la
Bible traduite par Martin
Luther le troisième commandement s'énonce ainsi :
«Tu respecteras le
jour du Sabbat, et le sanctifieras. Tu travailleras et feras tout ce que
tu as à faire pendant six jours. Mais le septième jour c'est le Sabbat du
Seigneur, ton Dieu. Ce jour-là, tu ne travailleras pas, ni toi, ni ton
fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni
l'étranger qui est dans ta ville.»
Que signifie sanctifier le jour du Sabbat ? Comment les chrétiens des
origines s'y prennent-ils pour cela ?
Selon nous ce commandement ne signifie pas qu'un certain jour de la
semaine, nous ne devrions rien faire. Voila comment nous vivons ce
commandement :
Ce jour-là,
nous nous réunissons dans la
communauté pour y faire ensemble un bilan de la semaine écoulée et pour la
terminer avec la force du Seigneur. Nous saisissons cette occasion pour
mettre en ordre les aspects de notre moi humain dont nous avons pris
conscience au cours de la semaine et qui ne serait pas encore purifiés,
surtout dans le domaine des relations avec nos prochains. De la sorte,
nous nous préparons au mieux à la semaine à venir. Quand cela est fait
nous honorons et louons Dieu, nous Le remercions et parlons de Lui qui est
l'amour infini et
qui nous a accompagnés tout au
long de la semaine.
C'est ce que font les chrétiens des origines chaque samedi soir. De
plus , ils participent à un repas de la Cène. Après quoi ils remercient
Dieu, Le louent et Le glorifient, et s'orientent une nouvelle fois
consciemment sur le Christ en eux qui est leur soutien pour la semaine
à
venir,
afin
qu'Il
les
aide
à accomplir les
Dix
Commandements et le Sermon sur la Montagne.
Ainsi pour les chrétiens des origines le "jour du Sabbat" est
l'occasion d'honorer Dieu en se tournant plus consciemment qu'ils ne le
font d'habitude vers leur for intérieur et en se détournant tout aussi
consciemment des valeurs extérieures. Pour eux cette journée est donc
l'occasion de puiser de nouvelles forces à la source qu'est Dieu. Ces
forces se nomment espoir, force, confiance et joie pour la semaine à
venir.
Pour nous, chrétiens des origines, "le jour du Sabbat" ce sont aussi
des heures de détente au cours desquelles nous pouvons faire quelque chose
pour nous personnellement, quelque chose qui nous apporte du plaisir.
Toutefois, nous évitons le stress, nous n'utilisons pas ces heures
de détente à pratiquer des loisirs violents car leur influence néfaste se
prolongerait au cours de notre semaine à venir. Dans quel état intérieur
serions-nous le lundi si nous avions accumulé une grande tension au cours
du week-end, sous l'effet d'activités fébriles
?
Serions-nous en mesure de travailler de façon
concentrée et dynamique ?
Tout au contraire, les chrétiens des origines que nous sommes
s'efforcent au cours de cette journée libre d'être plus tranquilles,
plus pondérés,
de s'intérioriser davantage,
de faire le plein de force afin de pouvoir entrer de façon dynamique avec
le Christ, notre Rédempteur dans la semaine nouvelle.
Dans la Bible intitulée "La Bonne Nouvelle", le texte du troisième
commandement est le suivant :
«N'oublie pas la journée de repos. C'est
un jour particulier qui appartient au Seigneur. Pendant six jours de la
semaine tu as le temps de travailler. Le septième jour devrait être un
jour de repos.»
Si nous comparons les deux versions, celle de Luther et la version
oecuménique, nous voyons une nouvelle fois que dans ces deux livres la
vérité est décrite avec des mots différents. Ceci nous montre qu'il ne
faudrait pas s'attacher à la lettre mais essayer de saisir le sens qui s'y
cache, ce que nous ne pouvons véritablement faire qu'en aspirant à
l'accomplissement quotidien des Dix Commandements et du Sermon sur la
Montagne et en vivant de plus en plus d'après eux.
V
Cinquième commandement
Dans la plupart des Bibles le texte du cinquième commandement est le
suivant : «Tu ne tueras pas».
Dans la "Bible Scofield"* il en est également
ainsi, toutefois ce texte est accompagné d'une annotation en bas de page
qui dit ceci : "En hébreux il existe différents mots pour exprimer la
notion de "tuer". Le terme particulier utilisé ici ne peut désigner que le
meurtre, l'acte prémédité de tuer."
Dans la nouvelle version de la Bible oecuménique des églises
protestantes et catholiques ce changement a d'ailleurs éte "officialisé"
puisqu'on y lit maintenant
:
«Tu ne commettras pas de meurtre.»
Se pose alors la question de savoir ce qui est juste. Est-ce la version
qui dit «Tu ne tueras pas» ou celle qui dit «Tu ne commettras
pas de meurtre.»? Quelle version les chrétiens doivent-ils prendre en
considération ?
L'annotation figurant dans la Bible Scofield mentionne le fait qu'il
serait seulement interdit de tuer avec préméditation. Rapportée au monde
des animaux, cette annotation
pourrait
éventuellement
se justifier.
En effet,
partout où nous,
les hommes,
posons le pied se trouvent une
multitude
d'animaux minuscules
dont
nous
tuons
une partie sans le vouloir bien sûr, en marchant dessus. En nous
appuyant contre un arbre il est éventuellement possible que nous tuions de
petits animaux que nous ne voyons pas. Il n'y a donc pas préméditation.
Par contre tuer quelqu'un c'est accomplir un acte conscient. Et selon le
vocabulaire courant il ne s'agit rien d'autre que d'un meurtre.
Dans ce cas, tuer est rigoureusement identique au fait de commettre
un meurtre.
Si nous regardons les choses plus profondément, nous verrons qu'avant
qu'une personne n'en tue une autre elle a eu des pensées préalables, ces
pensées étant des forces. Bien sûr nous ne voyons pas les pensées qui sont
des énergies bien réelles et qui agissent. En temps de guerre par exemple
nous éprouvons en pensées la peur d'être tué par un ennemi, c'est ainsi
que nous appelons notre frère. Pour qu'il n'en soit pas ainsi, nous
prenons l'initiative de tuer le premier. Un soldat doit penser qu'il tuera
peut-être car un soldat apprend et s'exerce à tuer afin d'être capable de
le faire le moment venu.
Puisque les institutions catholiques ou protestantes approuvent la
guerre, alors qu'on ne s'étonne pas de l'annotation qui figure dans la
Bible Scofield.
Tuer ou commettre un meurtre ? Chacun sait que celui qui va à la guerre
tuera peut-être. Toutefois, comme nous sommes tous frères et soeurs,
enfants d'un seul Père, comme Jésus de Nazareth nous l'a dit, il s'agit
d'un fratricide, que nous ayons tué ou commis un meurtre.
Permettez la question suivante, chers lecteurs : Pour vous, cela
fait-il une différence si l'on vous tue ou si l'on vous assassine
? Probablement pas car le résultat est le même.
Les véritables chrétiens devraient se demander ce que dirait Jésus à ce
sujet. Quand Pierre coupa l'oreille du soldat Il lui dit : «Rentre ton
épée dans son fourreau» et Jésus guérit l'oreille. Pourquoi ? Parce que :
«Ne commettez ni violence, ni injustice envers quiconque.»
Jésus parla en ces termes : «Celui qui se sert de l'épée périra par
l'épée». Rapportée à notre époque, cette affirmation pourrait être
exprimée dans les termes suivants
:
Celui qui tue son frère au moyen d'une arme à feu sera également
victime d'une arme à feu, à moins qu'entre temps il n'aspire profondément
à la grâce de Dieu,
qu'il écoute sa conscience,
se repente de tout coeur de son acte et répare tout ce qui peut
encore l'être. Mais si nous faisons des calculs tels que : «Peu importe
que je tue aujourd'hui puisque je pourrai mettre en ordre ce péché
demain», nous ne pourrons pas bénéficier de cette grâce.
La violence ne peut engendrer que la violence. A cela nous
reconnaissons l'absurdité de la guerre. On dit parfois que l'on envoie des
soldats pour rétablir la paix. Mais peut-on vraiment rétablir la paix en
tuant avec des armes et des canons ?
Nous savons que tous nos péchés retomberont sur nous un jour ou
l'autre. La peur et la souffrance qu'aura ressenties notre prochain
lorsque la balle aura pénétré dans son coeur et qu'il se verra mourir, sa
peine, sa haine, son désir de vengeance, toutes ces pensées qui sont des
énergies ne se dissolveront pas dans le néant. Elles retomberont en partie
sur celui qui trépasse parce qu'il aura été soldat. Il emportera comme
charges dans le royaume des âmes et sans doute dans une incarnation
ultérieure la partie de ces énergies négatives qui lui revient. Toutefois
la plus grande partie des sentiments et des pensées du trépassé retombera
sur le meurtrier. Celui-ci a bel et bien tué avec préméditation car il
savait qu'en tant que soldat il lui faudrait tuer.
Tout ce qui n'est pas expié au cours de la présente vie nous conduira à
vivre des situations semblables dans des incarnations ultérieures. Par
exemple nous naîtrons dans un pays en guerre. Sous l'action de la roue de
la réincarnation le meurtrier et sa victime seront à nouveau confrontés
l'un à l'autre. Ils seront à tour de rôle meurtriers et victimes,
ennemis,
jusqu'à ce qu'ils se tendent la main
et fassent la paix. La faute qui les lie, qui les enchaîne l'un à l'autre
sera alors purifiée et dissoute par la demande de pardon et par pardon
mutuels.
L'action de la roue de la réincarnation est nettement observable au
travers des événements qui surviennent à notre époque. Tout est énergie et
aucune énergie ne se perd. Lors de conflits armés par exemple, de
gigantesques quantités d'énergies négatives et agressives sont libérées.
Elles proviennent du
"réservoir"
de péchés constitué par de nombreuses personnes au cours de leur
passé, éventuellement à l'occasion d'incarnations antérieures. Les péchés
conservés dans ce "réservoir" n'ayant jamais été purifiés, ils sont
libérés en grande quantité à l'occasion d'événements tels que la guerre,
et reviennent sous forme de karma vers leurs auteurs‚ tels que ceux-ci les
ont émis.
Dans la Bible on peut lire : «Ce que l'homme sème il le récoltera».
Ainsi, celui qui sème la mort avec préméditation récoltera également la
mort de cette façon à moins qu'il n'ait fait bon usage de la grâce que
Dieu offre à chacun en prenant conscience à temps de ses défauts, en les
mettant en ordre et ne les recommençant plus. C'est ce que Jésus nous a
enseigné.
La roue de la réincarnation tourne sans cesse, dirigeant vers la terre
les âmes chargées de péchés. Si nous observons les différents conflits en
cours dans le monde nous remarquerons qu'ils opposent continuellement
entre eux certains peuples et certains pays.
Pourquoi ? Parce que les causes à l'origine de ces conflits n'ont jamais
encore
été mises
en ordre
;
elles
produisent
donc continuellement les mêmes effets.
Dieu nous donna par Moïse le commandement suivant : «Tu ne tueras
pas.» Pourquoi ce passage de la Bible a-t-il été falsifié depuis peu
et changé en «Tu ne commettras pas de meurtre»? Pour le découvrir
jetons un regard en arrière. L'explication suivante est la plus probable :
Les deux églises à l'initiative de cette modification de la Bible sont
favorables à la guerre. En changeant le texte du cinquième commandement
elles ont maintenant une légitimation biblique à leur comportement puisque
selon elles, donner la mort lors d'un conflit armé ce serait bien "tuer"
quelqu'un mais pas l'assassiner. Ainsi, faire la guerre serait tout à fait
permis et l'on pourrait tuer en toute bonne conscience lors d'un conflit
armé.
Si nous recherchons les raisons profondes de cette attitude, nous y
découvrirons l'action de la roue de la réincarnation. Au cours des siècles
passés l'église catholique comme on le sait fut l'instigatrice des
croisades dont le but déclaré était de christianiser les infidèles ou de
les éliminer physiquement. C'est ce qui fut fait dans l'Europe
entière
mais
aussi
lors
de
la
découverte
de
l'Amérique et de la colonisation de l'Afrique.
A
chaque fois on a tué et pillé, soi-disant au nom du Christ.
Cet important potentiel d'énergies négatives est encore présent dans
les âmes des coupables de l'époque qui n'ont toujours pas réparé ces
fautes. Dans ces conditions il est fort probable que parmi les autorités
ecclésiastiques de notre époque nombreux soient ceux qui portent ces
énergies dans leurs âmes pour avoir été incarnés à l'époque et avoir pris
part aux soi-disant "guerres saintes". Et c'est en raison de ce qu'ils
portent encore dans leurs âmes que le mot "tuer" résonne dans la
conscience de plus d'un de ces soi-disant princes de l'église. Des pensées
et des sentiments montent à la surface de leur conscience. Mais plutôt que
de mettre en ordre avec le Christ ces pensées et ces sentiments ils
proposent de légitimer le fait de tuer en temps de guerre et donnent ainsi
une justification
à
ce qui fut
leur comportement lors des "guerres saintes".
L'assassinat, c'est-à-dire le fait de tuer avec préméditation, fut
également pratiqué alors que le cinquième commandement «Tu ne tueras
pas» n'avait pas encore été falsifié. Comment les infidèles furent-ils
tués ?
Qu'est-il arrivé aux Germains
?
Baptisés ou décapités
! Qu'est-il arrivé aux
Indiens ? Devenir chrétiens ou finir en "enfer"! Qu'est-il arrivé aux
hérétiques
? Rejoindre l'église ou périr sur le
bûcher. Calomniés, martyrisés,
massacrés, brûlés par
centaines
de
milliers voire
par millions. Par qui ?
La roue de la réincarnation tourne sans cesse. Même si leur apparence
corporelle est différente, ce sont pourtant les mêmes âmes qui reviennent
en habits terrestres. Où vont-elles ? Tout simplement là où les charges de
leur âme les attirent.
Demandons-nous à nouveau si ces pratiques sont assimilables à un
homicide involontaire ou à un meurtre ? Demandons-nous également si nous
préférerions être tués ou être assasinés ?
Dans les deux cas c'est la mort qui frappe la victime. La vie lui ayant
été ôtée avec préméditation.
Le cinquième commandement est valable également en ce qui concerne les
animaux. Les institutions catholiques et protestantes autorisent la
pratique des expérimentations scientifiques sur les animaux.
Pourtant les animaux ont des sensations ! Tout ceux qui ont fréquenté
les abattoirs savent qu'ils hurlent de frayeur parce qu'ils ressentent
qu'on va leur ôter la vie. Ils ressentent qu'ils ne pourront pas mourir
selon les lois de la nature mais qu'une balle mettra fin à leurs jours.
Et ce n'est pas tout. Nous sommes-nous déjà demandé pourquoi tant
d'animaux sont tristes ? C'est parce qu'ils ont déjà souffert ou qu'ils
ressentent qu'ils devront souffrir atrocement, par exemple lors
d'expérimentations médicales. L'âme partielle de nombreux animaux porte en
elle la douleur et le chagrin vécus par eux pendant des millénaires de
souffrance. C'est pourquoi
beaucoup d'animaux sont
si tristes et d'autres si agressifs. A qui la faute ?
Par millions, par milliards on les a abattus, massacrés et utilisés
consciemment pour des expérimentations médicales. Pourquoi s'émouvoir, «ce
n'est qu'un ani-mal» disent certains. Pourtant tout comme l'homme,
l'animal ressent. Un animal battu pleure. Lorsqu'on gronde un animal, il a
peur et s'éloigne de nous ! Nous voyons qu'il ressent, qu'il est sensible.
Il ressent même de façon bien plus fine qu'un homme et il sait
parfaitement qu'on le mène à l'abattoir, ou qu'on va pratiquer sur son
corps des expérimentations médicales.
Est-ce que cette modification du texte du cinquième commandement de "Tu
ne tueras pas" en "Tu ne commettras pas de meurtre" n'aurait pas également
pour but de sauvegarder la bonne conscience de ceux qui pratiquent la
corrida ou les combats de coqs, de ceux qui prennent du plaisir au combat
ou qui trouvent du divertissement à tuer, toutes choses qui n'ont
naturellement rien à voir avec le "meurtre".
L'être humain est parfois cruel. Pourquoi aurait-il le droit de tuer
quand cela ne peut être défini comme un meurtre ? Nous les chrétiens, nous
devrions y réfléchir.
VI
Sixième commandement
Le sixième commandement dit depuis toujours : «Tu ne commettras pas
l'adultère.» Dans une Bible récente, intitulée "La Bonne Nouvelle" on
peut lire à la place : «Tu ne détruiras pas le mariage.» Pourquoi
cette différence ? Que recouvre-t-elle en réalité ?
Selon le sens commun "détruire un mariage" c'est s'immiscer dans le
ménage de son prochain et agir en sorte que la femme se retourne contre
son mari ou le mari contre sa femme.
Par contre, «Tu ne commettras pas l'adultère» signifie être
fidèle en pensées, paroles et actes à son conjoint en vertu de l'alliance
faite avec lui devant Dieu.
Etre infidèle en pensées en s'imaginant vivre avec un autre partenaire
et avoir des relations corporelles avec lui c'est donc déjà commettre
l'adultère.
Et tout ceci commence par de petits signaux - des mots, des regards et
des gestes - qui activent des pensées et des idées. Quelles sortes
d'énergies sont-elles mises en mouvement par exemple au cours d'un flirt
plus ou moins accentué ? Sont-elles divines ? En flirtant avec quelqu'un
d'autre, restons-nous fidèles à notre partenaire et au "oui" que nous lui
avons exprimé ?
A ce sujet Jésus a dit ceci dans le Sermon sur la Montagne : "Tu ne
commettras pas l'adultère. Mais Moi Je vous dis
:
Celui qui convoite une femme seulement du regard
a
déjà
commis
l'adultère
avec
elle
dans son coeur."
Ainsi on peut déjà commettre un adultère en pensées. "Commettre un
adultère" et "détruire un mariage" ce n'est donc pas la même chose. Les
Bibles peuvent donc dire des choses différentes.
Mais qu'est-ce que Dieu a réellement dit aux Israélites à travers Moïse
? Est-ce : «Tu ne commettras pas l'adultère.» ou «Tu ne
détruiras pas un mariage» ? A qui voulons-nous croire ? A Dieu à
travers Moïse ou aux correcteurs de la Bible ?
Quels
pourraient
être les
mobiles
de
cette
falsification ? Quand un texte est changé à ce point ce n'est pas
sans raison.
Se pourrait-il que ceux qui ont corrigé
la Bible de la sorte aient pu penser qu'un comportement contraire à
l'esprit du mariage - comme par exemple avoir une maîtresse ou un amant
occasionnel - ne soit pas forcément de nature à détruire le mariage ? En
conséquence un tel comportement serait permis tant qu'il ne mettrait pas
en danger le mariage.
Pourquoi les correcteurs de la Bible auraient-ils voulu "légitimer" de
la sorte un comportement contraire à l'esprit du mariage, car qui peut
nier qu'il n'en soit pas ainsi ?
En effet, quelles peuvent être les sensations d'une femme ou d'un homme
qui découvre que son conjoint n'est pas fidèle aux voeux du mariage ? Que
peut-il penser et ressentir ? Sans doute est-il terriblement déçu et
ressent-il des souffrances et des blessures inimaginables. Cela peut
engendrer de l'animosité, de la haine et des disputes à l'égard du
conjoint. Ce comportement génère des pensées et des paroles d'hostilité.
Sachant qu'aucune énergie ne se perd demandons-nous où va cette énergie ?
Et bien elle retombe en partie sur celui qui a eu ces pensées et en partie
sur celui qui les a provoquées.
Les chrétiens des origines que nous sommes, croyons aux Paroles que
Dieu nous a données à travers Moïse : «Tu ne commettras pas
l'adultère.» Et nous croyons aux Paroles du Christ de Dieu en Jésus
qui a dit : "Tu ne commettras pas l'adultère.
Mais
Moi Je vous le dis : Celui qui convoite une femme seulement du regard a
déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur."
Personne n'est parfait, c'est pourquoi un tel comportement peut arriver
à chacun d'entre nous. Il est d'ailleurs possible que quelqu'un ait
apporté l'adultère, en tant que charge de l'âme, dans sa vie terrestre
présente. Cette personne devrait maintenant prendre conscience que cette
attitude est active dans ses sentiments, sensations et pensées, et la
mettre en ordre. Pourtant dans la plupart des cas, au lieu de mettre cela
en ordre, la personne en question commet à nouveau un adultère. Une fois
l'adultère commis, ses conséquences dépendront de l'attitude de la
personne dans cette situation. S'il elle reconnaît le mal qu'elle a fait,
si elle le regrette de tout coeur, si elle met cela en ordre avec le
Christ et ne le recommence plus, alors Dieu lui pardonnera. Si son
partenaire peut lui pardonner également, alors ce péché sera effacé. Mais
si son partenaire ne lui pardonne pas, alors cette faute restera en tant
que charge jusqu'à ce qu'elle soit pardonnée.
Qu'en est-il de ceux qui ne vivent pas en couple, mais en célibataire ?
Le renoncement au mariage est-il voulu par Dieu, ou bien cette
falsification du texte du sixième
commandement ne
serait-elle pas une concession faite aux prêtres en raison de leurs
nombreux manquements aux voeux de célibat et de chasteté qu'ils sont
censés respecter dans le cadre de leur sacerdoce ? Qui a instauré le
célibat ?
Pour sa part Jésus le Christ n'a jamais invité au célibat. Nous ne
pouvons pas invoquer l'argument selon lequel Jésus n'était pas marié pour
interdire à ceux qui veulent le suivre de se marier. Ce ne serait pas
juste. Jésus est venu en tant que Fils de Dieu pour apporter la
rédemption. Et Jésus, le Fils de Dieu n'a jamais dit que le mariage était
un péché. Il était favorable au mariage mais non pas à l'adultère. Le
célibat n'a donc jamais été institué par Jésus.
Comment un être humain peut-il rester célibataire si dans son âme il a
apporté le désir de se marier et d'avoir des relations corporelles ? Les
chrétiens des origines croient à la réincarnation et savent que nous
amenons avec nous dans l'incarnation présente ce qui n'a pas été mis en
ordre au cours d'incarnations antérieures. Il est donc tout à fait
possible que le désir de vivre avec une partenaire soit vivant dans un
prêtre. Si des fautes provenant d'un mariage vécu lors d'une incarnation
antérieure sont présentes dans l'âme d'une personne, cette dernière
reproduira ces mêmes fautes tant qu'elle ne s'en sera pas repentie et
qu'elle ne les aura pas mises en ordre. Ceci est valable pour nous tous,
donc également pour les prêtres. C'est la raison pour laquelle beaucoup
d'entorses à la règle du célibat et au voeu de chasteté sont commises
parmi les prêtres.
Par la mortification et le refoulement nous n'obtiendrons pas la
liberté. C'est seulement par la connaissance de nous-mêmes et par le
travail quotidien sur nos aspects humains, c'est-à-dire sur nos programmes
pécheurs que nous y parviendrons. Personne n'est parfait. Un chrétien
véritable se bat chaque jour pour s'approcher de la perfection.
Comment les chrétiens des origines conçoivent-ils le mariage?
Tout d'abord ils s'efforcent d'être fidèles dans le mariage à celui ou
à celle à qui ils ont dit "oui". Ils s'efforçent de vivre chaque jour les
Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne. C'est pourquoi ils ne
laissent pas de côté les difficultés qu'ils rencontrent éventuellement
dans le mariage - difficultés qui reposent souvent sur une déception
mutuelle
de
chacun des
partenaires vis-à-vis de l'autre- mais ils les mettent en ordre
jour après jour.
Un chrétien des origines s'efforce de mettre en ordre en lui-même les
sentiments ou les pensées qui s'expriment contre sa partenaire. Il dit :
"Je connais la loi de la correspondance,
je sais
donc que ce qui m'énerve en elle et que je lui reproche est également
présent en moi, au moins en partie. C'est pourquoi avant de vouloir ôter
la paille de l'oeil de mon prochain je m'efforce d'enlever la poutre qui
est en moi en recherchant les aspects pécheurs qui se trouvent en moi. Je
sais que je ne peux changer que moi-même. Et si je veux changer mon
prochain, alors je devrais peut-être en chercher la raison dans le fait
que je ne veux pas me changer moi-même."
Personne n'est parfait, un chrétien des origines ne l'est pas non plus,
même s'il s'efforce jour après jour de vivre selon les Dix Commandements
et le Sermon sur la Montagne. C'est pourquoi demandons à un frère ce qu'il
fait quand il ressent soudainement l'envie d'aborder une femme, quand elle
lui plaît et qu'il ressent qu'il est en train de développer des sentiments
à son égard ?"
Le frère nous répond : «Je sais que tout a une cause. Aussi je me
demande ce qui, en moi, peut être la cause de cette attirance. Mes
sentiments, mes sensations, mes pensées ainsi que les images qui
proviennent de mon intérieur me l'indiquent.
Il est
possible qu'il s'agisse d'une faute commise au cours de ma vie terrestre
actuelle ou lors d'une vie antérieure. Si j'ai vraiment le désir d'en
connaître la cause pour la mettre en ordre, alors je pourrai en prendre
conscience. Je verrai alors envers qui et de quelle façon j'ai mal agi. Je
pourrai ensuite m'en repentir et demander pardon, pardonner et réparer ce
qu'il est encore possible de réparer. Ensuite je prendrai la ferme
résolution de penser et d'agir autrement à l'avenir, suivant la Loi.
Il s'agit bien sûr d'une explication générale mais dans les faits
il peut s'agir de choses tout à fait différentes, en fonction de ce qui a
été dans le passé.
Il est possible également qu'un rythme corporel non harmonieux réactive
en moi un programme pécheur. En effet si je suis équilibré et en harmonie,
le besoin ardent de recevoir de l'énergie humaine masculine ou féminine ne
survient pas si facilement.
Si c'est le cas ce désir
a des causes précises.
En observant ce qui est
survenu dans mes sentiments, sensations et pensées il est possible que je
ressente un mécontentement ou une déception,
peut-être aussi des désirs inassouvis et
d'autres
choses du même genre. Ces pensées et ces images dans lesquelles je peux me
reconnaître tel que je suis, m'indiquent comment je peux les mettre en
ordre. Il n'est pas nécessaire pour cela que je m'adonne à une réflexion
intensive, cela m'est montré par l'énergie du jour.»
Questionnons davantage notre frère
:
"Comment mets-tu ces désirs en ordre ? Comment mets-tu en ordre ce
qui te tourmente et te pousse à faire des choses ? Est-ce que tu t'obliges
simplement à ne plus y penser en te disant : Si j'assouvis ce désir, je
commets un adultère, alors je ne vais pas plus loin. Comment t'y prends-tu
?
Le frère : «Si j'éprouve des désirs ardents et mauvais, ce qui est
essentiel c'est la façon dont je réagis à ces désirs, ce que j'en fais. Si
je laisse libre cours à mes pensées et que je les laisse poursuivre leur
chemin, alors le désir se renforcera encore. Au contraire je voudrais
saisir ces pensées et ces désirs et les observer en profondeur pour me
reconnaître moi-même tel que je suis et pour les surmonter avec le Christ.
C'est pourquoi je dis "stop" à ces pensées sans pourtant les refouler. Je
dois en trouver la racine, dans ce cas précis je devrais trouver la racine
du mécontentement qui en moi a déclenché les pensées de désir. Ce
mécontentement provient peut-être d'une déception au travail ou du fait
que je ne me permets pas de réaliser certains désirs qui sont peut-être
sans grande importance et qui ne vont pas à l'encontre de la Loi ; ou
encore j'hésite peut-être à clarifier une situation qui devrait l'être
depuis un certain temps déjà ; ou bien je recule devant une décision qui
s'impose. Il peut y avoir beaucoup de possibilités à l'origine de ce
mécontentement. Si j'en trouve la racine et mets en ordre avec le Christ
ce qui devrait l'être, alors la cause à l'origine de cette pensée sera
mise en ordre et je serai libéré du désir d'une autre femme.»
Une des causes à l'origine de beaucoup de déceptions dans les couples
résulte du fait que nous vivons trop les uns sur les autres, que nous
avons trop peu d'espace libre pour nous.
Les chrétiens des origines ont fait l'expérience que quand le sixième
commandement est compris dans le sens de fidélité envers le Christ, il
existe de nombreuses possibilités d'organiser la vie en commun dans le
couple.
Ils recherchent ensemble ce qui peut
permettre à chacun de se développer personnellement et librement. C'est
ainsi par exemple que chacun devrait disposer d'une chambre pour lui seul
où il peut se retirer quand il le souhaite ; une chambre qu'il installe à
sa guise et dans laquelle il peut vivre comme il l'entend. Pour qu'il en
soit ainsi le respect de la fidélité entre les partenaires est la
condition indispensable. Les partenaires ne peuvent rester fidèles l'un à
l'autre que si ils restent fidèles au Christ en s'efforçant tous les jours
d'accomplir les Dix Commandements et le Sermon sur la Montagne.
La clé d'une vie commune harmonieuse est l'orientation sur le même but.
Si le but des partenaires est identique, ils ne restreindront pas l'espace
de vie de leur prochain et ne le lieront pas à eux, mais ils respecteront
sa liberté afin d'être libres eux-mêmes.
Dieu a fait de nous des êtres libres. Il ne nous a pas créés pour que
nous vivions dans la dépendance de quelqu'un d'autre. C'est pourquoi, chez
les chrétiens des origines, l'homme s'efforce de soutenir sa femme dans
ses tâches chaque fois que cela lui est possible. De son côté la femme
s'efforce également de ne pas être dépendante de son mari mais d'arriver à
son autonomie. Cela favorise l'indépendance et la satisfaction mutuelle.
Chaque être humain devrait aspirer à développer les talents et les
capacités qui lui ont été donnés par Dieu. Chacun devrait être là pour
l'autre et non contre lui.
Il est dit : «Qu'il en soit sur la terre comme au ciel». Dieu souhaite
le mariage,
mais pas la promiscuité.
Il souhaite la communauté mais pas l'adultère.
Les chrétiens des origines ne sont pas parfaits. Parmi eux il y a
parfois des discordes au sein des couples. Mais les conjoints tentent
toujour de régler ces discordes en se demandant : Quelle est ma part dans
cette discorde ? En effet il est dit : "Regarde d'abord la poutre qui est
dans ton oeil avant de vouloir ôter la paille qui est dans l'oeil de ton
prochain."
C'est ainsi que nous nous efforçons de résoudre les situations qui ne
sont pas harmonieuses en surmontant ensemble et activement nos
difficultés, en trouvant des solutions sur lesquelles nous pouvons
construire quelque chose de positif.
Nous avons fait l'expérience que des partenaires vivant des situations
de couple difficiles, peuvent retrouver une relation détendue et positive
si chacun d'eux peut disposer d'un petit espace personnel dans la maison
ou dans l'appartement. Ainsi les partenaires peuvent éviter une
séparation.
S'il est possible à chacun des partenaires de créer ce petit espace
personnel dans la maison, il peut s'y retirer s'il en a envie et faire
quelque chose de personnel qui est en lui. On évite ainsi d'être sans
cesse l'un sur l'autre et la compréhension et la bienveillance peuvent se
développer de nouveau ; chacun travaillant en paix à ses problèmes,
ce
qui
favorise
la
réconciliation
mutuelle.
Dans de nombreux cas la paix revient de
cette façon. Pour en arriver là il est nécessaire de rester fidèle l'un à
l'autre et d'être prêt à se réconcilier.
Au sein de leurs couples les chrétiens des origines essayent de
s'orienter ensemble sur le Christ. En agissant de la sorte on crée un
solide fondement pour une vie conjugale qui vaut la peine d'être maintenue
et qu'on ne veut pas détruire.
L'orientation
commune
sur le Christ nous donne la force de
mener une vie conjugale véridique et profonde. De la sorte il est plus
facile de fonder une famille et d'élever en Son Nom des enfants qui
ressentent la sécurité dans le Christ et qui voient que dans la vie il y a
mieux que l'égoïsme et le matérialisme.
Si l'harmonie règne entre les partenaires c'est positif pour les
enfants.
L'atmosphère
qui règne au sein
de la famille est alors favorable
au développement de chacun de
ses membres,
ce
qui est également valable
pour
les animaux qui vivent à nos côtés.
L'atmosphère paisible de la maison rayonne aussi dans d'autres domaines de
la vie et sur tout l'environnement.
Il en est ainsi
de la lumière : elle attire parce qu'elle est claire et chaude.
Là où les commandements de Dieu sont suivis, il y a sécurité en
Dieu et confiance l'un dans l'autre, il y a liberté.
Pourtant, même si son partenaire ne veut pas accomplir ces aspects de
la Loi chrétienne, s'il a d'autres centres d'intérêts, un chrétien des
origines sera quand même fidèle à ces principes. Il ne rejettera pas son
ou sa partenaire de son coeur mais il lui restera fidèle quelque soit ce
que fait ce dernier, même si son partenaire le quitte pour se tourner vers
une autre femme ou vers un autre homme. Car le commandement : «Tu ne
commettras pas l'adultère» signifie : J'ai promis fidélité à mon ou ma
partenaire, aussi je respecterai sa liberté, s'il se détourne de moi. Moi
de mon côté je ne romprai pas ce serment de fidélité.
Si son conjoint ou sa conjointe désire divorcer pour se remarier, une
ou un chrétien des origines lui donnera son consentement. Il ou elle
pourra alors construire une nouvelle relation de couple avec un nouveau
partenaire car dans un tel cas il n'y a pas d'adultère. Bien sûr dans un
tel cas il serait malgré tout nécessaire de regarder quels sentiments,
sensations et pensées seraient alors mis en mouvement en nous.
Dans le Sermon sur la Montagne se trouvent des indications à l'aide
desquelles nous pouvons comprendre pourquoi nous avons fait des fautes et
comment nous pouvons les mettre en ordre.
Peu importe le péché que nous découvrons en nous, il est toujours
possible de changer de direction. Car Dieu aime tous Ses enfants. Il n'en
garde éloigné aucun de Son coeur. La damnation éternelle n'existe pas, il
est toujours possible de changer de direction à l'aide de la grâce de
Dieu. Quand nous péchons, nous ne devrions pas rester à terre, ni rester
dans ces pensées et dans ces péchés,
mais prendre
courage,
prendre la main de l'Eternel et nous mettre
debout, alors avec l'aide du Christ nous devrions mettre la situation en
ordre et ne plus recommencer. C'est cela le chemin qui mène à la liberté.
C'est cela le chemin vers et avec notre prochain. Pour les chrétiens des
origines c'est cela la vie chrétienne originelle.
VII
Septième commandement
Le septième commandement est le suivant : «Tu ne voleras pas».
C'est ce qui est écrit dans la plupart des Bibles. Dans la Bible "La Bonne
Nouvelle" il est écrit ceci : «Ne prends à personne sa liberté et sa
propriété.»
A nouveau nous voyons qu'il ne faudrait pas prendre la Bible au pied de
la lettre, mais d'après son sens. Si nous apprenons à comprendre le sens
qui y est contenu, nous pouvons faire la différence entre les passages qui
correspondent à la vérité et ceux qui n'y correspondent pas. Nous ne
pouvons comprendre selon son sens la parole contenue dans la Bible que si
nous nous orientons nous-mêmes sur Dieu en accomplissant pas à pas les Dix
Commandements et le Sermon sur la Montagne. Tant que nous n'aspirons pas
nous-mêmes à la vérité, tout ce que nous disons sur la vérité n'est qu'une
opinion et reste une opinion mais n'est pas la vérité. En d'autres termes
: Ce que nous pensons et exprimons à partir de ce que nous entendons ou
lisons ne devient vérité que quand cela est rempli par notre mise en
pratique des commandements de Dieu.
Ainsi, quel est le sens du septième commandement
«Tu ne voleras pas» ?
Voler signifie prendre quelque chose à notre prochain, le lui dérober,
par exemple lui voler de l'argent, lui dérober son bien. Mais avons-nous
déjà pris conscience que nous volons aussi le temps de notre prochain, en
parlant avec lui de choses futiles. Nous intervenons également dans son
espace vital si nous l'empêchons de suivre son propre chemin, si nous lui
imposons nos opinions et attendons de lui qu'il croit ce qui n'est
finalement que notre opinion.
Une autre forme de vol consiste à prendre l'énergie de notre prochain
en sollicitant son attention - même si c'est seulement en pensées -
jusqu'à ce qu'il s'intéresse à nous et fasse pour nous ce que nous ne
voulions pas faire nous-mêmes. Si quelqu'un ne peut pas suivre son propre
chemin de vie en raison de notre intervention, il ne peut alors pas
accomplir ses propres pensées et sa propre volonté, qu'elle soit bonne ou
mauvaise. Nous le lions alors à nous afin de lui prendre son énergie et
pour qu'il fasse ce que nous voulons. A ce propos, dans Sa grande Oeuvre
de révélation "Ceci est Ma Parole"* le Christ nous a
enseigné ceci :
«La personne qui se laisse mener par son prochain et fait ce que
d'autres lui disent de faire, bien qu'elle s'aperçoive que cela n'est pas
conforme au chemin qu'elle devrait suivre, est "vécue" ; elle passe à côté
de sa propre vie terrestre. Elle n'utilise pas les journées mais est
utilisée par ceux à qui elle est assujettie ; elle ne connaît de ce fait
pas son chemin en tant qu'homme sur cette terre.
Celui qui lie ses prochains en leur imposant sa volonté est comparable
à un vampire qui suce les énergies de ses prochains. Il ne se connaît pas
et se lie lui-même à ses victimes. Inversement la victime qui se laisse
prendre son énergie se lie aussi à lui. En tant qu'êtres incarnés dans une
autre vie ou en tant qu'âmes dans les domaines de l'au-delà, ils seront
conduits l'un vers l'autre, aussi souvent et aussi longtemps que cela sera
nécessaire pour que l'un pardonne à l'autre.»
Pourquoi chaque pensée est-elle si importante ? Comment par des pensées
est-il possible de voler à son prochain de l'énergie,
l'énergie de son âme et de son corps
?
Nous sommes souvent trop peu conscients que les pensées sont des forces
et que nous pouvons pécher envers notre prochain seulement par nos
pensées. Nous pouvons lui voler ses énergies de l'âme et du corps en lui
adressant des pensées précises qui ne correspondent pas à la Loi divine
comme des désirs par exemple. Si des péchés de même nature que ce que nous
émettons dans sa direction se trouvent également dans son âme - peut-être
seulement à l'état latent - ce potentiel est alors mis en vibration en lui
et devient actif. Il monte à la surface de son monde de sentiments et de
pensées.
En émettant nos pensées dans sa direction
nous avons déclenché une réaction chez notre prochain, nous l'avons en
quelque sorte contaminé avec nos pensées, notre volonté et nos désirs.
Et le processus peut éventuellement se développer si notre prochain,
victime de nos pensées, agit désormais contre la Loi divine conformément
au désir que nous avons éveillé en lui, commettant ainsi un péché. Quelles
peuvent en être les conséquences ? Sous l'effet de notre influence il peut
résulter en lui un affaiblissement énergétique de l'âme et du corps parce
que le négatif qui s'y trouvait à l'état latent a été mis en mouvement
trop tôt. Si notre prochain ne parvient pas à maîtriser les désirs et
péchés qui montent alors en lui en tant que charges, nous en sommes en
partie responsables.
Voici un exemple pour illustrer ce propos : un homme croise une femme.
En lui monte le désir de faire connaissance de cette femme,
d'entrer en contact avec elle, alors qu'elle-même ne s'intéresse
absolument pas à lui. Cependant,
lui pense sans
cesse
à elle.
L'effet de
ces pensées pourra être le suivant : elle le remarque et
s'intéresse à lui. Eventuellement naissent à leur tour en elle des désirs
semblables à ceux qui sont actifs en lui. A partir de ce qu'il a déclenché
en pensées, il a donc également mis en mouvement en elle des pensées
pouvant faire naître chez elle des désirs et des convoitises.
Si tel est le cas - parce que cette femme porte en elle une telle
correspondance - mais que ces sentiments de convoitise ne se reportent pas
sur celui qui les a déclenché mais sur un autre homme que la femme
bombarde à son tour de ses pensées, alors l'homme qui a éveillé ce
potentiel d'émission sera coresponsable des péchés que cette femme
commettra peut-être. Il le sera également pour ce qui est des péchés que
commettra éventuellement celui qui est maintenant l'objet de la convoitise
de cette femme, un potentiel de même nature ayant peut-être été activé en
lui également. Ainsi les pensées sont parties du premier émetteur, de
l'homme, en direction de la femme chez qui elles ont éveillé quelque
chose. La femme a dirigé des pensées vers un autre homme chez qui quelque
chose a été activé. A son tour cet homme pense peut-être lui aussi à une
femme et sous l'effet de la tension provoquée en lui par ce désir il
commet un acte qui ne correspond pas à la Loi divine et devient peut-être
même violent. A ce stade, qui porte la responsabilité du péché commis par
cet homme ?
A travers cet exemple, nous constatons que toute une chaîne de fautes
peut être constituée à laquelle tous ceux qui y ont pris part sont reliés
en raison des aspects pécheurs qu'ils y ont déposé.
Un tel complexe de fautes peut contenir beaucoup de souffrances. L'une
des personnes concernées sera peut-être infidèle à son partenaire, une
autre ne parviendra peut-être pas à atteindre le but de sa vie, une autre
encore sombrera
dans
la pitié
à l'égard d'elle-même
et dans la dépression, etc...
Dans notre exemple, l'instigateur de cette catastrophe
est l'homme
qui
a émis
le premier.
Quel
est celui
qui porte la plus grande responsabilité dans cette affaire ? Est-ce
lui ou ceux qui furent influencés par lui
? C'est
lui qui porte la plus grande faute à cet égard parce qu'il a volé son
prochain. Il a occasionné une baisse d'énergie chez une femme
dont la
conséquence
fut
une activation de certains péchés en elle.
Même si des causes sont déposées dans l'âme de notre prochain, nous
n'avons pourtant pas le droit de les activer par nos pensées et désirs.
C'est pourquoi les pensées sont très dangereuses et c'est pourquoi nous
pouvons voler notre prochain par des pensées.
Quelqu'un n'ayant pas conscience que des pensées constituent une
énergie pouvant déclencher beaucoup de choses dans notre prochain, peut
imaginer n'avoir jamais agi à l'encontre du septième commandement
«Tu ne voleras pas». Il n'a jamais volé d'argent, pas plus
qu'il n'a jamais dérobé le bien de son prochain, aussi croit-il n'avoir
jamais agi à l'encontre du septième commandement.
Cette personne pourrait pourtant se demander
:
Suis-je
également sans tache en ce
qui concerne mes
pensées
? Il pourrait en savoir plus en se demandant : A qui ai-je pris de
l'énergie en émettant des pensées ? Qui ai-je influencé par mes désirs,
sur qui ai-je agi ainsi pour en obtenir quelque chose de personnel ?
Nous pourrions croire à première vue que nos intentions - envers
nous-mêmes aussi bien qu'envers nos prochains
-
se manifestent de façon plus claires à travers nos paroles et nos
actes que dans nos sentiments, sensations et pensées. Cela n'est pas le
cas car l'apparence est souvent trompeuse.
Si nous pouvions prendre conscience des mobiles véritables qui nous
poussent à parler et agir comme nous le faisons nous découvririons
peut-être qu'ils ne sont pas aussi purs que nous le croyons souvent et que
nous agissons parfois de façon douteuse allant même jusqu'à voler notre
prochain. Il nous est peut-être arrivé par
exemple
d'offrir intentionnellement un cadeau à quelqu'un pour en recevoir en
retour un plus grand de lui. Ou encore nous avons abondé en paroles dans
le sens de quelqu'un, nous l'avons flatté pour le mettre de bonne humeur à
notre égard et tout cela pour qu'il fasse ce que nous désirions en
pensées. Les flatteurs, les hypocrites, ceux qui disent oui à tout veulent
toujours quelque chose pour eux-mêmes et volent leur prochain.
Regardons ce qui se passe dans le monde. Tout est fondé
sur
le
fait
de
chercher
à
s'octroyer
l'énergie
du
prochain, par exemple son argent. Au contraire le fonctionnement
correct
des
échanges
repose
sur le principe "Donner et recevoir".
Si ce fonctionnement est équilibré, nous recevons ce que nous avons
donné au préalable de façon désintéressée. C'est sur ce principe que la
confiance et le partage mutuels sont fondés dans le cadre d'une vie
véritablement
communautaire
chrétienne
et
c'est sur
cette base que s'édifie ce qui appartient à tous, le bien commun.
Dans l'économie, le principe "Donner et recevoir"
n'est pas seulement nié occasionnellement. Par exemple, vendre des
produits à des prix prohibitifs peut être assimilé à un vol envers le
prochain. Quelque soit l'endroit où l'on pose les yeux dans ce monde, on
ne voit qu'inégalité. L'attitude générale consiste à prendre plus qu'on ne
donne. Un jour ou l'autre le monde entier devra payer le prix de cette
attitude.
Il en est de même avec la nature. Notre mère la Terre est exploitée.
Pendant des millénaires nous lui avons pris sa force sans
pratiquement rien lui rendre d'autre que du poison. C'est pourquoi la
nourriture que nous absorbons est en partie empoisonnée et c'est pourquoi
pas à pas nous le serons à notre tour toujours davantage. Ce sont les
fruits, les effets, de ce que nous avons fait qui se montrent de la sorte.
C'est ainsi qu'agit la loi des semailles et des récoltes.
D'où viennent les maladies toujours plus nombreuses qui
affectent
l'humanité
actuellement
?
Elles
n'ont
pas
seulement
pour cause la nourriture impure et l'eau mauvaise et putréfiée
que nous absorbons,
elles
proviennent surtout des innombrables sentiments, sensations,
pensées, paroles et actes orientés vers le moi humain et égoïste que nous
avons semés contre la Loi divine. L'eau et la nourriture contaminées et
néfastes que nous absorbons produisent sous forme de maladie leurs effets
sur notre corps déjà affaibli sous l'action de la loi des semailles et des
récoltes, de telle sorte que nous tombons malades.
Il est manifeste que la civilisation occidentale et chrétienne à la
pointe du progrès et de la technique, championne
du
capitaliste triomphant,
a foulé
aux pieds le septième commandement. Nous tous, devons maintenant en
supporter les conséquences désastreuses.
En cela aussi nous pouvons observer comment fonctionne la chaîne des
causes. Quelqu'un qui, par exemple, produit du poison est coresponsable
des dommages et de la détresse causés aux règnes de la nature par
l'utilisation de ces produits. Il est également coresponsable du fait que,
sous l'effet de ce poison, des hommes deviennent malades, qui au travers
de leur maladie émettent alors des pensées négatives pouvant inciter à
leur tour d'autres personnes à penser et à agir de façon négative.
C'est ainsi que la chaîne peut continuer à se développer. Celui qui
a produit le poison est le plus grand fautif dans cette chaîne de causes
mais chacune des personnes qui y sont impliquées par ce qu'elles ont fait
ou par ce qu'elles n'ont pas fait
-
l'indifférence face à une telle situation étant également une forme
de complicité - porte une partie de la faute collective.
«Tu ne voleras pas» - si nous regardons seulement les mots, nous
ne comprenons pas ce qui est contenu dans ce commandement. Pour en
comprendre le sens - qui seul donne la vie - les chrétiens des origines
s'efforcent d'accomplir pas à pas les Dix Commandements et le Sermon sur
la Montagne.
C'est ainsi qu'ils aspirent à la vérité
pour vivre de plus en plus la vérité et pour apporter la justice à ce
monde et à leurs prochains ainsi qu'à la nature.
C'est
alors seulement qu'il est possible de
découvrir la vérité également dans la Bible.
VIII
Huitième commandement
Dans la plupart des Bibles, le huitième commandement s'énonce ainsi : «Tu ne feras pas de faux témoignage contre ton prochain» ou
«contre tes semblables». Là encore la Bible "La Bonne Nouvelle" fait
exception. Elle réduit l'expression à un seul aspect. On y lit : «Ne
dis rien de faux sur tes semblables».
Nous péchons contre le huitième commandement si nous disons quelque
chose de faux contre notre prochain. Mais dire quelque chose de faux
n'est-ce pas aussi flatter notre prochain, le louer, lui faire entendre ce
qu'il veut
dans le but
d'obtenir
de lui quelque chose pour soi-même alors
que nos pensées et ce que nous voulons sont tout autre que ce que nous
disons. C'est cela dire quelque chose de faux. Nous agissons ainsi envers
nos prochains
pour
leur
voler
de l'énergie,
pour
obtenir d'eux la
reconnaissance
et
l'attention
qu'ils ne nous
auraient
autrement pas accordées sous la forme que nous souhaitions. En agissant
ainsi, nous ne nous contentons pas de ne pas dire la vérité mais nous
trahissons nos convictions pour dire à notre prochain ce que nous croyons
qu'il voudrait entendre. Nous constatons ici que des aspects du septième
commandement
«Tu ne voleras pas»
sont contenus également dans le huitième.
Qu'est-ce qu'une opinion
?
"Opinion"
signifie toujours "ne pas savoir". Parce
que nous ne connaissons pas la vérité, nous construisons en pensées
quelque chose de conforme à notre façon de voir les choses et qui semble
assez logique. Ceci devient notre opinion. Mais parce que nos opinions
sont toujours le témoin de notre ignorance,
notre
opinion
a
donc toutes
les chances
d'être fausse.
Du point de vue spirituel
-
c'est-à-dire du point de vue de la réalité - un mot, une expression, une
pensée est - comme nous l'avons entendu plus haut - vide de sens tant
qu'il ou elle repose sur une connaissance acquise par la lecture, par
l'action de l'intellect ou par la connaissance en général. Le mot,
l'expression, la pensée ne commencent à rayonner et à porter une
signification que quand celui ou celle qui l'exprime remplit de vie,
c'est-à-dire de vérité, ce qu'il dit - et cela par sa mise en pratique,
par ce qu'il fait.
Celui qui fait vivre les commandements de Dieu dans ses paroles,
pensées et actions sait que ce qu'il dit est vrai car il en a lui-même
fait l'expérience. Ses sentiments, ses sensations et ses pensées sont en
harmonie avec ses paroles. Au contraire, celui qui parle de la vie - des
aspects de la Loi divine aussi bien que de ce qui compose la vie
quotidienne des hommes - sans avoir fait l'expérience de ce qu'il dit dans
sa propre vie ne fait rien
d'autre
qu'exprimer
une
opinion,
une
supposition,
une idée.
Une vérité, un aspect de la vie intérieure, ne peut être formulée et
communiquée à d'autres que par celui qui l'a mise
en
pratique lui-même,
c'est-à-dire qui l'a vécue.
On prétend que prêtres, pasteurs, évêques et cardinaux seraient les
garants de la vérité. Seraient-ils alors exempts d'opinions ? Une opinion
- comme nous venons de le voir - est rarement la vérité. C'est pourquoi
si, en tant que garants de la vérité, nous sommes soumis à des opinions
nous ne pouvons pas dire la vérité à nos prochains mais
seulement quelque
chose de faux.